La chute des ventes de la viande de baleine au Japon continue

Au Japon, la viande de baleine ne se vend plus

Alors que leurs bateaux continuent de les chasser de manière impitoyable dans les eaux du Pacifique, les Japonais semblent avoir perdu l'appétit pour la viande de baleine. Selon l'Institut nippon de recherche sur les cétacés, une structure semi-publique qui supervise les missions de pêche, 908,8 sur les 1 211 tonnes de chair issues de la campagne du pays l'an dernier n'ont ainsi pas trouvé preneurs, soit presque 75 % des stocks.L'organisme a pourtant ouvert treize ventes aux enchères, entre octobre et mars, pour écouler la marchandise congelée provenant des mammifères capturés dans les eaux du nord-ouest Pacifique, des baleines de Minke, rorquals de Bryde et rorquals boréal. Mais ce procédé s'est avéré être un échec, les grossistes et commerçants ayant boudé la chair de baleine, explique un rapport publié sur le site du Réseau japonais d'action pour les dauphins et baleines. Au point, que les coûts des expéditions n'ont même pas été couverts.Pourquoi ? L'Institut nippon de recherche sur les cétacés blâme la réticence des commerçants qui souhaitent éviter les ennuis avec les associations de défense des animaux, comme la Sea Shepherd, qui, chaque année, mène d'intenses campagnes pour protéger ces espèces menacées et empêcher la flotte nippone de procéder à sa chasse. Ainsi, l'an dernier, les militants ont remporté une victoire importante lorsque la flotte baleinière en Antarctique est rentrée au port avec "seulement" 30 % des captures prévues, fixées à 900 baleines.Selon les opposants à la chasse aux cétacés, le résultat de ces enchères ratées prouve surtout que les consommateurs japonais n'ont plus guère d'appétit pour la viande de baleine. Une enquête du Centre de recherche nippon, commandée par Greenpeace en 2006, révélait même que 95 % d'entre eux n'en avaient jamais mangé ou ne l'avaient pas fait depuis longtemps. La consommation de viande de baleine, importante après la seconde guerre mondiale, du fait de son apport en protéines, a fortement chuté ces dernières années. L'an dernier, l'image de la chasse à la baleine a été encore davantage ternie par la révélation de l'usage de fonds destinés à la reconstruction de la côte après le tsunami - 2,3 milliards de yens soit 23 millions d'euros - , pour financer la campagne de pêche. L'agence des pêches avait rétorquée que l'utilisation de ces sommes était justifiée parce que l'une des villes détruites par le tsunami était un port baleinier.

Malgré tout, le Japon poursuit cette pêche, qu'il estime faire partie intégrante de sa culture voire de sa souveraineté. Bien que la Commission baleinière internationale (CBI) a instauré un moratoire international sur la chasse commerciale en 1986, le Japon bénéficie de dérogations lui permettant de mener des chasses dans le Pacifique nord-ouest et dans l'Antarctique, officiellement dans un but de "recherche scientifique". En réalité, la viande de baleine termine bel et bien sur les étals. Au cours des quinze dernières années, environ 15 000 baleines ont ainsi été pêchées sans que la Commission ne bronche.

EFS

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