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Oh le nucléaire, quand tu nous tiens, le Giec sourit. Une question d'atomes crochus et de température ...

Il est aujourd'hui incontestable que l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, les océans et les terres. Des changements rapides et généralisés se sont produits dans la cryosphère et la biosphère. 100% du réchauffement climatique est anthropique, donc dû aux activités humaines. C’est aujourd’hui un fait établi, sans équivoque. L’ampleur des changements récents dans l’ensemble du système climatique et l’état actuel de nombreux de ces aspects sont sans précédent, de plusieurs siècles à plusieurs milliers d’années. Dans tous les scénarios d’émissions, à l’exception du plus bas, nous dépasserons le seuil de réchauffement mondial de +1,5°C dans un avenir proche (entre 2021 et 2040) et resterons au-dessus de +1,5°C jusqu’à la fin du siècle. Le changement climatique d’origine humaine affecte déjà de nombreux phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes dans toutes les régions du monde. Les preuves des changements observés tels que les vagues de chaleur, les fortes précipitations, les sécheresses et les cyclones tropicaux, et, en particulier, leur attribution à l’influence humaine, se sont renforcées depuis le cinquième rapport d’évaluation du GIEC.* Il est probable que la proportion mondiale de cyclones tropicaux majeurs (catégorie 3-5) ait augmenté au cours des quatre dernières décennies. Pour la première fois, son dernier rapport décrit une augmentation observée des événements extrêmes pour les ouragans. Auparavant, ces changements étaient trop incertains pour faire l’objet d’un consensus international. Les phénomènes météorologiques extrêmes s’aggravent désormais de manière mesurable sur toutes les parties de tous les continents (à l’exception du sud de l’Amérique du Sud, où les données sont trop rares). La question de savoir à quelle vitesse nous pouvons réduire les émissions de manière réaliste est une question de politique et d’économie, et non de science physique, mais chaque tonne émise participe au réchauffement.

Quelle part revient au capitalisme dans ce processus ?

Un courant marxiste a pu soutenir l’idée que le capitalisme finirait par s’effondrer sous le poids de ses propres contradictions économiques. Certaines critiques écologiques du capitalisme reprennent parfois ce type de discours aux accents téléologiques, affirmant que l’ensemble de la société thermo-industrielle butera sur des limites physiques, naturelles et s’écroulera. Cette idée mécaniste que la dynamique d’accumulation conduirait automatiquement à un écroulement du capitalisme. Ce fut notamment le cas dans l’entre-deux guerres d’un auteur allemand, Henryk Grossman, qui en avait fait un véritable dogme. Il y a effectivement des similitudes fortes entre cette théorie et celle de l’effondrement écologique inévitable de la ''société thermo-industrielle '', qui est défendue aujourd’hui par certains courants verts. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard qu’un petit courant '' marxiste collapsiste '' a fait sa réapparition récemment dans le monde hispanophone, en Amérique latine notamment. Les gouvernements pour leur part refusent ce fatalisme de l’effondrement. Même si la situation est gravissime et que ce soit l’évidence même. Le capitalisme ne s’écroulera pas si facilement de lui-même, ni sous le poids de ses contradictions internes, ni du fait de la crise écologique. Même si une probabilité il y a, il fera tout pour résister. Sa logique pousse au contraire des secteurs des classes dominantes à envisager des moyens néo-malthusiens, barbares, pour se sauver et sauver leurs privilèges. Face à cette menace très concrète, le fatalisme de l’effondrement inévitable sème la résignation. Or, nous avons urgemment besoin de lutte, de solidarité et d’espérance. Il faut impérativement, pour rester dans les clous écologiques, réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre, donc l’extraction, le transport, la transformation de matières et la consommation d’énergie. Par conséquent, la transition socio-économique doit être cadrée par des indicateurs physiques. D’autre part et surtout, ce sont précisément les investissements gigantesques nécessaires à la transformation des systèmes productifs, en particulier du système énergétique, qui rendent indispensable la décroissance en question. La transition en effet ne consiste pas à dire qu’un système B pourrait fonctionner comme alternative au système A, mais à indiquer le chemin menant de A à B. Le système énergétique fossile n’est pas adaptable aux sources renouvelables. Il doit donc être mis à la casse de toute urgence et un nouveau système doit être construit. La tâche est immense et requiert inévitablement de grandes quantités d’énergie. Aujourd’hui, globalement, cette énergie est fossile à 80 %, donc source d’émissions de CO2. Autrement dit: toutes autres choses restant égales, la transition elle-même sera la cause d’un supplément d’émissions. Or celles-ci doivent commencer à diminuer tout de suite et très radicalement. Dans le cadre de la logique capitaliste d’accumulation, le problème est rigoureusement insoluble. Si l’on met de côté le climato-scepticisme ou le déni climatique la seule réponse du système consiste de continuer à développer des technologies insuffisantes, incertaines et dangereuses, comme le nucléaire et la bioénergie avec capture et séquestration du carbone. Plutôt que de tout mettre en œuvre pour ne pas dépasser le seuil de dangerosité de 1,5°C, on choisit de le faire dans l’espoir que ces technologies permettront de '' refroidir '' la planète par la suite. C’est une folie intégrale, un non-sens absolu. Pourtant, c’est vers ces ''solutions '' d’apprenti-sorcier que le ''capitalisme vert'' s’oriente aujourd’hui, parce que la seule manière rationnelle d’équilibrer l’équation climatique est intolérable pour lui. Il faudrait décréter une mobilisation générale, dresser un inventaire de toutes les productions inutiles ou dangereuses, de tous les transports inutiles, et les supprimer purement et simplement, sans indemnités pour les actionnaires, jusqu’à atteindre les réductions d’émissions nécessaires. Il va de soi que cette opération requiert des mesures draconiennes, notamment la socialisation des secteurs de l’énergie et du crédit, la réduction massive du temps de travail sans perte de salaire, la reconversion des personnels dans des activités utiles avec garantie du revenu, et le développement de services publics démocratiques. Mais cet attrait renvoie aussi, chez certain·e·s, à une prise de conscience politique de la nécessité de rompre profondément avec la société actuelle, son productivisme et son fétichisme de la marchandise. Il y a là un paradoxe : alors qu’ils semblent incapables d’expliquer pourquoi le capitalisme est si destructeur, les collapsologues entrent néanmoins en écho avec des couches sociales, jeunes notamment, qui cherchent des réponses anticapitalistes. Vis-à-vis de ces milieux, il est donc important de mener le débat. En particulier important d’expliquer que le scénario d’inspiration anarchiste d’un effondrement du capitalisme ouvrant la voie à la société autogestionnaire basée sur les communautés locales ne permet pas de faire face aux défis globaux de la transition. La complexité de ces défis requiert une action planifiée. J’adhère à 100 % aux idées d’autogestion décentralisée, mais la transition requiert à la fois la centralisation et la décentralisation, la planification et l’auto-activité. L’histoire a montré les risques terribles de dégénérescence propres à cette combinaison des contraires. Mais la bureaucratisation ne saurait être évitée en se projetant, au-delà de la transition, dans un futur autogestionnaire radieux, sans État ni partis… Il faut un programme pour la combattre.

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Il ne sera pas possible de limiter la présence de CO2 dans l’atmosphère sans capture et stockage des émissions de carbone provenant notamment de l’industrie. Le GIEC, y compris dans son dernier rapport publié le 9 août, l’Agence internationale de l’énergie, le World Economic Forum, l’Académie des sciences américaine ou l’Imperial College de Londres prônent le développement et le recours massif à cette technologie. Elle fait pourtant l’objet d’un rejet presque systématique et sans réels fondements autres qu’idéologiques de la plupart des mouvements et des partis écologistes. Du coup, les gouvernements s’en détournent. A tort. En fait, son principal défaut est d'ordre moral. Elle permettrait à l’industrie lourde, aux centrales thermiques et aux pétroliers de poursuivre leurs activités. La définition de la transition énergétique est assez simple. Elle consiste à substituer d’autres sources d’énergies qui émettent moins de gaz à effet de serre aux carburants fossiles. L’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines. Le reste, c’est de l’idéologie utilisant la transition comme prétexte. Ainsi, la guerre contre l’énergie nucléaire menée par les partis écologistes n’a en fait rien à voir avec la transition et tout avec la raison d’être originelle de ces mêmes partis… Les partis écologistes en Europe sont nés dans les années 1970 pour combattre le nucléaire. Cette source d’énergie étant la moins carbonée de toutes, ce combat originel est devenu contradictoire avec celui contre les émissions de gaz à effet de serre. Mais peu importe. Il est difficile pour un mouvement politique d’admettre que son fondement idéologique est à jeter aux oubliettes. Cela ne signifie pas que l’énergie nucléaire ne présente pas de nombreux inconvénients et problèmes. Mais pas celui d’émettre des gaz à effet de serre. L'énergie nucléaire est une source à faible teneur en carbone qui a permis d'éviter environ 74 gigatonnes d'émissions de CO2 au cours des 50 dernières années, soit près de deux ans d'émissions mondiales totales liées à l'énergie. Seule l'hydroélectricité a joué un rôle plus important dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre au cours de cette période. Comme les centrales nucléaires produisent à la fois de l'électricité et de la chaleur à faible teneur en carbone, elles offrent également des possibilités de décarbonisation des industries à forte intensité énergétique. Par exemple, il est possible de développer la production d'acier, d'hydrogène et de produits chimiques à faible ou à zéro émission de carbone afin de décarboniser les secteurs difficiles à éliminer. L'énergie nucléaire est une option compétitive en termes de coûts pour la production d'électricité dans de nombreuses régions du monde. Des cadres de financement et de marché à faible coût pourraient alléger le poids des investissement initiaux élevés, de l'ordre de 5 à 10 milliards de dollars pour les grandes centrales nucléaires. Les futurs ''microréacteurs'' et SMR** à petite échelle seront probablement plus faciles à financer et permettront une interaction technologique avec les énergies renouvelables variables. L'énergie nucléaire présente des risques spécifiques, tels que les accidents radiologiques et la gestion des déchets radioactifs, qui doivent être correctement anticipés et traités. Certains pays choisissent de ne pas recourir à l'énergie nucléaire parce qu'ils considèrent que les risques d'incidents et d'accidents nucléaires sont inacceptables ou en raison des problèmes liés à l'élimination à long terme des déchets radioactifs. Il en va de même de la confusion entretenue à dessein entre énergies renouvelables et décarbonées. Les sources d’énergies renouvelables émettent aussi des gaz à effet de serre (GES) et parfois dans des quantités non négligeables, à commencer par le solaire. Et elles en émettent aussi indirectement quand elles contraignent à maintenir en permanence des capacités de production électriques fossiles que l’on peut activer quand il n’y a pas de vent ou de soleil. Sinon les réseaux électriques s’effondreraient. Cela ne signifie pas que l’éolien et le solaire ne soient pas utiles à la transition, mais qu’ils présentent de nombreux inconvénients qui font qu’ils sont incapables de répondre à de nombreux besoins des sociétés modernes. Et ils le seront tant qu’il n’existera pas des technologies offrant des capacités de stockage de l’électricité à l’échelle des besoins d’un pays. Pour l'instant, nous en sommes loin.

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Dans les GES on oublie souvent le méthane. Ce puissant gaz à effet de serre, dont la concentration dans l’atmosphère croît plus vite que celle du CO2, est responsable de près de la moitié du réchauffement. Il est utilisé comme carburant ou pour se chauffer (gaz '' naturel''), et d’immenses quantités en sont relâchées par l’élevage, lors de l’extraction gazière ou pétrolière et libérées par la fonte du pergérisol ou permafrost à cause du réchauffement arctique. Alors qu’il produit l’essentiel de ses effets dans les premières années passées dans l’atmosphère, la réduction de ses émissions aurait des effets rapides et majeurs sur le climat. C'est un serpent qui se mord la queue et il nous sera de plus en plus compliqué d'en sortir si rien ne bouge d'une manière radicale. Notre civilisation s'embourbe et s'enfonce dans une crise sans précédent. Les ''collapsologues'' qui prédisent l'effondrement total de la race humaine ne sont finalement pas très loin de la réalité. Les scénarios envisagés sont plus qu'alarmants. Le réchauffement lié à cette accumulation sans précédent de gaz à effet de serre a entraîné une foule de bouleversements déjà largement documentés. Parmi ceux-ci, des événements climatiques extrêmes qui se multiplient et s’intensifient . Des océans qui s’acidifient et sont vidés de leur oxygène , les biosphères qui se déplacent vers les pôles, etc. Parmi les conséquences les plus spectaculaires, l’élévation des températures a entraîné celle du niveau des océans, qui ont grimpé de 20 centimètres depuis 1900. Depuis 1971, cette hausse est due pour moitié (50%) à l’expansion thermique liée au réchauffement de l’eau marine, la fonte des glaciers (22%) et celle des calottes glaciaires (20%). Entre les années 1990 et 2010, le rythme de fonte de ces dernières a été multiplié par quatre. Depuis 2006, la fonte des glaces est devenue le principal facteur d’élévation des océans. Un phénomène qui s’emballe : de +1,3mm par an entre 1901 et 1971, les mers sont montées de 1,9mm entre 1971 et 2006, et enfin de 3,7mm entre 2006 et 2018. Globalement, l'océan de vie se meurt. Le scénario le plus ''idéaliste'' se base sur la soutenabilité et une voie verte vers un développement plus inclusif qui respecte les limites environnementales planétaires et s’articule autour du bien-être des populations et de la réduction des inégalités. La consommation est orientée vers une faible croissance matérielle, une moindre utilisation de ressources et d’énergie, la solidarité et une reconnexion avec la nature. Le scénario d’un développement économique et social élevé basé sur les marchés compétitifs, la compétition entre individus et l’innovation qui nécessite de recourir à d’abondantes ressources en énergies fossiles, correspond au scénario le plus pessimiste. A nous de choisir la voie, nous sommes les maîtres de notre destin. Dans tous les cas, les températures continueront d’augmenter au moins jusqu’aux années 2050. Le scénario le plus optimiste permettrait de contenir le réchauffement à 1,6°C (fourchette de 1,2 à 2°C) d’ici le milieu du siècle, avant d’amorcer, sans certitude, une légère décrue au tournant des années 2100 pour redescendre à 1,4°C (entre 1 et 1,8°C). Le scénario le plus pessimiste prévoit un réchauffement entre 3,3 et 5,7°C, avec une estimation moyenne de +4,4°C. La vie alors disparaîtrait des océans. Le comportement des océans est l’un des sujets cruciaux de ce siècle. Comparé à la période 1995-2014, le niveau des mers pourrait monter de 28 à 55 centimètres dans le scénario le plus optimiste, et attendrait 63 centimètres à 1 mètre dans le scénario à fortes émissions, note le rapport. Pis, en raison de ''profondes incertitudes'' liées au comportement des calottes glaciaires, n’excluons pas un scénario catastrophe, dans lequel l’océan monterait de 2 mètres d’ici 2100 et jusqu’à 5 mètres en 2150. Mettre en œuvre le plus radical des scénarios qui leur sont proposés, ce n’est pas ce que les gouvernements sont en train de faire. Leurs plans climat nous mènent actuellement vers un réchauffement de 3,5°C. Alors choisissons le bon et vite !!!

Jerry J.Pelikan (Captain Blackbone) Blue Ocean Nation / World Citizen Climate Council (WCCC) / Conseil Citoyen Mondial du Climat (CCMC)

*GIEC-Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat est un organisme intergouvernemental ouvert à tous les pays membres de l'Organisation des Nations unies. Il regroupe actuellement 195 États. Wikipédia

**Les petits réacteurs modulaires (en anglais : Small modular reactors, abrégé en SMR) sont une catégorie de réacteurs nucléaires à fission, de taille et puissance plus faibles que celles des réacteurs conventionnels, fabriqués en usine et transportés sur leur site d'implantation pour y être installés. C'est une des solutions nucléaires à petite échelle, servant à produire de l'électricité ou de l'hydrogène pour des sites limités en taille et souvent isolés. On parle alors de petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR). Ils représentent une alternative plus économique et écologique aux réacteurs nucléaires conventionnels. Le développement de ces petits réacteurs nucléaires modulaires pourrait par exemple permettre d'offrir de l'électricité décarbonée à des sites géographiquement isolés, tels que certaines îles, des navires ou des bases nautiques, mais aussi d'alimenter en électricité propre des endroits qui, jusqu'alors, profitent d'une énergie produite à base de combustibles fossiles. Ces SMR disposent d'une puissance pouvant varier de 10 à 300 mégawatts.

 

EFS

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