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La Nature, le Capitalocène et l'Effondrement

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  • Le 27/03/2020
  • Dans Eco

La conférénce que j'ai présenté pour la première fois le 22 mai 2019 en Guadeloupe. Bien avant le Covid-19. Je la publie en ce temps de confinement, pour vous permettre de lire ma réfléction à ce sujet. Bonne lecture "chez vous" à la maison.

La Nature, le Capitalocène et l'Effondrement

La Nature, le Capitalocène et l'Effondrement

Avant propos

Hier encore, la Dominique dressait ses collines émeraude au-dessus de la mer turquoise. En août 2017, elle était recouverte de forêts d'un vert à nul autre pareil, chaque sommet, chaque ravin débordant de végétation. Île la plus montagneuse de la région, au couvert forestier le mieux préservé, elle était une merveille de splendeur naturelle, mais pauvre. La plupart de ses 70 000 habitants vivaient chichement sur de petites exploitations, ajoutant aux bananes plantains et ignames, un peu de pêche et de tourisme. L'île avait déjà subi une première tempête en 2015, Erika, qui avait déversé des torrents d'eau sur les collines dont certaines s'étaient effondrées.
Le 18 septembre 2017, l'ouragan Maria soudainement passé en catégorie 5 (niveau extrême encore rarement atteint), a frappé de plein fouet la Dominique. En une nuit l'île verte est devenue marron. Des vents d'une extraordinaire férocité avaient purement et simplement soufflé le couvert forestier. Si Erika n'avait fait qu'égratigner l'île, Maria l'avait littéralement écorchée. Cette fois, la totalité des infrastructures – maisons, routes, ponts, hôpitaux, écoles – avaient été pulvérisées et le secteur agricole réduit à néant. Le coût financier était estimé à deux fois le produit intérieur brut (PIB) du pays, mais, comme le nota l'agence d'information IRIN: "le sentiment de perte dépasse le chiffrable. Les descendants d'esclaves qui peuplent la Dominique n'ont pourtant rien fait pour réchauffer la planète, pas plus que les derniers Indiens Kalinagos qui y survivent. Les agriculteurs pauvres qui améliorent leurs fins de mois comme chauffeurs de taxi ou vendeurs de rue ne produisent que des empreintes carbones négligeables, et n’ont aucun pouvoir sur la fourniture mondiale d'énergie. Or, ce sont précisément eux qui ont péri sous les coups de boutoir de l'hypercyclone.

Ils ont fait quoi, les habitants de la Micronésie pour favoriser l'emballement climatique ? Ces îles oubliées du Pacifique lointain, accrochées sur l’équateur à mi-chemin entre l’Australie et Hawaï, un archipel d’une île et de 32 atolls, dont 12 seulement sont habités. Minuscule Etat de Micronésie aux 110 000 âmes sur des poussières de terre ferme, 726 km , soit Paris et sa couronne, dispersées sur un immense espace maritime de 3,5 millions de kilomètres carrés d’eaux territoriales, soit l’Inde. Les Kiribati en gilbertin, la langue austronésienne parlée par les habitants originaires. A l’exception de l’île Banaba, les plus hauts reliefs font 3 mètres. Ce mince affleurement en pleine mer leur est aujourd’hui fatal. En effet, les derniers modèles effectués sur la fonte de la calotte antarctique et sa fracturation en énormes icebergs laissent à penser que le niveau des océans du monde pourrait s’élever de 1 mètre à 1,80 m d’ici à 2100. Leurs terres seraient alors submergées. Aujourd’hui déjà, sur l’atoll de Tarawa, le plus peuplé, la population a dû dresser des digues de fortune et planter des palétuviers pour contenir la mer qui, à chaque tempête, s’infiltre un peu plus, érode les côtes et salinise les sols sur lesquels plus rien ne pousse. Au moins huit petites îles ont déjà été englouties. Les îles du Pacifique vont être les plus frappées par les effets du changement climatique. Avant la fin du siècle, ces îles vont devoir être abandonnées par leurs populations.
Nous vivons dans l'Anthropocène, une époque dans laquelle notre espèce particulière tient désormais les rênes des forces de la nature et décide de la trajectoire de la planète, comme cela se voit surtout dans le domaine climatique. L'humanité dans son ensemble serait donc responsable des catastrophes qui en découlent ? L’Homme est-il allé trop loin ? Avons nous enclenché sans le savoir, un processus irréversible qui mènera à l’effondrement de notre civilisation ? Possible...

Le préambule

Quand j'étais gamin, j'allais souvent à la campagne chez mes grands parents paternelles. J'adorais ça. Nous étions dans les années cinquante/soixantes en Europe centrale et la vie était bien différente de celle d'aujourd'hui. Je ne parle pas de technologie, d'industrie ou des progrès scientifiques naissants, mais tout simplement d'une vie saine et simple dans un écosystème riche et à la nature encore relativement vierge et préservée. Je revois ces images du passé comme si c'était hier. Avec mon grand père, qui après avoir été soldat pour François Joseph dans son armée de l'Empire austro- hongrois en guerre 14-18 où il a appris le métier de boulanger, faisait un petit boulot de garde forestier. Nous prenions souvent des vélos et allions au champignons quand c'était la saison. Les villages vivaient aux rythme des saisons. Forcément, il connaissait tous les bons coins comme sa poche et nous ne rentrions jamais bredouilles, nos paniers remplis de cèpes. Au retour, nous nous arrêtâmes parfois au bord des chemins pour y cueillir des fruits, des pommes, poires, cerises, abricots et prunes que mon papi faisait fermenter dans des grands futs en chêne et ensuite distillait dans son alambic artisanal pour en faire une eau de vie arrache-gueule. C'était complètement interdit, mais il s'en foutait. L'important c'était d'avoir du bon remontant pour les fêtes, pour supporter l'hiver et pour un petit coup le soir avant d'aller se coucher. Pas de télé, c'était le journal le matin, la radio le soir, un petit coup de gnôle et dodo. Tout était à portée de main et rien ne se perdait. Pas de poubelle à la maison. Le journal servait à allumer le feu et à se torcher les fesses, les restes des repas servaient à nourrir les animaux : poules, lapins, chèvre et cochon. Même le chien avait sa part. Mon grand père avait aussi un cheval et une carriole pour aller chercher le foin qu'il stockait dans le grenier pour nourrir les animaux l'hiver et leur protéger le sol. Son crottin mélangé aux autres excréments d'animaux servait comme engrais au potager ou était répandu dans les champs. On y récupérait les patates, de la betterave, du maïs et du blé, tout ce qui a été laissé par la coopérative et que se partageaient les villageois. C'était le troc : des œufs frais contre du lait frais, une poule ou un poulet contre de la farine, des fruits contre des champignons.... Quand on tuait le cochon, tout le monde participait à la fête et au repas, puis repartait chacun avec quelque chose : boudin, andouillette, des côtelettes. On faisait des saucisses, du saucisson et du jambon. Du lard et du saindoux pour la cuisine. Je n'aimais pas quand on tuait les animaux, que ce soit mon pote lapin, une poule, un canard ou le cochon. Je ne voulais pas les manger, car c'était comme si on me donnait à manger un ami. Mais bon, c'était comme ça. En attendant, tout se récupérait et rien n'était perdu ni jeté. Les plumes des oies et des canards servaient à faire les édredons pour l'hiver et mêmes les cendres du poêle servaient à remblayer les chemins ou à les saupoudrer lors des gelés hivernales ou des tempêtes de neige. Mes grands parents n'achetaient pas grand chose chez l'épicier. Du sel, des épices, du sucre, du riz et de la bière en bouteilles de verre consignées. Le pain était fait maison. Pas de frigo, c'était le puit qui fournissait l'eau potable et qui l'été était l'endroit le plus frais ou alors la cave. Pas de plastique, du papier seulement. Quand il y avait besoin, ils s'aidaient les uns les autres. Chacun apportait son savoir-faire et les outils pour les constructions, les réparations, la mécanique, il y avait le menuisier, le ferronnier et le maréchal ferrant. Une vie simple réglée au rythme de la nature et en accord avec elle.
Les vacances finies, je retournais en ville en train à vapeur, plus tard en voiture quand mon père a pu en acheter une. Une Ford. Parfois aussi en Harley Davidson avec un side-car que mon grand- père avait récupéré de l'armée américaine. Sinon, on marchait beaucoup en ville, nous prenions le tram et le trolleybus. Nous sommes devenus ''urbains'' et il fallait se débrouiller faute de moyens. On ne mangeait la viande que le dimanche, et les jours de fête. Le reste du temps c'était du ''végétal'' vu que nous avions un potager sur un petit lopin de terre avec quelques arbres fruitiers, des légumes et quelques ruches et ma mère faisait des prouesses d'invention des plats et des soupes surtout l'hiver. Confitures, miel maison, même la vie en ville était encore réglée au rythme des saisons. Vendredi c'était le jour du poisson quand il y en avait. Nous étions loin de la mer. La première fois que je l'ai vu, c'était la Baltique avec mes parents et ma soeur, je devais avoir 13 ans. Elle était agitée, froide et magnifique. La mer m'a envouté instantanément. J'ai commencé à traverser l'Europe, qui était loin d'être unie à cette époque avec frontières, passeports et visas, seul ou avec mon pote Tom à l'âge de dix sept ans. En train et en stop, sans un sou. Pour nous en faire un peu, nous faisions la manche en chantant avec nous guitares les chansons de Bob Dylan. Ça marchait plutôt bien, nous n'étions pas trop mauvais et les gens nous laissaient parfois même quelques billets. L'été terminé, début septembre, c'était le retour au bahut. Tout ce que j'ai vu à cette époque là a disparu ou a été sérieusement endommagé et progressivement changé. Dans les années soixante nous ne buvions pas de l'eau dans des bouteilles en plastique, du lait ou du jus de fruits dans des briques, les forêts étaient vertes et abondantes. Il n'y avait ni les énormes zones industrielles ni commerciales. Enfant, j'ai toujours été attiré par les indiens, les tipis, je me fabriquais des mocassins, l'arc et les flèches. Mon grand père m'avait appris la forêt, alors j'aimais parfois m'y réfugier tout seul, le visage peinturluré, avec une plume dans les cheveux, en dormant une nuit dans un tipi que j'avais construit selon les méthodes ancestrales décrites dans les vrais livres car il n'y avait ni écrans, ni portables, ni PS4 ni des tutos YouTube. Je me passionnais pour Jules Vernes, Mark Twain ou des romans d'aventures indiennes comme Winnetou de Karl May et il n'y avait que la faim qui me rapatriait à la maison, car avec mon arc je n'arrivait pas à chasser un pauvre lièvre qui passait par là.

Prise de conscience

Dans les sixties le monde était encore à peu près naturellement ''durable'' et écolo, mais ayant fuit le collectivisme soviétique imposé et la dictature communiste pour une vie à l'occidentale, je m'en souciais que peu. Nous ne savions même pas ce que le mot ''écologie'' voulait dire, je ne me rappelle même pas s'il existait déjà et qui l'avait inventé. Sûrement encore un allemand (Ernst Haeckel (1)). Le sex libéré sans menace du sida oui, l'alcool, les drogues, la musique rock à fond, la crinière au vent, les motos, les bagnoles, mais une conscience écologique ? Woodstock à poil dans la boue, c'était écologique ? Mai 68 à Paris ou le printemps de Prague ? Pas trop l'ambiance à l'écologie...Mais, petit à petit le gens commençaient à s'inquiéter tout en devenant ''urbains'' et en prenant de la distance avec la nature de nos grands parents jusqu'à en perdre complémentent le lien. L'écologie m'est peut-être apparue pour la première fois en tant que telle avec la création du Earth Day en 1972 à Stockholm en Suède, et encore. Qu'à travers les journaux et la télé où j'ai commencé à travailler à Paris en 1974, mais notre soucis était plus la guerre du Vietnam que l'écologie. Mon retour au monde naturel à dose homéopathique, je l'ai vécu par hasard à travers mon prof de fac, l'ethnologue Jean Rouch, spécialiste de l'Afrique des ''sauvages'', un passionné débonnaire et l'extraordinaire bricolo de sa légendaire Paillard-Bolex H-16mm à ressort. Puis lors de mon voyage au cœur de l'Amazonie dans une tribu d'amérindiens n'ayant eu aucun contact préalable avec la civilisation.

Je connaissais la forêt par cœur, cette forêt de chez nous, pas la tropicale, amazonienne et hostile. Après la mer, c'était pour moi une autre découverte extraordinaire, surtout des humains qui s'y cachaient depuis le début de l'humanité. Qui vivaient en harmonie et accord parfait, fondus dans cette nature sauvage et qui était leur source d'existence. J'ai alors réalisé, qu'aucune espèce vivante ne pouvait survivre en dehors de trois principes fondamentaux :

Le principe de la biodiversité : chaque écosystème est dépendant des espèces qui l’occupent
Le principe de l’interdépendance : chaque espèce dépend l'une de l'autre
Le principe des ressources épuisables : toute ressource est limité dans le temps
C'était le début de ma prise de conscience ''écologique '' qui m'a conduit vers un constat indéniable et qui, actuellement, se traduit par un effondrement général de l'espace nature et des espèces qui l'occupent.

Les faits

L'augmentation de la population d'une espèce va provoquer un déséquilibre dans les ressources qui a leur tour vont provoquer d'un coté l’effondrement et de l'autre la prolifération d'autres espèces. Je m'explique : le réchauffement climatique par exemple, impacte la température de l'océan et augmente la pression sur sa capacité d'absorption du CO2, fait fondre des glaces et l'apport volumétrique supplémentaire en eau douce et le surplus du CO2 atmosphérique engendrent son acidification qui elle, provoque le stress du corail, son blanchiment et la mort du récif. L'acide dissout sa coquille et son squelette calcaire. La lente disparition de phytoplancton depuis des années cinquante a provoqué une diminution de 40% de production de l'oxygène et a engendré l'impact sur la chaine alimentaire halieutique aidé par la surpêche pour nourrir les populations croissantes. Plus de population=plus de consommation=diminution de ressources=effondrement. C'est imparable. Les humains ont cette incroyable capacité à la destruction et ce depuis l'époque des chasseurs- cueilleurs et tout s'est accéléré exponentiellement à partir de la première révolution industrielle. Avec la démographie croissante les ressources diminuent jusqu'à leur raréfaction, voire disparition et vu que nous impactons toutes les ressources, nous impactons aussi la nature, le vivant et son habitat. L'océan joue un rôle primordial, déjà en tant que régulateur de température, absorbeur de CO2 (2/3) et producteur d'oxygène à la hauteur d'environ 70%. Plus que les forêts (1/3), donc, alors s'il est déséquilibré, toute la chaine climatique et alimentaire en est forcément bouleversée. Il y a plusieurs attitudes négatives face à de tels bouleversement :

1-Le déni
2-L'acceptation et fuite en avant favorisant le développement perpétuel
3-L'acceptation de l'idée que ce même développement permettra de trouver des solutions

4-L'acceptation dépressionnaire et constat d'impuissance
5-L'apathie, l'attente et peur de l'échec
6-Le fatalisme de l'inévitable

Le déni est motivé soit par l'avarice, soit par l'ignorance. Quelque climato-sceptiques y voient même une opportunité de développement de l'agriculture, de nouvelles sciences salutaires et d'écosystèmes artificiels planétaires. Pour les politiques, chercher des solutions réalistes n'est pas une solution, car les mesures à prendre seront forcément impopulaires avec la perte d'électeurs et du pouvoir à la clé. La majorité de la population est apathique car, ou préoccupée par son égocentrisme matériel ou par sa simple survie. A partir de ce moment précis, il est très facile de prévoir le futur de l'humanité : plus de guerres pour des ressources rares et indispensables, l'invasion des espaces par les réfugiés climatiques (200 à 500millions d'ici la fin du siècle), plus de pauvres exploités par une minorité des plus riches, plus de désastres (ouragans, inondations, incendies...), plus d'épidémies, l’effondrement de la biodiversité et du vivant. Ces dernières 50 années 60% de vertébrés ont disparu sans parler des insectes dont le taux de disparition est 8x plus élevé. Depuis trente ans, la biomasse totale des insectes diminue de 2,5 % par an et la principale cause en est la perte de leur habitat majoritairement due aux pratiques agricoles intensives et aux immenses champs en monoculture avec la destruction des haies. La chaine suit : les reptiles, batraciens et les oiseaux disparaissent en nombre à leur tour, mais aussi les petits rongeurs et les poissons. Un déclin qui pèse sur la biodiversité et notre alimentation car 75% des sortes de plantes que nous mangeons sont liées à la pollinisation. Les céréales pollinisées par le vent (blé, riz) représentent environ les deux tiers de notre consommation de produits agricoles et le tiers qui reste en termes de tonnage, ce sont les légumes, fruits et les cultures à forte valeur ajoutée, donc les plus précieuses en termes de nutrition. Cette crise est mondiale. Toute la chaîne alimentaire mondiale pèse pour un tiers des émissions de CO2 le reste est rejeté par l'économie dont l'énergie.
Nous voilà désormais déjà dans l’urgence et l’obligation d’agir, notamment en matière de maîtrise de l’utilisation des pesticides dont l’impact est le plus lourd pour ces insectes et animaux.
De ce constat anthropocènique est née la ''collapsologie'', la pseudo-science de l'inévitable et de l'effondrement systémique global : la fin de la période de la plus grande abondance matérielle jamais connue au cours de l’histoire humaine. Une abondance fondée sur des sources temporaires d’énergie concentrée et bon marché qui a rendu possible tout le reste , le processus à l’issue duquel les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, etc.) ne sont plus fournis à une majorité de la population par des services encadrés par la loi selon Yves Cochet. L'humain est son propre ennemi et la cause de sa propre disparition. L'anthropocène s'apparente au suicide car nous sommes dans une courbe exponentielle à l'accélération inévitable et sans freins, ce qui nous mène droit dans le mur vu que la démographie finira par exploser, les ressources par s 'épuiser et la fuite sera impossible car l'espace planétaire n'est pas extensible et sera définitivement impacté par nos activités humaines : les océans de plastique sans vie, les sols inféconds détruits par la chimie, la désertification, l'eau rare polluée et irradiée, l'air vicié. Tchernobyl et Fukushima étant à nos yeux les deux pires catastrophes dans l'histoire des crimes écologiques, aujourd'hui nous agissons comme si cela ne s'était jamais produit. Nous sommes devenus une espèce sociopathe perdant son empathie et compassion vis-à-vis d'autres espèces, de la nature et du vivant capables de massacrer 60milliards d'animaux en une année rien que pour notre nourriture tout en voulant contrôler la nature, alors que c'est elle qui nous contrôle. La solution consisterait peut-être et entre-autres à sortir de l’anthropocentrisme et adapter enfin le biocentrisme, un courant de l'éthique environnementale généralisant l'approche Kantienne (2) à tous les êtres vivants. Ces derniers doivent être considérés comme des fins en soi, c'est-à-dire comme possédant une valeur intrinsèque qui leur donne droit au respect. Nous avons un besoin urgent de retrouver une vie en harmonie avec toutes les autres espèces. Sans écologie, il n'y a pas d'économie. L'humanité est dotée de plein de qualités d'imagination, d'amour, de passion et de courage pour construire un nouveau monde, un nouveau modèle de société et est tout à fait capable de développer des alternatives durables à l'agriculture, à l'énergie tout en respectant notre planète. Nous avons des penseurs, des leaders, des philosophes, des scientifiques, des activistes, des artistes et des enseignants capables d'exploits et leur nombre va aussi en croissant. La solution à un problème impossible se trouve dans la découverte d'une solution impossible jusqu'à lors. L'impossible peut et doit devenir possible. Le monde ne nous appartient pas, nous en sommes que des locataires passagers et nous devons le transmettre en bon état aux générations à venir. La condition à la prise de conscience de masse est assujettie par deux
facteurs essentiels:
1-
la visibilité réelle de la destruction et son impact personnel immédiat

2- la disparition du travail et de ressources vitales

Alors pourquoi tout va s’effondrer ?

Nous partageons tous les souvenirs d’un été caniculaire qui, avec les températures suffocantes, la sécheresse, les feux de forêt, la prolifération des algues toxiques et les inondations, nous a fait éprouver dans notre chair et au quotidien les conséquences d’un changement climatique trop souvent réduit à une kyrielle de chiffres abstraits. C’est à ce moment précis que Nicolas Hulot, ministre et icône de la transition écologique, annonce sa démission en réaction à la politique d’un gouvernement hypnotisé par le court terme et paralysé par le poids de lobbies. Cette démission apparaît comme un signal d'alerte face à l'inertie collective des consciences et des comportements. Et ce, alors même que des indicateurs de plus en plus nombreux montrent que "La grande accélération" de la crise écologique prend la forme d'un effondrement qui pourrait remettre en question notre civilisation et même jusqu'à la survie de l’espèce. Théoricien de l’Hypothèse Gaïa, James Lovelock prédisait en 2006 qu’avant la fin du siècle 80 % de la population de la planète aura disparu ! Il écrivait : ''Notre avenir est semblable à celui des passagers d’un petit bateau qui naviguerait tranquillement vers les chutes du Niagara, sans savoir que les moteurs sont sur le point de tomber en panne.'' Voici qu'une étude parue l'été dernier va dans ce sens en évoquant la possibilité d’une "bascule climatique" : un point de non-retour à partir duquel toute la dynamique climatique de notre planète pourrait s’emballer et devenir irréversible.

Développé par différents auteurs, le concept de "Capitalocène" permet de mieux comprendre les origines et les conséquences de cet effondrement écologique, et d’imaginer, à partir de cette prise de conscience, des stratégies pour le freiner. La profondeur des transformations environnementales opérées par le capitalisme feraient entrer la terre dans une nouvelle ère géologique, le Capitalocène, qui fait suite à l’Holocène, une période couvrant les dix derniers millénaires. Le dérèglement climatique, dû aux pollutions émises par l’extraction et la consommation d’énergies fossiles, n’est pas séparable de l’émergence du Capitalisme. Désignant sensiblement la même réalité phénoménologique que l’Anthropocène, le Capitalocène est un concept qui prend comme point de départ l'idée que le capitalisme est le principal responsable des déséquilibres environnementaux actuels. La responsabilité de l'exploitation des énergies fossiles sur la dégradation de l'environnement n'est plus à prouver et ce sont bien quelques dizaines d'entreprises qui s'enrichissent sans redistribuer leurs profits vers la sauvegarde de l'environnement.

Mais bien au-delà d’un mode de production, le capitalisme c'est une vision du monde c'est à dire à la fois un rapport social, un mode de subjectivation et de pensée, un imaginaire qui se décline à travers des représentations culturelles ainsi qu'une certaine idée de l'être humain réduit à son rôle économique de producteur/consommateur animé par la maximisation de ses intérêts égoïstes. Cette vision du monde exprime l'hégémonie de la valeur marchande et de l’abstraction économique sur la vie concrète, les communautés humaines et le milieu naturel. Il va sans dire que l’histoire de l’interaction entre l’humain et son environnement remonte aussi loin que l’histoire humaine. Depuis le début de l’hominisation, l’humain a eu à transformer, aménager, mettre en forme la nature de diverses manières pour produire ses moyens de subsistance et pour répondre à ses besoins élémentaires ( se nourrir, se vêtir et se loger). Comme notre nourriture, par exemple, ne se retrouve pas à l’état brut dans la nature, il est nécessaire de la modifier pour arriver à se nourrir (cueillette, pêche, préparation, cuisson, etc.), au même titre que nos vêtements et nos lieux d’habitation. Ce serait davantage la mise en forme de cette activité dans le contexte sociohistorique à l’intérieur duquel elle se déploie qui serait la source de cette transition géologique. Cette mise en forme historique a été conceptualisée par Marx comme le mode de production, expression qui désigne une manière, une façon de produire historiquement nos moyens d’existence et de répondre à nos besoins (eux aussi spécifiques au contexte socio-historique). Au cours de l’histoire occidentale, plusieurs modes de production se sont succédé (tribal, communal, féodal) avant que le capitalisme ne se taille une place comme mode de production dominant, et ce, au terme d’une histoire "inscrite dans les annales de l’humanité en caractère de sang et de feu". Telle est bien la grande rupture opérée par le capitalisme: pour la première fois dans l’histoire, voilà donc un mode de production qui met au principe de son fonctionnement le fait de déconnecter la production des besoins humains, et qui produit d’autant mieux, d’autant plus et d’autant plus efficacement qu’il échoue à satisfaire les besoins les plus élémentaires du plus grand nombre. Ce serait entre autres ce caractère illimité de l’accumulation du capital, qui se déploie sur une planète par définition limitée, qui serait à la source des dérèglements environnementaux et de notre sortie de l’Holocène. Attribuer la crise environnementale actuelle à une certaine conception de la nature humaine reviendrait en ce sens à naturaliser, ''déshistoriciser'' et dépolitiser un mode de production spécifique à un contexte socio- historique. Imputer le changement climatique à l'humanité entière revient à dédouaner le capitalisme. À l’acceptation de cette idée (lente et laborieuse dans le mouvement écologiste actuel), il devient tortueux d’aborder les causes de la transition écologique sans faire de politique...

Un des principaux intérêt du concept de Capitalocène est bien de mettre en exergue la relation organique qui existe entre écosystèmes naturels, organisation sociale et système techno-économique. Ce qui permet de se libérer d'une approche purement environnementale, scientifique et technocratique de l'écologie pour développer une vision intégrale qui prend en compte toutes les dimensions de notre relation au milieu naturel: économique et sociale, politique et technique, culturelle et spirituelle. Dans son interview à France-Inter, Nicolas Hulot a prononcé une phrase-clé:"C'est un problème de démocratie: qui a le pouvoir?'' Qui, en effet, a le pouvoir dans nos démocraties ? La réponse est claire: le capital financier globalisé. Les oligarchies financières détiennent le pouvoir, pas le ministre de l'écologie. Les oligarchies ont une seule stratégie: la maximalisation du profit dans le temps le plus court et souvent à n'importe quel prix humain ! On peut ne peut pas humaniser, améliorer, réformer un tel système. Il faut l'abattre. Aucun des systèmes d'oppression précédent comme l'esclavage, le colonialisme, la féodalité, n'a pu être réformé. L'oppression ne se réforme pas...face à la perspective d'effondrement, il ne peut y avoir de "sursaut radical" sans la conjonction d'une critique social radicale, capable de nous libérer de l'emprise capitaliste, et d'une vision intégrale capable d'imaginer le saut évolutif vers un nouveau stade du développement humain qui se manifesterait à travers une nouvelle forme - globale et systémique - de conscience/culture/société. Le système qui nous fait vivre et prospérer actuellement est un système globalisé, productiviste et consumériste organisé par le capitalisme, asservissant l'home par l'argent et dépendant du capital. L'homme a déjà fait l'expérience de systèmes productivistes comme, par exemple, celui du communisme qui en opposition au capitalisme était dogmato-idéologique. Le résultat final a aussi fait naître une caste supérieure dominante asservissant le peuple. Les biens qu'il dégageait en quasi autarcie lui étaient uniquement destiné et le machinisme prolétarien dont les libertés étaient restreintes ou absentes, servait exclusivement à son profit et à sa défense. En se libérant du totalitarisme idéologique, l’assujettissement de l'humain ne se fait uniquement que par la dépendance à l'argent produit par le travail fabriquant de la marchandise. L'esclavage étant l'exploitation de l'homme par l'homme, le capitalisme est l'exploitation de l'homme libéré d'esclavage par le biais de l'argent qu'il produit lui-même avec le concours de la machine. Si on y réfléchi bien, c'est exactement la même chose exceptant la liberté de choix. Aujourd'hui dans notre société post-moderne occidentalisée, nous avons le choix de refuser ou alors nous y assujettir par nous-mêmes. C'est la seule et unique différence : le libre choix de continuer à produire de l'argent ou de construire un nouveau modèle de société solidaire, de partage et de loisirs par exemple, dont le travail disparaîtrait, mais au profit de l'homme aidé par la machine qui lui procure de l'argent et dégage du temps libre. Ce n'est pas le cas. Le travail, de plus en plus précarisé, disparaît partout au profit de la machine, mais l'argent gagné ne profite qu'à celui qui la possède. C'est à dire à 1% de la population mondiale (3). L'homme a d'abord crée l'outil dont il s'est servi dans son évolution pour construire la machine, les deux destinés à lui faciliter la vie. La machine, controlée par l'homme au départ a pris le pouvoir et, aujourd'hui, c'est la machine qui contrôle l'homme. C'est l'avènement de la société technico-capitaliste et de son système de production. Ce système est condamné à l'auto-effondrement pour des raisons citées plus haut, mais il risque d'emporter dans sa chute une bonne partie de notre civilisation et de l'écosystème planétaire. Ayant coupé nos liens avec la nature, notre société post moderne anthropocentrée vit aujourd'hui dans un système artificiel et urbanisé. Tous ce qui nous entoure et tout dont nous nous servons a été produit, arrangé ou aménagé. Mêmes les arbres ont été plantés par endroits par la main de l'homme. La moitié de l'humanité vit dans les villes. Certaines espèces ont été importées d'ailleurs et mis à part quelques espaces sauvages ou préservés volontairement, rien n'est plus vraiment ''naturel''. L'air même que nous respirons est conditionné, pollué et traversé par des multiples ondes. Nous vivons dans un monde qui a subi la seule révolution de l'humanité : la révolution ''industrielle''. Les autres révolutions étant essentiellement politiques ou sociétales même celle du néolithique qui est un passage de statut de chasseur-cueilleur à celui d'une société organisée, n'est qu'une modification de la production alimentaire agricole. La révolution industrielle est une révolution de la production. L'urbanisation et l'uniformisation du monde s'accroît tout comme sa population, son occidentalisation et sa globalisation. La démocratie, la science, la métaphysique, la technologie et le capitalisme sont nés en occident et forment un système dont l’effondrement nous fera sortir malgré nous. Le capitalisme de base a engendré la lutte des classes car tout ce qui est gagné par les uns est perdu par les autres. Plus les salaires sont bas, plus les profits augmentent, mais...le salaire présente aussi le pouvoir d'achat qui est le moteur de la consommation et il faut absorber la production croissante grâce aux machines car c'est justement cette surproduction qui alimente le capitalisme.  Le déclic de ''mieux payer les salariés'' pour qu'ils achètent plus de biens que leur force de travail a produite s'organise alors. C'est le deuxième stade de l'évolution du système : l'avènement de la consommation de masse. Il ne s'agit là que d'une meilleure répartition du fruit de la croissance, l'heure du compromis et de la mise en place de l'état-providence à l'échelle nationale.Vient l'autonomisation croissante du capitalisme financier et le pouvoir accru des détenteurs du capital : les actionnaires qui sont les véritables propriétaires des sociétés cotées en bourse. Né alors le néolibéralisme mettant en concurrence les travailleurs sous l'effet du libre échange mondial et la complète mobilité des capitaux. Les syndicats se retrouvent impuissants et c'est la porte ouverte au capitalisme prédateur qui détruit l'homme, le travail, des villes-usines entières et la nature. La délocalisation et la déréglementation permettent d’échapper aux revendications populaires, aux pressions syndicales, aux réglementations fiscales et écologiques plus contraignantes. Le rôle du marché est devenu unique dans l'histoire de l'humanité, il n'y avait aucune économie qui soit dirigée et réglée par le marché avant la révolution industrielle. Depuis, tout est devenu marchandise. C'est l’accumulation du capital par la production de marchandises et devient marchandise tout ce qui entre sur le marché. Au lieu que l'économie soit enchâssé dans les relations sociales, ce sont elles qui sont enchâsse dans le système économique. La société sert le capital et non l'inverse. Le capitalisme n'est plus qu'un fait économique, mais devient un fait social total et une organisation de forme différente de toutes les autres organisations des sociétés humaines. Il ne s'agit plus d'échanger une marchandise contre une autre par le biais du troc ou de l'argent, mais produire plus d'argent grâce à des marchandises. Il ne s'agit plus de se procurer un bien utile ou de satisfaire un besoin, il s'agit in fine d'une manière ''révolutionnaire'' de produire plus d'argent par la vente des marchandises tout en exploitant le travail par le salariat, par l'addiction et par la soumission à l'argent, réduite par la quantité du travail disponible. En somme, une quantité d'argent achète du travail pour produire plus d'argent. Le capital, s'est de l'argent qui s'auto-produit lui-même en automatisant le processus de production et qui ne recherche que sa propre croissance. Quantitativement il est sans limite et infini. Son exploitation des ressources humaines et naturelles produit toujours plus de marchandises et cette surproduction, il faut la consommer en instaurant la société de consommation dont la publicité et l'obsolescence programmée servent à cet objectif. Ainsi le système a créé le monde et des hommes adaptés à lui : des consommateurs. Un occidental passe actuellement plus de temps devant les écrans que devant les professeurs, il ingurgite des milliards de spots publicitaires plus toute la publicité passive qu'il a sous les yeux à longueur de son existence. L'apprentissage se fait de plus en plus par les médias, les films, les industries du divertissement et le téléphone portable au détriment de parents, de livres et de professeurs. Le mode de production capitaliste persévère parce-qu'il a créé un monde et un homme adapté à lui et qui croit dans ses bienfaits ou plutôt des promesses de bienfaits. L'idéologie du capitalisme est donc une fuite en avant perpétuelle et un besoin de croissance à l'infini en créant un décalage entre ce que nous pensons et ce que nous faisons car à cause des machines, nous ne parvenons plus penser à ce qu'on fait. Il y a une déresponsabilisation qui fonctionne grâce à la machine et à la mécanisation ou robotisation du travail et le capitalisme devient ainsi un système autonome qui fonctionne en vue de lui-même. C'est une gigantesque machine technico-totalitaire dont les hommes ne sont que des rouages et instruments, et ceux qui en profitent peuvent être remplacés à leur tour et à n'importe quel moment, même l'oligarchie. Les catastrophes en chaine provoqués par le capitalisme ne nous servent pas d'avertissement ni de leçon, c'est même le contraire. Plus nous avons une connaissance des catastrophes qui s'enchainent, plus nous cherchons à nous adapter au système en essayant de survivre dans un milieu extrême. Le système s'accroît et nous nous adaptons à lui par une course en avant technique en espérant éviter le désastre et l’effondrement. Depuis la révolution industrielle il n'est plus question de l’effondrement d'une civilisation, mais plutôt d'un effondrement global d'un système uniformisé dû à une augmentation de manière continue et qui s'accélère exponentiellement. Si nous comparons les activités humaines avec le monde naturel, depuis les années 50, les exponentielles sont présentes partout. D'abord la population mondiale et avec elle la consommation d'eau, d’énergie, l'utilisation de fertilisants, la concentration atmosphérique en dioxyde d'azote, de méthane, les dégâts causés aux écosystèmes, la destruction des forêts, le taux d'extinction des espèces, la production du plastique, la pollution, la destruction de l'océan, la modification des mouvements internes des masses d'eau (gulf stream), la liste est infinie... Notre évolution technologique a réduit la mortalité, a augmenté la durée de vie et la démographie s'accroît exponentiellement. Selon les récents calculs de l'ONU, la Terre gagne chaque année 83 millions d'habitants (autant que de voitures neuves mises sur le marché). Si la population mondiale continue de se multiplier ainsi, nous serons trop nombreux pour vivre avec les ressources de la planète (déjà qu’il nous faut aujourd'hui plusieurs planètes par an pour subvenir à nos besoins). La population a doublé tous les mille ans lors des 8 derniers millénaires et elle vient de doubler en un siècle seulement. En 1830 nous étions un peu plus d'un milliard, en 1930 deux milliards et depuis, c'est l’accélération exponentielle. En 40 ans nous avons doublé (4 milliards en 1970) une fois de plus pour arriver à plus de 7,6 milliards aujourd'hui. La natalité devient la principale variable de la courbe démographique. Doit-on alors arrêter de faire des enfants ? En Europe particulièrement, depuis plusieurs années déjà, le taux de natalité est en dessous du seuil de reproduction à 1,6 enfants par femme. Et ailleurs? Selon Virginie Raisson, analyste en géopolitique prospective, la transition démographique que nous avons achevée en Europe est en cours en Afrique: la chute de la mortalité sera alors suivie plus tard par cella de la fécondité. Ce phénomène-là a eu lieu d'abord en Europe, puis en Asie... Aujourd'hui, il a lieu en Afrique. Elle ajoute : "La fécondité a chuté beaucoup plus rapidement en Asie qu'en Europe. À partir du moment où le niveau d'éducation s'élève, celle des filles notamment, et où la contraception devient disponible on voit les taux de fécondité chuter". Selon les prévisions de l’ONU en 2050, un tiers de la population mondiale sera africaine. Et en 2100, la population mondiale sera essentiellement constituée d'Africains et d'Asiatiques. Actuellement, il faut déjà nourrir toute cette population, donc la production de céréales a triplé, la consommation d’énergie a quadruplé, l'utilisation de matériaux de construction et des ressources minérales a décuplé. Mais en réalité, la question du nombre des hommes masque celle - centrale et critique - du partage de la planète, c'est-à-dire de l’espace disponible et des ressources nécessaires pour répondre aux besoins de sa population. Nous n'avons pas tous la même responsabilité dans cette pression biologique sur la planète. L’empreinte écologique d’un individu varie considérablement d’un endroit à l’autre du globe . Est-ce que c'est à ceux qui consomment le plus de réduire leur consommation ou est-ce qu'on peut infliger à des femmes de ne pas avoir d'enfant au nom du fait que d'autres souhaitent garder leur mode de vie?

Prenons l'exemple de l'industrie agroalimentaire et ses 70 milliards d'animaux de ferme élevés par l'homme pour se nourrir. La population humaine boit au quotidien 20 milliards de litres d'eau et a besoin de 10 millions de tonnes de nourriture alors que l'élevage, rien que de 1,5 milliard de vaches consomme 170 milliards de litres d'eau par jour et mange 6x plus de millions de tonnes que des humains. Ce n'est donc pas tant un problème de population humaine dans son ensemble, mais de population humaine mangeant des animaux. Le nombre de personnes que la Terre puisse nourrir dépend moins de variables démographiques que de régimes alimentaires. La production agricole mondiale actuelle permettrait déjà de répondre aux besoins alimentaires de 11.5 milliards d’individus. En revanche, si l’humanité entière opte pour le régime des Européens ou des Américains en consommant 40% à 45% de produits animaux en moyenne, alors la production agricole actuelle ne suffirait pas à nourrir 4 milliards d’habitants. La Chine avait fait le choix au début des années 1960 de la politique de l’enfant unique abandonnée l'année dernière pour cause de population vieillissante. Mais, note encore Virginie Raisson, “pour qu’une telle mesure ait une portée significative, il faudrait qu’elle soit menée en priorité là où l’on consomme le plus de protéines animales, c'est à dire en Europe ou Amérique du Nord (qui sont déjà ceux où la natalité est la plus basse)”. Une des solutions possible dans nos pays occidentaux et occidentalisés : éviter le gaspillage alimentaire. Une option intéressante, notamment quand on sait que chaque européen jette, en moyenne, 175 kg de biens comestibles par an...  Si rien ne change, d’ici 2030 l’industrie du plastique devrait doubler la quantité de pollution plastique dans les océans. À cause des défaillances systémiques de la filière plastique, il est moins coûteux de rejeter du plastique dans la nature que de le gérer efficacement jusqu’à la fin de sa vie. Bien qu’il existe des initiatives mises en place dans de nombreuses régions pour lutter contre la pollution plastique, elles sont insuffisantes, car l’industrie du plastique actuelle est coincée dans un schéma de pollution de la planète. Les fuites annuelles de plastique dans les océans resteront supérieures à neuf millions de tonnes par an jusqu’en 2030, car la croissance de la consommation de plastique dépasse celle de la capacité de gestion des déchets. Ces débris de plastique constituent une menace pour la faune: plus de 270 espèces ont été blessées par enchevêtrement dans du matériel de pêche abandonné et autres matières plastiques. De plus, on a recensé l’ingestion de plastique chez 240 espèces vivantes ; c’est à la fois un problème de santé marine et de santé humaine. La production annuelle de déchets pourrait augmenter de 41 % au cours des 15 prochaines années en raison de l’accélération de la production de plastique, entraînée par la baisse des coûts de production. Les émissions de dioxyde de carbone résultant de la gestion des déchets plastiques pourraient tripler d’ici 2030, d’autres infrastructures de traitement des déchets restant plus rentables économiquement que le recyclage. Si elle n’est pas surveillée, l’approche visant à s’attaquer au problème de la pollution plastique en transformant les déchets en énergie par incinération risque de créer d’autres polluants problématiques pour la nature et la société, au-delà des émissions de dioxyde de carbone. C’est une source de préoccupation car d’une part, les réglementations environnementales et les performances des usines ne sont pas les mêmes selon les régions du monde, et d’autre part, parce que la capacité d’incinération devrait croître de 7,5 % par an d’ici 2023 en Asie. Des mesures immédiates sont nécessaires pour mettre un terme à la croissance non contrôlée de la pollution plastique, et des initiatives coordonnées sont essentielles pour responsabiliser chaque partie prenante dans la résolution de cette tragédie des biens communs. Pour l'Arctique, c'est déjà trop tard. Même si nous stoppons dès demain toutes les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, la région arctique va encore se réchauffer de 5 degrés Celsius d’ici la fin du siècle. L’Arctique a toujours été en première ligne face au phénomène de réchauffement climatique. Et la région en paye le prix fort. Elle, qui se caractérisait autrefois par de vastes paysages tapissés de glace et de neige, ne sera bientôt plus. En témoigne un récent rapport signé de l’ONU, nous révélant que même si nous bloquons toutes les émissions de carbone dès aujourd’hui, l’Arctique va encore se réchauffer d’au moins 3 °C d’ici 2050, et de 5 à 9 °C d’ici 2080 par rapport aux niveaux préindustriels. Sous le pergélisol de l’Arctique sont en effet contenus des milliards de tonnes de carbone et de méthane. Ces gaz à effet de serre, une fois libérés, ne feront qu’accélérer le processus de réchauffement et de fonte des glaces. Une étude récente a révélé que d’ici à 2050, quatre millions de personnes et environ 70 % des infrastructures arctiques actuelles pourraient être menacées par le dégel du pergélisol dont la fonte contribue également à l’acidification des océans. Les alertes des scientifiques, les COP, les G7, les G28, les WEC de Davos, rien n'y fera. Les Etats ne vont pas nous sauver, ils vont nous tuer. Ils agissent uniquement pour préserver un modèle qui ne répond plus à nos besoins de société. La société civile dépense énormément d’énergie à formuler des demandes acceptables pour les Etats, en abaissant son niveau d’exigence. C’est terrible. On va bientôt se féliciter d’avoir gagné un paragraphe dans un texte de loi ou un accord international, alors qu’on est clairement au-dessus de ça. Est-il encore utile de participer à toutes les actions mondiales, notamment les marches pour le Climat ? Je ne dis pas qu’il ne faut pas s’y rendre. Il faut comprendre ces marches comme des grands-messes où les citoyens se retrouvent, forment une communauté de sens et puisent une énergie. Cette énergie doit ensuite servir à autre chose. La grève scolaire est intéressante. Je trouverais ça terriblement difficile d’aller en cours en ce moment, en me demandant dans quelle état sera la planète quand j’aurai fini mes études. Mais, qu’est-ce qui va se passer pendant ces cinq prochaines années ? Faire grève permet de transmettre un message fort. Cela signifie tout arrêter, ne plus faire fonctionner la machine scolaire, pour laisser du temps et de l’espace au groupe, aux idées, aux envies. L’empreinte carbone des individus n’est en rien comparable à celle de l’industrie prise dans sa globalité. Bien sûr que la responsabilité individuelle existe, mais elle reste marginale et symbolique. Elle sert en revanche aux cyniques à justifier leur apathie. Personne n’est parfait, mais si tous les imparfaits du monde se rejoignaient, cela représenterait un levier d’action formidable. Peut-être...

L'échelle et la vitesse du changement que nous provoquons est donc sans précédent dans toute l'histoire de l'humanité et dans toute histoire de la terre avec les conséquences sur les cycles biochimiques de la planète. C'est ainsi que nombreux scientifiques ont pu lister les limites planétaires : le changement climatique, l'acidification des océans, la déplétion de l’ozone stratosphérique, la perturbation du cycle du phosphore et de l'azote, la charge en aérosol atmosphérique, la consommation d'eau douce, le changement d'affectation des terres, le déclin de la biodiversité, la pollution chimique... En quantifiant ces limites nous constatons que plusieurs ont déjà été dépassé. La concentration du CO2 dans l'atmosphère a atteint un niveau qui ne garanti plus sa stabilité ce qui produit un emballement irréversible du climat qui fait fondre les glaces et élever ainsi le niveau de la mer tout en l'acidifiant, provoque des déséquilibres brutaux dans les forêts et les cultures, favorise la propagation rapide des bactéries et des maladies contagieuses. Doit-on souhaiter pour autant qu’une vague d’épidémies mortelles s’abatte sur la planète ou que l’humanité instaure un régime de la '' chasse aux vieux'' comme celui imaginé par Dino Buzzati (4)? Bien sûr que non. Pour autant, si la longévité demeure stable et qu’il n’y a pas d’épidémie...

La température mesurée en 2018 nous indique une montée sans précédant provoquant un enchainement des catastrophes naturelles (cyclones, inondations, incendies...), renforçant leur intensité et ce aussi dans les territoires épargnés jusqu'à lors. Le taux de perte de la biodiversité altère les services rendus par les écosystèmes. L'azote et le phosphore rejetés dans les eaux par l'activité agricole ne sont plus absorbés assez rapidement par le cycle naturel et font proliférer certaines espèces (sargasses). Le grand soucis : toutes ces limites sont convergentes et interconnectées. Le dépassement de l'une de ces limites peut accélérer le dépassement de toutes les autres qui interviennent aussi dans le processus, par exemple celle du pétrole, la fin de son abondance et bon marché. Les pics de toutes les autres matières premières seront atteint à un moment ou un autre. Celui du phosphore, de l'uranium, du bois, des poissons et d'eau potable, par exemple. Ce n'est qu'une question d'années. Nous sommes dans l’ère que les anthropologues appèlent l'anthropocène. Notre monde est dans un état instable, inconnu et imprévisible au seuil global et critique d'un effondrement probable. La production des marchandises et d'argent du système capitaliste post-moderne qui nous adapte à lui dont rien ne semble pour l'instant de le dévier de l'objectif de sa croissance infinie, mais tout cela sur un monde déterminé fini, ce qui va provoquer inexorablement un effondrement qui risque d'être dramatique. Il suffit de regarder ce qui se passe après quelques jours de rupture d'approvisionnement en pétrole puisque tout est basé sur lui, particulièrement l'alimentation et le transport et même la fabrication des machines à produire des énergies dites ''renouvelables''. Il existe tout un tas d'imaginaire qui se met en place lorsqu'on parle de l’effondrement , par exemple ceux qui croient que la science ou les politiques vont nous sauver, que nous avons encore le temps ce qui est d'une utopie évidente car le temps

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Turn down the volume in the ocean

Whales and dolphins use sounds to communicate and navigate in the ocean.
Whales and dolphins use sounds to communicate and navigate in the ocean.
For many millions of years, the oceans have been filled with the sounds of a geologically and biologically active planet: waves, rain, earthquakes and the songs of life from snapping shrimp to great whales. Before the age of engine-driven ships, the resounding voices of the great whales could be heard across an ocean.
Today, in much of the Northern Hemisphere, commercial shipping clouds the marine acoustic environment with fog banks of noise, and the near continuous pounding of seismic airguns in search of fossil fuels beneath the seafloor thunder throughout the waters. In the ocean's very quietest moments, blue whales singing off the Grand Banks of Canada can sometimes be heard more than 1,500 miles away off the coast of Puerto Rico. But on most days, that distance is a mere 50 to 100 miles.
So why should we care?
Over the past decade, scientists who study noise in the ocean have tried to understand how loud, man-made sounds disturb or injure whales and other marine mammals, even driving some to strand on beaches and die.
Christopher W. ClarkChristopher W. Clark
 
 
Brandon SouthallBrandon Southall
 
It is time for us to focus on the more pernicious influence of chronic, large-scale noise on marine life.
Whales, dolphins and seals use sounds to communicate, navigate, find food and detect predators. The rising level of cumulative noise from energy exploration, offshore development and commercial shipping is a constant disruption on their social networks. For life in today's ocean, the basic activities that we depend on for our lives on land are being eroded by the increasing amount of human noise beneath the waves.
These stark realities are worrying. But emerging technologies for quantifying and visualizing the effects of noise pollution can help drive a paradigm shift in how we perceive, monitor, manage and mitigate human sounds in the ocean. Ocean noise is a global problem, but the U.S. should step up and lead the way.
First, we must extend fledgling efforts to fully comprehend the acoustic footprint of our offshore and coastal activities. As a nation, we are failing the oceans by lacking a sufficiently effective program for listening to them.
The U.S. should develop and maintain dedicated undersea acoustic monitoring networks as integral parts of ocean observing systems. This would be lead by the National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) and enabled through private and academic partnerships. Such a plan has been developed; now it should be implemented.
Second, we should encourage and accelerate the development of noise-reduction technologies. Thanks to proactive collaborations among industries, scientists, environmentalists and government officials, efforts are underway within the U.N.'s International Maritime Organization to develop quieting technologies for the most pervasive global noise source: large commercial ships. These and related technologies for reducing noise in oil exploration and marine construction should be standardized.
Finally, federal regulation on ocean noise must be changed. For decades, regulators have focused entirely on the short-term effects of one action at a time. A more holistic and biologically relevant risk assessment system, centered on the concepts of ocean acoustic habitats and ecosystems, is sorely needed. Emerging trends in marine spatial planning are encouraging signs, as is NOAA's support of two groups that are developing geospatial tools for mapping underwater noise and marine mammal distributions in U.S. waters.
The loss of acoustic habitats for marine species that rely on sound to live and prosper is increasing. Solutions are available. The question is whether we humans value and will invest in a healthy ocean ecosystem that supports life, and in doing so, sustain our own health and future.
 

La pensée écologique est-elle un lavage du cerveau idéologique ou une évidence vitale ?

  • Par
  • Le 10/08/2017
  • Dans Eco

L'humanité se trouve confronté à 4 problèmes majeurs: croissance démographique, épuisement de ressources, émissions de gaz carbonique, extinction massive des espèces.
Face à ces menaces, l’idéologie dominante mobilise des mécanismes de dissimulation et d’aveuglement: ''Parmi les sociétés humaines menacées prévaut un mode général de comportement, une tendance à s’affubler d’œillères au lieu de se concentrer sur la crise.'' Cette attitude est celle qui sépare le savoir et la croyance: nous savons que la catastrophe (écologique) est possible, voire probable, mais nous refusons de croire qu’elle se produira.
Même lorsque nous nous disons prêts à assumer notre responsabilité, on peut y voir un stratagème visant à occulter leur véritable ampleur. Il y a quelque chose de faussement rassurant dans cette promptitude à culpabiliser. Nous culpabilisons en effet bien volontiers car, si nous sommes coupables, c’est que tout dépend de nous, c’est nous qui tirons les ficelles, il suffit que nous modifions notre style de vie pour nous tirer d’affaire. Ce qu’il nous est plus difficile d’accepter, nous Occidentaux, c’est d’être réduits à un rôle purement passif d’observateur impuissant. Nous préférons nous lancer dans une frénésie d’activités, recycler nos papiers usagés, nettoyer la nature en ramassant les déchets abandonnés par les inciviques, manger bio, nous donner l’illusion de faire quelque chose, apporter notre contribution, faire notre part du colibri.
En matière d’écologie, le déni typique consiste à dire: ''Je sais que nous sommes en danger, mais je n’y crois pas vraiment, alors pourquoi changer mes habitudes?''
Mais il existe un déni inverse:''Je sais que nous ne pouvons pas faire grand-chose pour enrayer le processus qui risque de mener à notre perte, mais cette idée m’est tellement insupportable que je vais essayer, même si cela ne servira à rien!''
Tel est le raisonnement qui nous pousse à acheter par exemple des produits bio. Nul n’est assez naïf pour croire que les pommes étiquetées ''bio'', à moitié pourries et hors de prix, sont plus saines. Si nous choisissons de les acheter, ce n’est pas simplement en tant que consommateurs , mais dans l’illusion de faire un geste utile, témoigner de nos convictions, nous donner bonne conscience, participer à un vaste projet collectif des consom-acteurs.
Retour à la Mère Nature ?
Arrêtons de nous leurrer. La lueur d'une croissance indispensable et la fuite en avant permanente montrent clairement les limites de cet environnementalisme prédominant, étrange combinaison de catastrophisme et de routine, de culpabilisation et d’indifférence. L’écologie est aujourd’hui un champ de bataille idéologique majeur où se déploie toute une série de stratégies pour escamoter les véritables implications de la menace écologique:
1° l’ignorance pure et simple: c’est un phénomène marginal, qui ne mérite pas que nous nous en préoccupions, la vie (du capital) suit son cours, la nature se chargera d’elle-même...
2° la science et la technologie peuvent nous sauver...
3° le marché résoudra les problèmes (par la taxation des pollueurs, etc.)...
4° insistance sur la responsabilité individuelle au lieu de vastes mesures systémiques: chacun doit faire ce qu’il peut, recycler, réduire sa consommation, etc...
Le pire est sans doute l’appel hypocrite à un retour à l’équilibre naturel, à un mode de vie plus modeste et plus traditionnel par lequel nous renonçons à la démesure et l'insatiabilité humaine et redevenons des enfants respectueux de notre Mère Nature.
Le discours écologique dominant nous interpelle comme si nous étions a priori coupables, en dette envers notre Mère Nature, sous la pression constante d’un surmoi écologique: ''Qu’as-tu fait aujourd’hui pour dame Nature? As-tu bien jeté tes vieux papiers dans le container de recyclage prévu à cet effet? Et les bouteilles en verre, les canettes? As-tu pris ta voiture alors que tu aurais pu circuler à vélo ou emprunter les transports en commun? As-tu branché la climatisation au lieu d’ouvrir les fenêtres?''
Les enjeux idéologiques d’une telle individualisation sont évidents: tout occupé à faire mon examen de conscience personnel, j’en oublie de me poser des questions bien plus pertinentes sur notre civilisation industrielle dans son ensemble. Cette entreprise de culpabilisation trouve d’ailleurs une échappatoire facile: recycler, manger bio, utiliser des sources d’énergie renouvelables, etc. En toute bonne conscience, nous pouvons continuer notre petit bonhomme de chemin...
Mais alors, que devons-nous faire?
Nous, êtres humains, nous ne pouvons plus minimiser les dommages collatéraux générés par notre productivité. La Terre n’est plus l’arrière-plan ou l’horizon de notre activité productive, mais un objet fini que nous risquons de rendre invivable par inadvertance. Alors même que nous devenons assez puissants pour affecter les conditions élémentaires de notre existence, il nous faut reconnaître que nous ne sommes qu’une espèce parmi d’autres sur une petite planète non extensible. Cette prise de conscience appelle une nouvelle manière de nous inscrire dans notre environnement : non plus comme un travailleur héroïque, révolutionnaire industriel, qui exprime son potentiel créatif en exploitant les ressources inépuisables, mais comme un modeste agent qui collabore avec ce qui l’entoure et négocie en permanence un degré acceptable de sécurité et de stabilité. Le capitalisme ne se définit-il pas justement par le mépris des dommages collatéraux? Dans une logique où seul le profit importe, les dégâts écologiques ne sont pas inclus dans les coûts de production et sont en principe totalement ignorés. Même les tentatives de taxation des pollueurs ou de mise à prix des ressources naturelles (l’air compris) sont vouées à l’échec. Pour établir un nouveau mode d’interaction avec notre environnement, il faudrait un changement politico-économique radical global inscrit dans une pensée universelle.
L'humanité n'en prend pas encore vraiment le chemin !!!
 
L’image contient peut-être : ciel et plein air

Aboriginal Subsistence Whaling (WDC Source)

  • Par
  • Le 04/08/2017
  • Dans Eco

 

 

WDCS

The international community recognises the rights of certain aboriginal peoples to hunt a limited number of whales to meet nutritional and cultural needs. Over the last few years                      certain aboriginal subsistence whaling communities have abused the definition by allowing whale meat to enter the commercial exchange chain, with whale meat being sold to tourists.               This has allowed for a blurring of the definition which has simply assisted commercial whaling interests to advance their arguments to be allowed to resume commercial whaling.

Talking points

  • Greenland, the USA, the Russian Federation, St Vincent and the Grenadines, Canada all have aboriginal subsistence hunters

  • ASW communities hunt both whales and dolphins

  • WDC has exposed abuses of ASW hunts in Greenland with meat being sold to tourists

  • ASW allows for the hunting of endangered species

  • The IWC needs to change its classification of ASW if it is to remain credible

The International Whaling Commission implemented a moratorium on commercial whaling in 1986. However, the international community has a longstanding policy of allowing                           certain indigenous peoples to hunt otherwise protected whales to satisfy aboriginal subsistence needs. As the IWC itself declares on its website in discussing Aboriginal Subsistence            Whaling.

In several parts of the world native peoples are dependent on whale products for survival.Despite this, the International Convention for the Regulation of Whaling, which established                       the IWC, contains no definition of the key terms, including “aboriginal”, “aboriginal subsistence whaling (ASW)” or “needs”. Consequently, and also as a result of the IWC not                 implementing a management regime for these hunts, the establishment of Aboriginal Subsistence Whaling quotas and the operation of these hunts remain controversial issues for the IWC.

Current situation

The ICRW does not allow for the allocation of ASW quotas to specific aboriginal people; it sets quotas on relevant stocks from which indigenous groups whose needs have been recognized by the IWC can take whales. A government seeking an ASW quota must submit a “needs statement” (no specification or terms of reference for this document is provided by the IWC and, in fact, St Vincent has never provided such a statement in support of its aboriginal quota). The Scientific Committee assesses the status of the stocks and, based on a mathematical calculation specific to that population or species, advises if the catch limit is safe. The Commission must then decide by three-quarter majority whether to set the catch limit requested. Notably, several of the whale populations currently subject to Aboriginal Whaling would probably not be considered suitable candidates for a commercial hunt and the IWC uses a less precautionary catch calculation method to set ASW quotas than it would for commercial quotas. Essentially, when weighing human need against the survival of the stock, the IWC gives a greater emphasis to human need in ASW than commercial hunts. It is therefore vital for the whales that aboriginal whaling is well managed by the IWC to avoid abuse of this category.

The Commission has begun developing an Aboriginal Whaling Management Scheme (AWMS). Like the better known Revised Management Scheme (RMS) for commercial whaling that has long been under consideration by the IWC, the AWMS has two components: the quota setting mechanism which has now been developed for almost all the stocks concerned and a supervision and control scheme to establish how ASW will be managed in the future. Unsatisfactorily, the IWC has made, in the last decade, no progress on the latter, including how to document and evaluate needs and ensure compliance with catch limits and reporting requirements.

Recent Quotas and kills

The IWC has historically set ASW quotas in five year blocks, but since the IWC now meets every two years, has moved to six year blocks. The previous quotas set in 2008 expired in 2012 and were up for renewal in July 2012 at the IWC annual meeting in Panama. Canada sets its own quotas and the federal government raised the number of bowhead whales that can be hunted each year in Nunavut to three in May 2012.

In July 2012, the IWC issued new quotas for the Russian Federation, the USA and Bequians of St Vincent and the Grenadines. The IWC rejected a proposal from Denmark on behalf of the hunters of Greenland, after Denmark refused to accept an amendment to their quota request, and in pushing their inflated proposal to a vote, lost the whole quota from the end of 2012.

The IWC Quotas for 2013-2018

Bering-Chukchi-Beaufort Seas stock of bowhead whales (taken by native people of Alaska and Chukotka) -A total of up to 336 bowhead whales can be landed in the period 2013 - 2018, with no more than 67 whales struck in any year (and up to 15 unused strikes may be carried over each year).

Eastern North Pacific gray whales (taken by native people of Chukotka) - A total catch of 744 whales is allowed for the years 2013 - 2018 with a maximum of 140 in any one year.

Humpback whales taken by St Vincent and The Grenadines - For the seasons 2013-2018 the number of humpback whales to be taken shall not exceed 24.

The IWC Quotas for 2014-2018 (agreed at IWC65 in Slovenia)

The number of fin whales struck from the West Greenland stock in accordance with this sub-paragraph shall not exceed 19 in each of the years 2015, 2016, 2017 and 2018

The number of minke whales from the Central stock shall not exceed 12 in each of the years 2015, 2016, 2017 and 2018.

The number of minke whales struck from the West Greenland stock shall not exceed 164 in each of the years 2015, 2016, 2017 and 2018.

The number of bowhead whales struck from the West Greenland shall not exceed in each of the years 2015, 2016, 2017 and 2018.

The number of Humpback whales struck off West Greenland shall not exceed 10 in each of the years 2015, 2016, 2017 and 2018.

Recent ASW Whaling

 

 

WDC has a series of general concerns about the IWC’s management of ASW whaling, as well as specific concerns about individual hunts.

Failure to provide vital scientific data

The Scientific Committee is reliant upon whaling nations to conduct surveys of the whales they hunt and collect data such as DNA samples to help elucidate stock structure and to provide the information needed to set quotas. Failure to provide this data has serious implications. For example, without new survey and genetic data the Scientific Committee could only base its evaluation of the sustainability of Greenland’s fin and minke whale hunts on outdated assessments (from 1987 for fin whale and 1993 for minkes). For years, and with increasing urgency, the Scientific Committee warned the IWC that, without specific information from Greenland, it could not guarantee the sustainability of the hunt, and advised of “potentially serious consequences for the status of the stocks involved”. Greenland repeatedly failed to provide the data until, in 2005, faced with the IWC cancelling its fin whale quota, it volunteered to reduce its hunt to 10 whales (from 19) in the last two years of the block quota. Finally in 2006, it provided enough data for the Scientific Committee to resolve new population estimates for both species.

Strike and landing limits

ASW quotas are expressed inconsistently. After many years of campaigning by WDC, other NGOs and some conservation led countries, a strike limit is now set, meaning that once that number of whales have been hit with a harpoon (or rifle in the case of Greenland), hunting must stop, regardless of how many were landed. For other hunts, a landing limit is set. WDC is concerned that landing (or ‘take’) limits do not provide strong incentives for hunters to land all the whales that they strike. This has serious conservation implications (for example, during the 2001 Alaskan bowhead hunt, 26 whales were struck and lost). It also raises significant welfare concerns. A wide range of wounds can be inflicted by harpoons and rifles - from lacerations to soft tissue, organ or bone damage, and loss of flippers and flukes. Injured whales that do not die within hours or days may still be prevented by their wounds from functioning normally, including communicating, migrating, feeding and reproducing, and may die a premature death as a result of infection, starvation, or predation. The Bequian quota is set at number of whales ‘taken’ and this should be changed to struck to be consistent with best practice.

Who qualifies?

The IWC provides no complete definition of the word ‘aborigines’ although it is assumed through practice to refer to native or indigenous people. The IWC permits contracting governments to nominate those whom they consider applicable. Even though the IWC has been clear on what they regard as those who should benefit from aboriginal subsistence hunts there is no formal requirement that they meet any definition agreed in wider international law based on cultural or anthropological parameters.

Paragraph 13a of the Schedule to the Convention describes the aim of Aboriginal Subsistence Whaling (ASW) as “catch limits for aboriginal whaling to satisfy aboriginal subsistence need”.  In 1982 the IWC Working Group noted that,

'Aboriginal/subsistence whaling means whaling, for purposes of local aboriginal consumption, carried out by or on behalf of aboriginals, indigenous or native peoples who share strong community, social and cultural ties related to a continuing traditional dependence on whaling and on the use of whales.

Local aboriginal consumption means the traditional uses of whale products by local aboriginal, indigenous or native communities in meeting their nutritional, subsistence and cultural requirements. The term includes trade in items which are by-products of subsistence catches’ [Emphasis added].

Also, at the 36th Annual meeting in 1984, the ASW Sub-committee provided guidelines on the format and content of needs documentation. These guidelines, which the Commission agreed provided “a useful checklist of information to be provided in considering aboriginal/subsistence whaling”, sought details such as “role of whale products as food in the community/importance of whale products in the traditional diet” and “number in each whaling community”. This emphasis arguably reflects the IWC’s intent that the human population whose needs are being considered is the whaling community, not the population at large

Both Norway and Japan have taken advantage of the lack of a formal definition to try to blur the distinction between subsistence and commercial whaling by making applications on behalf of those engaged in ‘small type whaling’. St Vincent and the Grenadines, whose whaling operation is the remnant of a post-colonial commercial ‘Yankee’ whaling operation from the late 1800s, has secured a quota for the inhabitants of one of its islands (Bequia) although they are not pre-colonial firstpeople.

Of course any definition is now openly abused as we see in Greenland but, increasingly also in other countries if this 2012 comment on the Alasakan Dispatch Website can be taken as true.

Statement by non-native Alaskan about eating Bowhead whale

What is “need”?

Traditionally, the IWC has taken a twin approach in considering ASW applications; requiring to be satisfied that applicants have demonstrated both a nutritional/subsistence need for whale meat, and a cultural (i.e. traditional) reliance upon it. Historically, the Schedule specified that whales can only be taken by those “whose traditional aboriginal subsistence and cultural needs have been recognised” (our emphasis). Unfortunately, this language was not carried forward when quotas were amended in 2002. WDC believes that the previous twin approach, that highlighted the importance of nutritional need, should be re-examined.

Subsistence

In the majority of ASW cases, biological or nutritional need (i.e. the need for physical sustenance) is met or supplemented by other locally-sourced foods (including small cetaceans and other marine mammals) or increasing ‘imports’ of non-local, sometimes ‘western’ food. Thus, to justify a continued claim for an ASW quota, WDC believes that claimants should have to show something more – that their continued nutritional reliance on whales over alternatives is part of their traditional culture. WDC believes that when assessing subsistence need, the IWC should have all the relevant facts before it, including, at least, what takes of small cetaceans are being consumed by these communities in addition to the big cetacean takes proposed. Before making a judgment to allow a hunt on a potentially endangered species the Commission must be able to make an assessment of the relative impact of not granting a quota verses the risk of hunting on such endangered populations

Non-commercial

It would seem self-evident that a so-called subsistence quota should not countenance any commercial elements. However, in Greenland, once the hunting crew and boat owner have taken their share of the whale, the rest is sold to a state-owned company that processes (packages and freezes) it for distribution all over the territory, including through supermarkets. Increased evidence appears to be coming to light of narwhal that have been killed solely for their tusks, the fabled ‘unicorn horn’. The mixing of commercial and nutritional needs clouds the ability to make an appropriate assessment of the real nutritional needs of these communities.

Local consumption

All the ASW allocations require “the meat and products of such whales …to be used exclusively for local consumption”, although the Greenland and St Vincent quota do not require the consumption to be by the “aborigines”. As a result, the widely distributed whale meat distributed in Greenland can be consumed by all residents, not necessarily just the Inuit population. WDC has exposed the fact that whale meat is also available to tourists. Whale meat has It is also exported to Denmark for the non-commercial use of Greenlanders living there. The IWC does not formally define “local”, but an IWC panel suggested in 1980 that it be defined as “the barter, trade, or sharing of whale products in their harvested form with relatives of the participants in the harvest, with others in the local community or with persons in locations other than the local community [with] whom local residents share familial, social, cultural, or economic ties…”. However, this definition was never formally adopted by the IWC.

Culture

WDC believes that the IWC should apply two criteria in respect of culture to its assessments of ASW claims: Whaling must be central to the culture of the claimants and they must have a long and uninterrupted history of whaling. This was a point of controversy in repeated applications by the US in the 1990s for the Makah tribe of Washington State to hunt gray whales. Although the Makah tribe had a US treaty right to whale, at that time they had not done so for over 70 years and many IWC member states argued that a continuing tradition could not be claimed. Many IWC members still do not believe that the claim of the Makah has been recognised by the IWC and is therefore, not endorsed by the international community.

Welfare Issues

The IWC recognises that killing methods used in ASW hunts are typically less efficient than those used in commercial whaling operations, often leading to higher struck and lost rates and longer times to death. The IWC has passed several resolutions seeking improvements in the humaneness of aboriginal subsistence whaling operations.

There are serious concerns about the efficiency of some methods used in aboriginal subsistence hunts, particularly the use of underpowered rifles in Greenland as a primary killing method for some minke whales and as a back-up (secondary) killing method for the much larger fin whales. However, the IWC leaves the decision about which equipment to use to the discretion of the hunters.

Hunting data are shared at annual working groups and advice about techniques and equipment is provided by experts during regular technical Workshops. However, in many cases, the information provided by Aboriginal Subsistence Whaling nations is incomplete or not based on consistently applied criteria. For example, Greenland’s hunters use the same harpoon on the same species (minke whale) as Norway, but apply different criteria for judging the onset of death or insensibility - making it difficult to draw useful conclusions from a comparison of their techniques. Furthermore, Greenland does not collect welfare data for each whale landed, making a full comparative analysis of its different killing methods for the same species impossible. For example, in 2006, Greenland reported the time to death data for only 13% of minkes it killed with rifles (the less effective killing method), while it reported data for 94% of minkes killed with the more efficient harpoons.

Blurring the lines

It has long been a strategy of the proponents of commercial whaling that they wish to blur the lines in the minds of the public between what is Aboriginal Subsistence Whaling and commercial whaling. The recent attempts at secure a ‘compromise’ deal on Japanese whaling are one case in point. WDC believes that this technique to try to circumvent the IWC is highly inappropriate and unethical.

ASW claims should be judged on their merits wherefore the IWC determines such claims have a legitimate basis in fact. However, where aboriginal peoples seek to ally themselves with commercial interests they should be prepared for the IWC to not look so favourably on their requests.

The failure of Greenland to obtain a quota in 2012

Following revelations by the Whale and Dolphin Conservation (WDC) and the Animal Welfare Institute (AWI) of the wide-spread commercial sale of whale meat in Greenland to tourists, increasingly concerned IWC Member States reacted by refusing to grant Greenland any increase in its hunt of large whales for so-called aboriginal subsistence needs. Indeed, in a procedural failure, Denmark failed to get any quota approved at all.
Greenland was seeking to increase the number of endangered fin and humpback whales it kills for the subsistence needs of its native people for the next six years, but the undercover operation conducted by WDC and AWI exposed how Greenland has been actively undermining the IWC’s ban on commercial whaling by openly selling whale meat in the vast majority of its restaurants and also in supermarkets.

The EU offered to amend Denmark’s proposal, but Denmark refused, demanding that its original proposal was voted on immediately. The final IWC vote was 25 in favour, and 34 against, 3 abstained. Failure to obtain the 3/4 majority meant that the proposal was rejected.
 
Criticism of Greenland was led by the Latin block of countries who pointed out there was little difference between what Greenland was doing in feeding whales to tourists and that practiced by commercial whaling operations.
 
Claims by Denmark on behalf of Greenland that they would not stop selling whale meat to tourists and that Greenland’s whalers could use baseball bats to kill whales if they wanted to, did little to endear Greenland to the rest of the IWC.
 
The European Union originally struggled to come to a position due to ongoing confusion over its internal decision making processes. WDC worked extensively with the EU Commission to give guidance to the EU Member States and eventually, EU Members who shared WDC’s concern that Greenland’s whaling was not in fact properly regulated aboriginal subsistence whaling, forced an internal vote on the Danish proposal. This resulted in the EU voting in a block in an attempt to amend the Danish proposal.

Denmark was fully aware of the EU position as well as the strong opposition amongst other members of the IWC, so in pushing their original proposal, they knew it was bound to fail and so rob the actual aboriginal subsistence hunters of Greenland's remote communities of an IWC quota.

In 2014, further to threats from Denmark that it would leave the IWC if the EU Commission did not support its proposals, Greenland secured a new quota for the period 2014-2018.

 

Bruit en mer

  • Par
  • Le 24/11/2016
  • Dans Eco

LA MER EST UN VERITABLE RESERVOIR SONORE

La célérité du son est 4 fois plus élevée dans l’eau que dans l’air.
Les sons de basse fréquence se propagent beaucoup plus loin que les sons de haute fréquence.
La surface renvoie presque intégralement les sons qu’elle reçoit, c’est un véritable « miroir acoustique »

EN RESUME :

  • bruits environnementaux (bulles, vagues, pluie, tempêtes)
  • bruits biologiques (crissements des mandibules des crustacés, sons des cétacés)
  • bruits d’origine anthropique ( les sonars militaires, la prospection de pétrole et de gaz, la marine marchande et la navigation de plaisance en sont les principales sources)

ÉMISSIONS SONORES DES CETACES

  • Mégaptère(chant)domaine de fréquence 30-8000Hz, niveau de source 145-190dB
  • Rorqual commun (mugissement) : 30-75 Hz, niveau de source 155-165 dB
  • Grand dauphin (sifflement) : 800-24000 Hz, niveau de source 125-173 dB
  • Grand dauphin (clics) : 110-130 Hz, niveau de source 218-228 dB
  • Cachalot (clics) : 0,1-30 KHz, niveau de source 210-230 dB

Il existe une grande variété de cris et d’appels, de nombreuses catégories de sons (sons composés et complexes), beaucoup de variantes dans les sifflements.

Pour comparaison, l’oreille humaine supporte un son de 160 dB maximum et le spectre audible de l’homme est de 20 Hz à 20 KHz.

 

  • De 80 à 90 dB : tondeuse à gazon, klaxon de voiture, tronçonneuse électrique.
  • De 90 à 100 dB : route à circulation dense, atelier de forgeage, TGV à 300 km/h à 25 m
  • De 100 à 110 dB : marteau-piqueur à moins de 5 mètres dans une rue, discothèque, concert amplifié
  • De 110 à 120 dB : tonnerre, atelier de chaudronnerie.
  • De 120 à 130 dB : sirène d’un véhicule de pompier, avion au décollage (à 300 mètres).
  • De 140 à 150 dB : course de Formule 1, avion au décollage.
  • 170 dB : fusil d’assaut.
  • 180 dB : décollage de la fusée Ariane, lancement d’une roquette.

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DEPUIS 40 ANS, LE VOLUME SONORE SOUS- MARIN DOUBLE TOUS LES DIX ANS

La contribution humaine à la pollution sonore des océans a augmenté au cours des dernières décennies.
Le bruit humain est devenu la principale composante du bruit marin de certaines régions et le bruit est directement lié à l’industrialisation croissante de l’océan.

Les principales sources sonores sous-marines d’origine anthropique :

  • les sonars militaires
  • la prospection de pétrole et de gaz
  • la marine marchande
  • la navigation de plaisance

Plus de deux millions d’espèces peuplent les océans.

Il n’est pas possible de connaître l’impact du bruit sur chacune de ces espèces et la communauté scientifique manque encore de connaissances pour comprendre l’impact précis des nuisances sonores.

Il existe des programmes internationaux dont :

  • L’I.Q.O.E : le Comité Scientifique de Recherche Océanique (S.C.O.R.) et le Partenariat pour l’Observation de l’ Océan Mondial (P.O.G.O.) se sont réunis en août 2011 pour mettre en place l’I.Q.O.E : Expérience Internationale de l’Océan Tranquille conduite jusqu’en 2021.
  • La Directive Européenne (2008/56/CE) du cadre stratégique pour le milieu marin (17 juin 2008) établit un cadre d’action communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin et l’impact des nuisances sonores figure en bonne place dans les données à recueillir pour établir un état des lieux plus précis.

Nous avons plus d’informations aujourd’hui sur l’impact du bruit d’origine anthropique sur les cétacés. Certaines hypothèses restent encore à valider, notamment sur les causes des échouages des baleines et dauphins.

ÉMISSIONS SONORES DES SONARS

Les sonars servent à détecter les sous-marins ou d’autres objets, et rendent infernale la vie des baleines et d’autres espèces marines.

«Le bruit est si intense que les êtres humains ne le supporteraient pas. C’est comparable à la détonation supersonique d’un avion de combat à proximité immédiate de nos oreilles.»

Dieter Paulmann, spécialiste du bruit chez «Noise Busters», décrit ainsi l’intensité des sonars militaires.

ÉMISSION SONORE DES CANONS A AIR

Parmi les pires sources de bruit pour les espèces marines, on trouve également les canons à air de haute performance utilisés pour la prospection sismique. A quelques secondes d’intervalle, ils projettent des pressions sonores allant jusqu’à 260 décibels dans les eaux et le sous-sol marin, pour y déceler les gisements de pétrole et de gaz.

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Echouage d’un dauphin plage de Sérignan en 2011. 10 dauphins se sont échoués cette semaine-là

Organes auditifs détruits, hémorragie interne, embolie, rupture pulmonaire, perte de l’audition, affaiblissement du système immunitaire, procréation insuffisante ou nulle, ne sont que quelques-unes des atteintes à la santé observées chez les baleines. Mais le vacarme sous-marin ne nuit pas seulement aux baleines. On peut partir du principe qu’il menace pratiquement toutes les espèces marines, car la plupart d’entre elles s’orientent à l’aide de l’ouïe.

Effets physiologiques liés au niveaux sonores reçus:

Les ondes sonores de plus de 200dB entraînent la résonance d’organes, mandibules, oreilles moyennes, poumons, sinus et causent des lésions de gravité variable.

Effets physiologiques liés au niveaux sonores perçus:

Surdité temporaire ou définitive qui dépendent des niveaux perçus (seuil d’audition, chaque cétacé ayant sa propre courbe de sensibilité / audiogramme) ainsi que la durée d’exposition.

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Les ondes sonores ont des effets comportementaux (dérangement, interruption d’activité, fuite, panique) qui dépendent des niveaux perçus. Selon le contexte, des niveaux perçus qui n’ont pas une intensité extrêmement forte peuvent avoir des conséquences fatales. Par exemple, on a observé que des groupes de dauphins pouvaient s’éloigner des sonars puissants, mais se retrouver dans une baie refermée, soumis à un risque d’échouage. Ou bien, des dauphins isolés de leur groupe (nourrissons) et incapables de fuir dans une bonne direction peuvent alors être soumis à des niveaux extrêmement forts qui entraînent leur mort.
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ADENA Stenella roquille nov 2011 Copie de P1130227

éMISSION SONORE ISSUE DES NAVIRES MARCHANDS

Carte-sonore-ocean-baleine_Dimitri-PonirakisLe bleu représente le bruit de fond naturel des océans, les points plus clairs représentent le chant des baleines franches près de Boston

 

Carte-sonore-polution-bruit-ocean_Dimitri-PonirakisCette carte visualise le bruit d’un seul navire commercial entrant dans le port de Boston. Les petits points clairs sont étouffés par le bruit de ce navire.

 

L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DE LA NAVIGATION DE PLAISANCE

Un bateau à moteur de 90 chevaux → entre 94 et 102 décibels :
C’est le seuil de la fatigue auditive pour un homme (équivaut à une usine très bruyante)

EXEMPLE DE RèGLEMENT DANS CERTAINES ZONES COTIèRES (dans le cadre des Rencontres nationales Ports de plaisance et développement durable)

Zone Limite Lden en dB
Zone résidentielle 55
Zone de loisirs 40-60
Parc naturel ou zone protégée 30-40

COMMERCE DES PRODUITS REQUIN

Commerce requinscommerce-requins.odt (25.91 Ko)  
 

COMMERCE DES PRODUITS REQUIN en france et dans le monde : LE SAVIEZ-VOUS ? EXTRAIT DU RAPPORT FAO 2015

Le commerce mondial des requins et des raies avoisine le milliard de dollars par an (900 millions d’euros). Nos connaissances sur ce marché sont pourtant extrêmement limitées. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié l’an dernier un rapport sur les deux produits de chondrichtyens (poissons cartilagineux : requins, raies et chimères) les plus commercialisés dans le monde : la viande et les ailerons de requin.

BLOOM a résumé et traduit pour vous une partie de cette analyse de 196 pages, réalisée par la FAO avec la participation de centaines de spécialistes du monde entier. Une première partie d’introduction précède une seconde sur les tendances mondiales et nationales de production et de consommation. Une attention particulière est portée aux pays européens les plus concernés (France, Espagne et Italie). Une troisième partie, enfin, discute de ce qu’il est possible de faire à l’échelle individuelle et résume les principales conclusions de l’étude sous forme de points clés.

I. INTRODUCTION

Découpe d'aileronsLes ailerons de requins sont des produits de luxe vendus principalement sur le marché asiatique. Ils servent notamment à la confection de soupes d’ailerons, consommées traditionnellement dans les mariages chinois et hongkongais. À cause de ce marché extrêmement lucratif, les pêcheurs de requins ont pris l’habitude de pratiquer l’aileronnage ou finning en anglais. Cette pratique consiste à découper les ailerons des requins ou des raies capturés avant de les rejeter par dessus bord (sans aucune chance de survie, donc). Cela permet aux producteurs de gagner de la place sur leur bateau et de ramener ainsi de plus grands volumes d’ailerons, maximisant ainsi leur chiffre d’affaire.

Dans de nombreux pays, cette pratique est de plus en plus régulée et contrôlée. Ainsi, le commerce d’ailerons a légèrement diminué depuis l’année 2000. L’aileronnage a été interdit en Europe en 2013, obligeant les pêcheurs à débarquer et donc à valoriser l’ensemble du requin ou de la raie pêché. Cet encadrement croissant de l’aileronnage a conduit à une expansion du commerce de viande de requin, à tel point que l’on peut aujourd’hui parler d’un véritable marché mondial du requin : toutes les flottes industrielles et artisanales approvisionnent le marché asiatique en ailerons, tandis que la viande est envoyée vers des canaux d’approvisionnement du monde entier pour répondre à une demande en pleine croissance et poussée par des pays comme le Brésil.

Cette expansion du commerce de la viande de chondrichtyen a amené les pêcheurs à considérer les requins comme de véritables cibles commerciales, alors qu’ils étaient principalement pêchées de manière « accidentelle » jusqu’à maintenant. Les données FAO de 2011 montrent que le commerce de la viande de requins a augmenté de 42% en volume depuis les années 2000. À cause de cet accroissement de la pression de pêche sur ces espèces sensibles (durée de vie importante, reproduction tardive, petites portées, …), il est donc essentiel de continuer les efforts pour maintenir et développer des systèmes de contrôle et de régulation de leur commerce, et ce malgré le succès des campagnes anti-aileronnage.

Commerce mondial d'ailerons (flux supérieurs à 300 tonnes/an). Source : FAO 2015

Commerce mondial d’ailerons (flux supérieurs à 300 tonnes/an). Source : FAO 2015

 

Commerce mondial de viande (flux supérieurs à 1 000 tonnes/an). Source : FAO 2015

Les principaux consommateurs d’ailerons sont la Chine, Hong Kong, Taïwan, Singapour, la Malaisie et le Vietnam tandis que les plus gros consommateurs de viande de requin se trouvent en Europe (Italie, Espagne) et en Amérique Latine (Brésil, Uruguay). La Corée du Sud est quant elle la plus grande importatrice de viande de raie. Ce sont chaque année près de 17 000 tonnes d’ailerons qui sont importées dans le monde, pour une valeur de 380 millions de dollars (345 millions d’euros). En ce qui concerne la viande, près de 110 000 tonnes sont importées en moyenne chaque année, pour une valeur de 240 millions de dollars (218 millions d’euros). [2]

Les principaux « producteurs » d’ailerons (ceux qui capturent les requins pour en exporter les ailerons) sont l’Espagne, l’Indonésie, Taïwan ainsi que le Japon. D’autres pays sont engagés dans ce commerce mais sous des formes différentes : les Émirats Arabes Unis sont des traders d’ailerons, c’est-à-dire qu’ils les achètent puis les revendent mais ne pêchent pas, tandis que la Chine les transforme avant de les revendre. Bien que son rôle soit difficile à établir avec précision et à l’instar de Hong Kong en Asie, il semblerait que le Costa Rica soit aujourd’hui devenu une plaque tournante régionale du commerce d’ailerons de requin.

II. TENDANCES

AIlerons séchés, Hong KongManque de clarté et évolution des codes douaniers (différenciation entre aileron sec vs. aileron frais, modification des systèmes de classification, …), imprécisions des données (chair de requin simplement enregistrée comme « poisson », volumes comptabilisés plusieurs fois), absence d’évaluation de certaines pêcheries artisanales et pêche illégale : les difficultés qui s’opposent à l’estimation rigoureuse du commerce international des ailerons et de la viande de requin sont nombreuses. La consommation domestique est également très difficile à estimer et s’est révélée particulièrement problématique pour des pays comme la Nouvelle-Zélande, le Panama, le Japon et la Chine. Les évaluations suivantes sont donc à considérer avec précaution.

En 2011, les douze pays qui pêchent le plus de chondrichtyens sont :

  1. L’Indonésie (103 000 tonnes)
  2. L’Inde (74 000 tonnes)
  3. L’Espagne (89 000 tonnes)
  4. Taïwan (43 000 tonnes)
  5. L’Argentine (36 000 tonnes)
  6. Le Mexique (34 000 tonnes)
  7. Les États-Unis (32 000 tonnes)
  8. Le Pakistan (27 000 tonnes)
  9. La Malaisie (23 000 tonnes)
  10. Le Japon (22 000 tonnes)
  11. Le Brésil (21 000 tonnes)
  12. La France (21 000 tonnes)

Sans doute influencés par les mesures qui interdisent l’import d’espèces sujettes à de fort taux de concentration de mercure, la France, l’Italie et les États-Unis ont tendance à préférer les petites espèces de requin telles que la roussette.[3] En Amérique Latine, en Amérique centrale ainsi qu’en Asie, les consommateurs privilégient les plus grosses espèces.

D’après la FAO, le marché traditionnel devrait rester relativement stable et être plutôt marqué par l’émergence de nouveaux marchés tels que le Brésil, devenu en 2011 le premier importateur de viande de requin au niveau mondial.

Historiquement, Hong Kong a toujours été reconnue comme étant la plus importante plateforme de commerce d’ailerons de requin au niveau mondial. L’île a ainsi servi d’indicateur de ce secteur pendant de nombreuses années. Cependant, les choses changent et le commerce d’ailerons à Hong Kong s’est récemment écroulé. Plusieurs facteurs sont en cause :

  • l’augmentation des captures de chondrichtyens par la flotte chinoise (et donc la diminution d’imports via Hong Kong) ;[4]
  • la mise en place de nouvelles régulations concernant les dépenses des officiels chinois (le Parti Communiste a par exemple renoncé à servir de la soupe d’ailerons lors de ses banquets) ;
  • l’augmentation de la surveillance et de la régulation de l’aileronnage ;
  • les changements de dynamique de marché suite à l’entrée de la Chine au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce en 2001 (nouveaux accords, mesures d’interdictions et de contrôle, etc.)
  • la crainte élevée des consommateurs de tomber sur de faux produits d’ailerons de requin (et donc diminution de leur consommation) ;
  • la prise de conscience environnementale croissante des consommateurs.

Plus étonnant encore : la Thaïlande a aujourd’hui surpassé Hong Kong en termes d’exports d’ailerons de requin. Ses principaux partenaires commerciaux sont le Japon et la Malaisie, probablement tous deux dans le Top 4 des exportateurs mondiaux. Hong Kong reste néanmoins la plus large plateforme de commerce d’ailerons dans son ensemble ainsi que l’un des plus importants foyers de consommation (la Chine étant le principal).

Imports et exports mondiaux d'ailerons de requins (en quantité et valeur)

Imports et exports mondiaux d’ailerons de requins (en quantité et valeur) – Source : FAO 2015

Requin marteau Les requins côtiers les plus petits sont particulièrement visés pour leur chair qui contient généralement moins de contaminants, tandis que les requins pélagiques (qui vivent au large) tels que le requin bleu ou « peau bleue » sont d’avantage capturés pour leurs ailerons ou transformés en boulettes de poisson et en bâtons de surimi de basse qualité. D’autres requins pélagiques comme les requins à pointes blanches océaniques (ou requins longimane) et les requins-marteaux sont également très appréciés pour leurs ailerons. Enfin, les requins-hâ et mako sont principalement ciblés pour leur viande.

Les raies sont quand à elles principalement consommées en Corée, placée au second rang mondial en termes d’imports de viande de chondrichtyens toutes espèces confondues (imports composés à 85% d’espèces de raies).

***

COMMERCE DE LA VIANDE DE REQUIN : ZOOM SUR LES PAYS EUROPÉENS

FRANCE

  • La France est une grande consommatrice de viande de requin, qui provient à la fois de la production domestique et des importations ;
  • Elle se classe au 12e rang mondial en termes de captures avec 21 000 tonnes/an, dont 40% de raie et plus de la moitié (51%) de requins de la famille des squalidae (aiguillat commun – ou chien de mer -, roussette, émissole, …) ;
  • Elle se classe au 8e  rang mondial en termes d’importations (près de 4 000 tonnes/an ; 4% du volume mondial). Les espèces importants font également principalement partie de la famille des squalidae. Ses partenaires privilégiés sont les États-Unis (29% en volume), l’Espagne (16%), le Canada (15%) et, plus récemment, les Pays-Bas et le Vietnam ;
  • La France exporte également des volumes relativement faibles de viande fraiche de requin, principalement vers l’Italie (73% de ses exports).

 

ITALIE

L’Italie est l’un des plus grands consommateurs de viande de requin et le 3e importateur mondial (moyenne annuelle sur la période 2000-2011 de plus de 11 500 tonnes, pour une valeur de 34,8 millions de dollars US). Ces imports sont en déclin depuis la crise financière de 2008 mais ses principaux fournisseurs sont restés l’Espagne (viande de requin surgelée) et la France (viande fraîche).

REQUINL’Italie exporte peu de requins et ses captures sont faibles.

ESPAGNE

L’Espagne est l’un des plus gros pêcheurs et exportateurs d’ailerons de requin au niveau mondial (quantité moyenne annuelle d’environ 3 500 tonnes pour une valeur de près de 58 millions de dollars US) et le 3e plus gros pêcheurs de requin après l’Indonésie et l’Inde.

 

EN TANT QUE CITOYEN, QUE PUIS-JE FAIRE ?

Bien sûr, il est essentiel que les autorités nationales, les douanes et toutes les organisations impliquées dans le suivi et le commerce des produits de requins et de raies continuent de renforcer et d’améliorer à la fois le suivi et le contrôle des produits issus de la capture des requins et des raies.

Cependant, chaque citoyen peut également agir à son échelle :

  • En limitant sa consommation de requins. Cela peut paraître évident, mais bien souvent le requin se cache là où on ne l’attend pas ! Il est en effet possible d’en retrouver dans les batons de surimi, les croquettes de poisson ou fishball vendues dans les restaurants asiatiques, …  Parmi les espèces les plus consommées on retrouve le requin-hâ, l‘aiguillat commun ainsi que la petite roussette (saumonette) et la grande roussette. Le requin bleu se trouve également sur les étals des poissonniers, alors que c’est une espèce classée « quasi menacée » par l’UICN (comme la grande roussette); elle pourrait donc rapidement être reclassifiée « menacée » si des mesures de conservation spécifiques n’étaient pas prises. Le requin-hâ et l’aiguillat commun sont quand à eux considérés comme « vulnérables » ;
  • En limitant sa consommation de poissons dont la pêche présente un risque élevé de prises accessoires de requins, à savoir les pêcheries ciblant le thon tropical à la senne (mis en boîte), mais également l’espadon et les vivaneaux ;
  • En continuant de s’informer et communiquer : la plupart des gens ne savent pas que les bâtons de surimi, les croquettes de poisson et autres produits cuisinés peuvent contenir du requin !
  • En agissant auprès des élus locaux, des écoles, des collectivités, des entreprises, des hôpitaux et des cliniques pour les informer et faire évoluer leurs pratiques. Poissons profonds, requins, espèces menacées d’extinction, … : parfois il suffit de la volonté d’une seule personne pour faire bouger les mentalités… et les pratiques.

D’autres produits largement commercialisés au niveau mondial (mais moins que la viande et les ailerons de requin) n’ont pu être l’objet d’analyses approfondies au sein de cette étude de la FAO : c’est le cas du cartilage et de l’huile de foie de requin, mais aussi des branchies de raies manta et mobula.

Pour en savoir plus sur le commerce d’huile de foie de requin, lire l’étude de BLOOM 2012 à ce sujet et notre étude de 2015 sur l’industrie cosmétique.

Points clés de l’étude :

  • Le commerce de viande de requin montre une augmentation constante d’environ 4,5% par an depuis 2000. Difficile cependant de savoir dans quelle mesure l’amélioration de la précision des codes douaniers en est responsable ;
  • Le commerce d’ailerons de requin apparaît limité par le nombre de captures tandis que celui de la viande va probablement continuer de s’étendre du fait de l’utilisation croissante des carcasses ;
  • Le commerce d’ailerons via Hong Kong est en forte diminution. Plusieurs facteurs sont en cause, tels que l’augmentation de la capture domestiques de chondrichtyens par la flotte chinoise (et donc la diminution des imports) et la prise de conscience environnementale croissante de la population ;
  • De nouvelles données suggèrent que les marchés de Thaïlande, de Malaisie et du Japon, bien que focalisés sur les ailerons de petite taille et bons marchés sont maintenant parmi les plus importants au monde ;
  • Depuis 2012 plusieurs pays ont commencé à séparer les données commerciales entre les raies et les requins ;
  • Les nouveaux marchés de viande de requin tels que le Brésil, qui a multiplié ses imports par huit depuis l’an 2000, sont des moteurs importants de la croissance actuelle de ce marché ;
  • La valeur unitaire de la viande de requin n’a cessé de croître ces dix dernières années malgré l’augmentation de l’offre due à une meilleure utilisation de la viande de requin. Cela signifie que la demande pour ce produit est également en augmentation ;
  • Les consommations domestiques sont extrêmement difficiles à estimer, étant donné les incertitudes des données existantes.

Pour aller plus loin :

Extrait de la Liste rouge française de l’Union Internationale de Conservation de la Nature et du Museum National d’Histoire Naturelle (MNHN) pour les requins :

Extrait de la Liste rouge française - requins. Source : UICN France et MNHN 2013

CR : en danger critique d’extinction, EN : menacé d’extinction, VU : vulnérable, NT : quasi-menacée (espèce proche du seuil des espèces menacées ou qui pourrait être menacée si des mesures de conservation spécifiques n’étaient pas prises), LC : préoccupation mineure (risque de disparition de France métropolitaine faible). Source : UICN France et MNHN 2013.

Pour en savoir plus sur les espèces de requins et de raies menacés en France, consulter la Liste rouge de l’Union Internationale de Conservation de la Nature 2015.

Vous pouvez également consulter la Liste rouge européenne des espèces marines ainsi que la page ‘Requin’ du guide de consommation des espèces.

Référence complète du rapport FAO : Dent, F. & Clarke, S. 2015. State of the global market for shark products. FAO Fisheries and Aquaculture Technical Paper No. 590. Rome, FAO. 187 pp.

[1] Pour en savoir plus sur la consommation de requin en Europe, voir http://www.guidedesespeces.org/fr/requins

[2] Le Brésil est passé d’environ 2 600 tonnes de viande de requin importée en 2000 à plus de 21 000 tonnes en 2011 (près de 8 fois son volume importé initial).

[3] En Côte d’Ivoire par exemple, les exports en 2009 vers Hong Kong sont passés de plusieurs tonnes par an à zéro. Un passage dans les ports d’Abidjan en 2015 nous a appris que les bateaux chinois étaient bien plus nombreux depuis quelques années au large des côtes. Il semblerait que ces bateaux pêchent directement leurs requins, d’une part, et qu’ils rachètent les requins directement aux petits pêcheurs, d’autre part. La plupart du temps ces échanges ne sont pas enregistrés et les produits qui reviennent en Chine à bord des bateaux chinois sont ainsi comptabilisés dans la production domestique du pays.

[4] Les ailerons sont vendus à des prix largement supérieurs à ceux de la viande et sont classés parmi les produits alimentaires les plus chers au monde.

Shark Finning Dossier Complet

 

Le shark finning

Le shark finning (non littéralement en français : pêche aux ailerons) est une pratique consistant à capturer des requins pour leur couper les ailerons et la nageoire caudale puis à les rejeter mutilés à la mer.Les éléments anatomiques prélevés servent à la préparation d’une soupe traditionnelle chinoise. Les Chinois lui accorde de nombreuses vertus thérapeutiques, non démontrées scientifiquement, alors qu’elle est dangereuse pour la santé. Pratiquée aussi bien par des pêcheurs des pays mal-développés que des pays développés, le finning n’est ni géré, ni surveillé dans la plupart des pays.La majorité des ailerons est exportée vers le marché asiatique, où ils sont vendus au détail. Depuis les années 1980, cette pêche a considérablement augmenté, du fait de la demande croissante d’ailerons, de l’amélioration des techniques de pêche et de la mondialisation de l’économie de marché.Certains chercheurs estiment que, de 1996 à 2000, 26 à 73 millions de requins ont été pêchés annuellement. La médiane annuelle pour cette période a été de 38 millions de requins, valeur presque quatre fois plus importante que les estimations de l’ONU, mais nettement inférieure à celles de nombre des défenseurs de l’environnement. C’est l’un des produits de la pêche les plus chers au monde. Cette industrie pèse ainsi plusieurs centaines de millions de dollars dans la balance économique et entretient des relations avec la corruption, le braconnage et le crime organisé.

Les scientifiques, les écologistes et les défenseurs des animaux condamnent fermement cette pêche gaspilleuse, et la considèrent comme la principale cause du déclin mondial des requins. La mauvaise réputation de ces derniers et l’absence de données internationales fiables ralentit la prise de conscience de ce déclin et la protection des populations de requins, notamment dans les eaux internationales. Toutefois, certains États mettent fin à cette pratique dans leurs zones de pêche, et, même, interdisent la pêche au requin.

finning

L’expression « shark finning » provient de la langue anglaise : shark signifie « requin », et fin signifie « nageoire » ou « aileron ».

L’expression n’a pas d’équivalent littéral en français. Depuis le 13 mai 2012, Légifrance conseille d’employer les expressions équivalentes « pêche aux ailerons » ou « amputation des ailerons de requin ». On peut aussi la traduire, d’une manière non littérale, par : « prélèvement des ailerons de requin » ou « découpe des ailerons de requins ». Certaines associations et médias français traduisent cette expression par le néologisme peu répandu « aileronage ».

En Extrême-Orient, la soupe d’ailerons de requin est un plat de la médecine traditionnelle chinoise, associé au danger et à la jeunesse, préparée depuis l’époque de la dynastie Song (960-1280).

Elle était réservée à l’empereur et aux nobles en raison de son prix élevé, de son goût et de ses vertus thérapeutiques supposées.

Durant la dynastie Ming (1368–1644), les ailerons de requins sont devenus un élément traditionnel des banquets officiels, témoignant du respect de l’hôte envers ses invités, mais c’est réellement à partir de la dynastie Qing (1644–1911) que la recette de la soupe aux ailerons de requins fut inventée.

À la fin du XVIIe siècle et au début du XXe siècle, la soupe a commencé à se démocratiser avec l’amélioration du niveau de vie. Les gouvernements communistes de l’après-guerre ont tenté de décourager la consommation de la soupe, considérée comme un produit trop luxueux.

Mais les changements politiques et économiques de la fin du xxe siècle ont fait exploser la demande, de même que l’élévation du niveau de vie de la classe moyenne due au développement de l’économie de marché, provoquant ainsi la hausse des prix mondiaux.

Ce plat, très prisé en gastronomie, est devenu un important marqueur social ; au même titre que la voiture de luxe, il symbolise la richesse, la puissance, le prestige et l’honneur. Sa présence en tant que symbole dans les menus de mariage, ou d’autres célébrations importantes, est une tradition désormais fortement ancrée, et son absence y est particulièrement mal vue.

La soupe est surtout consommée dans le Sud (province du Guangdong), dans les régions côtières, ainsi qu’à Hong Kong, Singapour et Taïwan. Ainsi, la saison des mariages coutumiers et des autres fêtes avec un pic pour le Nouvel An chinois, s’étendant d’octobre à février, enregistre la plus forte consommation de soupe.

Au contraire, les Chinois n’en consomment pas pendant les mois de juillet et d’août considérés comme peu propices.
De l’aileron de requin, il ne reste dans la soupe que les rayons cornés externes, les cératotriches, formant de fines lanières molles, jaunes et transparentes, semblables à des nouilles. La consistance gluante si particulière de la soupe est due aux propriétés physico-chimiques des cératotriches.

L’élastoïdine, une scléroprotéine soufrée uniquement présente dans les nageoires, confère aux rayons une meilleure résistance à la cuisson.

L’aileron se consomme également sous forme de rāmen, de boulettes ou de terrine, mais ces plats sont moins populaires que la soupe.

Les anciens ouvrages de la médecine traditionnelle chinoise accordent aux ailerons de requin de nombreuses vertus thérapeutiques : le rajeunissement, l’amélioration de l’appétit, de la mémoire et du désir sexuel, nourrissant pour le sang, bénéfique pour l’énergie vitale, les poumons, les reins, les os et beaucoup d’autres parties du corps.

Pourtant, la valeur nutritionnelle et gustative de la soupe aux ailerons de requin est très limitée, voire nulle. Ce sont surtout les épices et le bouillon de poule dans lequel baigne le cartilage qui lui donne un goût si apprécié.

Quant à ces vertus supposées, elles n’ont jamais été démontrées scientifiquement
. Les cératotriches sont même dangereuses pour la santé à forte dose, à cause des polluants bioaccumulés dans l’organisme des requins.

Les ailerons étaient également supposés prévenir et guérir certains types de cancers, grâce à la présence d’une protéine bloquant l’angiogenèse, ce qu’une étude a clairement démenti en 2007 ; la protéine, AE-941, est dégradée avant de pouvoir avoir un quelconque effet sur les tumeurs.

Espèces exploitées
Choix des Espèces:

Premier choix
Requin bleu
Requin océanique
Requin de sable
Grande raie-guitare
Requins-marteaux
Requin mako

Deuxième choix
Requin à pointes noires
Grand requin blanc
Requin-citron
Carcharhinidés
Requin-marteau halicorne
Requin féroce
Requin-épée
Requin renard
Requin tigre
Requin-hâ

Troisième choix
Requin pèlerin
Aiguillat commun
Requin-baleine

Tous les grands requins de plus de 1,5 m de longueur sont exploités, qu’ils soient benthiques ou pélagiques, carnivores ou planctophages.

Il y a toutefois quelques exceptions comme le requin dormeur Ginglymostoma cirratum et les nageoires pectorales du requin-scie. Généralement, les ailerons les plus appréciés sont ceux du requin mako, du requin-marteau, du requin bleu, du requin sombre et du requin gris de récif.

Mais les préférences varient selon les pays et les personnes. Certaines espèces sont davantage convoitées en raison du nombre de leurs filaments cartilagineux, de leur texture ou de leur apparence, mais aussi en raison de leur prix bas et de leur disponibilité. Ainsi, les ailerons de certaines espèces, comme ceux du requin bleu, sont très populaires.

Les Squaliformes, majoritairement de petite taille et vivant dans les eaux profondes sont relativement épargnés, en dehors de l’aiguillat commun et de l’aiguillat-coq. Lorsque l’occasion se présente, les raies sont également capturées, plus particulièrement les poissons-scie et les poissons-guitare qui ont des allures de requin.

Principales pêcheries

Les principales pêcheries spécialisées dans le shark finning sont aussi bien présentes dans les pays en développement que dans les pays développés.

Plus de 85 pays exportent des ailerons séchés, la plupart transitent par les États-Unis, pour être envoyés vers le marché chinois.

Les 20 premiers représentent 80 % des prises, parmi lesquels on compte les Émirats arabes unis, l’Espagne, l’Indonésie, l’Inde, Taïwan.

Dans chaque cas, on constate une diminution spectaculaire des populations de requins. Les pêcheries fournissent dans la plupart des pays des données parcellaires ou sous-estimées, notamment le Japon et Taïwan qui n’enregistrent pas les espèces pêchées.

Quant à la Chine, elle ne publie ni le poids, ni l’espèce, ni la quantité pêchée.

À Al Hudaydah, au Yémen, le plus grand port de pêche de la mer Rouge est spécialisé dans le commerce d’ailerons depuis une cinquantaine d’années. Les îles Galápagos, qui abritent de grandes populations de requins qui sont particulièrement exploitées, notamment à cause de la pêche illégale.

Les populations de requins présentes dans les eaux territoriales du Costa Rica sont victimes d’un braconnage intensif depuis les années 1990.

Au Japon, 90 % des prises de requin se font au port de Kesennuma, surnommé la « capitale japonaise des ailerons de requins », avec plus de 14 000 tonnes en 2009 (pour 28 millions de dollars USD).

Mode opératoire:

Un commerce très lucratif, qui attire aussi bien les pêcheries industrielles qu’artisanales. Ainsi les petites embarcations côtoient les grands navires de pêche et effectuent une pêche ciblée.
Le requin est le plus souvent pêché aux lignes à main, aux sennes tournantes, à la ligne, aux filets maillants ou aux palangres.
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Dans la forme la plus barbare de la pratique, le requin pêché est hissé sur le pont, les pêcheurs tranchent à l’aide d’un grand couteau la nageoire dorsale, les nageoires pectorales et le lobe inférieur de la nageoire caudale.

Le reste du corps ayant une moindre valeur commerciale, le requin souvent encore vivant est rejeté à la mer, amputé de ses nageoires donc incapable de se mouvoir afin d’oxygéner ses branchies, et périt d’une lente asphyxie. Cette pratique engendre un « gaspillage considérable » étant donné que seulement 7 % de la masse totale du requin est exploitée.

Conservation et transformation
Les ailerons se consomment aussi bien dans les restaurants qu’en boîte de conserve.

La préparation des ailerons de requin ne nécessite aucun traitement complexe, mais pour ne pas perdre de leur valeur, les ailerons doivent faire l’objet d’un prélèvement et d’un séchage de qualité.

Les amateurs de soupe d’ailerons de requins sont en effet extrêmement soucieux de la qualité, sous peine de ne pas pouvoir bénéficier de ses vertus supposées . Certains pays, comme l’Australie, le Japon, l’Espagne, le Mexique et d’autres pays des Amériques, sont réputés pour leurs ailerons de qualité. Ils possèdent généralement des navires de pêche suffisamment équipés pour garder les ailerons au frais, propres et non salés avant séchage.

Tandis que les pays bordant l’océan Indien utilisent des méthodes traditionnelles et ne possèdent pas de chambre froide. Ils utilisent donc du sel pour conserver le produit avant le séchage, en conséquence les ailerons affichent un taux d’humidité élevé affectant la qualité du produit.

Malgré cette pratique, les ailerons se vendent, empêchant un véritable changement. Toutefois, le Sri Lanka fait figure d’exception en alliant tradition et conservation.

Les pêcheurs doivent minimiser la quantité de chair coupée avec l’aileron, car elle donne souvent une mauvaise odeur et altère la couleur, diminuant ainsi la qualité du produit. La base épaisse des grosses nageoires rend la coupe difficile, au risque d’altérer les rayons de l’aileron.

La « coupe en clair de lune » est plus fastidieuse, mais elle est plus appréciée par les négociants que la « coupe droite » et la « coupe irrégulière » qui laisse trop de chair. Les ailerons sont ensuite bien nettoyés, ils subissent un brossage à l’eau douce ou à l’eau de mer pour les débarrasser de toutes impuretés.

Sur le bateau ou dès le retour au port, les ailerons sont posés sur des claies, des nattes de bambou, des plateaux, des toits, suspendus à une corde ou à même le sol pour les faire sécher au soleil pendant 7 à 14 jours selon l’épaisseur. Parfois, on applique un peu de sel sur les nageoires, notamment sur les extrémités coupées.

Ils sont régulièrement tournés afin d’obtenir un séchage uniforme, tout en évitant que le soleil brûle et brunisse le produit. Pour faciliter cette étape, un séchoir mécanique fixé à 40-50 °C peut être utilisé. Pendant la nuit, les ailerons sont rentrés à l’intérieur pour les protéger des animaux et de la rosée. Un bon produit final a un taux d’humidité d’environ 10-15 %. Les ailerons sont ensuite placés dans des cartons, des caisses en bois ou des sacs de jute.

Ce dernier contenant est le plus répandu puisqu’il permet au produit d’évacuer l’humidité résiduelle afin de ne pas détériorer la qualité du produit. Les ailerons les plus précieux sont emballés dans des sacs de 25 kg, tandis que les autres sont mis dans des sacs de 50 kg. Les ailerons seront exportés sous cette forme, ils seront traités ultérieurement par les commerçants.

Les ailerons de requin sont transformés et commercialisés sous de nombreuses formes : ils peuvent être conservés « humides », c’est-à-dire frais, réfrigérés et non transformés ou simplement congelés, conservés dans la saumure, laissé crus et séchés, pour conserver les denticules et les plaquettes cartilagineuses qui confèrent une rugosité au produit.

Plusieurs transformations peuvent être menées : la préparation en filet, qui consiste à cuire les rayons des nageoires séchées, puis à les séparer, les re-sécher et les emballer en vrac ; l’aileron directement prêt à être consommé ou cuisiné se décline sous forme de boîte de conserve ou en sachets et en poudre de soupe instantanée ; la transformation semi-préparée est certainement la plus onéreuse : la peau est enlevée, mais les fibres sont encore intactes garantissant une apparence propre ; les petites nageoires peuvent être préparées de cette manière en un seul morceau, mais les nageoires pectorales et dorsales doivent être scindées en deux.

Enfin, la transformation totale consiste à séparer individuellement les cératotriches de l’aileron. Ils sont ensuite emballés dans des boîtes en carton ou dans de la viscose.

Les ailerons sont généralement classés en fonction de leur taille, leur type, leur couleur, leur découpe et leur état.
La taille d’un aileron est mesurée soit du centre de la base à l’extrémité de la nageoire ou par la longueur de sa base. Ils sont ensuite classés comme extra-larges (40 cm et plus), grands (30 à 40 cm), moyens (20 à 30 cm), petits (10 à 20 cm) ou très petits (4 à 10 cm) (notamment les nageoires ventrales et anales).
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Les ailerons peuvent aussi être classés selon l’espèce à laquelle ils appartiennent, mais il est généralement difficile de déterminer celle-ci pour un aileron séché, sauf pour les espèces possédant une coloration ou des denticules particuliers comme c’est le cas pour le requin tigre, le requin bleu, les centrines, le requin pèlerin ou le requin-baleine.

La plupart des négociants sont capables d’identifier les ailerons en fonction de leur taille et de leur emplacement sur le corps, ils sont toutefois incapables de l’identifier seulement à partir des cératotriches, hormis celles de grande taille.

Les ailerons de requin sont parfois classés selon leur couleur, sombre ou pâle. Cette classification varie selon les commerçants et sert soit à différencier les espèces vivant en eaux profondes et en eaux peu profondes, soit leur rendement et leur goût, ou bien le type de requins.

Cependant tous s’accordent à dire que les ailerons clairs possèdent plus de cératotriches et une meilleure saveur, augmentant leur valeur par rapport aux noirs.

Cette classification est néanmoins très variable et dépend des différentes autorités, les ailerons de requin tigre étant considérés comme clairs par certains et sombres par d’autres.

Valeur commerciale:

La qualité et le nombre de cératotriches étant variables selon la nageoire d’un requin, les négociants n’accordent pas la même valeur à tous les ailerons.

Généralement, plus l’aileron est grand, plus les cératotriches sont longues et épaisses. Les ailerons les plus prisés sont dans l’ordre le lobe inférieur de la caudale, la première dorsale, puis les nageoires pectorales. Sur le marché asiatique, les ailerons de requins sont commercialisés sous forme de jeux de nageoires, complets ou assortis.

L’ensemble complet se compose de deux nageoires pectorales, la première nageoire dorsale et le lobe inférieur de la caudale.

Tandis que les petites nageoires, comme la deuxième nageoire dorsale, les nageoires anales et les pelviennes, ont une faible valeur commerciale.

Elles seront vendues dans les assortiments ou en filet à bas prix. Pauvre ou dépourvu de cératotriches, le lobe supérieur de la nageoire caudale de tous les requins a également très peu de valeur commerciale.

La qualité du produit tient une grande importance dans la valeur commerciale. Les méthodes de traitement employées, sa teneur en humidité, sa coupe, mais surtout l’âge du requin. Avec le temps, certaines parties de la nageoire perdent leur propriété naturelle élastique et se durcissent. Mais, le vieillissement n’est pas facile à détecter lorsque l’aileron est sec, il devient visible seulement après réhydratation.

Ce phénomène semble plus fréquent chez les espèces vivant dans les eaux tropicales où les requins vieillissent plus rapidement. Mais les individus âgés se raréfiant, ce problème est de moins en moins courant. L’espèce détermine également la valeur commerciale. Par exemple, les cératotriches d’un aiguillat sont aussi fines qu’un cheveu tandis que celles d’un requin pèlerin sont aussi épaisses qu’une baguette chinoise.

L’aspect esthétique de l’aileron a également son importance. Il doit avoir une coupe précise sans résidus de viande et doit être propre, présentant une couleur jaune blanchâtre. De plus, les cératotriches doivent être longues et épaisses et bien soudées pour garantir un impact visuel fort. Sa texture doit être tendre, ce qui n’est souvent pas le cas pour les grands ailerons.

Le marché:

Depuis deux millénaires, la Chine importe des ailerons du monde entier et constitue le principal marché de ce commerce.

Mais ce dernier a explosé dans les années 1980, l’accroissement de la demande a provoqué une augmentation significative des prix mondiaux avec l’ouverture du marché chinois. Mais cette situation n’est que partiellement sensible dans les statistiques. En cause, les rapports incomplets des pays de leurs échanges commerciaux et de production de ces produits.

Entre 2000 et 2005, le shark finning représente 40 % de la valeur rapportée des produits de requins, s’échelonnant entre 237 millions de dollars (156 millions d’euros) en 2002 et 310 millions de dollars (204 millions d’euros) en 2005. Pour cette même période, le poids des ailerons de requins ne représente que 7 % du poids des produits commercialisés.

Les ailerons ont une valeur d’environ 700 dollars le kilogramme. Une portion individuelle de soupe contient environ 30 grammes d’aileron ; son prix varie entre 15 et 150 dollars US, ce qui en fait l’un des produits de la pêche les plus chers au monde.

Le prix varie considérablement selon le classement de la nageoire, allant de 300 à 3 000 dollars pour 600 g à Hong Kong. Il n’est pas rare de voir de petits ailerons plus chers que des grands, même si certains grands ailerons peuvent coûter plusieurs milliers de dollars.

La plupart des études estiment que le nombre de requins tués pour leurs ailerons serait de 38 à 100 millions chaque année dans le monde entier.

Ce nombre est presque trois fois plus élevé que les estimations de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)30, qui estime que les importations déclarées mondiales de nageoires de requins entre 2004 à 2007 ont fluctué entre 13 800 et 17 126 tonnes, tandis que les exportations déclarées mondiales ont fluctué entre 9 911 et 15 598 tonnes.

L’essentiel des ailerons de requins alimente le marché asiatique et plus particulièrement le marché chinois, avec 98 % des importations mondiales en 1997 selon la FAO.

Hong Kong est le premier centre mondial du commerce des ailerons (50 % à 80 %), tout le quartier Sai Yun Pun, sur l’île de Hong Kong, est spécialisé dans ce commerce. Il importe les captures de plus de 100 pays, avec l’Espagne comme principal fournisseur. C’est aussi la plaque tournante d’Asie, les gros négociants se retrouvent lors de grandes ventes aux enchères.

En 1982, Hong Kong a importé 2 200 tonnes de nageoires séchées de requins. En 2006, pas moins de 10 000 tonnes ont été importées, pour une valeur de 276 millions de dollars US.

La Chine a importé plus de 12 000 tonnes d’ailerons en 2009. Lorsque la Chine a rejoint l’Organisation mondiale du commerce en 2001, les commerçants ont commencé à négocier directement avec les marchés de la Chine continentale, sans passer par l’intermédiaire de Hong Kong.

La partie continentale étant desservie par plusieurs ports, il est difficile d’avoir les données exactes de l’importation, d’autant plus que la Chine a permis l’assimilation des ailerons de requins congelés à de la « viande de requin congelé », faussant ainsi les statistiques.

Mais la diminution des populations de requins se fait sentir, obligeant les pêcheurs à pêcher de plus en plus loin. De plus, bon nombre d’ailerons négociés proviennent de requins immatures et sont donc de petite taille, ce qui signifie que les populations ne parviennent pas à se renouveler.

Impacts environnementaux et humains:
La pêche au requin a presque triplé entre 1950 et 2011.

Conséquences environnementales:

Le shark finning est la principale cause du déclin mondial des requins.

Les requins étant des superprédateurs, ils ont un long cycle de croissance, une fécondité limitée et une maturité sexuelle tardive, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la surpêche.

De fait, les populations de requins ont diminué de plus de 90 % dans les zones exploitées, et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) considère qu’un tiers des espèces de requins serait menacées de disparition

. Les requins sont au sommet des réseaux trophiques marins, ce sont donc des espèces clés qui jouent un rôle important dans la stabilité de l’écosystème.

Ils régulent de nombreuses populations de poissons et de mammifères marins, en éliminant les individus vieux ou malades.

Ils limitent ainsi la propagation des maladies au sein d’une population et permettent ainsi de renforcer le pool génétique des populations.
En contrôlant les populations de poissons et de crustacés qui se nourrissent de phytoplancton et d’algues, les requins maintiennent la production de dioxygène de l’océan.

Les océans produisent 70 % du dioxygène que l’homme respire, si les requins venaient à disparaitre, la chaine alimentaire serait perturbée au point de modifier les écosystèmes océaniques et terrestres.

Qu’elle soit légale ou illégale, le shark finning menace de disparition le tiers des espèces de requins qui passent la plupart de leur temps dans les couches supérieures de l’océan.

Le nombre d’espèces de requins considérées comme menacées est passé de seulement 15 espèces en 1996, à plus de 180 espèces en 2010, dont 30 en voie d’extinction.

Conséquences dans les sociétés humaines:

Cette pratique menaçant les populations de requins affecte aussi la pêche car du fait de la fragilisation de l’écosystème, les eaux s’appauvrissent en ressources halieutiques.

De nombreuses études scientifiques démontrent que la disparition des requins provoque la disparition de poissons, de mollusques et de crustacés commercialement importants, mais également d’autres prédateurs comme le thon.

De plus, en raison des profits lucratifs engendrés, des liens s’établissent parfois avec le crime organisé. Par exemple, les polices d’Afrique du Sud et de Hong Kong ont démontré que depuis les années 1970, les Chinois et Taïwanais qui faisaient transiter les ailerons de requins par l’Afrique du Sud appartenaient à des gangs connus dans leurs pays respectifs et profitaient de l’exportation légale des ailerons pour pratiquer une exportation illégale d’ormeaux. Depuis les années 1980, ces gangs ont ajouté à leur actif un grand nombre d’activités illégales telles que l’importation de contrefaçons et de drogues ou la prostitution, toujours sous le couvert du commerce d’ailerons de requins.

De plus, des gangs armés de braconniers officient dans plusieurs pays où cette pratique est interdite, notamment au Costa Rica .
.
Comme la plupart des superprédateurs marins, les requins bioaccumulent dans leur organisme de fortes concentrations de polluants d’origine anthropique, comme les PCB, les métaux lourds et les pesticides.

Le mercure est présent dans leurs tissus sous sa forme la plus dangereuse, le méthylmercure.

Il peut provoquer la stérilité chez l’homme, des maladies du système nerveux central et des problèmes rénaux.

En 2001, une étude menée par l’Institut thaïlandais de recherche scientifique et technologique a révélé que 70 % des plats aux ailerons de requin contenaient des niveaux extrêmement élevés de mercure.

En 2012, une étude a montré que de nombreux requins bioaccumulent de forte concentrations de Bêta-N-méthylamino-L-alanine (BMMA), une neurotoxine produite par des cyanobactéries à partir des rejets industriels déversés dans l’océan.

À forte dose, elle provoque chez l’homme des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Charcot.

Les ailerons sont souvent traités avec du peroxyde d’hydrogène afin de rendre leur couleur plus attrayante pour les consommateurs, alors que ce puissant biocide est toxique et peut entraîner des problèmes de santé à forte dose.

fin

Situation internationale:

De nombreux pays développés interdisent le shark finning, cependant, de nombreuses eaux internationales ne sont pas réglementées.

Les autorités de pêche internationales envisagent d’interdire la pêche au requin dans l’océan Atlantique et la mer Méditerranée.

Mais la plupart des espèces de requins effectuent des migrations traversant les frontières des zones économiques exclusives et les eaux internationales, nécessitant une coopération internationale pour une protection efficace.

De plus, l’application des accords existants exige des fonds considérables car la protection des aires marines souvent immenses, nécessitent d’importants moyens humains et matériels.

En 2005, l’IATTC (Inter-American Tropical Tuna Commission), qui regroupe la Colombie, la France, le Nicaragua, l’Espagne, le Costa Rica, le Guatemala, Panama, les États-Unis, l’Équateur, le Japon, le Pérou, les Vanuatu, le Salvador, le Mexique, la Corée du Sud et le Venezuela a interdit par résolution48 la pratique de le shark finning dans l’océan Pacifique oriental.

Dans les années 2000, l’Afrique du Sud, les États-Unis, le Brésil, le Costa Rica, le Canada, la Namibie, l’Équateur, la plupart des États d’Australie, les Palaos, l’Union européenne, les Seychelles et la Polynésie française interdisent le découpage d’ailerons de requins. Mais ils n’interdisent pas tous le débarquement d’ailerons désolidarisés du corps.
En novembre 2012, obligation est faite aux bateaux naviguant dans les eaux européennes ou bateaux européens de débarquer les requins « avec leurs ailerons attachés » .Cette nouvelle législation prévoit que les navires pêchant dans les eaux de l’UE et les navires de l’UE pêchant dans le monde auront «l’obligation de débarquer les requins avec les nageoires attachées au corps». Les pêcheurs avaient jusqu’alors la possibilité de débarquer les carcasses et les nageoires dans des ports différents, ce qui rendait les fraudes aisées. «Les contrôles seront désormais facilités, et il deviendra plus difficile de dissimuler l’enlèvement des nageoires», a spécifié Maria Damanaki. L’interdiction vise les flottes espagnoles et portugaises, qui pêchent dans tous les océans, a souligné la Commission. Les pêcheurs français, allemands et britanniques sont également concernés. Ils bénéficiaient d’exemptions pour la capture de requins, à condition de tout garder à bord à des fins de transformation.

Dans tous ces pays, sauf exceptions locales, la vente et la consommation de la soupe aux ailerons de requins reste autorisée. Les restaurants chinois qui la servent n’affichent pas toujours la provenance des ailerons, entretenant ainsi le commerce illicites .

D’autres, comme les îles Marshall, les Palaos, les Maldives, le Honduras et les Bahamas sont allés plus loin en formant des sanctuaires de requins, mais ils restent des cas isolés.

Asie:

L’Extrême-Orient est le plus important consommateur de soupe aux ailerons de requin.

Face aux critiques, le gouvernement hongkongais argue de l’expertise de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) qui interdit le commerce de seulement trois espèces de requins.
De plus, la soupe est régulièrement servie lors des repas officiels du gouvernement, mais en juillet 2012 le Conseil d’État annonce l’interdiction « d’ici un à trois ans » de ce plat lors de ses réceptions. Un délai encore trop vague et permissif pour les associations, qui saluent néanmoins la mesure.

Les négociants hongkongais se sentent visés par un complot anti-chinois mené par des groupes environnementaux américains comme Greenpeace ; ils exigent que leurs traditions culinaires soient respectées.

La mobilisation contre le shark finning passe aussi par des personnalités asiatiques, mais elle reste très marginale. Le célèbre basketteur Yao Ming a promis d’arrêter de manger la soupe d’ailerons de requin à une conférence le 2 août 2006. Ses commentaires ont été repris dans les médias chinois et ont attiré les critiques des associations chinoises de l’industrie de la pêche. Ironiquement, la soupe figurait au menu du mariage de Yao Ming.

En septembre 2011, il lançait une campagne publicitaire avec comme slogan : « Lorsque s’arrêtera la consommation, le meurtre pourra cesser. »

En 2011, pour la première fois un homme politique chinois, le député Ding Liguo, propose un embargo total sur le commerce d’ailerons de requins, malgré une faible mobilisation.
En mars 2012, il renouvelle son action, appuyé par 30 représentants. Le chef sino-américain Ken Hom affirme que l’Occident ferait mieux de protéger ses stocks de cabillaud et d’esturgeons (caviar) au lieu de s’indigner du prélèvement des nageoires, mais il critique aussi le gaspillage engendré par le shark finning.

L’intérêt croissant de la population pour les questions environnementales, notamment grâce aux campagnes de sensibilisation, pousse les institutions et entreprises à changer leurs habitudes.

Ainsi, une mobilisation est constatée dans certaines institutions et des chaînes de restaurants, de magasins et d’hôtels. Par exemple, l’hôtel Peninsula, un des plus prestigieux de Hong Kong, a supprimé la soupe d’ailerons de son menu en 2011, ainsi que dans celui de ses neuf autres hôtels du groupe dans le monde.

Hong Kong Disneyland a abandonné la soupe aux ailerons de requin dans son menu de mariage, du fait de la pression internationale des ONG, qui ont menacé de boycotter ses parcs dans le monde entier, malgré la forte demande en Chine. L’Université de Hong Kong a interdit la soupe d’ailerons de requin sur le campus.

Le Japon, avec une capture moyenne annuelle de près de 25 000 tonnes, pêche le requin pour ses ailerons, mais aussi pour sa viande, car il est interdit de débarquer des ailerons désolidarisés du corps, la coupe devant donc se faire au port.

Mais selon l’ONG Sea Shepherd Conservation Society la loi est facilement contournée. De plus, les thoniers ne souhaitant pas rentrer bredouilles au port, modifient la profondeur de leurs hameçons et pêchent le requin.

Le 15 septembre 2007, le ministre malaisien du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement, Azmi Khalid, a fait interdire la soupe d’ailerons de requin, s’engageant ainsi auprès de la Malaysian Nature Society.
Le 20 octobre 2011, Taïwan a promulgué une loi qui oblige les pêcheurs à ramener au port les carcasses complètes.
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Océanie:
L’Océanie, avec ses nombreux récifs coralliens, constitue un endroit idéal pour le shark finning. Les exportations et les importations ne sont généralement pas déclarées.

En 1997, seules les îles Salomon, Kiribati, Vanuatu et Fidji ont déclaré des exportations d’ailerons de requins, et seules l’Australie et les îles Marshall ont signalé des importations.

En 2009, la République des Palaos créé le premier sanctuaire de requins du monde. Il est illégal de pêcher les requins dans la zone économique exclusive (ZEE) des Palaos, qui couvre une superficie de 600 000 km2, ce qui représente une superficie comparable à la taille de la France.

Le président Johnson Toribiong a également appelé à une interdiction mondiale de le shark finning, déclarant à propos des requins : « Ces créatures sont abattues et sont peut-être au bord de l’extinction à moins que nous prenions des mesures positives afin de les protéger ».

 

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