Dossiers/Files

La pensée écologique est-elle un lavage du cerveau idéologique ou une évidence vitale ?


L'humanité se trouve confronté à 4 problèmes majeurs: croissance démographique, épuisement de ressources, émissions de gaz carbonique, extinction massive des espèces.
Face à ces menaces, l’idéologie dominante mobilise des mécanismes de dissimulation et d’aveuglement: ''Parmi les sociétés humaines menacées prévaut un mode général de comportement, une tendance à s’affubler d’œillères au lieu de se concentrer sur la crise.'' Cette attitude est celle qui sépare le savoir et la croyance: nous savons que la catastrophe (écologique) est possible, voire probable, mais nous refusons de croire qu’elle se produira.
Même lorsque nous nous disons prêts à assumer notre responsabilité, on peut y voir un stratagème visant à occulter leur véritable ampleur. Il y a quelque chose de faussement rassurant dans cette promptitude à culpabiliser. Nous culpabilisons en effet bien volontiers car, si nous sommes coupables, c’est que tout dépend de nous, c’est nous qui tirons les ficelles, il suffit que nous modifions notre style de vie pour nous tirer d’affaire. Ce qu’il nous est plus difficile d’accepter, nous Occidentaux, c’est d’être réduits à un rôle purement passif d’observateur impuissant. Nous préférons nous lancer dans une frénésie d’activités, recycler nos papiers usagés, nettoyer la nature en ramassant les déchets abandonnés par les inciviques, manger bio, nous donner l’illusion de faire quelque chose, apporter notre contribution, faire notre part du colibri.
En matière d’écologie, le déni typique consiste à dire: ''Je sais que nous sommes en danger, mais je n’y crois pas vraiment, alors pourquoi changer mes habitudes?''
Mais il existe un déni inverse:''Je sais que nous ne pouvons pas faire grand-chose pour enrayer le processus qui risque de mener à notre perte, mais cette idée m’est tellement insupportable que je vais essayer, même si cela ne servira à rien!''
Tel est le raisonnement qui nous pousse à acheter par exemple des produits bio. Nul n’est assez naïf pour croire que les pommes étiquetées ''bio'', à moitié pourries et hors de prix, sont plus saines. Si nous choisissons de les acheter, ce n’est pas simplement en tant que consommateurs , mais dans l’illusion de faire un geste utile, témoigner de nos convictions, nous donner bonne conscience, participer à un vaste projet collectif des consom-acteurs.
Retour à la Mère Nature ?
Arrêtons de nous leurrer. La lueur d'une croissance indispensable et la fuite en avant permanente montrent clairement les limites de cet environnementalisme prédominant, étrange combinaison de catastrophisme et de routine, de culpabilisation et d’indifférence. L’écologie est aujourd’hui un champ de bataille idéologique majeur où se déploie toute une série de stratégies pour escamoter les véritables implications de la menace écologique:
1° l’ignorance pure et simple: c’est un phénomène marginal, qui ne mérite pas que nous nous en préoccupions, la vie (du capital) suit son cours, la nature se chargera d’elle-même...
2° la science et la technologie peuvent nous sauver...
3° le marché résoudra les problèmes (par la taxation des pollueurs, etc.)...
4° insistance sur la responsabilité individuelle au lieu de vastes mesures systémiques: chacun doit faire ce qu’il peut, recycler, réduire sa consommation, etc...
Le pire est sans doute l’appel hypocrite à un retour à l’équilibre naturel, à un mode de vie plus modeste et plus traditionnel par lequel nous renonçons à la démesure et l'insatiabilité humaine et redevenons des enfants respectueux de notre Mère Nature.
Le discours écologique dominant nous interpelle comme si nous étions a priori coupables, en dette envers notre Mère Nature, sous la pression constante d’un surmoi écologique: ''Qu’as-tu fait aujourd’hui pour dame Nature? As-tu bien jeté tes vieux papiers dans le container de recyclage prévu à cet effet? Et les bouteilles en verre, les canettes? As-tu pris ta voiture alors que tu aurais pu circuler à vélo ou emprunter les transports en commun? As-tu branché la climatisation au lieu d’ouvrir les fenêtres?''
Les enjeux idéologiques d’une telle individualisation sont évidents: tout occupé à faire mon examen de conscience personnel, j’en oublie de me poser des questions bien plus pertinentes sur notre civilisation industrielle dans son ensemble. Cette entreprise de culpabilisation trouve d’ailleurs une échappatoire facile: recycler, manger bio, utiliser des sources d’énergie renouvelables, etc. En toute bonne conscience, nous pouvons continuer notre petit bonhomme de chemin...
Mais alors, que devons-nous faire?
Nous, êtres humains, nous ne pouvons plus minimiser les dommages collatéraux générés par notre productivité. La Terre n’est plus l’arrière-plan ou l’horizon de notre activité productive, mais un objet fini que nous risquons de rendre invivable par inadvertance. Alors même que nous devenons assez puissants pour affecter les conditions élémentaires de notre existence, il nous faut reconnaître que nous ne sommes qu’une espèce parmi d’autres sur une petite planète non extensible. Cette prise de conscience appelle une nouvelle manière de nous inscrire dans notre environnement : non plus comme un travailleur héroïque, révolutionnaire industriel, qui exprime son potentiel créatif en exploitant les ressources inépuisables, mais comme un modeste agent qui collabore avec ce qui l’entoure et négocie en permanence un degré acceptable de sécurité et de stabilité. Le capitalisme ne se définit-il pas justement par le mépris des dommages collatéraux? Dans une logique où seul le profit importe, les dégâts écologiques ne sont pas inclus dans les coûts de production et sont en principe totalement ignorés. Même les tentatives de taxation des pollueurs ou de mise à prix des ressources naturelles (l’air compris) sont vouées à l’échec. Pour établir un nouveau mode d’interaction avec notre environnement, il faudrait un changement politico-économique radical global inscrit dans une pensée universelle.
L'humanité n'en prend pas encore vraiment le chemin !!!
 
L’image contient peut-être : ciel et plein air

Bruit en mer

LA MER EST UN VERITABLE RESERVOIR SONORE

La célérité du son est 4 fois plus élevée dans l’eau que dans l’air.
Les sons de basse fréquence se propagent beaucoup plus loin que les sons de haute fréquence.
La surface renvoie presque intégralement les sons qu’elle reçoit, c’est un véritable « miroir acoustique »

EN RESUME :

  • bruits environnementaux (bulles, vagues, pluie, tempêtes)
  • bruits biologiques (crissements des mandibules des crustacés, sons des cétacés)
  • bruits d’origine anthropique ( les sonars militaires, la prospection de pétrole et de gaz, la marine marchande et la navigation de plaisance en sont les principales sources)

ÉMISSIONS SONORES DES CETACES

  • Mégaptère(chant)domaine de fréquence 30-8000Hz, niveau de source 145-190dB
  • Rorqual commun (mugissement) : 30-75 Hz, niveau de source 155-165 dB
  • Grand dauphin (sifflement) : 800-24000 Hz, niveau de source 125-173 dB
  • Grand dauphin (clics) : 110-130 Hz, niveau de source 218-228 dB
  • Cachalot (clics) : 0,1-30 KHz, niveau de source 210-230 dB

Il existe une grande variété de cris et d’appels, de nombreuses catégories de sons (sons composés et complexes), beaucoup de variantes dans les sifflements.

Pour comparaison, l’oreille humaine supporte un son de 160 dB maximum et le spectre audible de l’homme est de 20 Hz à 20 KHz.

 

  • De 80 à 90 dB : tondeuse à gazon, klaxon de voiture, tronçonneuse électrique.
  • De 90 à 100 dB : route à circulation dense, atelier de forgeage, TGV à 300 km/h à 25 m
  • De 100 à 110 dB : marteau-piqueur à moins de 5 mètres dans une rue, discothèque, concert amplifié
  • De 110 à 120 dB : tonnerre, atelier de chaudronnerie.
  • De 120 à 130 dB : sirène d’un véhicule de pompier, avion au décollage (à 300 mètres).
  • De 140 à 150 dB : course de Formule 1, avion au décollage.
  • 170 dB : fusil d’assaut.
  • 180 dB : décollage de la fusée Ariane, lancement d’une roquette.

graph

 

DEPUIS 40 ANS, LE VOLUME SONORE SOUS- MARIN DOUBLE TOUS LES DIX ANS

La contribution humaine à la pollution sonore des océans a augmenté au cours des dernières décennies.
Le bruit humain est devenu la principale composante du bruit marin de certaines régions et le bruit est directement lié à l’industrialisation croissante de l’océan.

Les principales sources sonores sous-marines d’origine anthropique :

  • les sonars militaires
  • la prospection de pétrole et de gaz
  • la marine marchande
  • la navigation de plaisance

Plus de deux millions d’espèces peuplent les océans.

Il n’est pas possible de connaître l’impact du bruit sur chacune de ces espèces et la communauté scientifique manque encore de connaissances pour comprendre l’impact précis des nuisances sonores.

Il existe des programmes internationaux dont :

  • L’I.Q.O.E : le Comité Scientifique de Recherche Océanique (S.C.O.R.) et le Partenariat pour l’Observation de l’ Océan Mondial (P.O.G.O.) se sont réunis en août 2011 pour mettre en place l’I.Q.O.E : Expérience Internationale de l’Océan Tranquille conduite jusqu’en 2021.
  • La Directive Européenne (2008/56/CE) du cadre stratégique pour le milieu marin (17 juin 2008) établit un cadre d’action communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin et l’impact des nuisances sonores figure en bonne place dans les données à recueillir pour établir un état des lieux plus précis.

Nous avons plus d’informations aujourd’hui sur l’impact du bruit d’origine anthropique sur les cétacés. Certaines hypothèses restent encore à valider, notamment sur les causes des échouages des baleines et dauphins.

ÉMISSIONS SONORES DES SONARS

Les sonars servent à détecter les sous-marins ou d’autres objets, et rendent infernale la vie des baleines et d’autres espèces marines.

«Le bruit est si intense que les êtres humains ne le supporteraient pas. C’est comparable à la détonation supersonique d’un avion de combat à proximité immédiate de nos oreilles.»

Dieter Paulmann, spécialiste du bruit chez «Noise Busters», décrit ainsi l’intensité des sonars militaires.

ÉMISSION SONORE DES CANONS A AIR

Parmi les pires sources de bruit pour les espèces marines, on trouve également les canons à air de haute performance utilisés pour la prospection sismique. A quelques secondes d’intervalle, ils projettent des pressions sonores allant jusqu’à 260 décibels dans les eaux et le sous-sol marin, pour y déceler les gisements de pétrole et de gaz.

echou

Echouage d’un dauphin plage de Sérignan en 2011. 10 dauphins se sont échoués cette semaine-là

Organes auditifs détruits, hémorragie interne, embolie, rupture pulmonaire, perte de l’audition, affaiblissement du système immunitaire, procréation insuffisante ou nulle, ne sont que quelques-unes des atteintes à la santé observées chez les baleines. Mais le vacarme sous-marin ne nuit pas seulement aux baleines. On peut partir du principe qu’il menace pratiquement toutes les espèces marines, car la plupart d’entre elles s’orientent à l’aide de l’ouïe.

Effets physiologiques liés au niveaux sonores reçus:

Les ondes sonores de plus de 200dB entraînent la résonance d’organes, mandibules, oreilles moyennes, poumons, sinus et causent des lésions de gravité variable.

Effets physiologiques liés au niveaux sonores perçus:

Surdité temporaire ou définitive qui dépendent des niveaux perçus (seuil d’audition, chaque cétacé ayant sa propre courbe de sensibilité / audiogramme) ainsi que la durée d’exposition.

illu2

Les ondes sonores ont des effets comportementaux (dérangement, interruption d’activité, fuite, panique) qui dépendent des niveaux perçus. Selon le contexte, des niveaux perçus qui n’ont pas une intensité extrêmement forte peuvent avoir des conséquences fatales. Par exemple, on a observé que des groupes de dauphins pouvaient s’éloigner des sonars puissants, mais se retrouver dans une baie refermée, soumis à un risque d’échouage. Ou bien, des dauphins isolés de leur groupe (nourrissons) et incapables de fuir dans une bonne direction peuvent alors être soumis à des niveaux extrêmement forts qui entraînent leur mort.
graph2

ADENA Stenella roquille nov 2011 Copie de P1130227

éMISSION SONORE ISSUE DES NAVIRES MARCHANDS

Carte-sonore-ocean-baleine_Dimitri-PonirakisLe bleu représente le bruit de fond naturel des océans, les points plus clairs représentent le chant des baleines franches près de Boston

 

Carte-sonore-polution-bruit-ocean_Dimitri-PonirakisCette carte visualise le bruit d’un seul navire commercial entrant dans le port de Boston. Les petits points clairs sont étouffés par le bruit de ce navire.

 

L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DE LA NAVIGATION DE PLAISANCE

Un bateau à moteur de 90 chevaux → entre 94 et 102 décibels :
C’est le seuil de la fatigue auditive pour un homme (équivaut à une usine très bruyante)

EXEMPLE DE RèGLEMENT DANS CERTAINES ZONES COTIèRES (dans le cadre des Rencontres nationales Ports de plaisance et développement durable)

Zone Limite Lden en dB
Zone résidentielle 55
Zone de loisirs 40-60
Parc naturel ou zone protégée 30-40

COMMERCE DES PRODUITS REQUIN

Commerce requinscommerce-requins.odt (25.91 Ko)  
 

COMMERCE DES PRODUITS REQUIN en france et dans le monde : LE SAVIEZ-VOUS ? EXTRAIT DU RAPPORT FAO 2015

Le commerce mondial des requins et des raies avoisine le milliard de dollars par an (900 millions d’euros). Nos connaissances sur ce marché sont pourtant extrêmement limitées. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié l’an dernier un rapport sur les deux produits de chondrichtyens (poissons cartilagineux : requins, raies et chimères) les plus commercialisés dans le monde : la viande et les ailerons de requin.

BLOOM a résumé et traduit pour vous une partie de cette analyse de 196 pages, réalisée par la FAO avec la participation de centaines de spécialistes du monde entier. Une première partie d’introduction précède une seconde sur les tendances mondiales et nationales de production et de consommation. Une attention particulière est portée aux pays européens les plus concernés (France, Espagne et Italie). Une troisième partie, enfin, discute de ce qu’il est possible de faire à l’échelle individuelle et résume les principales conclusions de l’étude sous forme de points clés.

I. INTRODUCTION

Découpe d'aileronsLes ailerons de requins sont des produits de luxe vendus principalement sur le marché asiatique. Ils servent notamment à la confection de soupes d’ailerons, consommées traditionnellement dans les mariages chinois et hongkongais. À cause de ce marché extrêmement lucratif, les pêcheurs de requins ont pris l’habitude de pratiquer l’aileronnage ou finning en anglais. Cette pratique consiste à découper les ailerons des requins ou des raies capturés avant de les rejeter par dessus bord (sans aucune chance de survie, donc). Cela permet aux producteurs de gagner de la place sur leur bateau et de ramener ainsi de plus grands volumes d’ailerons, maximisant ainsi leur chiffre d’affaire.

Dans de nombreux pays, cette pratique est de plus en plus régulée et contrôlée. Ainsi, le commerce d’ailerons a légèrement diminué depuis l’année 2000. L’aileronnage a été interdit en Europe en 2013, obligeant les pêcheurs à débarquer et donc à valoriser l’ensemble du requin ou de la raie pêché. Cet encadrement croissant de l’aileronnage a conduit à une expansion du commerce de viande de requin, à tel point que l’on peut aujourd’hui parler d’un véritable marché mondial du requin : toutes les flottes industrielles et artisanales approvisionnent le marché asiatique en ailerons, tandis que la viande est envoyée vers des canaux d’approvisionnement du monde entier pour répondre à une demande en pleine croissance et poussée par des pays comme le Brésil.

Cette expansion du commerce de la viande de chondrichtyen a amené les pêcheurs à considérer les requins comme de véritables cibles commerciales, alors qu’ils étaient principalement pêchées de manière « accidentelle » jusqu’à maintenant. Les données FAO de 2011 montrent que le commerce de la viande de requins a augmenté de 42% en volume depuis les années 2000. À cause de cet accroissement de la pression de pêche sur ces espèces sensibles (durée de vie importante, reproduction tardive, petites portées, …), il est donc essentiel de continuer les efforts pour maintenir et développer des systèmes de contrôle et de régulation de leur commerce, et ce malgré le succès des campagnes anti-aileronnage.

Commerce mondial d'ailerons (flux supérieurs à 300 tonnes/an). Source : FAO 2015

Commerce mondial d’ailerons (flux supérieurs à 300 tonnes/an). Source : FAO 2015

 

Commerce mondial de viande (flux supérieurs à 1 000 tonnes/an). Source : FAO 2015

Les principaux consommateurs d’ailerons sont la Chine, Hong Kong, Taïwan, Singapour, la Malaisie et le Vietnam tandis que les plus gros consommateurs de viande de requin se trouvent en Europe (Italie, Espagne) et en Amérique Latine (Brésil, Uruguay). La Corée du Sud est quant elle la plus grande importatrice de viande de raie. Ce sont chaque année près de 17 000 tonnes d’ailerons qui sont importées dans le monde, pour une valeur de 380 millions de dollars (345 millions d’euros). En ce qui concerne la viande, près de 110 000 tonnes sont importées en moyenne chaque année, pour une valeur de 240 millions de dollars (218 millions d’euros). [2]

Les principaux « producteurs » d’ailerons (ceux qui capturent les requins pour en exporter les ailerons) sont l’Espagne, l’Indonésie, Taïwan ainsi que le Japon. D’autres pays sont engagés dans ce commerce mais sous des formes différentes : les Émirats Arabes Unis sont des traders d’ailerons, c’est-à-dire qu’ils les achètent puis les revendent mais ne pêchent pas, tandis que la Chine les transforme avant de les revendre. Bien que son rôle soit difficile à établir avec précision et à l’instar de Hong Kong en Asie, il semblerait que le Costa Rica soit aujourd’hui devenu une plaque tournante régionale du commerce d’ailerons de requin.

II. TENDANCES

AIlerons séchés, Hong KongManque de clarté et évolution des codes douaniers (différenciation entre aileron sec vs. aileron frais, modification des systèmes de classification, …), imprécisions des données (chair de requin simplement enregistrée comme « poisson », volumes comptabilisés plusieurs fois), absence d’évaluation de certaines pêcheries artisanales et pêche illégale : les difficultés qui s’opposent à l’estimation rigoureuse du commerce international des ailerons et de la viande de requin sont nombreuses. La consommation domestique est également très difficile à estimer et s’est révélée particulièrement problématique pour des pays comme la Nouvelle-Zélande, le Panama, le Japon et la Chine. Les évaluations suivantes sont donc à considérer avec précaution.

En 2011, les douze pays qui pêchent le plus de chondrichtyens sont :

  1. L’Indonésie (103 000 tonnes)
  2. L’Inde (74 000 tonnes)
  3. L’Espagne (89 000 tonnes)
  4. Taïwan (43 000 tonnes)
  5. L’Argentine (36 000 tonnes)
  6. Le Mexique (34 000 tonnes)
  7. Les États-Unis (32 000 tonnes)
  8. Le Pakistan (27 000 tonnes)
  9. La Malaisie (23 000 tonnes)
  10. Le Japon (22 000 tonnes)
  11. Le Brésil (21 000 tonnes)
  12. La France (21 000 tonnes)

Sans doute influencés par les mesures qui interdisent l’import d’espèces sujettes à de fort taux de concentration de mercure, la France, l’Italie et les États-Unis ont tendance à préférer les petites espèces de requin telles que la roussette.[3] En Amérique Latine, en Amérique centrale ainsi qu’en Asie, les consommateurs privilégient les plus grosses espèces.

D’après la FAO, le marché traditionnel devrait rester relativement stable et être plutôt marqué par l’émergence de nouveaux marchés tels que le Brésil, devenu en 2011 le premier importateur de viande de requin au niveau mondial.

Historiquement, Hong Kong a toujours été reconnue comme étant la plus importante plateforme de commerce d’ailerons de requin au niveau mondial. L’île a ainsi servi d’indicateur de ce secteur pendant de nombreuses années. Cependant, les choses changent et le commerce d’ailerons à Hong Kong s’est récemment écroulé. Plusieurs facteurs sont en cause :

  • l’augmentation des captures de chondrichtyens par la flotte chinoise (et donc la diminution d’imports via Hong Kong) ;[4]
  • la mise en place de nouvelles régulations concernant les dépenses des officiels chinois (le Parti Communiste a par exemple renoncé à servir de la soupe d’ailerons lors de ses banquets) ;
  • l’augmentation de la surveillance et de la régulation de l’aileronnage ;
  • les changements de dynamique de marché suite à l’entrée de la Chine au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce en 2001 (nouveaux accords, mesures d’interdictions et de contrôle, etc.)
  • la crainte élevée des consommateurs de tomber sur de faux produits d’ailerons de requin (et donc diminution de leur consommation) ;
  • la prise de conscience environnementale croissante des consommateurs.

Plus étonnant encore : la Thaïlande a aujourd’hui surpassé Hong Kong en termes d’exports d’ailerons de requin. Ses principaux partenaires commerciaux sont le Japon et la Malaisie, probablement tous deux dans le Top 4 des exportateurs mondiaux. Hong Kong reste néanmoins la plus large plateforme de commerce d’ailerons dans son ensemble ainsi que l’un des plus importants foyers de consommation (la Chine étant le principal).

Imports et exports mondiaux d'ailerons de requins (en quantité et valeur)

Imports et exports mondiaux d’ailerons de requins (en quantité et valeur) – Source : FAO 2015

Requin marteau Les requins côtiers les plus petits sont particulièrement visés pour leur chair qui contient généralement moins de contaminants, tandis que les requins pélagiques (qui vivent au large) tels que le requin bleu ou « peau bleue » sont d’avantage capturés pour leurs ailerons ou transformés en boulettes de poisson et en bâtons de surimi de basse qualité. D’autres requins pélagiques comme les requins à pointes blanches océaniques (ou requins longimane) et les requins-marteaux sont également très appréciés pour leurs ailerons. Enfin, les requins-hâ et mako sont principalement ciblés pour leur viande.

Les raies sont quand à elles principalement consommées en Corée, placée au second rang mondial en termes d’imports de viande de chondrichtyens toutes espèces confondues (imports composés à 85% d’espèces de raies).

***

COMMERCE DE LA VIANDE DE REQUIN : ZOOM SUR LES PAYS EUROPÉENS

FRANCE

  • La France est une grande consommatrice de viande de requin, qui provient à la fois de la production domestique et des importations ;
  • Elle se classe au 12e rang mondial en termes de captures avec 21 000 tonnes/an, dont 40% de raie et plus de la moitié (51%) de requins de la famille des squalidae (aiguillat commun – ou chien de mer -, roussette, émissole, …) ;
  • Elle se classe au 8e  rang mondial en termes d’importations (près de 4 000 tonnes/an ; 4% du volume mondial). Les espèces importants font également principalement partie de la famille des squalidae. Ses partenaires privilégiés sont les États-Unis (29% en volume), l’Espagne (16%), le Canada (15%) et, plus récemment, les Pays-Bas et le Vietnam ;
  • La France exporte également des volumes relativement faibles de viande fraiche de requin, principalement vers l’Italie (73% de ses exports).

 

ITALIE

L’Italie est l’un des plus grands consommateurs de viande de requin et le 3e importateur mondial (moyenne annuelle sur la période 2000-2011 de plus de 11 500 tonnes, pour une valeur de 34,8 millions de dollars US). Ces imports sont en déclin depuis la crise financière de 2008 mais ses principaux fournisseurs sont restés l’Espagne (viande de requin surgelée) et la France (viande fraîche).

REQUINL’Italie exporte peu de requins et ses captures sont faibles.

ESPAGNE

L’Espagne est l’un des plus gros pêcheurs et exportateurs d’ailerons de requin au niveau mondial (quantité moyenne annuelle d’environ 3 500 tonnes pour une valeur de près de 58 millions de dollars US) et le 3e plus gros pêcheurs de requin après l’Indonésie et l’Inde.

 

EN TANT QUE CITOYEN, QUE PUIS-JE FAIRE ?

Bien sûr, il est essentiel que les autorités nationales, les douanes et toutes les organisations impliquées dans le suivi et le commerce des produits de requins et de raies continuent de renforcer et d’améliorer à la fois le suivi et le contrôle des produits issus de la capture des requins et des raies.

Cependant, chaque citoyen peut également agir à son échelle :

  • En limitant sa consommation de requins. Cela peut paraître évident, mais bien souvent le requin se cache là où on ne l’attend pas ! Il est en effet possible d’en retrouver dans les batons de surimi, les croquettes de poisson ou fishball vendues dans les restaurants asiatiques, …  Parmi les espèces les plus consommées on retrouve le requin-hâ, l‘aiguillat commun ainsi que la petite roussette (saumonette) et la grande roussette. Le requin bleu se trouve également sur les étals des poissonniers, alors que c’est une espèce classée « quasi menacée » par l’UICN (comme la grande roussette); elle pourrait donc rapidement être reclassifiée « menacée » si des mesures de conservation spécifiques n’étaient pas prises. Le requin-hâ et l’aiguillat commun sont quand à eux considérés comme « vulnérables » ;
  • En limitant sa consommation de poissons dont la pêche présente un risque élevé de prises accessoires de requins, à savoir les pêcheries ciblant le thon tropical à la senne (mis en boîte), mais également l’espadon et les vivaneaux ;
  • En continuant de s’informer et communiquer : la plupart des gens ne savent pas que les bâtons de surimi, les croquettes de poisson et autres produits cuisinés peuvent contenir du requin !
  • En agissant auprès des élus locaux, des écoles, des collectivités, des entreprises, des hôpitaux et des cliniques pour les informer et faire évoluer leurs pratiques. Poissons profonds, requins, espèces menacées d’extinction, … : parfois il suffit de la volonté d’une seule personne pour faire bouger les mentalités… et les pratiques.

D’autres produits largement commercialisés au niveau mondial (mais moins que la viande et les ailerons de requin) n’ont pu être l’objet d’analyses approfondies au sein de cette étude de la FAO : c’est le cas du cartilage et de l’huile de foie de requin, mais aussi des branchies de raies manta et mobula.

Pour en savoir plus sur le commerce d’huile de foie de requin, lire l’étude de BLOOM 2012 à ce sujet et notre étude de 2015 sur l’industrie cosmétique.

Points clés de l’étude :

  • Le commerce de viande de requin montre une augmentation constante d’environ 4,5% par an depuis 2000. Difficile cependant de savoir dans quelle mesure l’amélioration de la précision des codes douaniers en est responsable ;
  • Le commerce d’ailerons de requin apparaît limité par le nombre de captures tandis que celui de la viande va probablement continuer de s’étendre du fait de l’utilisation croissante des carcasses ;
  • Le commerce d’ailerons via Hong Kong est en forte diminution. Plusieurs facteurs sont en cause, tels que l’augmentation de la capture domestiques de chondrichtyens par la flotte chinoise (et donc la diminution des imports) et la prise de conscience environnementale croissante de la population ;
  • De nouvelles données suggèrent que les marchés de Thaïlande, de Malaisie et du Japon, bien que focalisés sur les ailerons de petite taille et bons marchés sont maintenant parmi les plus importants au monde ;
  • Depuis 2012 plusieurs pays ont commencé à séparer les données commerciales entre les raies et les requins ;
  • Les nouveaux marchés de viande de requin tels que le Brésil, qui a multiplié ses imports par huit depuis l’an 2000, sont des moteurs importants de la croissance actuelle de ce marché ;
  • La valeur unitaire de la viande de requin n’a cessé de croître ces dix dernières années malgré l’augmentation de l’offre due à une meilleure utilisation de la viande de requin. Cela signifie que la demande pour ce produit est également en augmentation ;
  • Les consommations domestiques sont extrêmement difficiles à estimer, étant donné les incertitudes des données existantes.

Pour aller plus loin :

Extrait de la Liste rouge française de l’Union Internationale de Conservation de la Nature et du Museum National d’Histoire Naturelle (MNHN) pour les requins :

Extrait de la Liste rouge française - requins. Source : UICN France et MNHN 2013

CR : en danger critique d’extinction, EN : menacé d’extinction, VU : vulnérable, NT : quasi-menacée (espèce proche du seuil des espèces menacées ou qui pourrait être menacée si des mesures de conservation spécifiques n’étaient pas prises), LC : préoccupation mineure (risque de disparition de France métropolitaine faible). Source : UICN France et MNHN 2013.

Pour en savoir plus sur les espèces de requins et de raies menacés en France, consulter la Liste rouge de l’Union Internationale de Conservation de la Nature 2015.

Vous pouvez également consulter la Liste rouge européenne des espèces marines ainsi que la page ‘Requin’ du guide de consommation des espèces.

Référence complète du rapport FAO : Dent, F. & Clarke, S. 2015. State of the global market for shark products. FAO Fisheries and Aquaculture Technical Paper No. 590. Rome, FAO. 187 pp.

[1] Pour en savoir plus sur la consommation de requin en Europe, voir http://www.guidedesespeces.org/fr/requins

[2] Le Brésil est passé d’environ 2 600 tonnes de viande de requin importée en 2000 à plus de 21 000 tonnes en 2011 (près de 8 fois son volume importé initial).

[3] En Côte d’Ivoire par exemple, les exports en 2009 vers Hong Kong sont passés de plusieurs tonnes par an à zéro. Un passage dans les ports d’Abidjan en 2015 nous a appris que les bateaux chinois étaient bien plus nombreux depuis quelques années au large des côtes. Il semblerait que ces bateaux pêchent directement leurs requins, d’une part, et qu’ils rachètent les requins directement aux petits pêcheurs, d’autre part. La plupart du temps ces échanges ne sont pas enregistrés et les produits qui reviennent en Chine à bord des bateaux chinois sont ainsi comptabilisés dans la production domestique du pays.

[4] Les ailerons sont vendus à des prix largement supérieurs à ceux de la viande et sont classés parmi les produits alimentaires les plus chers au monde.

Shark Finning Dossier Complet

 

Le shark finning

Le shark finning (non littéralement en français : pêche aux ailerons) est une pratique consistant à capturer des requins pour leur couper les ailerons et la nageoire caudale puis à les rejeter mutilés à la mer.Les éléments anatomiques prélevés servent à la préparation d’une soupe traditionnelle chinoise. Les Chinois lui accorde de nombreuses vertus thérapeutiques, non démontrées scientifiquement, alors qu’elle est dangereuse pour la santé. Pratiquée aussi bien par des pêcheurs des pays mal-développés que des pays développés, le finning n’est ni géré, ni surveillé dans la plupart des pays.La majorité des ailerons est exportée vers le marché asiatique, où ils sont vendus au détail. Depuis les années 1980, cette pêche a considérablement augmenté, du fait de la demande croissante d’ailerons, de l’amélioration des techniques de pêche et de la mondialisation de l’économie de marché.Certains chercheurs estiment que, de 1996 à 2000, 26 à 73 millions de requins ont été pêchés annuellement. La médiane annuelle pour cette période a été de 38 millions de requins, valeur presque quatre fois plus importante que les estimations de l’ONU, mais nettement inférieure à celles de nombre des défenseurs de l’environnement. C’est l’un des produits de la pêche les plus chers au monde. Cette industrie pèse ainsi plusieurs centaines de millions de dollars dans la balance économique et entretient des relations avec la corruption, le braconnage et le crime organisé.

Les scientifiques, les écologistes et les défenseurs des animaux condamnent fermement cette pêche gaspilleuse, et la considèrent comme la principale cause du déclin mondial des requins. La mauvaise réputation de ces derniers et l’absence de données internationales fiables ralentit la prise de conscience de ce déclin et la protection des populations de requins, notamment dans les eaux internationales. Toutefois, certains États mettent fin à cette pratique dans leurs zones de pêche, et, même, interdisent la pêche au requin.

finning

L’expression « shark finning » provient de la langue anglaise : shark signifie « requin », et fin signifie « nageoire » ou « aileron ».

L’expression n’a pas d’équivalent littéral en français. Depuis le 13 mai 2012, Légifrance conseille d’employer les expressions équivalentes « pêche aux ailerons » ou « amputation des ailerons de requin ». On peut aussi la traduire, d’une manière non littérale, par : « prélèvement des ailerons de requin » ou « découpe des ailerons de requins ». Certaines associations et médias français traduisent cette expression par le néologisme peu répandu « aileronage ».

En Extrême-Orient, la soupe d’ailerons de requin est un plat de la médecine traditionnelle chinoise, associé au danger et à la jeunesse, préparée depuis l’époque de la dynastie Song (960-1280).

Elle était réservée à l’empereur et aux nobles en raison de son prix élevé, de son goût et de ses vertus thérapeutiques supposées.

Durant la dynastie Ming (1368–1644), les ailerons de requins sont devenus un élément traditionnel des banquets officiels, témoignant du respect de l’hôte envers ses invités, mais c’est réellement à partir de la dynastie Qing (1644–1911) que la recette de la soupe aux ailerons de requins fut inventée.

À la fin du XVIIe siècle et au début du XXe siècle, la soupe a commencé à se démocratiser avec l’amélioration du niveau de vie. Les gouvernements communistes de l’après-guerre ont tenté de décourager la consommation de la soupe, considérée comme un produit trop luxueux.

Mais les changements politiques et économiques de la fin du xxe siècle ont fait exploser la demande, de même que l’élévation du niveau de vie de la classe moyenne due au développement de l’économie de marché, provoquant ainsi la hausse des prix mondiaux.

Ce plat, très prisé en gastronomie, est devenu un important marqueur social ; au même titre que la voiture de luxe, il symbolise la richesse, la puissance, le prestige et l’honneur. Sa présence en tant que symbole dans les menus de mariage, ou d’autres célébrations importantes, est une tradition désormais fortement ancrée, et son absence y est particulièrement mal vue.

La soupe est surtout consommée dans le Sud (province du Guangdong), dans les régions côtières, ainsi qu’à Hong Kong, Singapour et Taïwan. Ainsi, la saison des mariages coutumiers et des autres fêtes avec un pic pour le Nouvel An chinois, s’étendant d’octobre à février, enregistre la plus forte consommation de soupe.

Au contraire, les Chinois n’en consomment pas pendant les mois de juillet et d’août considérés comme peu propices.
De l’aileron de requin, il ne reste dans la soupe que les rayons cornés externes, les cératotriches, formant de fines lanières molles, jaunes et transparentes, semblables à des nouilles. La consistance gluante si particulière de la soupe est due aux propriétés physico-chimiques des cératotriches.

L’élastoïdine, une scléroprotéine soufrée uniquement présente dans les nageoires, confère aux rayons une meilleure résistance à la cuisson.

L’aileron se consomme également sous forme de rāmen, de boulettes ou de terrine, mais ces plats sont moins populaires que la soupe.

Les anciens ouvrages de la médecine traditionnelle chinoise accordent aux ailerons de requin de nombreuses vertus thérapeutiques : le rajeunissement, l’amélioration de l’appétit, de la mémoire et du désir sexuel, nourrissant pour le sang, bénéfique pour l’énergie vitale, les poumons, les reins, les os et beaucoup d’autres parties du corps.

Pourtant, la valeur nutritionnelle et gustative de la soupe aux ailerons de requin est très limitée, voire nulle. Ce sont surtout les épices et le bouillon de poule dans lequel baigne le cartilage qui lui donne un goût si apprécié.

Quant à ces vertus supposées, elles n’ont jamais été démontrées scientifiquement
. Les cératotriches sont même dangereuses pour la santé à forte dose, à cause des polluants bioaccumulés dans l’organisme des requins.

Les ailerons étaient également supposés prévenir et guérir certains types de cancers, grâce à la présence d’une protéine bloquant l’angiogenèse, ce qu’une étude a clairement démenti en 2007 ; la protéine, AE-941, est dégradée avant de pouvoir avoir un quelconque effet sur les tumeurs.

Espèces exploitées
Choix des Espèces:

Premier choix
Requin bleu
Requin océanique
Requin de sable
Grande raie-guitare
Requins-marteaux
Requin mako

Deuxième choix
Requin à pointes noires
Grand requin blanc
Requin-citron
Carcharhinidés
Requin-marteau halicorne
Requin féroce
Requin-épée
Requin renard
Requin tigre
Requin-hâ

Troisième choix
Requin pèlerin
Aiguillat commun
Requin-baleine

Tous les grands requins de plus de 1,5 m de longueur sont exploités, qu’ils soient benthiques ou pélagiques, carnivores ou planctophages.

Il y a toutefois quelques exceptions comme le requin dormeur Ginglymostoma cirratum et les nageoires pectorales du requin-scie. Généralement, les ailerons les plus appréciés sont ceux du requin mako, du requin-marteau, du requin bleu, du requin sombre et du requin gris de récif.

Mais les préférences varient selon les pays et les personnes. Certaines espèces sont davantage convoitées en raison du nombre de leurs filaments cartilagineux, de leur texture ou de leur apparence, mais aussi en raison de leur prix bas et de leur disponibilité. Ainsi, les ailerons de certaines espèces, comme ceux du requin bleu, sont très populaires.

Les Squaliformes, majoritairement de petite taille et vivant dans les eaux profondes sont relativement épargnés, en dehors de l’aiguillat commun et de l’aiguillat-coq. Lorsque l’occasion se présente, les raies sont également capturées, plus particulièrement les poissons-scie et les poissons-guitare qui ont des allures de requin.

Principales pêcheries

Les principales pêcheries spécialisées dans le shark finning sont aussi bien présentes dans les pays en développement que dans les pays développés.

Plus de 85 pays exportent des ailerons séchés, la plupart transitent par les États-Unis, pour être envoyés vers le marché chinois.

Les 20 premiers représentent 80 % des prises, parmi lesquels on compte les Émirats arabes unis, l’Espagne, l’Indonésie, l’Inde, Taïwan.

Dans chaque cas, on constate une diminution spectaculaire des populations de requins. Les pêcheries fournissent dans la plupart des pays des données parcellaires ou sous-estimées, notamment le Japon et Taïwan qui n’enregistrent pas les espèces pêchées.

Quant à la Chine, elle ne publie ni le poids, ni l’espèce, ni la quantité pêchée.

À Al Hudaydah, au Yémen, le plus grand port de pêche de la mer Rouge est spécialisé dans le commerce d’ailerons depuis une cinquantaine d’années. Les îles Galápagos, qui abritent de grandes populations de requins qui sont particulièrement exploitées, notamment à cause de la pêche illégale.

Les populations de requins présentes dans les eaux territoriales du Costa Rica sont victimes d’un braconnage intensif depuis les années 1990.

Au Japon, 90 % des prises de requin se font au port de Kesennuma, surnommé la « capitale japonaise des ailerons de requins », avec plus de 14 000 tonnes en 2009 (pour 28 millions de dollars USD).

Mode opératoire:

Un commerce très lucratif, qui attire aussi bien les pêcheries industrielles qu’artisanales. Ainsi les petites embarcations côtoient les grands navires de pêche et effectuent une pêche ciblée.
Le requin est le plus souvent pêché aux lignes à main, aux sennes tournantes, à la ligne, aux filets maillants ou aux palangres.
shark-finning2

Dans la forme la plus barbare de la pratique, le requin pêché est hissé sur le pont, les pêcheurs tranchent à l’aide d’un grand couteau la nageoire dorsale, les nageoires pectorales et le lobe inférieur de la nageoire caudale.

Le reste du corps ayant une moindre valeur commerciale, le requin souvent encore vivant est rejeté à la mer, amputé de ses nageoires donc incapable de se mouvoir afin d’oxygéner ses branchies, et périt d’une lente asphyxie. Cette pratique engendre un « gaspillage considérable » étant donné que seulement 7 % de la masse totale du requin est exploitée.

Conservation et transformation
Les ailerons se consomment aussi bien dans les restaurants qu’en boîte de conserve.

La préparation des ailerons de requin ne nécessite aucun traitement complexe, mais pour ne pas perdre de leur valeur, les ailerons doivent faire l’objet d’un prélèvement et d’un séchage de qualité.

Les amateurs de soupe d’ailerons de requins sont en effet extrêmement soucieux de la qualité, sous peine de ne pas pouvoir bénéficier de ses vertus supposées . Certains pays, comme l’Australie, le Japon, l’Espagne, le Mexique et d’autres pays des Amériques, sont réputés pour leurs ailerons de qualité. Ils possèdent généralement des navires de pêche suffisamment équipés pour garder les ailerons au frais, propres et non salés avant séchage.

Tandis que les pays bordant l’océan Indien utilisent des méthodes traditionnelles et ne possèdent pas de chambre froide. Ils utilisent donc du sel pour conserver le produit avant le séchage, en conséquence les ailerons affichent un taux d’humidité élevé affectant la qualité du produit.

Malgré cette pratique, les ailerons se vendent, empêchant un véritable changement. Toutefois, le Sri Lanka fait figure d’exception en alliant tradition et conservation.

Les pêcheurs doivent minimiser la quantité de chair coupée avec l’aileron, car elle donne souvent une mauvaise odeur et altère la couleur, diminuant ainsi la qualité du produit. La base épaisse des grosses nageoires rend la coupe difficile, au risque d’altérer les rayons de l’aileron.

La « coupe en clair de lune » est plus fastidieuse, mais elle est plus appréciée par les négociants que la « coupe droite » et la « coupe irrégulière » qui laisse trop de chair. Les ailerons sont ensuite bien nettoyés, ils subissent un brossage à l’eau douce ou à l’eau de mer pour les débarrasser de toutes impuretés.

Sur le bateau ou dès le retour au port, les ailerons sont posés sur des claies, des nattes de bambou, des plateaux, des toits, suspendus à une corde ou à même le sol pour les faire sécher au soleil pendant 7 à 14 jours selon l’épaisseur. Parfois, on applique un peu de sel sur les nageoires, notamment sur les extrémités coupées.

Ils sont régulièrement tournés afin d’obtenir un séchage uniforme, tout en évitant que le soleil brûle et brunisse le produit. Pour faciliter cette étape, un séchoir mécanique fixé à 40-50 °C peut être utilisé. Pendant la nuit, les ailerons sont rentrés à l’intérieur pour les protéger des animaux et de la rosée. Un bon produit final a un taux d’humidité d’environ 10-15 %. Les ailerons sont ensuite placés dans des cartons, des caisses en bois ou des sacs de jute.

Ce dernier contenant est le plus répandu puisqu’il permet au produit d’évacuer l’humidité résiduelle afin de ne pas détériorer la qualité du produit. Les ailerons les plus précieux sont emballés dans des sacs de 25 kg, tandis que les autres sont mis dans des sacs de 50 kg. Les ailerons seront exportés sous cette forme, ils seront traités ultérieurement par les commerçants.

Les ailerons de requin sont transformés et commercialisés sous de nombreuses formes : ils peuvent être conservés « humides », c’est-à-dire frais, réfrigérés et non transformés ou simplement congelés, conservés dans la saumure, laissé crus et séchés, pour conserver les denticules et les plaquettes cartilagineuses qui confèrent une rugosité au produit.

Plusieurs transformations peuvent être menées : la préparation en filet, qui consiste à cuire les rayons des nageoires séchées, puis à les séparer, les re-sécher et les emballer en vrac ; l’aileron directement prêt à être consommé ou cuisiné se décline sous forme de boîte de conserve ou en sachets et en poudre de soupe instantanée ; la transformation semi-préparée est certainement la plus onéreuse : la peau est enlevée, mais les fibres sont encore intactes garantissant une apparence propre ; les petites nageoires peuvent être préparées de cette manière en un seul morceau, mais les nageoires pectorales et dorsales doivent être scindées en deux.

Enfin, la transformation totale consiste à séparer individuellement les cératotriches de l’aileron. Ils sont ensuite emballés dans des boîtes en carton ou dans de la viscose.

Les ailerons sont généralement classés en fonction de leur taille, leur type, leur couleur, leur découpe et leur état.
La taille d’un aileron est mesurée soit du centre de la base à l’extrémité de la nageoire ou par la longueur de sa base. Ils sont ensuite classés comme extra-larges (40 cm et plus), grands (30 à 40 cm), moyens (20 à 30 cm), petits (10 à 20 cm) ou très petits (4 à 10 cm) (notamment les nageoires ventrales et anales).
Shark_finning_diagram.svg

Les ailerons peuvent aussi être classés selon l’espèce à laquelle ils appartiennent, mais il est généralement difficile de déterminer celle-ci pour un aileron séché, sauf pour les espèces possédant une coloration ou des denticules particuliers comme c’est le cas pour le requin tigre, le requin bleu, les centrines, le requin pèlerin ou le requin-baleine.

La plupart des négociants sont capables d’identifier les ailerons en fonction de leur taille et de leur emplacement sur le corps, ils sont toutefois incapables de l’identifier seulement à partir des cératotriches, hormis celles de grande taille.

Les ailerons de requin sont parfois classés selon leur couleur, sombre ou pâle. Cette classification varie selon les commerçants et sert soit à différencier les espèces vivant en eaux profondes et en eaux peu profondes, soit leur rendement et leur goût, ou bien le type de requins.

Cependant tous s’accordent à dire que les ailerons clairs possèdent plus de cératotriches et une meilleure saveur, augmentant leur valeur par rapport aux noirs.

Cette classification est néanmoins très variable et dépend des différentes autorités, les ailerons de requin tigre étant considérés comme clairs par certains et sombres par d’autres.

Valeur commerciale:

La qualité et le nombre de cératotriches étant variables selon la nageoire d’un requin, les négociants n’accordent pas la même valeur à tous les ailerons.

Généralement, plus l’aileron est grand, plus les cératotriches sont longues et épaisses. Les ailerons les plus prisés sont dans l’ordre le lobe inférieur de la caudale, la première dorsale, puis les nageoires pectorales. Sur le marché asiatique, les ailerons de requins sont commercialisés sous forme de jeux de nageoires, complets ou assortis.

L’ensemble complet se compose de deux nageoires pectorales, la première nageoire dorsale et le lobe inférieur de la caudale.

Tandis que les petites nageoires, comme la deuxième nageoire dorsale, les nageoires anales et les pelviennes, ont une faible valeur commerciale.

Elles seront vendues dans les assortiments ou en filet à bas prix. Pauvre ou dépourvu de cératotriches, le lobe supérieur de la nageoire caudale de tous les requins a également très peu de valeur commerciale.

La qualité du produit tient une grande importance dans la valeur commerciale. Les méthodes de traitement employées, sa teneur en humidité, sa coupe, mais surtout l’âge du requin. Avec le temps, certaines parties de la nageoire perdent leur propriété naturelle élastique et se durcissent. Mais, le vieillissement n’est pas facile à détecter lorsque l’aileron est sec, il devient visible seulement après réhydratation.

Ce phénomène semble plus fréquent chez les espèces vivant dans les eaux tropicales où les requins vieillissent plus rapidement. Mais les individus âgés se raréfiant, ce problème est de moins en moins courant. L’espèce détermine également la valeur commerciale. Par exemple, les cératotriches d’un aiguillat sont aussi fines qu’un cheveu tandis que celles d’un requin pèlerin sont aussi épaisses qu’une baguette chinoise.

L’aspect esthétique de l’aileron a également son importance. Il doit avoir une coupe précise sans résidus de viande et doit être propre, présentant une couleur jaune blanchâtre. De plus, les cératotriches doivent être longues et épaisses et bien soudées pour garantir un impact visuel fort. Sa texture doit être tendre, ce qui n’est souvent pas le cas pour les grands ailerons.

Le marché:

Depuis deux millénaires, la Chine importe des ailerons du monde entier et constitue le principal marché de ce commerce.

Mais ce dernier a explosé dans les années 1980, l’accroissement de la demande a provoqué une augmentation significative des prix mondiaux avec l’ouverture du marché chinois. Mais cette situation n’est que partiellement sensible dans les statistiques. En cause, les rapports incomplets des pays de leurs échanges commerciaux et de production de ces produits.

Entre 2000 et 2005, le shark finning représente 40 % de la valeur rapportée des produits de requins, s’échelonnant entre 237 millions de dollars (156 millions d’euros) en 2002 et 310 millions de dollars (204 millions d’euros) en 2005. Pour cette même période, le poids des ailerons de requins ne représente que 7 % du poids des produits commercialisés.

Les ailerons ont une valeur d’environ 700 dollars le kilogramme. Une portion individuelle de soupe contient environ 30 grammes d’aileron ; son prix varie entre 15 et 150 dollars US, ce qui en fait l’un des produits de la pêche les plus chers au monde.

Le prix varie considérablement selon le classement de la nageoire, allant de 300 à 3 000 dollars pour 600 g à Hong Kong. Il n’est pas rare de voir de petits ailerons plus chers que des grands, même si certains grands ailerons peuvent coûter plusieurs milliers de dollars.

La plupart des études estiment que le nombre de requins tués pour leurs ailerons serait de 38 à 100 millions chaque année dans le monde entier.

Ce nombre est presque trois fois plus élevé que les estimations de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)30, qui estime que les importations déclarées mondiales de nageoires de requins entre 2004 à 2007 ont fluctué entre 13 800 et 17 126 tonnes, tandis que les exportations déclarées mondiales ont fluctué entre 9 911 et 15 598 tonnes.

L’essentiel des ailerons de requins alimente le marché asiatique et plus particulièrement le marché chinois, avec 98 % des importations mondiales en 1997 selon la FAO.

Hong Kong est le premier centre mondial du commerce des ailerons (50 % à 80 %), tout le quartier Sai Yun Pun, sur l’île de Hong Kong, est spécialisé dans ce commerce. Il importe les captures de plus de 100 pays, avec l’Espagne comme principal fournisseur. C’est aussi la plaque tournante d’Asie, les gros négociants se retrouvent lors de grandes ventes aux enchères.

En 1982, Hong Kong a importé 2 200 tonnes de nageoires séchées de requins. En 2006, pas moins de 10 000 tonnes ont été importées, pour une valeur de 276 millions de dollars US.

La Chine a importé plus de 12 000 tonnes d’ailerons en 2009. Lorsque la Chine a rejoint l’Organisation mondiale du commerce en 2001, les commerçants ont commencé à négocier directement avec les marchés de la Chine continentale, sans passer par l’intermédiaire de Hong Kong.

La partie continentale étant desservie par plusieurs ports, il est difficile d’avoir les données exactes de l’importation, d’autant plus que la Chine a permis l’assimilation des ailerons de requins congelés à de la « viande de requin congelé », faussant ainsi les statistiques.

Mais la diminution des populations de requins se fait sentir, obligeant les pêcheurs à pêcher de plus en plus loin. De plus, bon nombre d’ailerons négociés proviennent de requins immatures et sont donc de petite taille, ce qui signifie que les populations ne parviennent pas à se renouveler.

Impacts environnementaux et humains:
La pêche au requin a presque triplé entre 1950 et 2011.

Conséquences environnementales:

Le shark finning est la principale cause du déclin mondial des requins.

Les requins étant des superprédateurs, ils ont un long cycle de croissance, une fécondité limitée et une maturité sexuelle tardive, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la surpêche.

De fait, les populations de requins ont diminué de plus de 90 % dans les zones exploitées, et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) considère qu’un tiers des espèces de requins serait menacées de disparition

. Les requins sont au sommet des réseaux trophiques marins, ce sont donc des espèces clés qui jouent un rôle important dans la stabilité de l’écosystème.

Ils régulent de nombreuses populations de poissons et de mammifères marins, en éliminant les individus vieux ou malades.

Ils limitent ainsi la propagation des maladies au sein d’une population et permettent ainsi de renforcer le pool génétique des populations.
En contrôlant les populations de poissons et de crustacés qui se nourrissent de phytoplancton et d’algues, les requins maintiennent la production de dioxygène de l’océan.

Les océans produisent 70 % du dioxygène que l’homme respire, si les requins venaient à disparaitre, la chaine alimentaire serait perturbée au point de modifier les écosystèmes océaniques et terrestres.

Qu’elle soit légale ou illégale, le shark finning menace de disparition le tiers des espèces de requins qui passent la plupart de leur temps dans les couches supérieures de l’océan.

Le nombre d’espèces de requins considérées comme menacées est passé de seulement 15 espèces en 1996, à plus de 180 espèces en 2010, dont 30 en voie d’extinction.

Conséquences dans les sociétés humaines:

Cette pratique menaçant les populations de requins affecte aussi la pêche car du fait de la fragilisation de l’écosystème, les eaux s’appauvrissent en ressources halieutiques.

De nombreuses études scientifiques démontrent que la disparition des requins provoque la disparition de poissons, de mollusques et de crustacés commercialement importants, mais également d’autres prédateurs comme le thon.

De plus, en raison des profits lucratifs engendrés, des liens s’établissent parfois avec le crime organisé. Par exemple, les polices d’Afrique du Sud et de Hong Kong ont démontré que depuis les années 1970, les Chinois et Taïwanais qui faisaient transiter les ailerons de requins par l’Afrique du Sud appartenaient à des gangs connus dans leurs pays respectifs et profitaient de l’exportation légale des ailerons pour pratiquer une exportation illégale d’ormeaux. Depuis les années 1980, ces gangs ont ajouté à leur actif un grand nombre d’activités illégales telles que l’importation de contrefaçons et de drogues ou la prostitution, toujours sous le couvert du commerce d’ailerons de requins.

De plus, des gangs armés de braconniers officient dans plusieurs pays où cette pratique est interdite, notamment au Costa Rica .
.
Comme la plupart des superprédateurs marins, les requins bioaccumulent dans leur organisme de fortes concentrations de polluants d’origine anthropique, comme les PCB, les métaux lourds et les pesticides.

Le mercure est présent dans leurs tissus sous sa forme la plus dangereuse, le méthylmercure.

Il peut provoquer la stérilité chez l’homme, des maladies du système nerveux central et des problèmes rénaux.

En 2001, une étude menée par l’Institut thaïlandais de recherche scientifique et technologique a révélé que 70 % des plats aux ailerons de requin contenaient des niveaux extrêmement élevés de mercure.

En 2012, une étude a montré que de nombreux requins bioaccumulent de forte concentrations de Bêta-N-méthylamino-L-alanine (BMMA), une neurotoxine produite par des cyanobactéries à partir des rejets industriels déversés dans l’océan.

À forte dose, elle provoque chez l’homme des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Charcot.

Les ailerons sont souvent traités avec du peroxyde d’hydrogène afin de rendre leur couleur plus attrayante pour les consommateurs, alors que ce puissant biocide est toxique et peut entraîner des problèmes de santé à forte dose.

fin

Situation internationale:

De nombreux pays développés interdisent le shark finning, cependant, de nombreuses eaux internationales ne sont pas réglementées.

Les autorités de pêche internationales envisagent d’interdire la pêche au requin dans l’océan Atlantique et la mer Méditerranée.

Mais la plupart des espèces de requins effectuent des migrations traversant les frontières des zones économiques exclusives et les eaux internationales, nécessitant une coopération internationale pour une protection efficace.

De plus, l’application des accords existants exige des fonds considérables car la protection des aires marines souvent immenses, nécessitent d’importants moyens humains et matériels.

En 2005, l’IATTC (Inter-American Tropical Tuna Commission), qui regroupe la Colombie, la France, le Nicaragua, l’Espagne, le Costa Rica, le Guatemala, Panama, les États-Unis, l’Équateur, le Japon, le Pérou, les Vanuatu, le Salvador, le Mexique, la Corée du Sud et le Venezuela a interdit par résolution48 la pratique de le shark finning dans l’océan Pacifique oriental.

Dans les années 2000, l’Afrique du Sud, les États-Unis, le Brésil, le Costa Rica, le Canada, la Namibie, l’Équateur, la plupart des États d’Australie, les Palaos, l’Union européenne, les Seychelles et la Polynésie française interdisent le découpage d’ailerons de requins. Mais ils n’interdisent pas tous le débarquement d’ailerons désolidarisés du corps.
En novembre 2012, obligation est faite aux bateaux naviguant dans les eaux européennes ou bateaux européens de débarquer les requins « avec leurs ailerons attachés » .Cette nouvelle législation prévoit que les navires pêchant dans les eaux de l’UE et les navires de l’UE pêchant dans le monde auront «l’obligation de débarquer les requins avec les nageoires attachées au corps». Les pêcheurs avaient jusqu’alors la possibilité de débarquer les carcasses et les nageoires dans des ports différents, ce qui rendait les fraudes aisées. «Les contrôles seront désormais facilités, et il deviendra plus difficile de dissimuler l’enlèvement des nageoires», a spécifié Maria Damanaki. L’interdiction vise les flottes espagnoles et portugaises, qui pêchent dans tous les océans, a souligné la Commission. Les pêcheurs français, allemands et britanniques sont également concernés. Ils bénéficiaient d’exemptions pour la capture de requins, à condition de tout garder à bord à des fins de transformation.

Dans tous ces pays, sauf exceptions locales, la vente et la consommation de la soupe aux ailerons de requins reste autorisée. Les restaurants chinois qui la servent n’affichent pas toujours la provenance des ailerons, entretenant ainsi le commerce illicites .

D’autres, comme les îles Marshall, les Palaos, les Maldives, le Honduras et les Bahamas sont allés plus loin en formant des sanctuaires de requins, mais ils restent des cas isolés.

Asie:

L’Extrême-Orient est le plus important consommateur de soupe aux ailerons de requin.

Face aux critiques, le gouvernement hongkongais argue de l’expertise de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) qui interdit le commerce de seulement trois espèces de requins.
De plus, la soupe est régulièrement servie lors des repas officiels du gouvernement, mais en juillet 2012 le Conseil d’État annonce l’interdiction « d’ici un à trois ans » de ce plat lors de ses réceptions. Un délai encore trop vague et permissif pour les associations, qui saluent néanmoins la mesure.

Les négociants hongkongais se sentent visés par un complot anti-chinois mené par des groupes environnementaux américains comme Greenpeace ; ils exigent que leurs traditions culinaires soient respectées.

La mobilisation contre le shark finning passe aussi par des personnalités asiatiques, mais elle reste très marginale. Le célèbre basketteur Yao Ming a promis d’arrêter de manger la soupe d’ailerons de requin à une conférence le 2 août 2006. Ses commentaires ont été repris dans les médias chinois et ont attiré les critiques des associations chinoises de l’industrie de la pêche. Ironiquement, la soupe figurait au menu du mariage de Yao Ming.

En septembre 2011, il lançait une campagne publicitaire avec comme slogan : « Lorsque s’arrêtera la consommation, le meurtre pourra cesser. »

En 2011, pour la première fois un homme politique chinois, le député Ding Liguo, propose un embargo total sur le commerce d’ailerons de requins, malgré une faible mobilisation.
En mars 2012, il renouvelle son action, appuyé par 30 représentants. Le chef sino-américain Ken Hom affirme que l’Occident ferait mieux de protéger ses stocks de cabillaud et d’esturgeons (caviar) au lieu de s’indigner du prélèvement des nageoires, mais il critique aussi le gaspillage engendré par le shark finning.

L’intérêt croissant de la population pour les questions environnementales, notamment grâce aux campagnes de sensibilisation, pousse les institutions et entreprises à changer leurs habitudes.

Ainsi, une mobilisation est constatée dans certaines institutions et des chaînes de restaurants, de magasins et d’hôtels. Par exemple, l’hôtel Peninsula, un des plus prestigieux de Hong Kong, a supprimé la soupe d’ailerons de son menu en 2011, ainsi que dans celui de ses neuf autres hôtels du groupe dans le monde.

Hong Kong Disneyland a abandonné la soupe aux ailerons de requin dans son menu de mariage, du fait de la pression internationale des ONG, qui ont menacé de boycotter ses parcs dans le monde entier, malgré la forte demande en Chine. L’Université de Hong Kong a interdit la soupe d’ailerons de requin sur le campus.

Le Japon, avec une capture moyenne annuelle de près de 25 000 tonnes, pêche le requin pour ses ailerons, mais aussi pour sa viande, car il est interdit de débarquer des ailerons désolidarisés du corps, la coupe devant donc se faire au port.

Mais selon l’ONG Sea Shepherd Conservation Society la loi est facilement contournée. De plus, les thoniers ne souhaitant pas rentrer bredouilles au port, modifient la profondeur de leurs hameçons et pêchent le requin.

Le 15 septembre 2007, le ministre malaisien du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement, Azmi Khalid, a fait interdire la soupe d’ailerons de requin, s’engageant ainsi auprès de la Malaysian Nature Society.
Le 20 octobre 2011, Taïwan a promulgué une loi qui oblige les pêcheurs à ramener au port les carcasses complètes.
Shark-fins1

Océanie:
L’Océanie, avec ses nombreux récifs coralliens, constitue un endroit idéal pour le shark finning. Les exportations et les importations ne sont généralement pas déclarées.

En 1997, seules les îles Salomon, Kiribati, Vanuatu et Fidji ont déclaré des exportations d’ailerons de requins, et seules l’Australie et les îles Marshall ont signalé des importations.

En 2009, la République des Palaos créé le premier sanctuaire de requins du monde. Il est illégal de pêcher les requins dans la zone économique exclusive (ZEE) des Palaos, qui couvre une superficie de 600 000 km2, ce qui représente une superficie comparable à la taille de la France.

Le président Johnson Toribiong a également appelé à une interdiction mondiale de le shark finning, déclarant à propos des requins : « Ces créatures sont abattues et sont peut-être au bord de l’extinction à moins que nous prenions des mesures positives afin de les protéger ».

 

Lire la suite

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×