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Oh le nucléaire, quand tu nous tiens, le Giec sourit. Une question d'atomes crochus et de température ...

Il est aujourd'hui incontestable que l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, les océans et les terres. Des changements rapides et généralisés se sont produits dans la cryosphère et la biosphère. 100% du réchauffement climatique est anthropique, donc dû aux activités humaines. C’est aujourd’hui un fait établi, sans équivoque. L’ampleur des changements récents dans l’ensemble du système climatique et l’état actuel de nombreux de ces aspects sont sans précédent, de plusieurs siècles à plusieurs milliers d’années. Dans tous les scénarios d’émissions, à l’exception du plus bas, nous dépasserons le seuil de réchauffement mondial de +1,5°C dans un avenir proche (entre 2021 et 2040) et resterons au-dessus de +1,5°C jusqu’à la fin du siècle. Le changement climatique d’origine humaine affecte déjà de nombreux phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes dans toutes les régions du monde. Les preuves des changements observés tels que les vagues de chaleur, les fortes précipitations, les sécheresses et les cyclones tropicaux, et, en particulier, leur attribution à l’influence humaine, se sont renforcées depuis le cinquième rapport d’évaluation du GIEC.* Il est probable que la proportion mondiale de cyclones tropicaux majeurs (catégorie 3-5) ait augmenté au cours des quatre dernières décennies. Pour la première fois, son dernier rapport décrit une augmentation observée des événements extrêmes pour les ouragans. Auparavant, ces changements étaient trop incertains pour faire l’objet d’un consensus international. Les phénomènes météorologiques extrêmes s’aggravent désormais de manière mesurable sur toutes les parties de tous les continents (à l’exception du sud de l’Amérique du Sud, où les données sont trop rares). La question de savoir à quelle vitesse nous pouvons réduire les émissions de manière réaliste est une question de politique et d’économie, et non de science physique, mais chaque tonne émise participe au réchauffement.

Quelle part revient au capitalisme dans ce processus ?

Un courant marxiste a pu soutenir l’idée que le capitalisme finirait par s’effondrer sous le poids de ses propres contradictions économiques. Certaines critiques écologiques du capitalisme reprennent parfois ce type de discours aux accents téléologiques, affirmant que l’ensemble de la société thermo-industrielle butera sur des limites physiques, naturelles et s’écroulera. Cette idée mécaniste que la dynamique d’accumulation conduirait automatiquement à un écroulement du capitalisme. Ce fut notamment le cas dans l’entre-deux guerres d’un auteur allemand, Henryk Grossman, qui en avait fait un véritable dogme. Il y a effectivement des similitudes fortes entre cette théorie et celle de l’effondrement écologique inévitable de la ''société thermo-industrielle '', qui est défendue aujourd’hui par certains courants verts. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard qu’un petit courant '' marxiste collapsiste '' a fait sa réapparition récemment dans le monde hispanophone, en Amérique latine notamment. Les gouvernements pour leur part refusent ce fatalisme de l’effondrement. Même si la situation est gravissime et que ce soit l’évidence même. Le capitalisme ne s’écroulera pas si facilement de lui-même, ni sous le poids de ses contradictions internes, ni du fait de la crise écologique. Même si une probabilité il y a, il fera tout pour résister. Sa logique pousse au contraire des secteurs des classes dominantes à envisager des moyens néo-malthusiens, barbares, pour se sauver et sauver leurs privilèges. Face à cette menace très concrète, le fatalisme de l’effondrement inévitable sème la résignation. Or, nous avons urgemment besoin de lutte, de solidarité et d’espérance. Il faut impérativement, pour rester dans les clous écologiques, réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre, donc l’extraction, le transport, la transformation de matières et la consommation d’énergie. Par conséquent, la transition socio-économique doit être cadrée par des indicateurs physiques. D’autre part et surtout, ce sont précisément les investissements gigantesques nécessaires à la transformation des systèmes productifs, en particulier du système énergétique, qui rendent indispensable la décroissance en question. La transition en effet ne consiste pas à dire qu’un système B pourrait fonctionner comme alternative au système A, mais à indiquer le chemin menant de A à B. Le système énergétique fossile n’est pas adaptable aux sources renouvelables. Il doit donc être mis à la casse de toute urgence et un nouveau système doit être construit. La tâche est immense et requiert inévitablement de grandes quantités d’énergie. Aujourd’hui, globalement, cette énergie est fossile à 80 %, donc source d’émissions de CO2. Autrement dit: toutes autres choses restant égales, la transition elle-même sera la cause d’un supplément d’émissions. Or celles-ci doivent commencer à diminuer tout de suite et très radicalement. Dans le cadre de la logique capitaliste d’accumulation, le problème est rigoureusement insoluble. Si l’on met de côté le climato-scepticisme ou le déni climatique la seule réponse du système consiste de continuer à développer des technologies insuffisantes, incertaines et dangereuses, comme le nucléaire et la bioénergie avec capture et séquestration du carbone. Plutôt que de tout mettre en œuvre pour ne pas dépasser le seuil de dangerosité de 1,5°C, on choisit de le faire dans l’espoir que ces technologies permettront de '' refroidir '' la planète par la suite. C’est une folie intégrale, un non-sens absolu. Pourtant, c’est vers ces ''solutions '' d’apprenti-sorcier que le ''capitalisme vert'' s’oriente aujourd’hui, parce que la seule manière rationnelle d’équilibrer l’équation climatique est intolérable pour lui. Il faudrait décréter une mobilisation générale, dresser un inventaire de toutes les productions inutiles ou dangereuses, de tous les transports inutiles, et les supprimer purement et simplement, sans indemnités pour les actionnaires, jusqu’à atteindre les réductions d’émissions nécessaires. Il va de soi que cette opération requiert des mesures draconiennes, notamment la socialisation des secteurs de l’énergie et du crédit, la réduction massive du temps de travail sans perte de salaire, la reconversion des personnels dans des activités utiles avec garantie du revenu, et le développement de services publics démocratiques. Mais cet attrait renvoie aussi, chez certain·e·s, à une prise de conscience politique de la nécessité de rompre profondément avec la société actuelle, son productivisme et son fétichisme de la marchandise. Il y a là un paradoxe : alors qu’ils semblent incapables d’expliquer pourquoi le capitalisme est si destructeur, les collapsologues entrent néanmoins en écho avec des couches sociales, jeunes notamment, qui cherchent des réponses anticapitalistes. Vis-à-vis de ces milieux, il est donc important de mener le débat. En particulier important d’expliquer que le scénario d’inspiration anarchiste d’un effondrement du capitalisme ouvrant la voie à la société autogestionnaire basée sur les communautés locales ne permet pas de faire face aux défis globaux de la transition. La complexité de ces défis requiert une action planifiée. J’adhère à 100 % aux idées d’autogestion décentralisée, mais la transition requiert à la fois la centralisation et la décentralisation, la planification et l’auto-activité. L’histoire a montré les risques terribles de dégénérescence propres à cette combinaison des contraires. Mais la bureaucratisation ne saurait être évitée en se projetant, au-delà de la transition, dans un futur autogestionnaire radieux, sans État ni partis… Il faut un programme pour la combattre.

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Il ne sera pas possible de limiter la présence de CO2 dans l’atmosphère sans capture et stockage des émissions de carbone provenant notamment de l’industrie. Le GIEC, y compris dans son dernier rapport publié le 9 août, l’Agence internationale de l’énergie, le World Economic Forum, l’Académie des sciences américaine ou l’Imperial College de Londres prônent le développement et le recours massif à cette technologie. Elle fait pourtant l’objet d’un rejet presque systématique et sans réels fondements autres qu’idéologiques de la plupart des mouvements et des partis écologistes. Du coup, les gouvernements s’en détournent. A tort. En fait, son principal défaut est d'ordre moral. Elle permettrait à l’industrie lourde, aux centrales thermiques et aux pétroliers de poursuivre leurs activités. La définition de la transition énergétique est assez simple. Elle consiste à substituer d’autres sources d’énergies qui émettent moins de gaz à effet de serre aux carburants fossiles. L’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines. Le reste, c’est de l’idéologie utilisant la transition comme prétexte. Ainsi, la guerre contre l’énergie nucléaire menée par les partis écologistes n’a en fait rien à voir avec la transition et tout avec la raison d’être originelle de ces mêmes partis… Les partis écologistes en Europe sont nés dans les années 1970 pour combattre le nucléaire. Cette source d’énergie étant la moins carbonée de toutes, ce combat originel est devenu contradictoire avec celui contre les émissions de gaz à effet de serre. Mais peu importe. Il est difficile pour un mouvement politique d’admettre que son fondement idéologique est à jeter aux oubliettes. Cela ne signifie pas que l’énergie nucléaire ne présente pas de nombreux inconvénients et problèmes. Mais pas celui d’émettre des gaz à effet de serre. L'énergie nucléaire est une source à faible teneur en carbone qui a permis d'éviter environ 74 gigatonnes d'émissions de CO2 au cours des 50 dernières années, soit près de deux ans d'émissions mondiales totales liées à l'énergie. Seule l'hydroélectricité a joué un rôle plus important dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre au cours de cette période. Comme les centrales nucléaires produisent à la fois de l'électricité et de la chaleur à faible teneur en carbone, elles offrent également des possibilités de décarbonisation des industries à forte intensité énergétique. Par exemple, il est possible de développer la production d'acier, d'hydrogène et de produits chimiques à faible ou à zéro émission de carbone afin de décarboniser les secteurs difficiles à éliminer. L'énergie nucléaire est une option compétitive en termes de coûts pour la production d'électricité dans de nombreuses régions du monde. Des cadres de financement et de marché à faible coût pourraient alléger le poids des investissement initiaux élevés, de l'ordre de 5 à 10 milliards de dollars pour les grandes centrales nucléaires. Les futurs ''microréacteurs'' et SMR** à petite échelle seront probablement plus faciles à financer et permettront une interaction technologique avec les énergies renouvelables variables. L'énergie nucléaire présente des risques spécifiques, tels que les accidents radiologiques et la gestion des déchets radioactifs, qui doivent être correctement anticipés et traités. Certains pays choisissent de ne pas recourir à l'énergie nucléaire parce qu'ils considèrent que les risques d'incidents et d'accidents nucléaires sont inacceptables ou en raison des problèmes liés à l'élimination à long terme des déchets radioactifs. Il en va de même de la confusion entretenue à dessein entre énergies renouvelables et décarbonées. Les sources d’énergies renouvelables émettent aussi des gaz à effet de serre (GES) et parfois dans des quantités non négligeables, à commencer par le solaire. Et elles en émettent aussi indirectement quand elles contraignent à maintenir en permanence des capacités de production électriques fossiles que l’on peut activer quand il n’y a pas de vent ou de soleil. Sinon les réseaux électriques s’effondreraient. Cela ne signifie pas que l’éolien et le solaire ne soient pas utiles à la transition, mais qu’ils présentent de nombreux inconvénients qui font qu’ils sont incapables de répondre à de nombreux besoins des sociétés modernes. Et ils le seront tant qu’il n’existera pas des technologies offrant des capacités de stockage de l’électricité à l’échelle des besoins d’un pays. Pour l'instant, nous en sommes loin.

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Dans les GES on oublie souvent le méthane. Ce puissant gaz à effet de serre, dont la concentration dans l’atmosphère croît plus vite que celle du CO2, est responsable de près de la moitié du réchauffement. Il est utilisé comme carburant ou pour se chauffer (gaz '' naturel''), et d’immenses quantités en sont relâchées par l’élevage, lors de l’extraction gazière ou pétrolière et libérées par la fonte du pergérisol ou permafrost à cause du réchauffement arctique. Alors qu’il produit l’essentiel de ses effets dans les premières années passées dans l’atmosphère, la réduction de ses émissions aurait des effets rapides et majeurs sur le climat. C'est un serpent qui se mord la queue et il nous sera de plus en plus compliqué d'en sortir si rien ne bouge d'une manière radicale. Notre civilisation s'embourbe et s'enfonce dans une crise sans précédent. Les ''collapsologues'' qui prédisent l'effondrement total de la race humaine ne sont finalement pas très loin de la réalité. Les scénarios envisagés sont plus qu'alarmants. Le réchauffement lié à cette accumulation sans précédent de gaz à effet de serre a entraîné une foule de bouleversements déjà largement documentés. Parmi ceux-ci, des événements climatiques extrêmes qui se multiplient et s’intensifient . Des océans qui s’acidifient et sont vidés de leur oxygène , les biosphères qui se déplacent vers les pôles, etc. Parmi les conséquences les plus spectaculaires, l’élévation des températures a entraîné celle du niveau des océans, qui ont grimpé de 20 centimètres depuis 1900. Depuis 1971, cette hausse est due pour moitié (50%) à l’expansion thermique liée au réchauffement de l’eau marine, la fonte des glaciers (22%) et celle des calottes glaciaires (20%). Entre les années 1990 et 2010, le rythme de fonte de ces dernières a été multiplié par quatre. Depuis 2006, la fonte des glaces est devenue le principal facteur d’élévation des océans. Un phénomène qui s’emballe : de +1,3mm par an entre 1901 et 1971, les mers sont montées de 1,9mm entre 1971 et 2006, et enfin de 3,7mm entre 2006 et 2018. Globalement, l'océan de vie se meurt. Le scénario le plus ''idéaliste'' se base sur la soutenabilité et une voie verte vers un développement plus inclusif qui respecte les limites environnementales planétaires et s’articule autour du bien-être des populations et de la réduction des inégalités. La consommation est orientée vers une faible croissance matérielle, une moindre utilisation de ressources et d’énergie, la solidarité et une reconnexion avec la nature. Le scénario d’un développement économique et social élevé basé sur les marchés compétitifs, la compétition entre individus et l’innovation qui nécessite de recourir à d’abondantes ressources en énergies fossiles, correspond au scénario le plus pessimiste. A nous de choisir la voie, nous sommes les maîtres de notre destin. Dans tous les cas, les températures continueront d’augmenter au moins jusqu’aux années 2050. Le scénario le plus optimiste permettrait de contenir le réchauffement à 1,6°C (fourchette de 1,2 à 2°C) d’ici le milieu du siècle, avant d’amorcer, sans certitude, une légère décrue au tournant des années 2100 pour redescendre à 1,4°C (entre 1 et 1,8°C). Le scénario le plus pessimiste prévoit un réchauffement entre 3,3 et 5,7°C, avec une estimation moyenne de +4,4°C. La vie alors disparaîtrait des océans. Le comportement des océans est l’un des sujets cruciaux de ce siècle. Comparé à la période 1995-2014, le niveau des mers pourrait monter de 28 à 55 centimètres dans le scénario le plus optimiste, et attendrait 63 centimètres à 1 mètre dans le scénario à fortes émissions, note le rapport. Pis, en raison de ''profondes incertitudes'' liées au comportement des calottes glaciaires, n’excluons pas un scénario catastrophe, dans lequel l’océan monterait de 2 mètres d’ici 2100 et jusqu’à 5 mètres en 2150. Mettre en œuvre le plus radical des scénarios qui leur sont proposés, ce n’est pas ce que les gouvernements sont en train de faire. Leurs plans climat nous mènent actuellement vers un réchauffement de 3,5°C. Alors choisissons le bon et vite !!!

Jerry J.Pelikan (Captain Blackbone) Blue Ocean Nation / World Citizen Climate Council (WCCC) / Conseil Citoyen Mondial du Climat (CCMC)

*GIEC-Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat est un organisme intergouvernemental ouvert à tous les pays membres de l'Organisation des Nations unies. Il regroupe actuellement 195 États. Wikipédia

**Les petits réacteurs modulaires (en anglais : Small modular reactors, abrégé en SMR) sont une catégorie de réacteurs nucléaires à fission, de taille et puissance plus faibles que celles des réacteurs conventionnels, fabriqués en usine et transportés sur leur site d'implantation pour y être installés. C'est une des solutions nucléaires à petite échelle, servant à produire de l'électricité ou de l'hydrogène pour des sites limités en taille et souvent isolés. On parle alors de petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR). Ils représentent une alternative plus économique et écologique aux réacteurs nucléaires conventionnels. Le développement de ces petits réacteurs nucléaires modulaires pourrait par exemple permettre d'offrir de l'électricité décarbonée à des sites géographiquement isolés, tels que certaines îles, des navires ou des bases nautiques, mais aussi d'alimenter en électricité propre des endroits qui, jusqu'alors, profitent d'une énergie produite à base de combustibles fossiles. Ces SMR disposent d'une puissance pouvant varier de 10 à 300 mégawatts.

Tipping Point # 2

Un courant océanique majeur de l'Atlantique se détraque et c'est inquiétant pour le vivant

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Comme je l'ai évoqué récemment dans un billet publié sur ce blog, nous sommes entré dans la limite du supportable en émissions du CO2 et à ne pas dépasser pour rester en vie. Les mesures effectuées au mois d'avril dernier à l'observatoire de Mauna Loi à Hawaii nous alertent sur les dernières évolutions des GES* générant un réchauffement climatique indéniable. Une nouvelle étude parue jeudi 5 août dans la revue Nature Climate Change alerte sur un autre phénomène primordial à notre survie. Il s'agit du courant marin, qui joue un rôle de thermostat au niveau du climat mondial qui est en train de se détraquer. La circulation méridienne de retournement Atlantique dite Amoc, souvent confondue avec le Gulf Stream,  est un ensemble complexe de la circulation de l'eau dans l'océan Atlantique. En fonction de sa salinité, de sa masse, de sa densité ou encore de sa température, l'eau se déplace différemment dans ce vaste système, générant un flux jusqu'alors stable et constant. En transportant d'énormes quantités d'eau de la surface aux profondeurs et inversement, l'Amoc contribue à réguler le climat tel que nous le connaissons.

Mais depuis les années 1960, ce flux s'est considérablement affaibli, atteignant son niveau le plus faible depuis un millénaire et la dégénérescence de sa stabilité est causée par le réchauffement climatique. Cet arrêt progressif aura des conséquences environnementales désastreuses à travers la planète et le point de non-retour risque d'être franchi dans peu d'années à venir. La circulation méridienne de renversement Atlantique est l’un des principaux systèmes de courants océaniques de notre planète. Il transporte les eaux de surface chaudes des Caraïbes vers l’Atlantique nord, et rapatrie l’eau froide dans le sens inverse. Ce tapis roulant géant répartit la chaleur reçue du soleil et influence les climats dans de nombreuses régions du monde. Mais la fonte des glaces au Groenland ou en Arctique brouille ce système de renouvellement au Nord. Les calottes glaciaires apportent de l'eau douce au courant, moins dense que l'eau salée, qui a pour conséquence de ralentir le tapis roulant, sans être la seule raison de ce ralentissement. L'effondrement de l'Amoc constitue ce que les experts du climat appellent un "seuil de rupture" ("tipping point" en anglais), à savoir un moment où le climat basculerait soudainement et de manière irréversible dans un état complètement différent de celui que nous connaissons. Les conséquences de cette bascule seraient en effet immenses. Les températures seraient fortement impactées dans l'hémisphère nord, avec une augmentation du nombre de tempêtes, tandis que le niveau de l'océan Atlantique connaîtrait une forte hausse. Les moussons en Afrique et en Amérique du Sud se déplaceraient, exposant encore davantage de populations à d'importantes sécheresses. Cela provoquerait aussi une perturbation des écosystèmes marins et une baisse de production de tous les produits de la mer ainsi qu'une baisse de l'absorption du CO2, et donc une hausse de la concentration de ce gaz dans l'atmosphère, puis une accélération de la montée de la température sur terre ferme et une hausse de la température des océans. Soit une accélération du changement climatique. Parce qu'il absorbe et stocke la chaleur beaucoup plus efficacement que les terres et l'atmosphère, l'océan s'est considérablement réchauffé au cours des 50 dernières années en raison des émissions de gaz à effet de serre d'origine anthropique, relève Météo France. Or, cela a "des conséquences sur les propriétés et la dynamique de l'océan, sur ses échanges avec l'atmosphère et sur les habitats des écosystèmes marins", note l'institut. Outre cette hausse de la température des océans, l'arrivée massive d'eau douce, plus légère que l'eau salée issue de la fonte des glaces, là aussi causée par le changement climatique, perturbe la circulation des flux marins et provoque une hausse du niveau côtier. Ces résultats soutiennent l'évaluation selon laquelle le déclin de l'Amoc n'est pas seulement une fluctuation ou une réponse linéaire à l'augmentation des températures, mais signifie probablement l'approche d'un seuil critique au-delà duquel le système de circulation pourrait s'effondrer. C'est ce que craignent les scientifiques, le ''point de basculement'', celui de non-retour qui apportera donc des conséquences désastreuses irréversibles. Tout le vivant est concerné par le réchauffement terrestre et océanique.

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Nous disposons depuis une trentaine d'années d'indicateurs de suivi extrêmement précis, rigoureux, qui nous permettent d'avoir du recul sur le déclin d'un certain nombre d'espèces, qu'il s'agisse de mammifères, d'oiseaux, d'insectes ou de plantes. Et le constat est sans appel. Sur environ 2 millions d'espèces décrites et 10 millions supposées, entre 500.000 et 1 million sont menacées d'extinction dans les prochaines décennies, y compris en Europe a alerté en 2019 la plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), l'équivalent de ce qu'est le Giec pour le climat. Les populations d'oiseaux des campagnes françaises, comme les alouettes, perdrix ou tourterelles des bois, ont chuté d'un tiers en quinze ans. Depuis l'époque romaine, seuls 5 % environ des espèces ont réellement disparu, comme le dodo ou le loup de Tasmanie. Alors que lors de chacune des cinq grandes crises de la biodiversité du passé géologique, 80 % des espèces avaient disparu. On pourrait donc se dire que nous sommes loin du compte, que nous avons le temps. Hélas, non, nous n'avons pas le temps, car la crise actuelle est cent à mille fois plus rapide que celles du passé, sa vitesse est inédite. Nous ne savons pas exactement quand les écosystèmes vont basculer, ni vers quels nouveaux équilibres ils basculeraient, car le vivant n'est pas une machine, donc il n'est pas prédictible. On sait qu'il y a des effets de seuil, on sait qu'il ne faut pas les dépasser, mais on ne sait pas où ils sont. On sait que si l'on détruit la moitié ou les trois quarts de la forêt amazonienne, cela bouleversera son équilibre au point qu'elle se transformera en savane, voire en un désert comme celui du Sahara, où plus rien ne pousse, sans retour en arrière possible. Mais on ne sait pas si le point de bascule se situe à la moitié ou aux trois quarts de destruction. Nous sommes encore à l'aube d'une crise majeure, mais les heures défilent très vite et nous devons prendre garde à ne pas dépasser certains seuils. Il est temps d'agir, mais sans perdre un instant. Ne serait-ce que pour notre propre survie. En effet, je n'ai aucune inquiétude pour l'avenir de la vie sur Terre, mais pour celui de l'homme, oui. Il faut bien prendre conscience que nous ne sommes rien sans la biodiversité, sans ce tissu vivant de la planète dont nous faisons d'ailleurs partie. Nous sommes dépendants des services écosystémiques qu'elle nous rend : on ne se nourrit que du vivant, on ne peut pas digérer sans les bactéries intestinales, on respire grâce au plancton et aux végétaux. Nous sommes sur une fenêtre physiologique extrêmement étroite, très adaptée aux conditions de la planète d'aujourd'hui, pas forcément à celles de demain. Si le plancton océanique basculait dans un autre équilibre et cessait de nous fabriquer de l'oxygène, nous aurions moitié moins d'oxygène, ce serait dramatique. Lors des crises du passé, il y a toujours eu des gagnants et des perdants. Et nous risquons de figurer parmi les perdants, puisque nous sommes une espèce fragile, car bien plus complexe qu'une bactérie ou qu'un organisme unicellulaire. Les microbes, eux, s'en sortent toujours, ils mutent et s'adaptent très rapidement, on le voit avec le coronavirus. Outre sa vitesse, l'autre originalité de la crise actuelle, c'est que pour la première fois, une espèce en est la cause, la notre, homo sapiens. Cela nous impose une responsabilité, pour faire évoluer nos comportements. La bonne nouvelle, c'est que nous connaissons les facteurs de pression, puisque c'est nous qui les exerçons : émission des GES provoquant le changement climatique, fragmentation et bétonisation des territoires, pollutions diverses, notamment avec les pesticides, surexploitation des ressources, déplacement d'espèces potentiellement invasives… Autant de facteurs qui s'accumulent et interagissent, mais sur lesquels nous pouvons agir. Individuellement, mais surtout collectivement. La nature est très résiliente, sous réserve que l'on n'ait pas dépassé certains seuils. En 1992 par exemple, on a mis un moratoire sur la pêche à la morue au large de Terre-Neuve, les stocks s'étant effondrés. Aujourd'hui, l'espèce n'est pas éteinte, mais les morues ne sont toujours pas revenues à cet endroit. Le moratoire a été pris trop tard, on avait déjà dépassé le seuil critique au-delà duquel l'écosystème avait basculé dans un autre équilibre. Dans le cas du thon rouge de Méditerranée, le moratoire a été pris à temps, on n'avait pas encore atteint le seuil, et le thon rouge revient. La prise de conscience progresse, mais beaucoup trop lentement. Même si les politiques parlent désormais de biodiversité, qu'ils semblent avoir compris les enjeux, tout ce qu'elle nous apporte, y compris économiquement, ils n'agissent pas vraiment. Si nous convertissons la biodiversité en argent, le Fonds monétaire international estime qu'une seule baleine apporte à la planète un bénéfice de 1,8 million d'euros en piégeant du carbone. La contribution des pollinisateurs est évaluée à 500 milliards d'euros par an, dont 2,3 à 5,3 milliards d'euros chaque année rien qu'en France. Au total, la biosphère offrirait à l'humanité l'équivalent de plusieurs milliers de milliards d'euros par an, via les services écosystémiques. La biodiversité, c'est notre patrimoine. Pour le moment, la sixième extinction n'est pas une fatalité, même si la pendule tourne vite, nous avons le temps de réagir. Nous avons encore notre avenir entre nos mains, il n'est pas trop tard, mais il ne faut surtout pas croire que la technologie nous sauvera. Concernant l'Amoc, c'est une autre histoire. Il est urgent que nous revoyions nos modèles à la lumière de ces observations afin d'estimer dans quelle mesure nous sommes sur le point de franchir ces seuils. 

En attendant, les scientifiques préconisent de lutter contre le phénomène à la source, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES). Nous avons notre avenir climatique entre nos mains, il ne tient qu’à nous de réduire drastiquement nos émissions, rapidement et de façon durable. Chaque tonne émise participe au réchauffement.**

Jerry J.Pelikan (Captain Blackbone) Blue Ocean Nation / World Citizen Climate Council (WCCC) / Conseil Citoyen Mondial du Climat (CCMC)

*Gaz à effet de serre

** Rapport IPCC/GIEC du 9 septembre 2021 Re sume rapport groupe 1 v 1 500 pix

#earthforcefightsquad #pacifistwarriors #guerrierspacifistes #blueoceannation #captainblackbone


 

MVW 2021

Thiery Guthmuller nous a quitté subitement d'une crise cardiaque en juin 2021. Nous perdons ainsi un ange gardien des tortues marines et des baleines à bosse en Guadeloupe. Un personnage discret, passionné et un collaborateur précieux. C'est le troisième sur la liste de nos warrions disparus précipitamment et beaucoup trop tôt. Il est sans contestation possible le MVW de l'année 2021. 10575158 10152840857327019 2561743465004732196 o copie

MVW 2020

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Guillaume Tripet est élu le MVW de l'année 2020 pour son implication générale dans notre ONG. Bravo à lui !

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Tipping Point / Le Point de Bascule et de non-retour

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Des dizaines de disparus dans une coulée de boue due à des pluies torrentielles au Japon, un record de chaleur enregistré sur le continent Antarctique, des températures dantesques enregistrées dans l’ouest du Canada avec des centaines de morts prisonniers d’un dôme de chaleur, incendies ravageurs et ouragans destructeurs… Tout indique que le dérèglement climatique s’accélère. Nous sommes déjà sur la voie du suicide de l’humanité, mais pas d’inquiétude, les gouvernements ont d’autres priorités réelles, telle la gestion de la pandémie mondiale, la reprise de la croissance, la géopolitique, le départ d'Angela Merkel ou encore des élections déjà en vue d'un nouveau/ancien manager général dans moins d'un an en France.Pourquoi refusons-nous de voir le problème et encore moins de le régler de façon significative, alors qu’une jeune suédoise le voit si clairement qu’elle puisse mobiliser des millions d’écoliers pour protester contre une réalité que leurs parents et leurs enseignants refusent de reconnaître?

Pour la première fois dans l’histoire, la concentration de dioxyde de carbone atmosphérique, ou CO2, a été mesurée en avril 2021 à 421,21 PPM (parties par million)* à l’Observatoire Mauna Loa sur la grande île d’Hawaï. Ce nouveau record enregistré est donc un sinistre rappel de la réalité de l’avancée de la crise climatique, malgré une baisse spectaculaire des émissions de CO2 permises par les restrictions sanitaires dues à la pandémie. C’est une étape déconcertante dans le réchauffement de la planète induit par l’homme. En effet, pour limiter l’élévation de la température moyenne à +2°C, nous devons absolument rester sous le seuil de 450 ppm de concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère. C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que la concentration de CO2 dépasse 420 ppm, un niveau 50 % plus élevé que celui d’avant la révolution industrielle, donc à mi-chemin vers le doublement des niveaux de CO2 préindustriels. Le rythme du changement climatique évoqué dans le dernier rapport du GIEC montre que l’humanité est sur la voie ''suicidaire'', prévient le dirigeant de l’ONU Antonio Guterres. La station culminant à 4170 mètres d'altitude au sommet d’un volcan surveille continuellement les conditions météorologiques et la chimie de l’atmosphère depuis les années 1950. Son emplacement lui permet de prélever des échantillons de l’air les plus purs disponible, fournissant aux scientifiques une représentation intacte de façon dont les humains influencent irréversiblement le climat. Lorsque cette station a commencé à recueillir des mesures de CO2 à la fin des années 1950, la concentration atmosphérique de CO2 se situait autour de 315 ppm. Récemment donc, cette moyenne quotidienne était mesurée à 421,21 ppm. C'est la première fois dans l’histoire de l’humanité que ce nombre était si élevé. Auparavant, il n’avait jamais dépassé 420 ppm. Les émissions de dioxyde de carbone sont dus en particulier à la production de l'énergie, aux transports et à l’industrie. Cette augmentation des concentrations de CO2 s’explique par des émissions de gaz à effet de serre qui sont restées relativement élevées, mais aussi d’une plus faible dynamique des sols et forêts comme puits de carbone terrestre. Le constat des scientifiques qui ont travaillé sur le sujet est sans appel: le niveau de CO2 atmosphérique, et par conséquent le climat mondial, ne se stabilisera que lorsque les émissions mondiales de CO2 seront proches de zéro. 
 À eux seuls, les États-Unis par exemple, émettent plus de 5 milliards de tonnes de CO2 par année, soit 13,2 millions de Boeings 747 volants à pleine charge. Environ la moitié du CO2 émis reste dans l’atmosphère et provoque ainsi son réchauffement, tandis que plus d'un quart est absorbé dans les océans où il acidifie l’eau et perturbe les écosystèmes marins. Mais ne vous attendez pas à des véritables mesures politiques ou économiques prises par les dirigeants mondiaux qui font face à d’énormes pressions internationales, politiques et économiques qui prendront des années à être surmontées. Aussi à la folie du déni du changement climatique qui continue à couver dans une grande partie de la population mondiale. Il est particulièrement inquiétant d'avoir dépassé ce seuil d'une concentration de 420 ppm. Cela signifie que nous touchons le point de bascule entre les niveaux de CO2 préindustriels, environ 278 ppm, et un doublement de ce chiffre, ou 556 ppm. Le record de 421 ppm atteint n’est qu’un seul point pour l'instant et s’est produit alors que les niveaux de CO2 approchent de leur sommet annuel. Mais les niveaux des derniers mois, soit plus de 417 ppm, indiquent que la concentration moyenne annuelle devrait dépasser 416 ppm. Bien qu’il n’ait aucun impact physique, on peut néanmoins considérer qu’il s’agit d’une étape marquante qui met en évidence à quel point les humains ont déjà modifié la composition de l’atmosphère mondiale et augmenté la quantité d’un gaz qui réchauffe le climat planétaire. Le doublement hypothétique du CO2 atmosphérique, qui est probable d’ici 2060 est lié à un réchauffement prévu de trois degrés ou plus de la planète. Une étude publiée l’année dernière a révélé que le doublement des niveaux de CO2 conduirait probablement à une hausse de température entre 2,3 et 4,5 degrés Celsius, excluant les scénarios de réchauffement plus modestes. Même si les émissions de gaz à effet de serre devaient chuter du jour au lendemain, la planète continuerait de se réchauffer pendant des années. Il va alors falloir être patient avant de sentir l’effet de la réduction des émissions de GES à cause de l’importante force d’inertie du système climatique. Chaque demi-degré compte. Chaque émission de gaz à effet de serre compte. Chaque être vivant compte. C’est ça, l’urgence écologique et climatique. Tant que l’on n'aura pas atteint ce qu'on appelle la neutralité carbone, c'est-à-dire le zéro émission de gaz à effet de serre, on sera dans une situation où les choses iront toujours en empirant !

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Alors quel genre de monde aurons-nous en 2050, un siècle après ma naissance ? Comment sera celui de mes petits enfants ? L’avenir a toujours été incertain, mais pas à ce point. Aucune autre génération n’a jamais eu à affronter le spectre de l’extinction humaine mondiale. L’année de ma naissance, la population de la planète était d’environ 3 milliards d’individus. D’ici 2050, la démographie dépassera largement les 8 milliards et ce dans un monde où les ressources seront largement épuisées et où séviront la sécheresse, les inondations, les tempêtes plus violentes, la famine, les nouveaux virus zoonotiques émergents et les nouveaux agents pathogènes issus de la fonte du permafrost. Il n’y aura plus d’industrie de la pêche parce qu’il n’y aura pas de poisson. Les forêts seront considérablement appauvries et, surtout, le phytoplancton, qui fournit jusqu’à 70% d’oxygène à l’air que nous respirons et qui a déjà diminué de 40 % depuis 1950, continuera à décroitre. Si la masse océaniques mondiale de phytoplancton s’effondre, l’humanité suivra. Avec la mort de l’océan vient la mort de l’humanité. Ce futur dystopique est une vision difficile à comprendre et elle ne sera pas résolue par la technologie ni par la fuite vers Mars ou des planètes artificielles. Nous n'aurons plus de temps. Il y a trente ans déjà, l'impact potentiellement perturbateur des émissions carbone produites par la combustion fossile et la déforestation agressive qui commençait faisait la une des journaux. Plusieurs reportages se sont succédé au fil des années, y compris un article remarquablement clair publié en 1956 par le New York Times qui indiquait comment l'accumulation des émissions de gaz à effet de serre lié à la production d'énergie entraînerait des changements environnementaux durables. Dans sa conclusion, l'article prévoyait ce qui est devenu le principal obstacle à la lutte contre les émissions nocives: l'abondance des combustibles fossiles. ''Le charbon et le pétrole sont encore abondants et bon marché dans de nombreuses parties du monde, et il y a tout lieu de croire que les deux seront consommés par l'industrie aussi longtemps que cela sera rentable.'' Cet avertissement n'est aujourd'hui que trop familier. Les scientifiques, les écologistes et certains politiciens ont fait des déclarations semblables à plein reprises. Leurs mises en garde n'ont pas empêché les émissions d'augmenter. Glen Peters, un scientifique du Centre pour la recherche internationale sur le climat à Oslo, en Norvège, a relevé la hausse du niveau de dioxyde de carbone dans l'atmosphère à partir de 1870 et a constaté que près de la moitié de cette augmentation provenait de l'activité humaine ces 30 dernières années. La recherche menée par un éventail de scientifiques et de chercheurs appuie une conclusion décourageante: le changement climatique ne ressemble à aucun problème environnemental auquel nous ayons déjà été confrontés. Nous ne pouvons pas le ''réparer'' comme nous avons commencé à résoudre le problème du trou dans la couche d'ozone, avec des règlements et des traités circonscrits et des changements technologiques limités. Le changement climatique est trop important dans l'espace et le temps. Les émissions qui en sont la cause sont une conséquence trop centrale de l'effort qui devrait être consenti par plus de 7,5 milliards d'êtres humains, et près de 10 milliards dans quelques décennies, pour prospérer sur Terre. En fait, la solution aux menaces auxquelles nous sommes confrontés actuellement est pratiquement impossible à résoudre. Je crois cependant que la réponse à un problème impossible est de trouver la solution impossible et cela ne peut se faire que par notre amour passionné pour notre planète, pour la vie et la nature, par nos vertus de courage, de l’imagination et de persévérance. Nous ne pouvons pas attendre que nos gouvernements agissent. Les citoyens et la société civile doivent les forcer à agir et nous devons montrer la voie par l’exemple et l’initiative. La crise climatique est un défi immense, au même titre que la lutte contre le cancer ou la pauvreté, auxquelles les gens dédient toute une vie, avec un mélange d'urgence, de persévérance et de patience. Le changement de perspective est troublant, il sera forcément impopulaire mais aussi libérateur: cela signifie que toute personne motivée et persévérante peut et doit faire la différence, que ce soit en tant qu'enseignant ou ingénieur, artiste ou investisseur, ou simplement en tant que citoyen engagé. Il n’y a pas à stresser ou à s’inquiéter de l’avenir. Il est dépendant de nos actions au présent. L’avenir sera ce que nous créons aujourd'hui et ce que nous voulons qu’il soit. Tout dépend de notre capacité à penser et agir de manière responsable pour s'adapter à une nouvelle réalité: la nôtre. Je suis particulièrement encouragé de voir les actions de tant de jeunes à travers le monde qui comprennent que la politique et l’économie ne sont plus leurs priorités, mais plutôt la lutte pour la survie de la diversité et de l’interdépendance qui sont une préoccupation première. Continuons de sensibiliser la jeune génération, qui risque fort de se retrouver confrontée à des situations climatiques encore plus dramatiques que celles que nous avons aujourd'hui. L'éducation est le mot clé de notre survie. L'enseignement et l'infiltration des politiques et des institutions en place. Il ne faut pas tarder car le temps nous presse, une fois dépassé le ''point de bascule'', la situation deviendra irréversible.

Je fais partie d'une génération d'après la grande guerre, celle du baby boom, faite de richesse et de liberté que l’humanité ait jamais connue auparavant. Cette richesse matérielle et cette liberté ne reviendront pas et les jeunes le savent intuitivement. Ils savent que leur avenir est incertain, mais ils savent aussi que ce seront leurs voix et leurs actions qui définiront cet avenir. Lorsque l’ignorance et l’arrogance ne peuvent être surmontées, un choc est nécessaire pour qu'un changement radical puisse nous permettre, ainsi qu'à toute la vie sur cette planète, de s’adapter et de survivre. Les réponses se trouvent dans la connaissance biocentrique indigène et dans nos propres capacités à transformer par l’imagination et l’action le paradigme destructeur actuel en une nouvelle philosophie, comprendre que nous devons vivre en harmonie au sein de nos écosystèmes et nous devons le faire en respectant la diversité et l’interdépendance tout en prenant en compte qu’il y a des limites aux ressources et à la croissance. Je suis convaincu que nous avons la capacité de le faire, mais plus important encore, il n’y a pas d’autre choix si nous voulons prévenir l’écocide et le suicide de l’humanité. Avec tous les bouleversements actuels et programmés je suppose que nous le verrons bientôt !

Jerry J.Pelikan (Captain Blackbone)

World Citizen Climate Council (WCCC) / Conseil Citoyen Mondial du Climat (CCMC) / Blue Ocean Nation

*Ce nom un peu technique désigne le nombre de molécules de dioxyde de carbone considéré par million de molécules d’air, et sa mesure est un élément crucial pour nous donner une idée plus précise des dégâts.

Il faut évaluer le coût carbone des politiques de conservation de la nature

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En ce moment se tient le congrès annuel de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à Marseille qui a mis à jour sa liste rouge des espèces menacées. Face à cette sixième extinction de masse, sa stratégie de mise sous cloche de la nature est contestée. Il en va de la biodiversité comme du climat. De congrès en sommets rassemblant des milliers de participants à coups d’allers-retours en avion, les constats se font de plus en plus alarmants, les vœux pieux se multiplient, mais gouvernements et grandes entreprises ne bougent guère le petit doigt. Réunie depuis vendredi 3septembre, l’UICN a mis à jour samedi son baromètre du vivant: près de 30% des espèces étudiées dans sa «liste rouge» sont aujourd’hui menacées d’extinction. Soit 38543 sur 138374 espèces dont l’état des lieux est déjà considéré comme préoccupant. Risquent notamment de disparaître: le dragon de Komodo, plus grand lézard au monde, et une part croissante de la famille des requins et des raies. Pour répondre à cette 6 extinction de masse provoquée par les humains, l’UICN prône depuis longtemps la constitution d’«aires protégées». Mais cette approche a montré ses limites. Elle ne correspond plus aux logiques d’un monde interconnecté. Est-il encore possible d’enrayer la chute abyssale de la biodiversité sur la planète? Quel changement de logiciel cela impliquerait-il ? L’UICN est une ONG qui fédère plus de 1400structures, y compris des États, ce qui la distingue d’autres organisations non gouvernementales. On y trouve des commissions composées de chercheurs et de spécialistes reconnus sur les espèces animales ou végétales, qui définissent notamment la liste rouge des espèces menacées dans le monde qui a été mise à jour samedi. Une autre commission importante de l’UICN est celle sur les «aires protégées». Ces dernières constituent le principal outil des politiques de conservation de la nature depuis plus d’un siècle. L’UICN a eu un poids prépondérant dans cette histoire en proposant notamment des typologies qui standardisent le degré de protection d’une aire à l’autre et permettent de comparer entre elles les différentes appellations légales nationales. C’est ainsi que l’UICN définit aujourd’hui six catégories, qui vont des aires intégralement protégées où les humains ne peuvent pénétrer, à part quelques gestionnaires et scientifiques tel l'Archipel des Sept Îles en Bretagne, à des zones très ouvertes. C’est le cas, en France, des parcs naturels marins ou encore des parcs naturels régionaux, où l’on peut à peu près tout faire, y compris construire une centrale nucléaire. L’agenda de l’UICN repose sur la pérennisation de cet outil. De ce point de vue-là, le congrès de Marseille n’apportera pas de nouveauté. En termes de fonctionnement interne, une motion importante doit être votée pour intégrer les collectivités locales: pour la première fois, elles pourraient devenir membres de droit de l’assemblée générale.

Sur le fond, ce congrès est guidé par le souci de ré-articuler les notions de biodiversité et de pandémie, avec notamment l’approche «One Health» (« une seule santé»), qui aborde dans un même ensemble les notions de santé humaine, de santé animale et de santé des écosystèmes. Avec l’épidémie de Covid-19, on a vu, comme l’a montré le dernier rapport de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), qu’il y avait un lien très clair et dynamique entre l’émergence des pandémies, l’état des écosystèmes et le rôle des infrastructures socio-techniques, comme les élevages industriels.

Une tendance lourde gêne toutefois cette évolution: le monde de la conservation a été particulièrement isolé au XX siècle dans sa gestion des aires protégées. La question environnementale était alors difficilement audible et les professionnels de la conservation, scientifiques et gestionnaires, se sont retranchés dans leurs réserves. En dehors de ces zones, on faisait absolument tout et n’importe quoi, sans considération pour l’environnement. La pensée des conservationnistes s’est ainsi concentrée sur des espaces très spécifiques sur lesquels ils voulaient intervenir pour protéger telle ou telle espèce. Cette approche imprègne encore énormément toute la question de la conservation: est-ce que la conservation doit s’intéresser à des endroits précis et, ce faisant, délaisser les autres espaces? La COP15 sur la biodiversité qui se tiendra l’année prochaine en Chine s’inscrit précisément dans ce cadre : son objectif sera de faire passer les surfaces maritimes et terrestres protégées à 30% des surfaces du globe– on est actuellement à 17% des espaces terrestres et 7% des espaces marins. Depuis des années, l’objectif est d’augmenter ces surfaces protégées. Or cette approche présente de sérieuses limites.

Il faudrait déjà réfléchir aux liens entre la multiplication des aires protégées et les conditions environnementales des espaces non protégés. Avec le changement climatique et les pollutions, nous constatons que la dégradation de l’environnement ne peut être contenue dans des barrières géographiques. Il serait donc censé de mener une réflexion sur la transformation environnementale qui soit plus structurelle que la simple multiplication d’espaces protégés ponctuels et limités dans leur extension spatiale. L’autre objection à cette approche est que les niveaux de protection sont souvent assez faibles. La France, par exemple, affiche un taux élevé d’aires protégées (27% des espaces terrestres pour la France métropolitaine). Mais on y trouve les parcs naturels régionaux, les parcs naturels marins... et les chiffres de la Nouvelle- Calédonie! Le parc naturel de la mer de Corail faisant 1,3million de km, soit plus de 2,5fois la superficie de l’Hexagone. Or, pour l’heure, quasiment aucun moyen humain ni financier n’est alloué à la gestion de ce gigantesque espace. C’est un parc de papier. Au-delà de la question des moyens ou de la réalité du terrain, que fait-on des territoires non protégés? Est-ce que protéger 30% des surfaces de la planète nous permet de bétonner allègrement les 70% restants? C’est une question fondamentale. Et pour y répondre, il faudrait que la conservation de la nature imprègne tous les secteurs d’activité, pas seulement des endroits isolés. Quand on voit que la Chine, en quatre ans, a produit autant de béton que les États-Unis tout au long du XXesiècle, pour reprendre des données de l’historien Jean-Baptiste Fressoz, on ne peut qu’être inquiet. Il y a une tension entre exploitation et protection qu’il faut dépasser. Difficile de croire que le capitalisme, même vert, puisse réussir à résoudre des problèmes que son propre fonctionnement a générés. Penser que par l’incitation économique, on peut transformer l’économie qui, jusqu’à présent, a détruit la nature semble spécieux. Ce biais peut s’expliquer par le fait que les grandes ONG de conservation sont toutes plus ou moins adossées à des financements massifs de grands groupes industriels. Du côté de l’UICN, toutefois, il y a une diversité assez large des positions: depuis une vingtaine d’années, une approche plus sociale et plus intégrée des questions de conservation se fait jour. La question des populations vivant dans ces zones est centrale. Sous prétexte de protéger la nature, les politiques de conservation ont eu des effets sociaux dramatiques, en particulier pour des populations qui étaient déjà marginalisées : paysans, chasseurs ou pêcheurs vivriers, éleveurs... La focalisation sur les aires protégées a fait qu’on a demandé aux populations locales des efforts énormes pour changer leurs modes de vie, alors que les changements demandés aux sociétés dans leur ensemble étaient minimes. Historiquement, les politiques de conservation ont été révolutionnaires au niveau local, mais au mieux réformistes au niveau global. Ce qui manque, en réalité, c’est ce qu’on pourrait appeler le «coût carbone» des politiques de conservation. Intégrer cela permettrait de sortir de la vision localiste de l’aire protégée et de l’articuler avec les consommations carbone des gestionnaires, des touristes, des scientifiques qui travaillent sur ces espaces. Cela permettrait de réévaluer totalement la place et l’impact des «populations locales» à qui l’on demande des restrictions. Par exemple, au parc national du Banc d’Arguin, sur la côte mauritanienne, où les Imraguens, peuple de pêcheurs, sont limités dans l’utilisation de moteurs, tandis que des chalutiers espagnols ou chinois passent au large du parc national. On intervient de l’extérieur sur ces espaces et on demande aux populations qui les habitent de réduire leur train de vie, voire on les exclut des lieux, alors que ce ne sont pas elles qui ont le plus d’impact environnemental...

Ce dénigrement des pratiques locales a été une constante dans l’histoire de la conservation. Il a touché, bien sûr, les pays colonisés, mais également les pays occidentaux. En France, par exemple, la restauration des terrains en altitude dans la seconde moitié du XIX siècle, censée limiter l’érosion provoquée par l’agriculture de montagne, s’est basée sur une gestion étatique, au détriment des savoir-faire locaux. Ce n’est qu’à partir des années 1970 qu’on se préoccupe à nouveau des savoirs des populations locales dans la gestion des espaces protégés, dans le cadre général d’un intérêt pour le «développement durable». Parmi ces pratiques, il y a les «communs», une notion popularisée par la chercheuse américaine Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie en 2009. Les communs définissent une gestion des espaces et des ressources naturelles qui ne repose pas sur la propriété privée mais sur des formes collectives d’accès et d’usage de ces ressources. La prise en compte de ces pratiques, à partir des années 1980, a permis de réintroduire une diversité dans les politiques de conservation, diversité elle-même renforcée par la biodiversité qui émergeait au même moment comme concept biologique. Il serait difficile de revenir vers ces systèmes de manière généralisée, mais ce sont des formes alternatives de conservation qui devraient être revalorisées. Il faudrait sortir de l’enclavement des zones protégées parce que cela correspond à l’idée d’un écosystème isolé. En réalité, les écosystèmes sont dynamiques, ils sont toujours en déséquilibre. La biodiversité est précisément un concept qui remet en cause l’idée d’un système stable.

Dans ce cadre, il y a eu une forte mobilisation en faveur d’une conservation participative au cours des années 1990, s’intéressant aux populations locales. Mais sur la décennie suivante, de grosses ONG ont jugé que cette approche ne fonctionnait pas et ont préféré revenir à des formes de protection strictes et autoritaires. On peut espérer qu’aujourd’hui la tendance change de nouveau, dans le sens où de nombreux acteurs tentent de se saisir de la pandémie pour montrer que les choses sont profondément interconnectées et qu’on ne peut pas limiter la conservation de la nature à la constitution d’aires protégées. Une politique efficace serait de mettre en place des mesures contraignantes dans différents secteurs de l’action publique et d’arrêter avec cette idée qu’on peut limiter notre action à quelques espaces. Un exemple: au Royaume-Uni, le pays de Galles a bloqué en juillet toute construction de nouvelles routes en attendant un audit sur la nécessité d’avoir de nouveaux axes routiers. La politique française, elle, est très timorée. Elle se restreint à des mesures trop souvent ponctuelles. Par exemple, les politiques de compensation de la biodiversité – remplacer un espace détruit par la conservation d’un autre – sont encore balbutiantes. Telle qu’elle se développe aujourd’hui, la compensation est une vision par le petit bout de la lorgnette, sans prise en compte des impacts à l’échelle de la planète. Si, par exemple, on compense cinq hectares concernés par la construction d’un puit de pétrole par la protection de cinq autres hectares, on ne prend pas du tout en compte les dégradations que provoque l’exploitation de ce pétrole à l’échelle mondiale. Autre exemple en France, championne des pesticides: si un jour la Beauce devait compenser toute la biodiversité qu’elle a détruite dans ses champs par des espaces équivalents, il faudrait mettre sous protection des espaces énormes, qui ne sont pas disponibles, ce qui explique peut-être pourquoi la compensation est si peu développée dans le secteur agricole... Le problème, c’est que la biodiversité n’a jamais été en France un objet politique légitime. D'autre part, nous ne pouvons pas dissocier climat et biodiversité. De nombreux chercheurs travaillent depuis longtemps en ce sens, notamment sur la question de la forêt: comment la séquestration du carbone, qui a un impact sur le climat, peut-elle avoir un impact positif sur la protection de la biodiversité? Les deux notions ne se font pas concurrence. Mais leur traitement diverge car, d’un côté, le climat a tout de suite été un objet global, appelant des solutions «clés en main», tandis que la biodiversité, par ses spécificités locales, très contextualisées, est généralement traitée par des exemples. Cela a eu tendance à diminuer son importance. Mais l’enjeu de préserver la biodiversité est tout aussi crucial que celui de limiter le réchauffement climatique. La pandémie que nous traversons va peut-être permettre de les ré-articuler.

Interprété de propos d'Estienne Rodary recueillis par Amélie Poinssot (article publié le 6 septembre 2021 par Médiapart)

Estienne Rodary est géographe, ancien rédacteur en chef de la revue Écologie et Politique, directeur de recherches à l'IRD*. Il a notamment codirigé le Manifeste pour une géographie environnementale (Presses de Sciences Po, 2016).

*Institut de recherche pour le développement est un établissement public à caractère scientifique et technologique français sous la tutelle des ministères chargés de la Recherche et de la Coopération, remplaçant l'Office de la recherche scientifique et technique outre-mer.


 

When Whales and Humans Talk

Arctic people have been communicating with cetaceans for centuries—and scientists are finally taking note.

by Krista Langlois

Harry Brower Sr. was lying in a hospital bed in Anchorage, Alaska, close to death, when he was visited by a baby whale.

Although Brower’s body remained in Anchorage, the young bowhead took him more than 1,000 kilometers north to Barrow (now Utqiaġvik), where Brower’s family lived. They traveled together through the town and past the indistinct edge where the tundra gives way to the Arctic Ocean. There, in the ice-blue underwater world, Brower saw Iñupiat hunters in a sealskin boat closing in on the calf’s mother.

Brower felt the shuddering harpoon enter the whale’s body. He looked at the faces of the men in the umiak, including those of his own sons. When he awoke in his hospital bed as if from a trance, he knew precisely which man had made the kill, how the whale had died, and whose ice cellar the meat was stored in. He turned out to be right on all three counts.

Brower lived six years after the episode, dying in 1992 at the age of 67. In his final years, he discussed what he had witnessed with Christian ministers and Utqiaġvik’s whaling captains. The conversations ultimately led him to hand down new rules to govern hunting female whales with offspring, meant to communicate respect to whales and signal that people were aware of their feelings and needs. “[The whale] talked to me,” Brower recalls in a collection of his stories, The Whales, They Give Themselves. “He told me all the stories about where they had all this trouble out there on the ice.”

Not long ago, non-Indigenous scientists might have dismissed Brower’s experience as a dream or the inchoate ramblings of a sick man. But he and other Iñupiat are part of a deep history of Arctic and subarctic peoples who believe humans and whales can talk and share a reciprocal relationship that goes far beyond that of predator and prey. Today, as Western scientists try to better understand Indigenous peoples’ relationships with animals—as well as animals’ own capacity for thoughts and feelings—such beliefs are gaining wider recognition, giving archaeologists a better understanding of ancient northern cultures.

“If you start looking at the relationship between humans and animals from the perspective that Indigenous people themselves may have had, it reveals a rich new universe,” says Matthew Betts, an archaeologist with the Canadian Museum of History who studies Paleo-Eskimo cultures in the Canadian Arctic. “What a beautiful way to view the world.”

It’s not clear exactly when people developed the technology that allowed them to begin hunting whales, but scholars generally believe Arctic whaling developed off the coast of Alaska sometime between 600 and 800 CE. For thousands of years before then, Arctic people survived by hunting seals, caribou, and walruses at the edge of the sea ice.

One such group, the Dorset—known in Inuit oral tradition as the Tunit—were rumored to have been so strong the men could outrun caribou and drag a 1,700-kilogram walrus across the ice. The women were said to have fermented raw seal meat against the warmth of their skin, leaving it in their pants for days at a time. But despite their legendary survival skills, the Tunit died out 1,000 years ago.

An Inuit hunter sits on a whale that’s been hauled to shore for butchering in Point Hope, Alaska, in 1900. Photo by Hulton Deutsch/Getty Images

An Inuit hunter sits on a whale that’s been hauled to shore for butchering in Point Hope, Alaska, in 1900. Photo by Hulton Deutsch/Getty Images

One theory for their mysterious disappearance is that they were outcompeted by people who had begun to move east into the Canadian Arctic—migrants from Alaska who brought sealskin boats allowing them to push off from shore and hunt whales. Each spring, bowhead whales weighing up to 54,000 kilograms pass through the leads of water that open into the sea ice, and with skill and luck, the ancestors of today’s Inuit and Iñupiat people could spear a cetacean as it surfaced to breathe.

The advent of whaling changed the North. For the first time, hunters could bring in enough meat to feed an entire village. Permanent settlements began springing up in places like Utqiaġvik that were reliably visited by bowheads—places still inhabited today. Social organizations shifted as successful whale hunters amassed wealth, became captains, and positioned themselves at the top of a developing social hierarchy. Before long, the whale hunt became the center of cultural, spiritual, and day-to-day life, and whales the cornerstone of many Arctic and subarctic cosmologies.

When agricultural Europeans began visiting and writing about the North in the 10th century, they were mesmerized by Aboriginal peoples’ relationships with whales. Medieval literature depicted the Arctic as a land of malevolent “monstrous fishes” and people who could summon them to shore through magical powers and mumbled spells. Even as explorers and missionaries brought back straightforward accounts of how individual whaling cultures went about hunting, butchering, and sharing a whale, it was hard to shake the sense of mysticism. In 1938, American anthropologist Margaret Lantis analyzed these scattered ethnographic accounts and concluded that Iñupiat, Inuit, and other northern peoples belonged to a circumpolar “whale cult.”

Lantis found evidence of this in widespread taboos and rituals meant to cement the relationship between people and whales. In many places, a recently killed whale was given a drink of fresh water, a meal, and even traveling bags to ensure a safe journey back to its spiritual home. Individual whalers had their own songs to call the whales to them. Sometimes shamans performed religious ceremonies inside circles made of whale bones. Stashes of whaling amulets—an ambiguous word used to describe everything from carved, jewelry-like charms to feathers or skulls—were passed from father to son in whaling families.

To non-Indigenous observers, it was all so mysterious. So unknowable. And for archaeologists and biologists especially, it was at odds with Western scientific values, which prohibited anything that smacked of anthropomorphism.

A whaler waits for the bowhead whales from shore in Utqiaġvik, Alaska, during whaling season in the Chukchi Sea. Photo by Steven J. Kazlowski/Alamy Stock Photo

A whaler waits for the bowhead whales from shore in Utqiaġvik, Alaska, during whaling season in the Chukchi Sea. Photo by Steven J. Kazlowski/Alamy Stock Photo

In archaeology, such attitudes have limited our understanding of Arctic prehistory, says Erica Hill, a zooarchaeologist with the University of Alaska Southeast. Whaling amulets and bone circles were written off as ritualistic or supernatural with little exploration of what they actually meant to the people who created them. Instead, archaeologists who studied animal artifacts often focused on the tangible information they revealed about what ancient people ate, how many calories they consumed, and how they survived.

Hill is part of a burgeoning branch of archaeology that uses ethnographic accounts and oral histories to re-examine animal artifacts with fresh eyes—and interpret the past in new, non-Western ways. “I’m interested in this as part of our prehistory as humans,” Hill says, “but also in what it tells us about alternative ways of being.”

The idea that Indigenous people have spiritual relationships with animals is so well established in popular culture it’s cliché. Yet constricted by Western science and culture, few archaeologists have examined the record of human history with the perspective that animals feel emotions and can express those emotions to humans.

Hill’s interest in doing so was piqued in 2007, when she was excavating in Chukotka, Russia, just across the Bering Strait from Alaska. The site was estimated to be 1,000 to 2,000 years old, predating the dawn of whaling in the region, and was situated at the top of a large hill. As her team dug through the tundra, they uncovered six or seven intact walrus skulls deliberately arranged in a circle.

Like many archaeologists, Hill had been taught that ancient humans in harsh northern climates conserved calories and rarely expended energy doing things with no direct physical benefit. That people were hauling walrus skulls to a hilltop where there were plenty of similar-sized rocks for building seemed strange. “If you’ve ever picked up a walrus skull, they’re really, really heavy,” Hill says. So she started wondering: did the skulls serve a purpose that wasn’t strictly practical that justified the effort of carrying them uphill?

When Hill returned home, she began looking for other cases of “people doing funky stuff” with animal remains. There was no shortage of examples: shrines packed with sheep skulls, ceremonial burials of wolves and dogs, walrus-skull rings on both sides of the Bering Strait. To Hill, though, some of the most compelling artifacts came from whaling cultures.

Museum collections across North America, for instance, include a dazzling array of objects categorized as whaling amulets. From this grab bag, Hill identified 20 carved wooden objects. Many served as the seats of whaling boats. In the Iñupiaq language, they’re called either iktuġat or aqutim aksivautana, depending on dialect.

One in particular stands out. Hill was looking for Alaskan artifacts in a massive climate-controlled warehouse belonging to Smithsonian’s National Museum of Natural History in Washington, DC. The artifacts were housed in hundreds of floor-to-ceiling drawers, row after row of them, with little indication of what was inside. She pulled open one drawer and there it was—the perfect likeness of a bowhead whale staring back at her.

The object, likely from the late 19th century, probably functioned as a crosspiece. It was hewn from a hunk of driftwood into a crescent shape 21 centimeters long. Carved on one side was a bowhead, looking as it would look if you were gazing down on a whale from above, perhaps from a raven’s-eye perspective. A precious bead of obsidian was embedded in the blowhole. “It’s so elegant and simple but so completely whale,” Hill says. “It’s this perfect balance of minimalism and form.”

Sometime in the late 19th century, an Iñupiat carver fashioned this seat for an umiak out of driftwood, carving the likeness of a bowhead whale, its blowhole symbolized with a piece of obsidian. Photo by Department of Anthropology, Smithsonian Institute (Cat. A347918)

Sometime in the late 19th century, an Iñupiaq carver fashioned this amulet for an umiak out of driftwood, carving the likeness of a bowhead whale, its blowhole symbolized with a piece of obsidian. As with other whaling amulets Erica Hill has examined, this object may have also functioned as part of the boat’s structure. Photo by Department of Anthropology, Smithsonian Institute (Cat. A347918)

Using Iñupiat oral histories and ethnographies recorded in the 19th and 20th centuries, Hill now knows that such amulets were meant to be placed in a boat with the likeness of the whale facing down, toward the ocean. The meticulously rendered art was thus meant not for humans, but for whales—to flatter them, Hill says, and call them to the hunters. “The idea is that the whale will be attracted to its own likeness, so obviously you want to depict the whale in the most positive way possible,” she explains.

Yupik stories from St. Lawrence Island tell of whales who might spend an hour swimming directly under an umiak, positioning themselves so they could check out the carvings and the men occupying the boat. If the umiak was clean, the carvings beautiful, and the men respectful, the whale might reposition itself to be harpooned. If the art portrayed the whale in an unflattering light or the boat was dirty, it indicated that the hunters were lazy and wouldn’t treat the whale’s body properly. Then the whale might swim away.

In “Sounding a Sea-Change: Acoustic Ecology and Arctic Ocean Governance” published in Thinking with Water, Shirley Roburn quotes Point Hope, Alaska, resident Kirk Oviok: “Like my aunt said, the whales have ears and are more like people,” he says. “The first batch of whales seen would show up to check which ones in the whaling crew would be more hospitable. … Then the whales would come back to their pack and tell them about the situation.”

The belief that whales have agency and can communicate their needs to people isn’t unique to the Arctic. Farther south, on Washington’s Olympic Peninsula and British Columbia’s Vancouver Island, Makah and Nuu-chah-nulth whalers observed eight months of rituals meant to communicate respect in the mysterious language of whales. They bathed in special pools, prayed, spoke quietly, and avoided startling movements that might offend whales. Right before the hunt, the whalers sang a song asking the whale to give itself.

In Makah and Nuu-chah-nulth belief, as in many Arctic cultures, whales weren’t just taken—they willingly gave themselves to human communities. A whale that offered its body wasn’t sentencing itself to death. It was choosing to be killed by hunters who had demonstrated, through good behavior and careful adherence to rituals, that they would treat its remains in a way that would allow it to be reborn. Yupik tradition, for example, holds that beluga whales once lived on land and long to return to terra firma. In exchange for offering itself to a Yupik community, a beluga expected to have its bones given the ritualistic treatment that would allow it to complete this transition and return to land, perhaps as one of the wolves that would gnaw on the whale’s bones.

According to Hill, many of the objects aiding this reciprocity—vessels used to offer whales a drink of fresh water, amulets that hunters used to negotiate relationships with animal spirits—weren’t just reserved for shamanistic ceremonies. They were part of everyday life; the physical manifestation of an ongoing, daily dialogue between the human and animal worlds.

While Westerners domesticated and eventually industrialized the animals we eat—and thus came to view them as dumb and inferior—Arctic cultures saw whale hunting as a match between equals. Bipedal humans with rudimentary technology faced off against animals as much as 1,000 times their size that were emotional, thoughtful, and influenced by the same social expectations that governed human communities. In fact, whales were thought to live in an underwater society paralleling that above the sea.

a bowhead whale swimming amid multi-layer sea ice

It’s difficult to assess populations of animals that swim under the ice, far from view, like bowhead whales. But experienced Iñupiat whalers are good at it. Photo by Steven Kazlowski/Minden Pictures

Throughout history, similar beliefs have guided other human-animal relationships, especially in hunter-gatherer cultures that shared their environment with big, potentially dangerous animals. Carvings left behind by the Tunit, for example, suggest a belief that polar bears possessed a kind of personhood allowing them to communicate with humans; while some Inuit believed walruses could listen to humans talking about them and react accordingly.

Whether or not those beliefs are demonstrably true, says Hill, they “make room for animal intelligence and feelings and agency in ways that our traditional scientific thinking has not.”

Today, as archaeologists like Hill and Matthew Betts shift their interpretation of the past to better reflect Indigenous worldviews, biologists too are shedding new light on whale behavior and biology that seems to confirm the traits Indigenous people have attributed to whales for more than 1,000 years. Among them is Hal Whitehead, a professor at Dalhousie University in Nova Scotia who argues that cetaceans have their own culture—a word typically reserved for human societies.

By this definition, culture is social learning that’s passed down from one generation to the next. Whitehead finds evidence for his theory in numerous recent studies, including one that shows bowhead whales in the North Pacific, off the Alaskan coast, and in the Atlantic Ocean near Greenland sing different songs, the way human groups might have different styles of music or linguistic dialects. Similarly, pods of resident killer whales living in the waters off south Vancouver Island greet each other with different behaviors than killer whales living off north Vancouver Island, despite the fact that the groups are genetically almost identical and have overlapping territories.

Plus, calves spend years with their mothers, developing the strong mother-offspring bonds that serve to transfer cultural information, and bowhead whales live long enough to accumulate the kind of environmental knowledge that would be beneficial to pass on to younger generations. We know this largely because of a harpoon tip that was found embedded in a bowhead in northern Alaska in 2007. This particular harpoon was only manufactured between 1879 and 1885 and wasn’t used for long after, meaning that the whale had sustained its injury at least 117 years before it finally died.

Other beliefs, too, are proving less farfetched than they once sounded. For years, scientists believed whales couldn’t smell, despite the fact that Iñupiat hunters claimed the smell of woodsmoke would drive a whale away from their camp. Eventually, a Dutch scientist dissecting whale skulls proved the animals did, indeed, have the capacity to smell. Even the Yupik belief that beluga whales were once land-dwelling creatures is rooted in reality: some 50 million years ago, the ancestor of modern-day whales walked on land. As if recalling this, whale fetuses briefly develop legs before losing them again.

An Inuit hunter sits on a whale that’s been hauled to shore for butchering in Point Hope, Alaska, in 1900. Photo by Hulton Deutsch/Getty Images

Inuit hunters in Utqiaġvik, Alaska, paddle an umiak after a bowhead whale. Photo by Galen Rowell/Getty Images

None of this suggests that whales freely give themselves to humans. But once you understand the biological and intellectual capabilities of whales—as whaling cultures surely did—it’s less of a leap to conclude that cetaceans live in their own underwater society, and can communicate their needs and wishes to humans willing to listen.

With the dawn of the 20th century and the encroachment of Euro-Americans into the North, Indigenous whaling changed drastically. Whaling in the Makah and Nuu-chah-nulth Nations essentially ended in the 1920s after commercial whalers hunted the gray whale to near extinction. In Chukotka, Russian authorities in the 1950s replaced community-based whaling with state-run whaling.

Even the whaling strongholds of Alaska’s Iñupiat villages weren’t immune. In the 1970s, the International Whaling Commission ordered a halt to subsistence bowhead whaling because US government scientists feared there were just 1,300 of the animals left. Harry Brower Sr. and other whaling captains who’d amassed lifetimes of knowledge knew that figure was wrong.

But unlike other whaling cultures, Iñupiat whalers had the means to fight back, thanks to taxes they had collected from a nearby oil boom. With the money, communities hired Western-trained scientists to corroborate traditional knowledge. The scientists developed a new methodology that used hydrophones to count bowhead whales beneath the ice, rather than extrapolating the population based on a count of the visible bowheads passing by a single, ice-free locale. Their findings proved bowheads were far more numerous than the government had previously thought, and subsistence whaling was allowed to continue.

Elsewhere, too, whaling traditions have slowly come back to life. In 1999, the Makah harvested their first whale in over 70 years. The Chukchi were allowed to hunt again in the 1990s.

Yet few modern men knew whales as intimately as Brower. Although he eschewed some traditions—he said he never wanted his own whaling song to call a harpooned whale to the umiak, for example—Brower had other ways of communicating with whales. He believed that whales listened, and that if a whaler was selfish or disrespectful, whales would avoid him. He believed that the natural world was alive with animals’ spirits, and that the inexplicable connection he’d felt with whales could only be explained by the presence of such spirits.

And he believed that in 1986, a baby whale visited him in an Anchorage hospital to show him how future generations could maintain the centuries-long relationship between humans and whales. Before he died, he told his biographer Karen Brewster that although he believed in a Christian heaven, he personally thought he would go elsewhere. “I’m going to go join the whales,” he said. “That’s the best place, I think. … You could feed all the people for the last time.”

Perhaps Brower did become a whale and feed his people one last time. Or perhaps, through his deep understanding of whale biology and behavior, he passed down the knowledge that enabled his people to feed themselves for generations to come. Today, the spring whaling deadline he proposed based on his conversation with the baby whale is still largely observed, and bowhead whales continue to sustain Iñupiat communities, both physically and culturally.

Correction: This article has been updated to clarify the original purpose of the whaling amulet that caught Erica Hill’s attention in the Smithsonian warehouse.

 

Romain Pilliard - Ambassadeur d'Earthforce FS

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Le pavillon d'Earthforce FS flottera à nouveau dans le vent lors de la prochaine édition de la Route du Rhum en 2022. C'est le champion de l'économie circulaire, le navigateur Romain Pilliard, classé 4ème en catégorie "Ultime" à la Route du Rhum 2018 qui le hissera sur le mat de son trimaran Remade - Use It Again !

Ce bateau avait été utilisé auparavant pour la Route du Rhum 2010 par Philippe Monnet et par Ellen MacArthur pour le record autour du monde en solitaire en 2005. Romain Pilliard devient ainsi l'Ambassadeur de notre ONG d'action environnementale et sensibilisera le public à la préservation des mers et des océans. Merci à ce "Guerrier Pacifiste" et Bon Vent !

https://www.useitagain.earth/team/le-skipper/

https://www.facebook.com/RomainPilliardUseItAgain

https://www.brut.media/fr/sport/le-trimaran-recycle-du-navigateur-romain-pilliard-3a5829bf-98f2-48b8-a9c4-896f529ac842

#earthforcefightsquad #pacifistwarriors

 

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Do you know "Flake Fish" ?

Flake shark

Have you seen flake on the chalkboard at your local fish and chip shop in Australia but never really known what it is? Generally speaking, flake refers to several species of shark. 

What is flake fish? 

The name ‘flake’ refers to two species of gummy shark according to the Australian Fish Name Standard - the gummy shark from Australia (gummy shark) and the rig shark from New Zealand. The Australian Sustainable Seafood Guide explains that, “as the standard is not currently legally binding, shark meat from other species is also termed ‘flake’.“ This is where things get a little bit murky because people can’t identify which variety of shark they’re selling consumers. 

In 2015, an investigation by Greenpeace found that out of 23 Melbourne takeaway venues, seven of nine stores who thought they were selling gummy shark were actually selling school shark. And of the other 14 stores who advertised the fish as “flake” DNA testing revealed that seven were gummy shark, four school shark and two were rig sharks. This is why we’re seeing calls for better labelling systems.

Common names accepted for commercial use for shark:

Huss

Dogfish

Rock eel

Rigg

Flake 

Rock salmon are all common names for certain species of shark. 

Source: Department for Environment, Food and Rural Affairs (Defra)

Risks

Fish in particular flake contains high levels of mercury which is why its intake is often limited as it can have negative effects on the nervous system. For the general population, the FSANZ recommends that shark (and other specific fish like broadbill, marlin and swordfish) is eaten no more than once a week. For pregnant women, women planning pregnancy and young children it is recommended that they should not eat flake “no more than once a fortnight and should not eat any other fish during that fortnight.”

Alternatives

If you’re looking for an alternative to shark, try swordfish steaks and if you’re looking for a milder option opt for a white-fleshed fish like cod.

#earthforcefightsquad #pacifistwarriors

Nouveau partenariat

Earthforce FS / CWI (antenne caribéenne) vient d'établir un partenariat avec Aventure Cétacés nous permettant de réaliser des sorties d'observation en mer en Côte Sous le Vent. Cette science participative incitera nos bénévoles à s'investir plus ainsi que d'approfondir leurs connaissances sur la vingtaine d'espèces de mammifères marins qui évoluent dans la mer des caraïbes dont les plus connues sont les baleines à bosse, les cachalots, plusieurs espèces de dauphins, les globicéphales et les orques. Merci de nous accueillir à bord de leur embarcation au départ de Malendure face à la Réserve Marine Cousteau.

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Le lien vers leur site => https://aventurecetaces.com

Ocean Decade 4 Sustainable Development

 

Our NGO has applied to participate in the United Nations program "Ocean Decade for Sustainable Development". Our project aims to conserve the ecosystem from "ridge to reef" with support from communities, local institutions and other stakeholders. We also call for the implementation of an ECO-Patrol using community rangers and working with a network of local informants to tackle illegal activities such as pollution, logging and poaching.

=> https://www.oceandecade.org/about

Notre ONG a postulé au programme des Nations Unies "Ocean Decade for Sustainable Development". Notre projet vise à sauvegarder l’écosystème de "cimes au récif" avec le soutien des communautés, des institutions locales et d’autres parties prenantes. Nous préconisons également la mise en œuvre d’une ECO-Patrol utilisant des polices communautaires et collaborons avec un réseau d’informateurs locaux pour lutter contre les activités illégales telles que la pollution, l’exploitation forestière et le braconnage.

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New Year Wishes

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We just kicked out a complicated year. The next that starts will be synonymous with even more fierce battles in perspective whether personals or collective. Let's remain united in the fight for our ideas and our philosophy for the preservation of nature and life. Happy New Year to all pirates of heart, to all Pacifists Warriors

On vient de sortir d’une année compliquée. Celle qui démarre sera synonyme de batailles encore plus décisives en perspective, qu’elles soient personnelles ou collectives. Alors restons unis dans la lutte pour nos idées et notre philosophie pour la préservation de la nature et de la vie. Bonne année à tous les pirates de cœur, à tous les Guerriers Pacifistes.

Your Captain

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#earthforcefigtsquad #pacifistwarriors #stopeatsharkmeat

Le coût des catastrophes naturelles en 2020

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Les dix catastrophes météo les plus coûteuses de 2020 ont presque atteint les 150 milliards de dollars de dommages assurés, un chiffre plus important qu'en 2019 qui reflète l'impact grandissant du réchauffement climatique, selon une ONG britannique.

Ces dix catastrophes ont fait également 3.500 morts et ont déplacé plus de 13,5 millions de personnes, selon le rapport annuel de Christian Aid. Des méga-feux qui ont ravagé l'Australie aux ouragans en série dans les Caraïbes, le véritable coût des événements climatiques extrêmes de 2020, renforcés par le réchauffement, est en réalité bien plus élevé, la plupart des dommages n'étant pas assurés, insiste l'ONG.Et sans surprise, les pays pauvres ont payé le prix le plus lourd, avec seulement 4% des pertes économiques causées par les événements météo extrêmes assurées, contre 60% dans les pays riches, selon le rapport qui cite une récente étude publiée dans The Lancet.

Les catastrophes météo ravageaient bien sûr la planète avant l'entrée en scène des dérèglements climatiques provoqués par l'Homme, mais la hausse de la température d'au moins 1,1°C depuis le début de l'ère industrielle augmente leur fréquence et leurs impacts. "Que ce soit les inondations en Asie, les sauterelles en Afrique ou les tempêtes en Europe et en Amérique, le changement climatique a continué à faire rage en 2020", a commenté Kat Kramer, responsable climat de Christian Aid. Cinq des plus coûteuses catastrophes de 2020 étaient liées à une mousson particulièrement importante en Asie. "Les inondations de 2020 ont été parmi les pires de l'Histoire au Bangladesh, avec plus d'un quart du pays sous l'eau", a commenté Shahjahan Mondal, climatologue à l'université d'ingénierie et de technologie du Bangladesh. D'autre part, un grand nombre de ces catastrophes ont causé des dégâts d'au moins 5 milliards de dollars, comme le cyclone Amphan dans le golfe du Bengale en mai, les incendies de l'ouest des Etats-Unis pendant l'été et l'automne, ou ceux qui ont ravagé l'Australie en janvier. La saison record pour les ouragans de l'Atlantique, avec une série sans précédent de 30 tempêtes suffisamment puissantes pour être nommées, a elle provoqué au moins 400 morts et 41 milliards de dollars de dégâts aux Etats-Unis, en Amérique centrale et dans les Caraïbes, selon Christian Aid. Parmi les dommages les plus importants de cette année 2020, l'ONG note aussi deux tempêtes qui ont balayé l'Europe causant un total de 5,9 milliards de dollars de dommages: Ciara au Royaume-Uni et en Irlande en février, et Alex en France et en Italie en octobre. L'augmentation des catastrophes climatiques correspond aux prévisions des scientifiques. Et les progrès ces dernières années de la science dite "d'attribution" permet désormais d'évaluer combien de fois est plus probable un événement particulier en raison du réchauffement.

L'accord de Paris sur le climat prévoyait de limiter le réchauffement bien en dessous de 2°C, si possible 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle, mais les engagements de réduction de gaz à effet de serre des Etats sont toujours insuffisants pour atteindre ces objectifs. Nous y sommes déjà...

Sources: AFP / Christian Aid => https://www.christianaid.org.uk/resources/our-work/counting-cost-2020-year-climate-breakdown

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Un océan vivant

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Ce genre de bateau usine tel ici le Scombrus (photo) baptisé en grande pompe le 25 septembre dernier à Concarneau en présence des autorités dont la ministre de la mer, sont ravageurs pour les écosystèmes océaniques et la pêche artisanale. Il y a quatre millions de bateaux de pêche dans les océans dont 40 % d’entre eux ont une pratique illégale. La surpêche en nombre détruit les populations de poissons, rejette à l'eau toute espèce qui n'est pas rentable et fait des victimes collatérales prises accidentellement dans les filets, requins et dauphins. Il faudrait mettre en place d'urgence une réglementation européenne et mondiale pour limiter les dégâts avant que les mers et les océans ne soient entièrement vidés de leurs ressources et les fonds marins détruits. Une gestion halieutique intelligente s'impose si nous voulons garder un milieu marin abondant de vie et en bonne santé pour le bien de l'humanité !

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Le "Scombrus" est un chalutier pélagique de 81 mètres appartenant à la compagnie France Pélagique qui est une filiale française du géant néerlandais Cornelis Vrolijk, dont l’empire tentaculaire étend son emprise bien au-delà de l’Europe, de la France au Nigéria, en passant par le Royaume-Uni. Outre son amour inconsidéré pour les chalutiers géants de plus de 80m - et jusqu’à près de 130m de long - Cornelis Vrolijk est également l’un des puissants promoteurs de la pêche électrique.

La Nature, le Capitalocène et l'Effondrement

  • Par
  • Le 27/03/2020
  • Dans Eco

La conférénce que j'ai présenté pour la première fois le 22 mai 2019 en Guadeloupe. Bien avant le Covid-19. Je la publie en ce temps de confinement, pour vous permettre de lire ma réfléction à ce sujet. Bonne lecture "chez vous" à la maison.

La Nature, le Capitalocène et l'Effondrement

La Nature, le Capitalocène et l'Effondrement

Avant propos

Hier encore, la Dominique dressait ses collines émeraude au-dessus de la mer turquoise. En août 2017, elle était recouverte de forêts d'un vert à nul autre pareil, chaque sommet, chaque ravin débordant de végétation. Île la plus montagneuse de la région, au couvert forestier le mieux préservé, elle était une merveille de splendeur naturelle, mais pauvre. La plupart de ses 70 000 habitants vivaient chichement sur de petites exploitations, ajoutant aux bananes plantains et ignames, un peu de pêche et de tourisme. L'île avait déjà subi une première tempête en 2015, Erika, qui avait déversé des torrents d'eau sur les collines dont certaines s'étaient effondrées.
Le 18 septembre 2017, l'ouragan Maria soudainement passé en catégorie 5 (niveau extrême encore rarement atteint), a frappé de plein fouet la Dominique. En une nuit l'île verte est devenue marron. Des vents d'une extraordinaire férocité avaient purement et simplement soufflé le couvert forestier. Si Erika n'avait fait qu'égratigner l'île, Maria l'avait littéralement écorchée. Cette fois, la totalité des infrastructures – maisons, routes, ponts, hôpitaux, écoles – avaient été pulvérisées et le secteur agricole réduit à néant. Le coût financier était estimé à deux fois le produit intérieur brut (PIB) du pays, mais, comme le nota l'agence d'information IRIN: "le sentiment de perte dépasse le chiffrable. Les descendants d'esclaves qui peuplent la Dominique n'ont pourtant rien fait pour réchauffer la planète, pas plus que les derniers Indiens Kalinagos qui y survivent. Les agriculteurs pauvres qui améliorent leurs fins de mois comme chauffeurs de taxi ou vendeurs de rue ne produisent que des empreintes carbones négligeables, et n’ont aucun pouvoir sur la fourniture mondiale d'énergie. Or, ce sont précisément eux qui ont péri sous les coups de boutoir de l'hypercyclone.

Ils ont fait quoi, les habitants de la Micronésie pour favoriser l'emballement climatique ? Ces îles oubliées du Pacifique lointain, accrochées sur l’équateur à mi-chemin entre l’Australie et Hawaï, un archipel d’une île et de 32 atolls, dont 12 seulement sont habités. Minuscule Etat de Micronésie aux 110 000 âmes sur des poussières de terre ferme, 726 km , soit Paris et sa couronne, dispersées sur un immense espace maritime de 3,5 millions de kilomètres carrés d’eaux territoriales, soit l’Inde. Les Kiribati en gilbertin, la langue austronésienne parlée par les habitants originaires. A l’exception de l’île Banaba, les plus hauts reliefs font 3 mètres. Ce mince affleurement en pleine mer leur est aujourd’hui fatal. En effet, les derniers modèles effectués sur la fonte de la calotte antarctique et sa fracturation en énormes icebergs laissent à penser que le niveau des océans du monde pourrait s’élever de 1 mètre à 1,80 m d’ici à 2100. Leurs terres seraient alors submergées. Aujourd’hui déjà, sur l’atoll de Tarawa, le plus peuplé, la population a dû dresser des digues de fortune et planter des palétuviers pour contenir la mer qui, à chaque tempête, s’infiltre un peu plus, érode les côtes et salinise les sols sur lesquels plus rien ne pousse. Au moins huit petites îles ont déjà été englouties. Les îles du Pacifique vont être les plus frappées par les effets du changement climatique. Avant la fin du siècle, ces îles vont devoir être abandonnées par leurs populations.
Nous vivons dans l'Anthropocène, une époque dans laquelle notre espèce particulière tient désormais les rênes des forces de la nature et décide de la trajectoire de la planète, comme cela se voit surtout dans le domaine climatique. L'humanité dans son ensemble serait donc responsable des catastrophes qui en découlent ? L’Homme est-il allé trop loin ? Avons nous enclenché sans le savoir, un processus irréversible qui mènera à l’effondrement de notre civilisation ? Possible...

Le préambule

Quand j'étais gamin, j'allais souvent à la campagne chez mes grands parents paternelles. J'adorais ça. Nous étions dans les années cinquante/soixantes en Europe centrale et la vie était bien différente de celle d'aujourd'hui. Je ne parle pas de technologie, d'industrie ou des progrès scientifiques naissants, mais tout simplement d'une vie saine et simple dans un écosystème riche et à la nature encore relativement vierge et préservée. Je revois ces images du passé comme si c'était hier. Avec mon grand père, qui après avoir été soldat pour François Joseph dans son armée de l'Empire austro- hongrois en guerre 14-18 où il a appris le métier de boulanger, faisait un petit boulot de garde forestier. Nous prenions souvent des vélos et allions au champignons quand c'était la saison. Les villages vivaient aux rythme des saisons. Forcément, il connaissait tous les bons coins comme sa poche et nous ne rentrions jamais bredouilles, nos paniers remplis de cèpes. Au retour, nous nous arrêtâmes parfois au bord des chemins pour y cueillir des fruits, des pommes, poires, cerises, abricots et prunes que mon papi faisait fermenter dans des grands futs en chêne et ensuite distillait dans son alambic artisanal pour en faire une eau de vie arrache-gueule. C'était complètement interdit, mais il s'en foutait. L'important c'était d'avoir du bon remontant pour les fêtes, pour supporter l'hiver et pour un petit coup le soir avant d'aller se coucher. Pas de télé, c'était le journal le matin, la radio le soir, un petit coup de gnôle et dodo. Tout était à portée de main et rien ne se perdait. Pas de poubelle à la maison. Le journal servait à allumer le feu et à se torcher les fesses, les restes des repas servaient à nourrir les animaux : poules, lapins, chèvre et cochon. Même le chien avait sa part. Mon grand père avait aussi un cheval et une carriole pour aller chercher le foin qu'il stockait dans le grenier pour nourrir les animaux l'hiver et leur protéger le sol. Son crottin mélangé aux autres excréments d'animaux servait comme engrais au potager ou était répandu dans les champs. On y récupérait les patates, de la betterave, du maïs et du blé, tout ce qui a été laissé par la coopérative et que se partageaient les villageois. C'était le troc : des œufs frais contre du lait frais, une poule ou un poulet contre de la farine, des fruits contre des champignons.... Quand on tuait le cochon, tout le monde participait à la fête et au repas, puis repartait chacun avec quelque chose : boudin, andouillette, des côtelettes. On faisait des saucisses, du saucisson et du jambon. Du lard et du saindoux pour la cuisine. Je n'aimais pas quand on tuait les animaux, que ce soit mon pote lapin, une poule, un canard ou le cochon. Je ne voulais pas les manger, car c'était comme si on me donnait à manger un ami. Mais bon, c'était comme ça. En attendant, tout se récupérait et rien n'était perdu ni jeté. Les plumes des oies et des canards servaient à faire les édredons pour l'hiver et mêmes les cendres du poêle servaient à remblayer les chemins ou à les saupoudrer lors des gelés hivernales ou des tempêtes de neige. Mes grands parents n'achetaient pas grand chose chez l'épicier. Du sel, des épices, du sucre, du riz et de la bière en bouteilles de verre consignées. Le pain était fait maison. Pas de frigo, c'était le puit qui fournissait l'eau potable et qui l'été était l'endroit le plus frais ou alors la cave. Pas de plastique, du papier seulement. Quand il y avait besoin, ils s'aidaient les uns les autres. Chacun apportait son savoir-faire et les outils pour les constructions, les réparations, la mécanique, il y avait le menuisier, le ferronnier et le maréchal ferrant. Une vie simple réglée au rythme de la nature et en accord avec elle.
Les vacances finies, je retournais en ville en train à vapeur, plus tard en voiture quand mon père a pu en acheter une. Une Ford. Parfois aussi en Harley Davidson avec un side-car que mon grand- père avait récupéré de l'armée américaine. Sinon, on marchait beaucoup en ville, nous prenions le tram et le trolleybus. Nous sommes devenus ''urbains'' et il fallait se débrouiller faute de moyens. On ne mangeait la viande que le dimanche, et les jours de fête. Le reste du temps c'était du ''végétal'' vu que nous avions un potager sur un petit lopin de terre avec quelques arbres fruitiers, des légumes et quelques ruches et ma mère faisait des prouesses d'invention des plats et des soupes surtout l'hiver. Confitures, miel maison, même la vie en ville était encore réglée au rythme des saisons. Vendredi c'était le jour du poisson quand il y en avait. Nous étions loin de la mer. La première fois que je l'ai vu, c'était la Baltique avec mes parents et ma soeur, je devais avoir 13 ans. Elle était agitée, froide et magnifique. La mer m'a envouté instantanément. J'ai commencé à traverser l'Europe, qui était loin d'être unie à cette époque avec frontières, passeports et visas, seul ou avec mon pote Tom à l'âge de dix sept ans. En train et en stop, sans un sou. Pour nous en faire un peu, nous faisions la manche en chantant avec nous guitares les chansons de Bob Dylan. Ça marchait plutôt bien, nous n'étions pas trop mauvais et les gens nous laissaient parfois même quelques billets. L'été terminé, début septembre, c'était le retour au bahut. Tout ce que j'ai vu à cette époque là a disparu ou a été sérieusement endommagé et progressivement changé. Dans les années soixante nous ne buvions pas de l'eau dans des bouteilles en plastique, du lait ou du jus de fruits dans des briques, les forêts étaient vertes et abondantes. Il n'y avait ni les énormes zones industrielles ni commerciales. Enfant, j'ai toujours été attiré par les indiens, les tipis, je me fabriquais des mocassins, l'arc et les flèches. Mon grand père m'avait appris la forêt, alors j'aimais parfois m'y réfugier tout seul, le visage peinturluré, avec une plume dans les cheveux, en dormant une nuit dans un tipi que j'avais construit selon les méthodes ancestrales décrites dans les vrais livres car il n'y avait ni écrans, ni portables, ni PS4 ni des tutos YouTube. Je me passionnais pour Jules Vernes, Mark Twain ou des romans d'aventures indiennes comme Winnetou de Karl May et il n'y avait que la faim qui me rapatriait à la maison, car avec mon arc je n'arrivait pas à chasser un pauvre lièvre qui passait par là.

Prise de conscience

Dans les sixties le monde était encore à peu près naturellement ''durable'' et écolo, mais ayant fuit le collectivisme soviétique imposé et la dictature communiste pour une vie à l'occidentale, je m'en souciais que peu. Nous ne savions même pas ce que le mot ''écologie'' voulait dire, je ne me rappelle même pas s'il existait déjà et qui l'avait inventé. Sûrement encore un allemand (Ernst Haeckel (1)). Le sex libéré sans menace du sida oui, l'alcool, les drogues, la musique rock à fond, la crinière au vent, les motos, les bagnoles, mais une conscience écologique ? Woodstock à poil dans la boue, c'était écologique ? Mai 68 à Paris ou le printemps de Prague ? Pas trop l'ambiance à l'écologie...Mais, petit à petit le gens commençaient à s'inquiéter tout en devenant ''urbains'' et en prenant de la distance avec la nature de nos grands parents jusqu'à en perdre complémentent le lien. L'écologie m'est peut-être apparue pour la première fois en tant que telle avec la création du Earth Day en 1972 à Stockholm en Suède, et encore. Qu'à travers les journaux et la télé où j'ai commencé à travailler à Paris en 1974, mais notre soucis était plus la guerre du Vietnam que l'écologie. Mon retour au monde naturel à dose homéopathique, je l'ai vécu par hasard à travers mon prof de fac, l'ethnologue Jean Rouch, spécialiste de l'Afrique des ''sauvages'', un passionné débonnaire et l'extraordinaire bricolo de sa légendaire Paillard-Bolex H-16mm à ressort. Puis lors de mon voyage au cœur de l'Amazonie dans une tribu d'amérindiens n'ayant eu aucun contact préalable avec la civilisation.

Je connaissais la forêt par cœur, cette forêt de chez nous, pas la tropicale, amazonienne et hostile. Après la mer, c'était pour moi une autre découverte extraordinaire, surtout des humains qui s'y cachaient depuis le début de l'humanité. Qui vivaient en harmonie et accord parfait, fondus dans cette nature sauvage et qui était leur source d'existence. J'ai alors réalisé, qu'aucune espèce vivante ne pouvait survivre en dehors de trois principes fondamentaux :

Le principe de la biodiversité : chaque écosystème est dépendant des espèces qui l’occupent
Le principe de l’interdépendance : chaque espèce dépend l'une de l'autre
Le principe des ressources épuisables : toute ressource est limité dans le temps
C'était le début de ma prise de conscience ''écologique '' qui m'a conduit vers un constat indéniable et qui, actuellement, se traduit par un effondrement général de l'espace nature et des espèces qui l'occupent.

Les faits

L'augmentation de la population d'une espèce va provoquer un déséquilibre dans les ressources qui a leur tour vont provoquer d'un coté l’effondrement et de l'autre la prolifération d'autres espèces. Je m'explique : le réchauffement climatique par exemple, impacte la température de l'océan et augmente la pression sur sa capacité d'absorption du CO2, fait fondre des glaces et l'apport volumétrique supplémentaire en eau douce et le surplus du CO2 atmosphérique engendrent son acidification qui elle, provoque le stress du corail, son blanchiment et la mort du récif. L'acide dissout sa coquille et son squelette calcaire. La lente disparition de phytoplancton depuis des années cinquante a provoqué une diminution de 40% de production de l'oxygène et a engendré l'impact sur la chaine alimentaire halieutique aidé par la surpêche pour nourrir les populations croissantes. Plus de population=plus de consommation=diminution de ressources=effondrement. C'est imparable. Les humains ont cette incroyable capacité à la destruction et ce depuis l'époque des chasseurs- cueilleurs et tout s'est accéléré exponentiellement à partir de la première révolution industrielle. Avec la démographie croissante les ressources diminuent jusqu'à leur raréfaction, voire disparition et vu que nous impactons toutes les ressources, nous impactons aussi la nature, le vivant et son habitat. L'océan joue un rôle primordial, déjà en tant que régulateur de température, absorbeur de CO2 (2/3) et producteur d'oxygène à la hauteur d'environ 70%. Plus que les forêts (1/3), donc, alors s'il est déséquilibré, toute la chaine climatique et alimentaire en est forcément bouleversée. Il y a plusieurs attitudes négatives face à de tels bouleversement :

1-Le déni
2-L'acceptation et fuite en avant favorisant le développement perpétuel
3-L'acceptation de l'idée que ce même développement permettra de trouver des solutions

4-L'acceptation dépressionnaire et constat d'impuissance
5-L'apathie, l'attente et peur de l'échec
6-Le fatalisme de l'inévitable

Le déni est motivé soit par l'avarice, soit par l'ignorance. Quelque climato-sceptiques y voient même une opportunité de développement de l'agriculture, de nouvelles sciences salutaires et d'écosystèmes artificiels planétaires. Pour les politiques, chercher des solutions réalistes n'est pas une solution, car les mesures à prendre seront forcément impopulaires avec la perte d'électeurs et du pouvoir à la clé. La majorité de la population est apathique car, ou préoccupée par son égocentrisme matériel ou par sa simple survie. A partir de ce moment précis, il est très facile de prévoir le futur de l'humanité : plus de guerres pour des ressources rares et indispensables, l'invasion des espaces par les réfugiés climatiques (200 à 500millions d'ici la fin du siècle), plus de pauvres exploités par une minorité des plus riches, plus de désastres (ouragans, inondations, incendies...), plus d'épidémies, l’effondrement de la biodiversité et du vivant. Ces dernières 50 années 60% de vertébrés ont disparu sans parler des insectes dont le taux de disparition est 8x plus élevé. Depuis trente ans, la biomasse totale des insectes diminue de 2,5 % par an et la principale cause en est la perte de leur habitat majoritairement due aux pratiques agricoles intensives et aux immenses champs en monoculture avec la destruction des haies. La chaine suit : les reptiles, batraciens et les oiseaux disparaissent en nombre à leur tour, mais aussi les petits rongeurs et les poissons. Un déclin qui pèse sur la biodiversité et notre alimentation car 75% des sortes de plantes que nous mangeons sont liées à la pollinisation. Les céréales pollinisées par le vent (blé, riz) représentent environ les deux tiers de notre consommation de produits agricoles et le tiers qui reste en termes de tonnage, ce sont les légumes, fruits et les cultures à forte valeur ajoutée, donc les plus précieuses en termes de nutrition. Cette crise est mondiale. Toute la chaîne alimentaire mondiale pèse pour un tiers des émissions de CO2 le reste est rejeté par l'économie dont l'énergie.
Nous voilà désormais déjà dans l’urgence et l’obligation d’agir, notamment en matière de maîtrise de l’utilisation des pesticides dont l’impact est le plus lourd pour ces insectes et animaux.
De ce constat anthropocènique est née la ''collapsologie'', la pseudo-science de l'inévitable et de l'effondrement systémique global : la fin de la période de la plus grande abondance matérielle jamais connue au cours de l’histoire humaine. Une abondance fondée sur des sources temporaires d’énergie concentrée et bon marché qui a rendu possible tout le reste , le processus à l’issue duquel les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, etc.) ne sont plus fournis à une majorité de la population par des services encadrés par la loi selon Yves Cochet. L'humain est son propre ennemi et la cause de sa propre disparition. L'anthropocène s'apparente au suicide car nous sommes dans une courbe exponentielle à l'accélération inévitable et sans freins, ce qui nous mène droit dans le mur vu que la démographie finira par exploser, les ressources par s 'épuiser et la fuite sera impossible car l'espace planétaire n'est pas extensible et sera définitivement impacté par nos activités humaines : les océans de plastique sans vie, les sols inféconds détruits par la chimie, la désertification, l'eau rare polluée et irradiée, l'air vicié. Tchernobyl et Fukushima étant à nos yeux les deux pires catastrophes dans l'histoire des crimes écologiques, aujourd'hui nous agissons comme si cela ne s'était jamais produit. Nous sommes devenus une espèce sociopathe perdant son empathie et compassion vis-à-vis d'autres espèces, de la nature et du vivant capables de massacrer 60milliards d'animaux en une année rien que pour notre nourriture tout en voulant contrôler la nature, alors que c'est elle qui nous contrôle. La solution consisterait peut-être et entre-autres à sortir de l’anthropocentrisme et adapter enfin le biocentrisme, un courant de l'éthique environnementale généralisant l'approche Kantienne (2) à tous les êtres vivants. Ces derniers doivent être considérés comme des fins en soi, c'est-à-dire comme possédant une valeur intrinsèque qui leur donne droit au respect. Nous avons un besoin urgent de retrouver une vie en harmonie avec toutes les autres espèces. Sans écologie, il n'y a pas d'économie. L'humanité est dotée de plein de qualités d'imagination, d'amour, de passion et de courage pour construire un nouveau monde, un nouveau modèle de société et est tout à fait capable de développer des alternatives durables à l'agriculture, à l'énergie tout en respectant notre planète. Nous avons des penseurs, des leaders, des philosophes, des scientifiques, des activistes, des artistes et des enseignants capables d'exploits et leur nombre va aussi en croissant. La solution à un problème impossible se trouve dans la découverte d'une solution impossible jusqu'à lors. L'impossible peut et doit devenir possible. Le monde ne nous appartient pas, nous en sommes que des locataires passagers et nous devons le transmettre en bon état aux générations à venir. La condition à la prise de conscience de masse est assujettie par deux
facteurs essentiels:
1-
la visibilité réelle de la destruction et son impact personnel immédiat

2- la disparition du travail et de ressources vitales

Alors pourquoi tout va s’effondrer ?

Nous partageons tous les souvenirs d’un été caniculaire qui, avec les températures suffocantes, la sécheresse, les feux de forêt, la prolifération des algues toxiques et les inondations, nous a fait éprouver dans notre chair et au quotidien les conséquences d’un changement climatique trop souvent réduit à une kyrielle de chiffres abstraits. C’est à ce moment précis que Nicolas Hulot, ministre et icône de la transition écologique, annonce sa démission en réaction à la politique d’un gouvernement hypnotisé par le court terme et paralysé par le poids de lobbies. Cette démission apparaît comme un signal d'alerte face à l'inertie collective des consciences et des comportements. Et ce, alors même que des indicateurs de plus en plus nombreux montrent que "La grande accélération" de la crise écologique prend la forme d'un effondrement qui pourrait remettre en question notre civilisation et même jusqu'à la survie de l’espèce. Théoricien de l’Hypothèse Gaïa, James Lovelock prédisait en 2006 qu’avant la fin du siècle 80 % de la population de la planète aura disparu ! Il écrivait : ''Notre avenir est semblable à celui des passagers d’un petit bateau qui naviguerait tranquillement vers les chutes du Niagara, sans savoir que les moteurs sont sur le point de tomber en panne.'' Voici qu'une étude parue l'été dernier va dans ce sens en évoquant la possibilité d’une "bascule climatique" : un point de non-retour à partir duquel toute la dynamique climatique de notre planète pourrait s’emballer et devenir irréversible.

Développé par différents auteurs, le concept de "Capitalocène" permet de mieux comprendre les origines et les conséquences de cet effondrement écologique, et d’imaginer, à partir de cette prise de conscience, des stratégies pour le freiner. La profondeur des transformations environnementales opérées par le capitalisme feraient entrer la terre dans une nouvelle ère géologique, le Capitalocène, qui fait suite à l’Holocène, une période couvrant les dix derniers millénaires. Le dérèglement climatique, dû aux pollutions émises par l’extraction et la consommation d’énergies fossiles, n’est pas séparable de l’émergence du Capitalisme. Désignant sensiblement la même réalité phénoménologique que l’Anthropocène, le Capitalocène est un concept qui prend comme point de départ l'idée que le capitalisme est le principal responsable des déséquilibres environnementaux actuels. La responsabilité de l'exploitation des énergies fossiles sur la dégradation de l'environnement n'est plus à prouver et ce sont bien quelques dizaines d'entreprises qui s'enrichissent sans redistribuer leurs profits vers la sauvegarde de l'environnement.

Mais bien au-delà d’un mode de production, le capitalisme c'est une vision du monde c'est à dire à la fois un rapport social, un mode de subjectivation et de pensée, un imaginaire qui se décline à travers des représentations culturelles ainsi qu'une certaine idée de l'être humain réduit à son rôle économique de producteur/consommateur animé par la maximisation de ses intérêts égoïstes. Cette vision du monde exprime l'hégémonie de la valeur marchande et de l’abstraction économique sur la vie concrète, les communautés humaines et le milieu naturel. Il va sans dire que l’histoire de l’interaction entre l’humain et son environnement remonte aussi loin que l’histoire humaine. Depuis le début de l’hominisation, l’humain a eu à transformer, aménager, mettre en forme la nature de diverses manières pour produire ses moyens de subsistance et pour répondre à ses besoins élémentaires ( se nourrir, se vêtir et se loger). Comme notre nourriture, par exemple, ne se retrouve pas à l’état brut dans la nature, il est nécessaire de la modifier pour arriver à se nourrir (cueillette, pêche, préparation, cuisson, etc.), au même titre que nos vêtements et nos lieux d’habitation. Ce serait davantage la mise en forme de cette activité dans le contexte sociohistorique à l’intérieur duquel elle se déploie qui serait la source de cette transition géologique. Cette mise en forme historique a été conceptualisée par Marx comme le mode de production, expression qui désigne une manière, une façon de produire historiquement nos moyens d’existence et de répondre à nos besoins (eux aussi spécifiques au contexte socio-historique). Au cours de l’histoire occidentale, plusieurs modes de production se sont succédé (tribal, communal, féodal) avant que le capitalisme ne se taille une place comme mode de production dominant, et ce, au terme d’une histoire "inscrite dans les annales de l’humanité en caractère de sang et de feu". Telle est bien la grande rupture opérée par le capitalisme: pour la première fois dans l’histoire, voilà donc un mode de production qui met au principe de son fonctionnement le fait de déconnecter la production des besoins humains, et qui produit d’autant mieux, d’autant plus et d’autant plus efficacement qu’il échoue à satisfaire les besoins les plus élémentaires du plus grand nombre. Ce serait entre autres ce caractère illimité de l’accumulation du capital, qui se déploie sur une planète par définition limitée, qui serait à la source des dérèglements environnementaux et de notre sortie de l’Holocène. Attribuer la crise environnementale actuelle à une certaine conception de la nature humaine reviendrait en ce sens à naturaliser, ''déshistoriciser'' et dépolitiser un mode de production spécifique à un contexte socio- historique. Imputer le changement climatique à l'humanité entière revient à dédouaner le capitalisme. À l’acceptation de cette idée (lente et laborieuse dans le mouvement écologiste actuel), il devient tortueux d’aborder les causes de la transition écologique sans faire de politique...

Un des principaux intérêt du concept de Capitalocène est bien de mettre en exergue la relation organique qui existe entre écosystèmes naturels, organisation sociale et système techno-économique. Ce qui permet de se libérer d'une approche purement environnementale, scientifique et technocratique de l'écologie pour développer une vision intégrale qui prend en compte toutes les dimensions de notre relation au milieu naturel: économique et sociale, politique et technique, culturelle et spirituelle. Dans son interview à France-Inter, Nicolas Hulot a prononcé une phrase-clé:"C'est un problème de démocratie: qui a le pouvoir?'' Qui, en effet, a le pouvoir dans nos démocraties ? La réponse est claire: le capital financier globalisé. Les oligarchies financières détiennent le pouvoir, pas le ministre de l'écologie. Les oligarchies ont une seule stratégie: la maximalisation du profit dans le temps le plus court et souvent à n'importe quel prix humain ! On peut ne peut pas humaniser, améliorer, réformer un tel système. Il faut l'abattre. Aucun des systèmes d'oppression précédent comme l'esclavage, le colonialisme, la féodalité, n'a pu être réformé. L'oppression ne se réforme pas...face à la perspective d'effondrement, il ne peut y avoir de "sursaut radical" sans la conjonction d'une critique social radicale, capable de nous libérer de l'emprise capitaliste, et d'une vision intégrale capable d'imaginer le saut évolutif vers un nouveau stade du développement humain qui se manifesterait à travers une nouvelle forme - globale et systémique - de conscience/culture/société. Le système qui nous fait vivre et prospérer actuellement est un système globalisé, productiviste et consumériste organisé par le capitalisme, asservissant l'home par l'argent et dépendant du capital. L'homme a déjà fait l'expérience de systèmes productivistes comme, par exemple, celui du communisme qui en opposition au capitalisme était dogmato-idéologique. Le résultat final a aussi fait naître une caste supérieure dominante asservissant le peuple. Les biens qu'il dégageait en quasi autarcie lui étaient uniquement destiné et le machinisme prolétarien dont les libertés étaient restreintes ou absentes, servait exclusivement à son profit et à sa défense. En se libérant du totalitarisme idéologique, l’assujettissement de l'humain ne se fait uniquement que par la dépendance à l'argent produit par le travail fabriquant de la marchandise. L'esclavage étant l'exploitation de l'homme par l'homme, le capitalisme est l'exploitation de l'homme libéré d'esclavage par le biais de l'argent qu'il produit lui-même avec le concours de la machine. Si on y réfléchi bien, c'est exactement la même chose exceptant la liberté de choix. Aujourd'hui dans notre société post-moderne occidentalisée, nous avons le choix de refuser ou alors nous y assujettir par nous-mêmes. C'est la seule et unique différence : le libre choix de continuer à produire de l'argent ou de construire un nouveau modèle de société solidaire, de partage et de loisirs par exemple, dont le travail disparaîtrait, mais au profit de l'homme aidé par la machine qui lui procure de l'argent et dégage du temps libre. Ce n'est pas le cas. Le travail, de plus en plus précarisé, disparaît partout au profit de la machine, mais l'argent gagné ne profite qu'à celui qui la possède. C'est à dire à 1% de la population mondiale (3). L'homme a d'abord crée l'outil dont il s'est servi dans son évolution pour construire la machine, les deux destinés à lui faciliter la vie. La machine, controlée par l'homme au départ a pris le pouvoir et, aujourd'hui, c'est la machine qui contrôle l'homme. C'est l'avènement de la société technico-capitaliste et de son système de production. Ce système est condamné à l'auto-effondrement pour des raisons citées plus haut, mais il risque d'emporter dans sa chute une bonne partie de notre civilisation et de l'écosystème planétaire. Ayant coupé nos liens avec la nature, notre société post moderne anthropocentrée vit aujourd'hui dans un système artificiel et urbanisé. Tous ce qui nous entoure et tout dont nous nous servons a été produit, arrangé ou aménagé. Mêmes les arbres ont été plantés par endroits par la main de l'homme. La moitié de l'humanité vit dans les villes. Certaines espèces ont été importées d'ailleurs et mis à part quelques espaces sauvages ou préservés volontairement, rien n'est plus vraiment ''naturel''. L'air même que nous respirons est conditionné, pollué et traversé par des multiples ondes. Nous vivons dans un monde qui a subi la seule révolution de l'humanité : la révolution ''industrielle''. Les autres révolutions étant essentiellement politiques ou sociétales même celle du néolithique qui est un passage de statut de chasseur-cueilleur à celui d'une société organisée, n'est qu'une modification de la production alimentaire agricole. La révolution industrielle est une révolution de la production. L'urbanisation et l'uniformisation du monde s'accroît tout comme sa population, son occidentalisation et sa globalisation. La démocratie, la science, la métaphysique, la technologie et le capitalisme sont nés en occident et forment un système dont l’effondrement nous fera sortir malgré nous. Le capitalisme de base a engendré la lutte des classes car tout ce qui est gagné par les uns est perdu par les autres. Plus les salaires sont bas, plus les profits augmentent, mais...le salaire présente aussi le pouvoir d'achat qui est le moteur de la consommation et il faut absorber la production croissante grâce aux machines car c'est justement cette surproduction qui alimente le capitalisme.  Le déclic de ''mieux payer les salariés'' pour qu'ils achètent plus de biens que leur force de travail a produite s'organise alors. C'est le deuxième stade de l'évolution du système : l'avènement de la consommation de masse. Il ne s'agit là que d'une meilleure répartition du fruit de la croissance, l'heure du compromis et de la mise en place de l'état-providence à l'échelle nationale.Vient l'autonomisation croissante du capitalisme financier et le pouvoir accru des détenteurs du capital : les actionnaires qui sont les véritables propriétaires des sociétés cotées en bourse. Né alors le néolibéralisme mettant en concurrence les travailleurs sous l'effet du libre échange mondial et la complète mobilité des capitaux. Les syndicats se retrouvent impuissants et c'est la porte ouverte au capitalisme prédateur qui détruit l'homme, le travail, des villes-usines entières et la nature. La délocalisation et la déréglementation permettent d’échapper aux revendications populaires, aux pressions syndicales, aux réglementations fiscales et écologiques plus contraignantes. Le rôle du marché est devenu unique dans l'histoire de l'humanité, il n'y avait aucune économie qui soit dirigée et réglée par le marché avant la révolution industrielle. Depuis, tout est devenu marchandise. C'est l’accumulation du capital par la production de marchandises et devient marchandise tout ce qui entre sur le marché. Au lieu que l'économie soit enchâssé dans les relations sociales, ce sont elles qui sont enchâsse dans le système économique. La société sert le capital et non l'inverse. Le capitalisme n'est plus qu'un fait économique, mais devient un fait social total et une organisation de forme différente de toutes les autres organisations des sociétés humaines. Il ne s'agit plus d'échanger une marchandise contre une autre par le biais du troc ou de l'argent, mais produire plus d'argent grâce à des marchandises. Il ne s'agit plus de se procurer un bien utile ou de satisfaire un besoin, il s'agit in fine d'une manière ''révolutionnaire'' de produire plus d'argent par la vente des marchandises tout en exploitant le travail par le salariat, par l'addiction et par la soumission à l'argent, réduite par la quantité du travail disponible. En somme, une quantité d'argent achète du travail pour produire plus d'argent. Le capital, s'est de l'argent qui s'auto-produit lui-même en automatisant le processus de production et qui ne recherche que sa propre croissance. Quantitativement il est sans limite et infini. Son exploitation des ressources humaines et naturelles produit toujours plus de marchandises et cette surproduction, il faut la consommer en instaurant la société de consommation dont la publicité et l'obsolescence programmée servent à cet objectif. Ainsi le système a créé le monde et des hommes adaptés à lui : des consommateurs. Un occidental passe actuellement plus de temps devant les écrans que devant les professeurs, il ingurgite des milliards de spots publicitaires plus toute la publicité passive qu'il a sous les yeux à longueur de son existence. L'apprentissage se fait de plus en plus par les médias, les films, les industries du divertissement et le téléphone portable au détriment de parents, de livres et de professeurs. Le mode de production capitaliste persévère parce-qu'il a créé un monde et un homme adapté à lui et qui croit dans ses bienfaits ou plutôt des promesses de bienfaits. L'idéologie du capitalisme est donc une fuite en avant perpétuelle et un besoin de croissance à l'infini en créant un décalage entre ce que nous pensons et ce que nous faisons car à cause des machines, nous ne parvenons plus penser à ce qu'on fait. Il y a une déresponsabilisation qui fonctionne grâce à la machine et à la mécanisation ou robotisation du travail et le capitalisme devient ainsi un système autonome qui fonctionne en vue de lui-même. C'est une gigantesque machine technico-totalitaire dont les hommes ne sont que des rouages et instruments, et ceux qui en profitent peuvent être remplacés à leur tour et à n'importe quel moment, même l'oligarchie. Les catastrophes en chaine provoqués par le capitalisme ne nous servent pas d'avertissement ni de leçon, c'est même le contraire. Plus nous avons une connaissance des catastrophes qui s'enchainent, plus nous cherchons à nous adapter au système en essayant de survivre dans un milieu extrême. Le système s'accroît et nous nous adaptons à lui par une course en avant technique en espérant éviter le désastre et l’effondrement. Depuis la révolution industrielle il n'est plus question de l’effondrement d'une civilisation, mais plutôt d'un effondrement global d'un système uniformisé dû à une augmentation de manière continue et qui s'accélère exponentiellement. Si nous comparons les activités humaines avec le monde naturel, depuis les années 50, les exponentielles sont présentes partout. D'abord la population mondiale et avec elle la consommation d'eau, d’énergie, l'utilisation de fertilisants, la concentration atmosphérique en dioxyde d'azote, de méthane, les dégâts causés aux écosystèmes, la destruction des forêts, le taux d'extinction des espèces, la production du plastique, la pollution, la destruction de l'océan, la modification des mouvements internes des masses d'eau (gulf stream), la liste est infinie... Notre évolution technologique a réduit la mortalité, a augmenté la durée de vie et la démographie s'accroît exponentiellement. Selon les récents calculs de l'ONU, la Terre gagne chaque année 83 millions d'habitants (autant que de voitures neuves mises sur le marché). Si la population mondiale continue de se multiplier ainsi, nous serons trop nombreux pour vivre avec les ressources de la planète (déjà qu’il nous faut aujourd'hui plusieurs planètes par an pour subvenir à nos besoins). La population a doublé tous les mille ans lors des 8 derniers millénaires et elle vient de doubler en un siècle seulement. En 1830 nous étions un peu plus d'un milliard, en 1930 deux milliards et depuis, c'est l’accélération exponentielle. En 40 ans nous avons doublé (4 milliards en 1970) une fois de plus pour arriver à plus de 7,6 milliards aujourd'hui. La natalité devient la principale variable de la courbe démographique. Doit-on alors arrêter de faire des enfants ? En Europe particulièrement, depuis plusieurs années déjà, le taux de natalité est en dessous du seuil de reproduction à 1,6 enfants par femme. Et ailleurs? Selon Virginie Raisson, analyste en géopolitique prospective, la transition démographique que nous avons achevée en Europe est en cours en Afrique: la chute de la mortalité sera alors suivie plus tard par cella de la fécondité. Ce phénomène-là a eu lieu d'abord en Europe, puis en Asie... Aujourd'hui, il a lieu en Afrique. Elle ajoute : "La fécondité a chuté beaucoup plus rapidement en Asie qu'en Europe. À partir du moment où le niveau d'éducation s'élève, celle des filles notamment, et où la contraception devient disponible on voit les taux de fécondité chuter". Selon les prévisions de l’ONU en 2050, un tiers de la population mondiale sera africaine. Et en 2100, la population mondiale sera essentiellement constituée d'Africains et d'Asiatiques. Actuellement, il faut déjà nourrir toute cette population, donc la production de céréales a triplé, la consommation d’énergie a quadruplé, l'utilisation de matériaux de construction et des ressources minérales a décuplé. Mais en réalité, la question du nombre des hommes masque celle - centrale et critique - du partage de la planète, c'est-à-dire de l’espace disponible et des ressources nécessaires pour répondre aux besoins de sa population. Nous n'avons pas tous la même responsabilité dans cette pression biologique sur la planète. L’empreinte écologique d’un individu varie considérablement d’un endroit à l’autre du globe . Est-ce que c'est à ceux qui consomment le plus de réduire leur consommation ou est-ce qu'on peut infliger à des femmes de ne pas avoir d'enfant au nom du fait que d'autres souhaitent garder leur mode de vie?

Prenons l'exemple de l'industrie agroalimentaire et ses 70 milliards d'animaux de ferme élevés par l'homme pour se nourrir. La population humaine boit au quotidien 20 milliards de litres d'eau et a besoin de 10 millions de tonnes de nourriture alors que l'élevage, rien que de 1,5 milliard de vaches consomme 170 milliards de litres d'eau par jour et mange 6x plus de millions de tonnes que des humains. Ce n'est donc pas tant un problème de population humaine dans son ensemble, mais de population humaine mangeant des animaux. Le nombre de personnes que la Terre puisse nourrir dépend moins de variables démographiques que de régimes alimentaires. La production agricole mondiale actuelle permettrait déjà de répondre aux besoins alimentaires de 11.5 milliards d’individus. En revanche, si l’humanité entière opte pour le régime des Européens ou des Américains en consommant 40% à 45% de produits animaux en moyenne, alors la production agricole actuelle ne suffirait pas à nourrir 4 milliards d’habitants. La Chine avait fait le choix au début des années 1960 de la politique de l’enfant unique abandonnée l'année dernière pour cause de population vieillissante. Mais, note encore Virginie Raisson, “pour qu’une telle mesure ait une portée significative, il faudrait qu’elle soit menée en priorité là où l’on consomme le plus de protéines animales, c'est à dire en Europe ou Amérique du Nord (qui sont déjà ceux où la natalité est la plus basse)”. Une des solutions possible dans nos pays occidentaux et occidentalisés : éviter le gaspillage alimentaire. Une option intéressante, notamment quand on sait que chaque européen jette, en moyenne, 175 kg de biens comestibles par an...  Si rien ne change, d’ici 2030 l’industrie du plastique devrait doubler la quantité de pollution plastique dans les océans. À cause des défaillances systémiques de la filière plastique, il est moins coûteux de rejeter du plastique dans la nature que de le gérer efficacement jusqu’à la fin de sa vie. Bien qu’il existe des initiatives mises en place dans de nombreuses régions pour lutter contre la pollution plastique, elles sont insuffisantes, car l’industrie du plastique actuelle est coincée dans un schéma de pollution de la planète. Les fuites annuelles de plastique dans les océans resteront supérieures à neuf millions de tonnes par an jusqu’en 2030, car la croissance de la consommation de plastique dépasse celle de la capacité de gestion des déchets. Ces débris de plastique constituent une menace pour la faune: plus de 270 espèces ont été blessées par enchevêtrement dans du matériel de pêche abandonné et autres matières plastiques. De plus, on a recensé l’ingestion de plastique chez 240 espèces vivantes ; c’est à la fois un problème de santé marine et de santé humaine. La production annuelle de déchets pourrait augmenter de 41 % au cours des 15 prochaines années en raison de l’accélération de la production de plastique, entraînée par la baisse des coûts de production. Les émissions de dioxyde de carbone résultant de la gestion des déchets plastiques pourraient tripler d’ici 2030, d’autres infrastructures de traitement des déchets restant plus rentables économiquement que le recyclage. Si elle n’est pas surveillée, l’approche visant à s’attaquer au problème de la pollution plastique en transformant les déchets en énergie par incinération risque de créer d’autres polluants problématiques pour la nature et la société, au-delà des émissions de dioxyde de carbone. C’est une source de préoccupation car d’une part, les réglementations environnementales et les performances des usines ne sont pas les mêmes selon les régions du monde, et d’autre part, parce que la capacité d’incinération devrait croître de 7,5 % par an d’ici 2023 en Asie. Des mesures immédiates sont nécessaires pour mettre un terme à la croissance non contrôlée de la pollution plastique, et des initiatives coordonnées sont essentielles pour responsabiliser chaque partie prenante dans la résolution de cette tragédie des biens communs. Pour l'Arctique, c'est déjà trop tard. Même si nous stoppons dès demain toutes les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, la région arctique va encore se réchauffer de 5 degrés Celsius d’ici la fin du siècle. L’Arctique a toujours été en première ligne face au phénomène de réchauffement climatique. Et la région en paye le prix fort. Elle, qui se caractérisait autrefois par de vastes paysages tapissés de glace et de neige, ne sera bientôt plus. En témoigne un récent rapport signé de l’ONU, nous révélant que même si nous bloquons toutes les émissions de carbone dès aujourd’hui, l’Arctique va encore se réchauffer d’au moins 3 °C d’ici 2050, et de 5 à 9 °C d’ici 2080 par rapport aux niveaux préindustriels. Sous le pergélisol de l’Arctique sont en effet contenus des milliards de tonnes de carbone et de méthane. Ces gaz à effet de serre, une fois libérés, ne feront qu’accélérer le processus de réchauffement et de fonte des glaces. Une étude récente a révélé que d’ici à 2050, quatre millions de personnes et environ 70 % des infrastructures arctiques actuelles pourraient être menacées par le dégel du pergélisol dont la fonte contribue également à l’acidification des océans. Les alertes des scientifiques, les COP, les G7, les G28, les WEC de Davos, rien n'y fera. Les Etats ne vont pas nous sauver, ils vont nous tuer. Ils agissent uniquement pour préserver un modèle qui ne répond plus à nos besoins de société. La société civile dépense énormément d’énergie à formuler des demandes acceptables pour les Etats, en abaissant son niveau d’exigence. C’est terrible. On va bientôt se féliciter d’avoir gagné un paragraphe dans un texte de loi ou un accord international, alors qu’on est clairement au-dessus de ça. Est-il encore utile de participer à toutes les actions mondiales, notamment les marches pour le Climat ? Je ne dis pas qu’il ne faut pas s’y rendre. Il faut comprendre ces marches comme des grands-messes où les citoyens se retrouvent, forment une communauté de sens et puisent une énergie. Cette énergie doit ensuite servir à autre chose. La grève scolaire est intéressante. Je trouverais ça terriblement difficile d’aller en cours en ce moment, en me demandant dans quelle état sera la planète quand j’aurai fini mes études. Mais, qu’est-ce qui va se passer pendant ces cinq prochaines années ? Faire grève permet de transmettre un message fort. Cela signifie tout arrêter, ne plus faire fonctionner la machine scolaire, pour laisser du temps et de l’espace au groupe, aux idées, aux envies. L’empreinte carbone des individus n’est en rien comparable à celle de l’industrie prise dans sa globalité. Bien sûr que la responsabilité individuelle existe, mais elle reste marginale et symbolique. Elle sert en revanche aux cyniques à justifier leur apathie. Personne n’est parfait, mais si tous les imparfaits du monde se rejoignaient, cela représenterait un levier d’action formidable. Peut-être...

L'échelle et la vitesse du changement que nous provoquons est donc sans précédent dans toute l'histoire de l'humanité et dans toute histoire de la terre avec les conséquences sur les cycles biochimiques de la planète. C'est ainsi que nombreux scientifiques ont pu lister les limites planétaires : le changement climatique, l'acidification des océans, la déplétion de l’ozone stratosphérique, la perturbation du cycle du phosphore et de l'azote, la charge en aérosol atmosphérique, la consommation d'eau douce, le changement d'affectation des terres, le déclin de la biodiversité, la pollution chimique... En quantifiant ces limites nous constatons que plusieurs ont déjà été dépassé. La concentration du CO2 dans l'atmosphère a atteint un niveau qui ne garanti plus sa stabilité ce qui produit un emballement irréversible du climat qui fait fondre les glaces et élever ainsi le niveau de la mer tout en l'acidifiant, provoque des déséquilibres brutaux dans les forêts et les cultures, favorise la propagation rapide des bactéries et des maladies contagieuses. Doit-on souhaiter pour autant qu’une vague d’épidémies mortelles s’abatte sur la planète ou que l’humanité instaure un régime de la '' chasse aux vieux'' comme celui imaginé par Dino Buzzati (4)? Bien sûr que non. Pour autant, si la longévité demeure stable et qu’il n’y a pas d’épidémie...

La température mesurée en 2018 nous indique une montée sans précédant provoquant un enchainement des catastrophes naturelles (cyclones, inondations, incendies...), renforçant leur intensité et ce aussi dans les territoires épargnés jusqu'à lors. Le taux de perte de la biodiversité altère les services rendus par les écosystèmes. L'azote et le phosphore rejetés dans les eaux par l'activité agricole ne sont plus absorbés assez rapidement par le cycle naturel et font proliférer certaines espèces (sargasses). Le grand soucis : toutes ces limites sont convergentes et interconnectées. Le dépassement de l'une de ces limites peut accélérer le dépassement de toutes les autres qui interviennent aussi dans le processus, par exemple celle du pétrole, la fin de son abondance et bon marché. Les pics de toutes les autres matières premières seront atteint à un moment ou un autre. Celui du phosphore, de l'uranium, du bois, des poissons et d'eau potable, par exemple. Ce n'est qu'une question d'années. Nous sommes dans l’ère que les anthropologues appèlent l'anthropocène. Notre monde est dans un état instable, inconnu et imprévisible au seuil global et critique d'un effondrement probable. La production des marchandises et d'argent du système capitaliste post-moderne qui nous adapte à lui dont rien ne semble pour l'instant de le dévier de l'objectif de sa croissance infinie, mais tout cela sur un monde déterminé fini, ce qui va provoquer inexorablement un effondrement qui risque d'être dramatique. Il suffit de regarder ce qui se passe après quelques jours de rupture d'approvisionnement en pétrole puisque tout est basé sur lui, particulièrement l'alimentation et le transport et même la fabrication des machines à produire des énergies dites ''renouvelables''. Il existe tout un tas d'imaginaire qui se met en place lorsqu'on parle de l’effondrement , par exemple ceux qui croient que la science ou les politiques vont nous sauver, que nous avons encore le temps ce qui est d'une utopie évidente car le temps

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MVW 2019

Eike Schoenig, un warrior extraordinnaire, musicien et biologiste marin, ce combattant engagé était notre ambassadeur, représentant et porte voix en Thailande. Fondateur de CORE Sea, centre de plongée, de formation et d'expertise scientifique, il est décédé trop jeune lors d'un accident de plongée début octobre 2019 à Sail Rock. C'est à lui que nous décernons "in memoriam" le titre de MVW 2019. R.I.P Pacifist Warrior

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MVW 2018

Le MVW 2018 est notre Capitaine d'Earthforce FS/CWI Stéphane Sellem dit Papaours. Il nous a quitté précipitament et par surprise foudroyé en août par un cancer soudain. Navigue en paix Capitaine Papaours !!! Tu resteras dans nos mémoires en tant que membre d'Honneur à vie d'Earthforce Fight Squad !

Stéphane ''Papaours'' Sellem

 

Six milliards de plus pour piller les océans… Une victoire de plus pour les lobbies

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  • Le 09/02/2020
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Le 12 novembre 2019, la Commission européenne de la Pêche a voté l’ouverture de nouvelles négociations qui vont conduire, entre 2021 et 2027, à accorder des subventions supplémentaires de 6 milliards d’euros à l’industrie de la pêche.

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Alors que le monde entier s’alarme de la dévastation des océans, le Parlement européen a validé au mois de novembre de l'année dernière un nouveau projet de financement public de l’industrie de la pêche, à hauteur de six milliards d’euros. Quelques ONG, parmi lesquelles Earthforce FS, Sea Shepherd, Bloom ou ClientEarth, ont tenté de s’élever contre cette décision, qui ne semble pas avoir remué pour autant l’univers médiatique. Une volte-face qui en dit long sur les priorités de nos dirigeants.

Voilà, c’est fait. Encore une fois, l’information est presque passée inaperçue, alors qu’elle représente un pas de plus dans la destruction méticuleuse de nos océans. Mardi 12 novembre 2019, la Commission européenne de la Pêche a voté l’ouverture de nouvelles négociations qui vont conduire, entre 2021 et 2027, à accorder des subventions supplémentaires de 6 milliards d’euros à l’industrie de la pêche. À vingt voix sur vingt-huit (dont deux abstentions), les nouveaux euro-députés, toujours plus déconnectés des réalités, ont jugé nécessaire de renforcer les flottes maritimes de tous les pays d’Europe, de construire de nouveaux navires et de moderniser les anciens. 

Les lobbies le savent très bien : à Bruxelles, plus que partout ailleurs, il est toujours possible de contourner impunément la volonté populaire.

Pourtant, les euro-députés fraîchement élus avaient une occasion inespérée d’infléchir la politique commune dans l’intérêt de l’écologie, comme le préconisaient le président de leur commission, Chris Davies ainsi que les députés co-signataires d’une lettre ouverte adressée en octobre 2019 au Parlement européen et signée par plusieurs ONG. Qu’importe ! Les députés ont la semaine dernière repris tels quels le texte et l’enveloppe du prochain Feamp (Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche), concoctés bras dessus bras dessous avec les lobbies par leurs prédécesseurs. 

Pire, ce vote approuve une nouvelle marche-arrière puisque, sous couvert d’améliorer la sécurité des marins, une bonne partie des fonds sera dédiée à la construction de nouveaux bateaux de grande taille, autrement dit à la surpêche, bien que ce type de subventions soient interdites depuis 2004 par ce même Parlement, décidément schizophrène quand il s’agit de protéger l’environnement.

Surtout, ne nous berçons pas d’illusion, car le dernier rapport en date est clair. Comme le souligne la plate-forme LIFE (Low Impact Fishers of Europe) : 70 % des dernières subventions du Feamp ont été octroyées aux flottes de grande taille et 18 % aux petites flottes de pêche artisanale, composées de bateaux de moins de douze mètres. Autrement dit : presque tout. 

Cette énième victoire des lobbies industriels, qui a dû être fêtée derrière les caméras en toute discrétion (ils ont compris la leçon), vient ajouter un couplet de plus à la danse macabre de l’humanité. Compétitivité, croissance, emplois, protéines, ce sont les jolis mots qui permettent aux industriels de nous faire payer la destruction des océans. Malgré les coups de gueule des ONG, les alertes des scientifiques, les pétitions des citoyens et les désastres environnementaux qui s’accumulent chaque jour, tout se passe comme si les plus hautes instances de notre monde étaient sourdes à nos revendications.

Modernisons nos navires, pourvu qu’on gagne un peu d’argent avant de tomber dans le précipice ! Donnons d’une main ce que nous reprenons de l’autre ! 

Les océans sont au bord de l’effondrement. Outre les vecteurs de pollution provenant de l’activité terrestre (comme les GES et les déchets chimiques), la surpêche et la pêche illégale, qui relève du braconnage, sont les pires fléaux qui puissent frapper les étendues bleues. Si nous ne faisons rien pour arrêter la machine, les poissons pourraient être amenés à disparaître totalement d’ici 2050 selon un rapport de l’ONU, voire 2035, selon les estimations de l’océanologue Boris Worm et du biologiste Daniel Pauly.

Plus de 50 % des ressources halieutiques sont sur-exploitées, 8 % ont disparu, les trois quarts sont menacées ; et si nous avons besoin de financer de si grands navires, c’est parce que la majeure partie des poissons ont disparu de nos côtes. Nous pêchons toujours plus loin, dans des zones toujours plus profondes, avec des engins toujours plus puissants, tout simplement parce que les poissons se font de plus en plus rares. Il n’y en a plus. 

La situation est donc catastrophique : une disparition des poissons implique de facto un effondrement complet de tous les éco-systèmes marins. À cause des millions de filets de pêche perdus ou abandonnés en mer, la pêche est également la principale cause de pollution plastique des océans, bien loin devant nos bouchons et nos brosses à dents. Car l’extermination des espèces marines accélère l’acidification des océans, supérieure de 26 % par rapport au début de la révolution industrielle (quelques chiffres ici).

Si nous devons changer quelque chose dans nos modes de vie, l’urgence est de toucher à nos assiettes : c’est là que se dégustent aujourd’hui les catastrophes de demain et ce sont nos enfants qui payeront le prix de notre avidité. 

À défaut de politiques cohérentes et durables, que nos dirigeants corrompus ne mettront jamais en place, à nous d’organiser la résistance à l’échelle individuelle : si notre régime alimentaire n’en est pas dépendant, arrêtons de manger du poisson. Maintenant.

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Article par: Augustin Langlade

 

 

New Decade Wishes

Happy ny

I would like to personally thank our supporters, our sponsors and especially our volunteers who have been involved, given their free and valuable time by taking part in actions throughout 2019. They carried with pride and humility the emblem of our environmental action NGO around the world. They organized, participated and made known to the world our fight for the protection of life, species and biodiversity, whether marine or terrestrial. We are proud of each and every volunteer who has helped us in our overall effort to protect, defend and preserve life wherever it may be. I wish you, for this year 2020, all the joys, an iron health and happiness so precious that you deserve and I hope to be able to count on you again throughout the future years of the new decade. Count on your valuable involvement and the will to convince, spread and carry our message, make our “tribe” grow wherever possible.

Happy New Year 2020 !

 

Jerry J. Pelikan/ President - Captain Blackbone

 

Je voudrais personnellement remercier nos sympathisants, nos supporteurs et surtout nos bénévoles qui se sont impliqué, donné de leur temps libre et précieux en participant aux actions tout au long de l'année 2019. Ils ont porté avec fierté et l'humilité l'emblème de notre ONG d'action environnementale à travers le globe, aux quatre coins de la planète. Ils ont organisé, participé et ont fait connaître au monde notre combat pour la sauvegarde du vivant, des espèces et de la biodiversité qu'elle soit marine ou terrestre. Nous sommes fiers de chaque bénévole nous ayant aidé dans notre effort global de protéger, défendre et conserver la vie  quelle qu'elle soit et où qu'elle soit. Je vous souhaite, pour cette année 2020 toutes les joies, une santé de fer et le bonheur si précieux que vous méritez et j'espère pouvoir encore compter sur vous tout au long des futures années de la nouvelle décennie. Compter sur votre implication précieuse et la volonté de convaincre, de diffuser et porter notre message, faire grossir notre « tribu » partout où cela vous est possible.

Bonne, Joyeuse et Heureuse année 2020 !

 

Jerry J. Pelikan / Président - Capitaine Blackbone

 

Il est à parier que XR ne fera que gagner en puissance et ce partout dans le monde.

  • Par
  • Le 04/11/2019
  • Dans News

XR

La scène s’est passée mi-octobre, lors d’un séminaire d’une entreprise du CAC40. Tandis que les cadres réunis pour l’occasion commencent, présentation après présentation, à perdre en attention, l’arrivée d’un nouvel intervenant les sort soudainement de leur torpeur. «Je vais vous parler franchement, mais je préfère vous prévenir : cela risque de ne pas être très agréable ». L’homme travaille à la direction des relations publiques. Ce qu’il se met alors à raconter s’apprête à marquer les esprits pour le reste du séminaire. Les études menées par son équipe ces derniers mois font état d’un basculement inédit de l’opinion publique sur les thématiques environnementales, qui bousculent l’entreprise bien plus sévèrement qu’elle ne l’avait anticipé. Ce qu’elle considérait jusqu’alors comme un sujet parmi d’autres a désormais changé d’ampleur. Entre autres implications, les ressources humaines de l’entreprise témoignent de difficultés inédites pour recruter des jeunes qualifiés. Que le groupe attire moins qu’avant n’est pas une nouveauté mais c’est aujourd’hui la force du phénomène qui frappe, et surtout inquiète, la direction. Et ce d’autant plus que les jeunes diplômés ne sont pas les seuls concernés : la confiance des 25-45 ans sur l’impact positif de l’entreprise, qui «tenait» encore relativement jusque-là, montre elle aussi de sérieux signes d’effritement, justement sur le sujet environnemental. Le discours, sans langue de bois, laisse entendre que l’entreprise est comme pétrifiée face à cette mutation des mentalités, qui n’avait absolument pas été prévue dans son ampleur et sa rapidité. Il alimentera en interne de nombreuses discussions les jours suivants.

Prendre la mesure du phénomène

Cette scène est symptomatique de ce phénomène décrit ici au printemps comme «l’émergence d’un nouveau Zeitgeist» – un nouvel esprit du temps dans lequel la prise de conscience écologique constitue une lame de fond bousculant comme jamais marques, recruteurs, partis politiques…Depuis le printemps, les mentalités ont continué à évoluer de telle façon que l’idée semble désormais presque évidente, comme un lieu commun. Sont passés par là, entre temps, en mai les élections européennes qui ont vu la classe politique française faire plus que jamais la course à l’électorat «écolo» ; en juin et juillet, la canicule qui a fait ressentir physiquement à chaque Français ce que nous attendra de façon récurrente dans les années et décennies à venir (pour reprendre les mots de Nicole d’Almeida, chercheuse au Celsa, «la logique du «je sais» a été bousculée par la logique du «je sens»») ; en août, les feux de forêts en Amazonie qui ont marqué l’opinion…Et pourtant. Si le phénomène se produit sous nos yeux, tout se passe comme si nous n’en prenions pas toute la mesure – plus précisément,comme si ses conséquences possibles voire probables sur l’opinion publique(et ses corollaires, sur les préférences politiques, les comportements individuels, les habitudes de consommation, etc.) n’étaient pas suffisamment explorées et anticipées. L’erreur typique n’est pas tant de nier l’existence de ces tendances de fond – cela devient difficile – mais plutôt de les considérer de façon rigide dans le temps, et non dynamique. Or les boucles de rétroaction n’agiront pas que sur le climat lui-même, mais aussi sur l’opinion publique. La situation environnementale générale ne fera vraisemblablement qu’empirer au fil des années (ce qui n’empêche pas des points d’amélioration très spécifiques, sur certaines espèces, certaines zones…), aggravant ses effets collatéraux, ce qui ne pourra en retour qu’accentuer toujours plus fortement les conséquences sur l’opinion publique qui pointent déjà aujourd’hui: défiance vis-à-vis des entreprises jugées responsables de l’aggravation du problème et des acteurs qui les soutiennent, rejet des partis politique n’ayant pas placé ces enjeux au cœur de leurs idées, montée en puissance d’un militantisme de plus en plus organisé et de moins en moins inoffensif, etc...

En conséquence, le phénomène n’est pas une nouvelle donne statique à intégrer : c’est un nouveau paradigme en émergence, qui pointe tout juste le bout de son nez. Cet article cherche à mettre en lumière plusieurs tendances qui en découlent, appelées à prendre de l’ampleur au fil du temps.

I – Le fait majeur de l’année 2019

Pour mieux percevoir ce qui émerge et comprendre en quoi ces tendances sont sérieuses, il est nécessaire, dans un premier temps, d’être au clair sur le basculement dont il est question ici. 2019 n’est pas tant «l’année du climat», comme le titreront peut-être certaines rétrospectives de fin d’année, mais l’année du tournant dans l’opinion publique. Non pas que l’ensemble de la population se soit convertie aux idées écologistes – quoique la situation a bien plus évolué qu’on ne pourrait le penser (voir plus bas). Mais cette année est la première où l’écologie n’est plus un «sous-sujet» parmi bien d’autres, où il est pris autant au sérieux, où il est craint au point qu’Emmanuel Macron – le candidat le plus pro libre-échange de l’élection de 2017 – ait choisi de retirer la France du traité Mercosur et de se plier dans la foulée à un discours de contrition inédit sur l’écologie (« j’ai changé, très profondément » (lol)).

Les européennes n’étaient qu’un début

Politiquement, ce tournant s’est manifesté pour la première fois en France lors des élections européennes, qui ont vu différents partis se livrer à une surenchère inédite de promesses en la matière (Nathalie Loiseau a promis rien de moins que «1000 milliards d’euros dans la transition écologique en cinq ans ») et où le parti écologiste (EELV) s’est hissé pour la première fois en tête des partis de gauche. Le score d’EELV ayant déjà été élevé en 2009 à cette même élection sans véritable suite, il était tentant de considérer cette nouvelle percée comme un feu de paille propre aux élections européennes, qui n’aurait rien de représentatif pour les échéances électorales à venir.Plusieurs signes indiquent aujourd’hui que cette analyse est partiellement erronée (…ce qui ne signifie pas pour autant – c’est important de le souligner – qu’EELV captera toutes ces aspirations). En septembre, l’enquête 2019 « Fractures françaises » réalisée annuellement depuis 2013 par Ipsos Sopra-Steria indiquait qu’ «au cours des deux dernières années, l’environnement, qui n’avait jamais été la principale préoccupation des Français, a progressé de manière quasi continue pour s’installer à la première place». 2019 marque bien un tournant dans la mesure où un grand nombre de barrières sont tombées,d’après les résultats de cette même enquête: -En termes de revenus: «L’environnement n’est plus la préoccupation des gens aisés mais de tout le monde» (seule exception: les individus en extrême difficulté, dont le foyer gagne moins de 1200 euros). -En termes de classes sociales : «55% de ceux qui se considèrent comme appartenant aux milieux populaires citent l’environnement comme priorité, juste devant le pouvoir d’achat (54 %). C’est autant que ceux qui se considèrent comme appartenant aux classes moyennes (53 %).» -En termes de catégories socio-professionnelles: l’environnement est la deuxième priorité «chez les ouvriers et les employés, loin devant l’avenir du système social ou l’immigration, même si le pouvoir d’achat reste leur premier sujet.» -En termes d’âge: l’environnement n’est pas seulement la priorité des jeunes mais également« désormais la deuxième priorité des plus de 60 ans, avec 49 % de citations, juste derrière l’avenir du système social». La campagne des municipales pourrait confirmer la tendance. Cécile Cornudet, éditorialiste politique des Echos, écrivait récemment: «ni gauche-droite ni progressistes-nationalistes, la précampagne pour les élections municipales met en lumière un nouveau clivage politique: écologie radicale versus écologie « des petits pas »». Un sondage récent d’Harris Interactive indiquait justement que «l’écologie se classe en deuxième position des thématiques qui compteront le plus dans le vote des Français » pour les municipales, après les impôts locaux. De fait, des sondages étudiés cet été par Matignon accréditent l’idée d’une dynamique particulièrement importante des idées vertes, en particulier dans les grandes villes.« Le fait nouveau, c’est que l’électorat écologiste a un socle constitué, qui tourne autour de 16 à 22 points», indique au Monde un conseiller d’Edouard Philippe. Dans une douzaine de grandes villes,«à chaque fois, le candidat écolo arrive en deuxième position Plus profondément, au-delà de leur seule manifestation quantitative, les préoccupations écologiques commencent à redéfinir un certain nombre de positions politiques, à gauche comme à droite. A gauche, les questions de (dé)croissance et de sobriété sont en passe de fracturer ce qui restait du Parti Socialiste: tandis qu’une partie des sympathisants défend, comme EELV, l’incompatibilité entre «productivisme et écologie» (ce qui était la ligne de la liste de Glucksmann, donc du PS, aux européennes), d’autres (souvent plus historiques) comme Stéphane Le Foll affirment «ne pas être pour la sobriété, mais pour une croissance sûre qui porte le progrès». Ces deux lignes seront très difficiles à réconcilier. En réalité cependant, le créneau de la «croissance verte» étant déjà pris par En Marche, il y a peu de suspens sur le seul choix véritablement envisageable pour un parti de gauche pour se démarquer. A droite, le phénomène est moins perceptible mais n’est pas inexistant pour autant, bien que plus mesuré pour l’heure. Il ne devrait faire que grandir à mesure du renouvellement des générations:



 

Bien sûr, les chiffres présentés plus haut doivent être pris avec un certain recul :

  1. Ils n’empêchent pas un décalage entre les opinions affichées et les actes. Le succès massif des SUV (à l’impact écologique important) en France et en Europe (où leur part de marché a plus que quadruplé ces 10 dernières années) en sont un exemple parmi d’autres.

  2. Les sondages sur les « principales préoccupations » ont l’habitude de varier (en fonction du contexte politique et social, des questions posées, etc.). Par ailleurs, ils ne se traduisent pas forcément directement dans les intentions de vote puis dans les votes effectifs (a fortiori pour une élection aussi personnifiée que les présidentielles). Enfin, comme déjà souligné plus haut, « percée du sujet écologie » ne signifie pas nécessairement « percée du vote EELV ».

  3. Ces chiffres peuvent évoluer à la baisse pour des raisons conjoncturelles : on sait à quel point la survenue d’un événement à l’impact émotionnel fort sur l’opinion peut bouger soudainement les lignes. Du reste, il est probable que l’été caniculaire que la France a connu ait joué un rôle important sur les opinions et chiffres cités ci-dessus.


Tout cela mérite d’être souligné mais ne doit pas masquer pour autant latendance de fond.  Du reste, la « matrice écologique » en émergence – pour reprendre les mots de Jérôme Fourquet de l’IFOP – est loin d’être propre au paysage politique français. Citons ici quelques exemples parmi d’autres :  -En Allemagne, les Verts « sont au cœur du débat et donnent le ton », racontait en septembre Thomas Wieder, correspondant du Monde à Berlin. « En face, la CDU et le SPD sont contraints à des contorsions douloureuses afin de ménager des électeurs aux aspirations contradictoires et qui, pour les plus jeunes, semblent de plus en plus convaincus que leur discours est obsolète. » -En Suisse, les partis écologistes ont connu en octobre un « résultat électoral historique» : « les écolos de droite et de gauche se sont imposés comme une force politique de premier plan » écrivait en octobre Marie Bourreau dans Le Monde, ajoutant : « à l’échelle de la Suisse connue pour la stabilité de son paysage politique – c’est un tremblement de terre ».



 

-Aux Etats-Unis, le climat s’est imposé comme l’un des enjeux majeurs de la campagne démocrate. Signe des temps : début septembre, CNN a tenu pour la première une émission de sept heures entières sur le sujet, interrogeant chacun des 10 principaux candidats tour à tour. Arnaud Leparmentier, correspondant du Monde à New York, va même jusqu’à écrire qu’entre les démocrates centristes (comme Joe Biden) et la politique de Donald Trump (au-delà des mots et des postures), «le seul vrai clivage est le climat ».

 “Climate politics has quickly become the next big battle in the culture war—on a global scale” (The New Republic)

-Au Canada, on pouvait lire récemment dans Lapresse.ca que « le climat est la priorité des Canadiens plus que pour n’importe quel scrutin jusqu’ici ». Etc...

Tous les domaines sont concernés

Bien au-delà du champ politique, il est frappant de voir les préoccupations écologiques s’immiscer aujourd’hui partout – y compris, parfois, là où on ne les attendait pas : -Dans l’art et le divertissement : « la musique de 2019 est hantée par l’effondrement climatique » titrait à la rentrée Les Inrocks ; « les jeux vidéo à venir semblent obsédés par la question climatique » écrivait de son côté Le Mondefin août, en précisant que « le plus important salon européen du jeu vidéo [qui s’est tenu en août] témoigne d’une obsession partagée par des créateurs de tous les continents : l’environnement. » -Dans l’édition jeunesse : aux Etats-Unisle nombre de livres pour enfants centrés sur la crise climatique et l’environnement aurait plus que doublé au cours de l’année précédente. « Clairement, je dirais qu’il y a eu un effet Greta Thunberg » témoigne une éditrice. « Elle a galvanisé l’appétit des jeunes et celui des éditeurs pour ce type d’histoires » -Dans le domaine funéraire : « A Paris, la vague écolo atteint même le domaine de la mort. Dès septembre, un premier espace funéraire écologique sera en principe créé dans un des vingt cimetières qui dépendent de la Ville de Paris pour répondre aux demandes de plus en plus nombreuses de « funérailles écologiques » (Le Monde, 4 juillet). -Dans l’orientation des jeunes et les débouchés professionnels : « Les études de plasturgie [industrie du plastique] sont bousculées par les aspirations écologiques des étudiants » apprenait-on par exemple en juin. « C’est la première chose que mes professeurs ont affirmée lorsque nous sommes arrivés en classe de seconde professionnelle : il y a si peu de candidats que le travail est assuré à l’issue de notre formation » témoigne une étudiante. Certaines décisions, encore impensables il y a deux ans, témoignent de ce changement de paradigme. A cet égard, l’annonce d’Intermarché de modifier 900 recettes afin d’être meilleur sur l’application Yuka (qui aurait été téléchargée à ce jour par 18 millions de Français !) restera peut-être comme l’exemple le plus emblématique de 2019 en la matière. A l’avenir, pour les entreprises, l’erreur typique ne sera pas tant de laisser de côté les préoccupations écologiques (elles n’auront pas vraiment le choix) mais d’agir seulement par à-coups, sans cohérence globale ou constance dans le temps. Demain, la confiance des consommateurs dans l’impact positif d’une entreprise deviendra plus que jamais pour celle-ci un avantage compétitif, à l’heure où des efforts seront attendus de la part de tous les acteurs de la société (citoyens, entreprises, gouvernements…). Dans ce paradigme, le défi principal pour les marques qui tenteront de faire leur mue sera d’éviter les ruptures de confiance soudaines, amplifiées par les réseaux sociaux(comme le « bad buzz » d’Air France cet été qui s’est pris les pieds dans le tapis avec une publicité maladroite en pleine canicule) : ces ruptures risquent de décrédibiliser toute une stratégie patiemment mise en route, et de conduire à un sentiment de trahison dont il sera ensuite difficile de se défaire.

II – A quoi s’attendre demain ?

Il faut se replonger dans le contexte de 2017 – où le sujet « écologie » était resté presque marginal lors de la campagne présidentielle, notamment dans les différents débats, et où la collapsologie, Extinction Rebellion et Greta Thunberg étaient bien loin de faire les titres – pour mesurer le chemin parcouru en l’espace de deux ans. Dans une époque marquée par les « buzz » éphémères, il n’est pas forcément évident de percevoir que ce chemin parcouru n’est pas une « mode » (« l’air du moment est à l’écologie » entend-on parfois, comme si le flambeau allait tôt ou tard être repris par une autre tendance) mais bel et bien seulement une première étape.                                                                                                   

Un effet de cliquet

2019 a vraisemblablement été l’année d’un effet de cliquet dans la perception du dérèglement écologique. Non seulement il est improbable que nous revenions structurellement en arrière, mais plus encore,

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