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La Nature, le Capitalocène et l'Effondrement

La conférénce que j'ai présenté pour la première fois le 22 mai 2019 en Guadeloupe. Bien avant le Covid-19. Je la publie en ce temps de confinement, pour vous permettre de lire ma réfléction à ce sujet. Bonne lecture "chez vous" à la maison.

La Nature, le Capitalocène et l'Effondrement

La Nature, le Capitalocène et l'Effondrement

Avant propos

Hier encore, la Dominique dressait ses collines émeraude au-dessus de la mer turquoise. En août 2017, elle était recouverte de forêts d'un vert à nul autre pareil, chaque sommet, chaque ravin débordant de végétation. Île la plus montagneuse de la région, au couvert forestier le mieux préservé, elle était une merveille de splendeur naturelle, mais pauvre. La plupart de ses 70 000 habitants vivaient chichement sur de petites exploitations, ajoutant aux bananes plantains et ignames, un peu de pêche et de tourisme. L'île avait déjà subi une première tempête en 2015, Erika, qui avait déversé des torrents d'eau sur les collines dont certaines s'étaient effondrées.
Le 18 septembre 2017, l'ouragan Maria soudainement passé en catégorie 5 (niveau extrême encore rarement atteint), a frappé de plein fouet la Dominique. En une nuit l'île verte est devenue marron. Des vents d'une extraordinaire férocité avaient purement et simplement soufflé le couvert forestier. Si Erika n'avait fait qu'égratigner l'île, Maria l'avait littéralement écorchée. Cette fois, la totalité des infrastructures – maisons, routes, ponts, hôpitaux, écoles – avaient été pulvérisées et le secteur agricole réduit à néant. Le coût financier était estimé à deux fois le produit intérieur brut (PIB) du pays, mais, comme le nota l'agence d'information IRIN: "le sentiment de perte dépasse le chiffrable. Les descendants d'esclaves qui peuplent la Dominique n'ont pourtant rien fait pour réchauffer la planète, pas plus que les derniers Indiens Kalinagos qui y survivent. Les agriculteurs pauvres qui améliorent leurs fins de mois comme chauffeurs de taxi ou vendeurs de rue ne produisent que des empreintes carbones négligeables, et n’ont aucun pouvoir sur la fourniture mondiale d'énergie. Or, ce sont précisément eux qui ont péri sous les coups de boutoir de l'hypercyclone.

Ils ont fait quoi, les habitants de la Micronésie pour favoriser l'emballement climatique ? Ces îles oubliées du Pacifique lointain, accrochées sur l’équateur à mi-chemin entre l’Australie et Hawaï, un archipel d’une île et de 32 atolls, dont 12 seulement sont habités. Minuscule Etat de Micronésie aux 110 000 âmes sur des poussières de terre ferme, 726 km , soit Paris et sa couronne, dispersées sur un immense espace maritime de 3,5 millions de kilomètres carrés d’eaux territoriales, soit l’Inde. Les Kiribati en gilbertin, la langue austronésienne parlée par les habitants originaires. A l’exception de l’île Banaba, les plus hauts reliefs font 3 mètres. Ce mince affleurement en pleine mer leur est aujourd’hui fatal. En effet, les derniers modèles effectués sur la fonte de la calotte antarctique et sa fracturation en énormes icebergs laissent à penser que le niveau des océans du monde pourrait s’élever de 1 mètre à 1,80 m d’ici à 2100. Leurs terres seraient alors submergées. Aujourd’hui déjà, sur l’atoll de Tarawa, le plus peuplé, la population a dû dresser des digues de fortune et planter des palétuviers pour contenir la mer qui, à chaque tempête, s’infiltre un peu plus, érode les côtes et salinise les sols sur lesquels plus rien ne pousse. Au moins huit petites îles ont déjà été englouties. Les îles du Pacifique vont être les plus frappées par les effets du changement climatique. Avant la fin du siècle, ces îles vont devoir être abandonnées par leurs populations.
Nous vivons dans l'Anthropocène, une époque dans laquelle notre espèce particulière tient désormais les rênes des forces de la nature et décide de la trajectoire de la planète, comme cela se voit surtout dans le domaine climatique. L'humanité dans son ensemble serait donc responsable des catastrophes qui en découlent ? L’Homme est-il allé trop loin ? Avons nous enclenché sans le savoir, un processus irréversible qui mènera à l’effondrement de notre civilisation ? Possible...

Le préambule

Quand j'étais gamin, j'allais souvent à la campagne chez mes grands parents paternelles. J'adorais ça. Nous étions dans les années cinquante/soixantes en Europe centrale et la vie était bien différente de celle d'aujourd'hui. Je ne parle pas de technologie, d'industrie ou des progrès scientifiques naissants, mais tout simplement d'une vie saine et simple dans un écosystème riche et à la nature encore relativement vierge et préservée. Je revois ces images du passé comme si c'était hier. Avec mon grand père, qui après avoir été soldat pour François Joseph dans son armée de l'Empire austro- hongrois en guerre 14-18 où il a appris le métier de boulanger, faisait un petit boulot de garde forestier. Nous prenions souvent des vélos et allions au champignons quand c'était la saison. Les villages vivaient aux rythme des saisons. Forcément, il connaissait tous les bons coins comme sa poche et nous ne rentrions jamais bredouilles, nos paniers remplis de cèpes. Au retour, nous nous arrêtâmes parfois au bord des chemins pour y cueillir des fruits, des pommes, poires, cerises, abricots et prunes que mon papi faisait fermenter dans des grands futs en chêne et ensuite distillait dans son alambic artisanal pour en faire une eau de vie arrache-gueule. C'était complètement interdit, mais il s'en foutait. L'important c'était d'avoir du bon remontant pour les fêtes, pour supporter l'hiver et pour un petit coup le soir avant d'aller se coucher. Pas de télé, c'était le journal le matin, la radio le soir, un petit coup de gnôle et dodo. Tout était à portée de main et rien ne se perdait. Pas de poubelle à la maison. Le journal servait à allumer le feu et à se torcher les fesses, les restes des repas servaient à nourrir les animaux : poules, lapins, chèvre et cochon. Même le chien avait sa part. Mon grand père avait aussi un cheval et une carriole pour aller chercher le foin qu'il stockait dans le grenier pour nourrir les animaux l'hiver et leur protéger le sol. Son crottin mélangé aux autres excréments d'animaux servait comme engrais au potager ou était répandu dans les champs. On y récupérait les patates, de la betterave, du maïs et du blé, tout ce qui a été laissé par la coopérative et que se partageaient les villageois. C'était le troc : des œufs frais contre du lait frais, une poule ou un poulet contre de la farine, des fruits contre des champignons.... Quand on tuait le cochon, tout le monde participait à la fête et au repas, puis repartait chacun avec quelque chose : boudin, andouillette, des côtelettes. On faisait des saucisses, du saucisson et du jambon. Du lard et du saindoux pour la cuisine. Je n'aimais pas quand on tuait les animaux, que ce soit mon pote lapin, une poule, un canard ou le cochon. Je ne voulais pas les manger, car c'était comme si on me donnait à manger un ami. Mais bon, c'était comme ça. En attendant, tout se récupérait et rien n'était perdu ni jeté. Les plumes des oies et des canards servaient à faire les édredons pour l'hiver et mêmes les cendres du poêle servaient à remblayer les chemins ou à les saupoudrer lors des gelés hivernales ou des tempêtes de neige. Mes grands parents n'achetaient pas grand chose chez l'épicier. Du sel, des épices, du sucre, du riz et de la bière en bouteilles de verre consignées. Le pain était fait maison. Pas de frigo, c'était le puit qui fournissait l'eau potable et qui l'été était l'endroit le plus frais ou alors la cave. Pas de plastique, du papier seulement. Quand il y avait besoin, ils s'aidaient les uns les autres. Chacun apportait son savoir-faire et les outils pour les constructions, les réparations, la mécanique, il y avait le menuisier, le ferronnier et le maréchal ferrant. Une vie simple réglée au rythme de la nature et en accord avec elle.
Les vacances finies, je retournais en ville en train à vapeur, plus tard en voiture quand mon père a pu en acheter une. Une Ford. Parfois aussi en Harley Davidson avec un side-car que mon grand- père avait récupéré de l'armée américaine. Sinon, on marchait beaucoup en ville, nous prenions le tram et le trolleybus. Nous sommes devenus ''urbains'' et il fallait se débrouiller faute de moyens. On ne mangeait la viande que le dimanche, et les jours de fête. Le reste du temps c'était du ''végétal'' vu que nous avions un potager sur un petit lopin de terre avec quelques arbres fruitiers, des légumes et quelques ruches et ma mère faisait des prouesses d'invention des plats et des soupes surtout l'hiver. Confitures, miel maison, même la vie en ville était encore réglée au rythme des saisons. Vendredi c'était le jour du poisson quand il y en avait. Nous étions loin de la mer. La première fois que je l'ai vu, c'était la Baltique avec mes parents et ma soeur, je devais avoir 13 ans. Elle était agitée, froide et magnifique. La mer m'a envouté instantanément. J'ai commencé à traverser l'Europe, qui était loin d'être unie à cette époque avec frontières, passeports et visas, seul ou avec mon pote Tom à l'âge de dix sept ans. En train et en stop, sans un sou. Pour nous en faire un peu, nous faisions la manche en chantant avec nous guitares les chansons de Bob Dylan. Ça marchait plutôt bien, nous n'étions pas trop mauvais et les gens nous laissaient parfois même quelques billets. L'été terminé, début septembre, c'était le retour au bahut. Tout ce que j'ai vu à cette époque là a disparu ou a été sérieusement endommagé et progressivement changé. Dans les années soixante nous ne buvions pas de l'eau dans des bouteilles en plastique, du lait ou du jus de fruits dans des briques, les forêts étaient vertes et abondantes. Il n'y avait ni les énormes zones industrielles ni commerciales. Enfant, j'ai toujours été attiré par les indiens, les tipis, je me fabriquais des mocassins, l'arc et les flèches. Mon grand père m'avait appris la forêt, alors j'aimais parfois m'y réfugier tout seul, le visage peinturluré, avec une plume dans les cheveux, en dormant une nuit dans un tipi que j'avais construit selon les méthodes ancestrales décrites dans les vrais livres car il n'y avait ni écrans, ni portables, ni PS4 ni des tutos YouTube. Je me passionnais pour Jules Vernes, Mark Twain ou des romans d'aventures indiennes comme Winnetou de Karl May et il n'y avait que la faim qui me rapatriait à la maison, car avec mon arc je n'arrivait pas à chasser un pauvre lièvre qui passait par là.

Prise de conscience

Dans les sixties le monde était encore à peu près naturellement ''durable'' et écolo, mais ayant fuit le collectivisme soviétique imposé et la dictature communiste pour une vie à l'occidentale, je m'en souciais que peu. Nous ne savions même pas ce que le mot ''écologie'' voulait dire, je ne me rappelle même pas s'il existait déjà et qui l'avait inventé. Sûrement encore un allemand (Ernst Haeckel (1)). Le sex libéré sans menace du sida oui, l'alcool, les drogues, la musique rock à fond, la crinière au vent, les motos, les bagnoles, mais une conscience écologique ? Woodstock à poil dans la boue, c'était écologique ? Mai 68 à Paris ou le printemps de Prague ? Pas trop l'ambiance à l'écologie...Mais, petit à petit le gens commençaient à s'inquiéter tout en devenant ''urbains'' et en prenant de la distance avec la nature de nos grands parents jusqu'à en perdre complémentent le lien. L'écologie m'est peut-être apparue pour la première fois en tant que telle avec la création du Earth Day en 1972 à Stockholm en Suède, et encore. Qu'à travers les journaux et la télé où j'ai commencé à travailler à Paris en 1974, mais notre soucis était plus la guerre du Vietnam que l'écologie. Mon retour au monde naturel à dose homéopathique, je l'ai vécu par hasard à travers mon prof de fac, l'ethnologue Jean Rouch, spécialiste de l'Afrique des ''sauvages'', un passionné débonnaire et l'extraordinaire bricolo de sa légendaire Paillard-Bolex H-16mm à ressort. Puis lors de mon voyage au cœur de l'Amazonie dans une tribu d'amérindiens n'ayant eu aucun contact préalable avec la civilisation.

Je connaissais la forêt par cœur, cette forêt de chez nous, pas la tropicale, amazonienne et hostile. Après la mer, c'était pour moi une autre découverte extraordinaire, surtout des humains qui s'y cachaient depuis le début de l'humanité. Qui vivaient en harmonie et accord parfait, fondus dans cette nature sauvage et qui était leur source d'existence. J'ai alors réalisé, qu'aucune espèce vivante ne pouvait survivre en dehors de trois principes fondamentaux :

Le principe de la biodiversité : chaque écosystème est dépendant des espèces qui l’occupent
Le principe de l’interdépendance : chaque espèce dépend l'une de l'autre
Le principe des ressources épuisables : toute ressource est limité dans le temps
C'était le début de ma prise de conscience ''écologique '' qui m'a conduit vers un constat indéniable et qui, actuellement, se traduit par un effondrement général de l'espace nature et des espèces qui l'occupent.

Les faits

L'augmentation de la population d'une espèce va provoquer un déséquilibre dans les ressources qui a leur tour vont provoquer d'un coté l’effondrement et de l'autre la prolifération d'autres espèces. Je m'explique : le réchauffement climatique par exemple, impacte la température de l'océan et augmente la pression sur sa capacité d'absorption du CO2, fait fondre des glaces et l'apport volumétrique supplémentaire en eau douce et le surplus du CO2 atmosphérique engendrent son acidification qui elle, provoque le stress du corail, son blanchiment et la mort du récif. L'acide dissout sa coquille et son squelette calcaire. La lente disparition de phytoplancton depuis des années cinquante a provoqué une diminution de 40% de production de l'oxygène et a engendré l'impact sur la chaine alimentaire halieutique aidé par la surpêche pour nourrir les populations croissantes. Plus de population=plus de consommation=diminution de ressources=effondrement. C'est imparable. Les humains ont cette incroyable capacité à la destruction et ce depuis l'époque des chasseurs- cueilleurs et tout s'est accéléré exponentiellement à partir de la première révolution industrielle. Avec la démographie croissante les ressources diminuent jusqu'à leur raréfaction, voire disparition et vu que nous impactons toutes les ressources, nous impactons aussi la nature, le vivant et son habitat. L'océan joue un rôle primordial, déjà en tant que régulateur de température, absorbeur de CO2 (2/3) et producteur d'oxygène à la hauteur d'environ 70%. Plus que les forêts (1/3), donc, alors s'il est déséquilibré, toute la chaine climatique et alimentaire en est forcément bouleversée. Il y a plusieurs attitudes négatives face à de tels bouleversement :

1-Le déni
2-L'acceptation et fuite en avant favorisant le développement perpétuel
3-L'acceptation de l'idée que ce même développement permettra de trouver des solutions

4-L'acceptation dépressionnaire et constat d'impuissance
5-L'apathie, l'attente et peur de l'échec
6-Le fatalisme de l'inévitable

Le déni est motivé soit par l'avarice, soit par l'ignorance. Quelque climato-sceptiques y voient même une opportunité de développement de l'agriculture, de nouvelles sciences salutaires et d'écosystèmes artificiels planétaires. Pour les politiques, chercher des solutions réalistes n'est pas une solution, car les mesures à prendre seront forcément impopulaires avec la perte d'électeurs et du pouvoir à la clé. La majorité de la population est apathique car, ou préoccupée par son égocentrisme matériel ou par sa simple survie. A partir de ce moment précis, il est très facile de prévoir le futur de l'humanité : plus de guerres pour des ressources rares et indispensables, l'invasion des espaces par les réfugiés climatiques (200 à 500millions d'ici la fin du siècle), plus de pauvres exploités par une minorité des plus riches, plus de désastres (ouragans, inondations, incendies...), plus d'épidémies, l’effondrement de la biodiversité et du vivant. Ces dernières 50 années 60% de vertébrés ont disparu sans parler des insectes dont le taux de disparition est 8x plus élevé. Depuis trente ans, la biomasse totale des insectes diminue de 2,5 % par an et la principale cause en est la perte de leur habitat majoritairement due aux pratiques agricoles intensives et aux immenses champs en monoculture avec la destruction des haies. La chaine suit : les reptiles, batraciens et les oiseaux disparaissent en nombre à leur tour, mais aussi les petits rongeurs et les poissons. Un déclin qui pèse sur la biodiversité et notre alimentation car 75% des sortes de plantes que nous mangeons sont liées à la pollinisation. Les céréales pollinisées par le vent (blé, riz) représentent environ les deux tiers de notre consommation de produits agricoles et le tiers qui reste en termes de tonnage, ce sont les légumes, fruits et les cultures à forte valeur ajoutée, donc les plus précieuses en termes de nutrition. Cette crise est mondiale. Toute la chaîne alimentaire mondiale pèse pour un tiers des émissions de CO2 le reste est rejeté par l'économie dont l'énergie.
Nous voilà désormais déjà dans l’urgence et l’obligation d’agir, notamment en matière de maîtrise de l’utilisation des pesticides dont l’impact est le plus lourd pour ces insectes et animaux.
De ce constat anthropocènique est née la ''collapsologie'', la pseudo-science de l'inévitable et de l'effondrement systémique global : la fin de la période de la plus grande abondance matérielle jamais connue au cours de l’histoire humaine. Une abondance fondée sur des sources temporaires d’énergie concentrée et bon marché qui a rendu possible tout le reste , le processus à l’issue duquel les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, etc.) ne sont plus fournis à une majorité de la population par des services encadrés par la loi selon Yves Cochet. L'humain est son propre ennemi et la cause de sa propre disparition. L'anthropocène s'apparente au suicide car nous sommes dans une courbe exponentielle à l'accélération inévitable et sans freins, ce qui nous mène droit dans le mur vu que la démographie finira par exploser, les ressources par s 'épuiser et la fuite sera impossible car l'espace planétaire n'est pas extensible et sera définitivement impacté par nos activités humaines : les océans de plastique sans vie, les sols inféconds détruits par la chimie, la désertification, l'eau rare polluée et irradiée, l'air vicié. Tchernobyl et Fukushima étant à nos yeux les deux pires catastrophes dans l'histoire des crimes écologiques, aujourd'hui nous agissons comme si cela ne s'était jamais produit. Nous sommes devenus une espèce sociopathe perdant son empathie et compassion vis-à-vis d'autres espèces, de la nature et du vivant capables de massacrer 60milliards d'animaux en une année rien que pour notre nourriture tout en voulant contrôler la nature, alors que c'est elle qui nous contrôle. La solution consisterait peut-être et entre-autres à sortir de l’anthropocentrisme et adapter enfin le biocentrisme, un courant de l'éthique environnementale généralisant l'approche Kantienne (2) à tous les êtres vivants. Ces derniers doivent être considérés comme des fins en soi, c'est-à-dire comme possédant une valeur intrinsèque qui leur donne droit au respect. Nous avons un besoin urgent de retrouver une vie en harmonie avec toutes les autres espèces. Sans écologie, il n'y a pas d'économie. L'humanité est dotée de plein de qualités d'imagination, d'amour, de passion et de courage pour construire un nouveau monde, un nouveau modèle de société et est tout à fait capable de développer des alternatives durables à l'agriculture, à l'énergie tout en respectant notre planète. Nous avons des penseurs, des leaders, des philosophes, des scientifiques, des activistes, des artistes et des enseignants capables d'exploits et leur nombre va aussi en croissant. La solution à un problème impossible se trouve dans la découverte d'une solution impossible jusqu'à lors. L'impossible peut et doit devenir possible. Le monde ne nous appartient pas, nous en sommes que des locataires passagers et nous devons le transmettre en bon état aux générations à venir. La condition à la prise de conscience de masse est assujettie par deux
facteurs essentiels:
1-
la visibilité réelle de la destruction et son impact personnel immédiat

2- la disparition du travail et de ressources vitales

Alors pourquoi tout va s’effondrer ?

Nous partageons tous les souvenirs d’un été caniculaire qui, avec les températures suffocantes, la sécheresse, les feux de forêt, la prolifération des algues toxiques et les inondations, nous a fait éprouver dans notre chair et au quotidien les conséquences d’un changement climatique trop souvent réduit à une kyrielle de chiffres abstraits. C’est à ce moment précis que Nicolas Hulot, ministre et icône de la transition écologique, annonce sa démission en réaction à la politique d’un gouvernement hypnotisé par le court terme et paralysé par le poids de lobbies. Cette démission apparaît comme un signal d'alerte face à l'inertie collective des consciences et des comportements. Et ce, alors même que des indicateurs de plus en plus nombreux montrent que "La grande accélération" de la crise écologique prend la forme d'un effondrement qui pourrait remettre en question notre civilisation et même jusqu'à la survie de l’espèce. Théoricien de l’Hypothèse Gaïa, James Lovelock prédisait en 2006 qu’avant la fin du siècle 80 % de la population de la planète aura disparu ! Il écrivait : ''Notre avenir est semblable à celui des passagers d’un petit bateau qui naviguerait tranquillement vers les chutes du Niagara, sans savoir que les moteurs sont sur le point de tomber en panne.'' Voici qu'une étude parue l'été dernier va dans ce sens en évoquant la possibilité d’une "bascule climatique" : un point de non-retour à partir duquel toute la dynamique climatique de notre planète pourrait s’emballer et devenir irréversible.

Développé par différents auteurs, le concept de "Capitalocène" permet de mieux comprendre les origines et les conséquences de cet effondrement écologique, et d’imaginer, à partir de cette prise de conscience, des stratégies pour le freiner. La profondeur des transformations environnementales opérées par le capitalisme feraient entrer la terre dans une nouvelle ère géologique, le Capitalocène, qui fait suite à l’Holocène, une période couvrant les dix derniers millénaires. Le dérèglement climatique, dû aux pollutions émises par l’extraction et la consommation d’énergies fossiles, n’est pas séparable de l’émergence du Capitalisme. Désignant sensiblement la même réalité phénoménologique que l’Anthropocène, le Capitalocène est un concept qui prend comme point de départ l'idée que le capitalisme est le principal responsable des déséquilibres environnementaux actuels. La responsabilité de l'exploitation des énergies fossiles sur la dégradation de l'environnement n'est plus à prouver et ce sont bien quelques dizaines d'entreprises qui s'enrichissent sans redistribuer leurs profits vers la sauvegarde de l'environnement.

Mais bien au-delà d’un mode de production, le capitalisme c'est une vision du monde c'est à dire à la fois un rapport social, un mode de subjectivation et de pensée, un imaginaire qui se décline à travers des représentations culturelles ainsi qu'une certaine idée de l'être humain réduit à son rôle économique de producteur/consommateur animé par la maximisation de ses intérêts égoïstes. Cette vision du monde exprime l'hégémonie de la valeur marchande et de l’abstraction économique sur la vie concrète, les communautés humaines et le milieu naturel. Il va sans dire que l’histoire de l’interaction entre l’humain et son environnement remonte aussi loin que l’histoire humaine. Depuis le début de l’hominisation, l’humain a eu à transformer, aménager, mettre en forme la nature de diverses manières pour produire ses moyens de subsistance et pour répondre à ses besoins élémentaires ( se nourrir, se vêtir et se loger). Comme notre nourriture, par exemple, ne se retrouve pas à l’état brut dans la nature, il est nécessaire de la modifier pour arriver à se nourrir (cueillette, pêche, préparation, cuisson, etc.), au même titre que nos vêtements et nos lieux d’habitation. Ce serait davantage la mise en forme de cette activité dans le contexte sociohistorique à l’intérieur duquel elle se déploie qui serait la source de cette transition géologique. Cette mise en forme historique a été conceptualisée par Marx comme le mode de production, expression qui désigne une manière, une façon de produire historiquement nos moyens d’existence et de répondre à nos besoins (eux aussi spécifiques au contexte socio-historique). Au cours de l’histoire occidentale, plusieurs modes de production se sont succédé (tribal, communal, féodal) avant que le capitalisme ne se taille une place comme mode de production dominant, et ce, au terme d’une histoire "inscrite dans les annales de l’humanité en caractère de sang et de feu". Telle est bien la grande rupture opérée par le capitalisme: pour la première fois dans l’histoire, voilà donc un mode de production qui met au principe de son fonctionnement le fait de déconnecter la production des besoins humains, et qui produit d’autant mieux, d’autant plus et d’autant plus efficacement qu’il échoue à satisfaire les besoins les plus élémentaires du plus grand nombre. Ce serait entre autres ce caractère illimité de l’accumulation du capital, qui se déploie sur une planète par définition limitée, qui serait à la source des dérèglements environnementaux et de notre sortie de l’Holocène. Attribuer la crise environnementale actuelle à une certaine conception de la nature humaine reviendrait en ce sens à naturaliser, ''déshistoriciser'' et dépolitiser un mode de production spécifique à un contexte socio- historique. Imputer le changement climatique à l'humanité entière revient à dédouaner le capitalisme. À l’acceptation de cette idée (lente et laborieuse dans le mouvement écologiste actuel), il devient tortueux d’aborder les causes de la transition écologique sans faire de politique...

Un des principaux intérêt du concept de Capitalocène est bien de mettre en exergue la relation organique qui existe entre écosystèmes naturels, organisation sociale et système techno-économique. Ce qui permet de se libérer d'une approche purement environnementale, scientifique et technocratique de l'écologie pour développer une vision intégrale qui prend en compte toutes les dimensions de notre relation au milieu naturel: économique et sociale, politique et technique, culturelle et spirituelle. Dans son interview à France-Inter, Nicolas Hulot a prononcé une phrase-clé:"C'est un problème de démocratie: qui a le pouvoir?'' Qui, en effet, a le pouvoir dans nos démocraties ? La réponse est claire: le capital financier globalisé. Les oligarchies financières détiennent le pouvoir, pas le ministre de l'écologie. Les oligarchies ont une seule stratégie: la maximalisation du profit dans le temps le plus court et souvent à n'importe quel prix humain ! On peut ne peut pas humaniser, améliorer, réformer un tel système. Il faut l'abattre. Aucun des systèmes d'oppression précédent comme l'esclavage, le colonialisme, la féodalité, n'a pu être réformé. L'oppression ne se réforme pas...face à la perspective d'effondrement, il ne peut y avoir de "sursaut radical" sans la conjonction d'une critique social radicale, capable de nous libérer de l'emprise capitaliste, et d'une vision intégrale capable d'imaginer le saut évolutif vers un nouveau stade du développement humain qui se manifesterait à travers une nouvelle forme - globale et systémique - de conscience/culture/société. Le système qui nous fait vivre et prospérer actuellement est un système globalisé, productiviste et consumériste organisé par le capitalisme, asservissant l'home par l'argent et dépendant du capital. L'homme a déjà fait l'expérience de systèmes productivistes comme, par exemple, celui du communisme qui en opposition au capitalisme était dogmato-idéologique. Le résultat final a aussi fait naître une caste supérieure dominante asservissant le peuple. Les biens qu'il dégageait en quasi autarcie lui étaient uniquement destiné et le machinisme prolétarien dont les libertés étaient restreintes ou absentes, servait exclusivement à son profit et à sa défense. En se libérant du totalitarisme idéologique, l’assujettissement de l'humain ne se fait uniquement que par la dépendance à l'argent produit par le travail fabriquant de la marchandise. L'esclavage étant l'exploitation de l'homme par l'homme, le capitalisme est l'exploitation de l'homme libéré d'esclavage par le biais de l'argent qu'il produit lui-même avec le concours de la machine. Si on y réfléchi bien, c'est exactement la même chose exceptant la liberté de choix. Aujourd'hui dans notre société post-moderne occidentalisée, nous avons le choix de refuser ou alors nous y assujettir par nous-mêmes. C'est la seule et unique différence : le libre choix de continuer à produire de l'argent ou de construire un nouveau modèle de société solidaire, de partage et de loisirs par exemple, dont le travail disparaîtrait, mais au profit de l'homme aidé par la machine qui lui procure de l'argent et dégage du temps libre. Ce n'est pas le cas. Le travail, de plus en plus précarisé, disparaît partout au profit de la machine, mais l'argent gagné ne profite qu'à celui qui la possède. C'est à dire à 1% de la population mondiale (3). L'homme a d'abord crée l'outil dont il s'est servi dans son évolution pour construire la machine, les deux destinés à lui faciliter la vie. La machine, controlée par l'homme au départ a pris le pouvoir et, aujourd'hui, c'est la machine qui contrôle l'homme. C'est l'avènement de la société technico-capitaliste et de son système de production. Ce système est condamné à l'auto-effondrement pour des raisons citées plus haut, mais il risque d'emporter dans sa chute une bonne partie de notre civilisation et de l'écosystème planétaire. Ayant coupé nos liens avec la nature, notre société post moderne anthropocentrée vit aujourd'hui dans un système artificiel et urbanisé. Tous ce qui nous entoure et tout dont nous nous servons a été produit, arrangé ou aménagé. Mêmes les arbres ont été plantés par endroits par la main de l'homme. La moitié de l'humanité vit dans les villes. Certaines espèces ont été importées d'ailleurs et mis à part quelques espaces sauvages ou préservés volontairement, rien n'est plus vraiment ''naturel''. L'air même que nous respirons est conditionné, pollué et traversé par des multiples ondes. Nous vivons dans un monde qui a subi la seule révolution de l'humanité : la révolution ''industrielle''. Les autres révolutions étant essentiellement politiques ou sociétales même celle du néolithique qui est un passage de statut de chasseur-cueilleur à celui d'une société organisée, n'est qu'une modification de la production alimentaire agricole. La révolution industrielle est une révolution de la production. L'urbanisation et l'uniformisation du monde s'accroît tout comme sa population, son occidentalisation et sa globalisation. La démocratie, la science, la métaphysique, la technologie et le capitalisme sont nés en occident et forment un système dont l’effondrement nous fera sortir malgré nous. Le capitalisme de base a engendré la lutte des classes car tout ce qui est gagné par les uns est perdu par les autres. Plus les salaires sont bas, plus les profits augmentent, mais...le salaire présente aussi le pouvoir d'achat qui est le moteur de la consommation et il faut absorber la production croissante grâce aux machines car c'est justement cette surproduction qui alimente le capitalisme.  Le déclic de ''mieux payer les salariés'' pour qu'ils achètent plus de biens que leur force de travail a produite s'organise alors. C'est le deuxième stade de l'évolution du système : l'avènement de la consommation de masse. Il ne s'agit là que d'une meilleure répartition du fruit de la croissance, l'heure du compromis et de la mise en place de l'état-providence à l'échelle nationale.Vient l'autonomisation croissante du capitalisme financier et le pouvoir accru des détenteurs du capital : les actionnaires qui sont les véritables propriétaires des sociétés cotées en bourse. Né alors le néolibéralisme mettant en concurrence les travailleurs sous l'effet du libre échange mondial et la complète mobilité des capitaux. Les syndicats se retrouvent impuissants et c'est la porte ouverte au capitalisme prédateur qui détruit l'homme, le travail, des villes-usines entières et la nature. La délocalisation et la déréglementation permettent d’échapper aux revendications populaires, aux pressions syndicales, aux réglementations fiscales et écologiques plus contraignantes. Le rôle du marché est devenu unique dans l'histoire de l'humanité, il n'y avait aucune économie qui soit dirigée et réglée par le marché avant la révolution industrielle. Depuis, tout est devenu marchandise. C'est l’accumulation du capital par la production de marchandises et devient marchandise tout ce qui entre sur le marché. Au lieu que l'économie soit enchâssé dans les relations sociales, ce sont elles qui sont enchâsse dans le système économique. La société sert le capital et non l'inverse. Le capitalisme n'est plus qu'un fait économique, mais devient un fait social total et une organisation de forme différente de toutes les autres organisations des sociétés humaines. Il ne s'agit plus d'échanger une marchandise contre une autre par le biais du troc ou de l'argent, mais produire plus d'argent grâce à des marchandises. Il ne s'agit plus de se procurer un bien utile ou de satisfaire un besoin, il s'agit in fine d'une manière ''révolutionnaire'' de produire plus d'argent par la vente des marchandises tout en exploitant le travail par le salariat, par l'addiction et par la soumission à l'argent, réduite par la quantité du travail disponible. En somme, une quantité d'argent achète du travail pour produire plus d'argent. Le capital, s'est de l'argent qui s'auto-produit lui-même en automatisant le processus de production et qui ne recherche que sa propre croissance. Quantitativement il est sans limite et infini. Son exploitation des ressources humaines et naturelles produit toujours plus de marchandises et cette surproduction, il faut la consommer en instaurant la société de consommation dont la publicité et l'obsolescence programmée servent à cet objectif. Ainsi le système a créé le monde et des hommes adaptés à lui : des consommateurs. Un occidental passe actuellement plus de temps devant les écrans que devant les professeurs, il ingurgite des milliards de spots publicitaires plus toute la publicité passive qu'il a sous les yeux à longueur de son existence. L'apprentissage se fait de plus en plus par les médias, les films, les industries du divertissement et le téléphone portable au détriment de parents, de livres et de professeurs. Le mode de production capitaliste persévère parce-qu'il a créé un monde et un homme adapté à lui et qui croit dans ses bienfaits ou plutôt des promesses de bienfaits. L'idéologie du capitalisme est donc une fuite en avant perpétuelle et un besoin de croissance à l'infini en créant un décalage entre ce que nous pensons et ce que nous faisons car à cause des machines, nous ne parvenons plus penser à ce qu'on fait. Il y a une déresponsabilisation qui fonctionne grâce à la machine et à la mécanisation ou robotisation du travail et le capitalisme devient ainsi un système autonome qui fonctionne en vue de lui-même. C'est une gigantesque machine technico-totalitaire dont les hommes ne sont que des rouages et instruments, et ceux qui en profitent peuvent être remplacés à leur tour et à n'importe quel moment, même l'oligarchie. Les catastrophes en chaine provoqués par le capitalisme ne nous servent pas d'avertissement ni de leçon, c'est même le contraire. Plus nous avons une connaissance des catastrophes qui s'enchainent, plus nous cherchons à nous adapter au système en essayant de survivre dans un milieu extrême. Le système s'accroît et nous nous adaptons à lui par une course en avant technique en espérant éviter le désastre et l’effondrement. Depuis la révolution industrielle il n'est plus question de l’effondrement d'une civilisation, mais plutôt d'un effondrement global d'un système uniformisé dû à une augmentation de manière continue et qui s'accélère exponentiellement. Si nous comparons les activités humaines avec le monde naturel, depuis les années 50, les exponentielles sont présentes partout. D'abord la population mondiale et avec elle la consommation d'eau, d’énergie, l'utilisation de fertilisants, la concentration atmosphérique en dioxyde d'azote, de méthane, les dégâts causés aux écosystèmes, la destruction des forêts, le taux d'extinction des espèces, la production du plastique, la pollution, la destruction de l'océan, la modification des mouvements internes des masses d'eau (gulf stream), la liste est infinie... Notre évolution technologique a réduit la mortalité, a augmenté la durée de vie et la démographie s'accroît exponentiellement. Selon les récents calculs de l'ONU, la Terre gagne chaque année 83 millions d'habitants (autant que de voitures neuves mises sur le marché). Si la population mondiale continue de se multiplier ainsi, nous serons trop nombreux pour vivre avec les ressources de la planète (déjà qu’il nous faut aujourd'hui plusieurs planètes par an pour subvenir à nos besoins). La population a doublé tous les mille ans lors des 8 derniers millénaires et elle vient de doubler en un siècle seulement. En 1830 nous étions un peu plus d'un milliard, en 1930 deux milliards et depuis, c'est l’accélération exponentielle. En 40 ans nous avons doublé (4 milliards en 1970) une fois de plus pour arriver à plus de 7,6 milliards aujourd'hui. La natalité devient la principale variable de la courbe démographique. Doit-on alors arrêter de faire des enfants ? En Europe particulièrement, depuis plusieurs années déjà, le taux de natalité est en dessous du seuil de reproduction à 1,6 enfants par femme. Et ailleurs? Selon Virginie Raisson, analyste en géopolitique prospective, la transition démographique que nous avons achevée en Europe est en cours en Afrique: la chute de la mortalité sera alors suivie plus tard par cella de la fécondité. Ce phénomène-là a eu lieu d'abord en Europe, puis en Asie... Aujourd'hui, il a lieu en Afrique. Elle ajoute : "La fécondité a chuté beaucoup plus rapidement en Asie qu'en Europe. À partir du moment où le niveau d'éducation s'élève, celle des filles notamment, et où la contraception devient disponible on voit les taux de fécondité chuter". Selon les prévisions de l’ONU en 2050, un tiers de la population mondiale sera africaine. Et en 2100, la population mondiale sera essentiellement constituée d'Africains et d'Asiatiques. Actuellement, il faut déjà nourrir toute cette population, donc la production de céréales a triplé, la consommation d’énergie a quadruplé, l'utilisation de matériaux de construction et des ressources minérales a décuplé. Mais en réalité, la question du nombre des hommes masque celle - centrale et critique - du partage de la planète, c'est-à-dire de l’espace disponible et des ressources nécessaires pour répondre aux besoins de sa population. Nous n'avons pas tous la même responsabilité dans cette pression biologique sur la planète. L’empreinte écologique d’un individu varie considérablement d’un endroit à l’autre du globe . Est-ce que c'est à ceux qui consomment le plus de réduire leur consommation ou est-ce qu'on peut infliger à des femmes de ne pas avoir d'enfant au nom du fait que d'autres souhaitent garder leur mode de vie?

Prenons l'exemple de l'industrie agroalimentaire et ses 70 milliards d'animaux de ferme élevés par l'homme pour se nourrir. La population humaine boit au quotidien 20 milliards de litres d'eau et a besoin de 10 millions de tonnes de nourriture alors que l'élevage, rien que de 1,5 milliard de vaches consomme 170 milliards de litres d'eau par jour et mange 6x plus de millions de tonnes que des humains. Ce n'est donc pas tant un problème de population humaine dans son ensemble, mais de population humaine mangeant des animaux. Le nombre de personnes que la Terre puisse nourrir dépend moins de variables démographiques que de régimes alimentaires. La production agricole mondiale actuelle permettrait déjà de répondre aux besoins alimentaires de 11.5 milliards d’individus. En revanche, si l’humanité entière opte pour le régime des Européens ou des Américains en consommant 40% à 45% de produits animaux en moyenne, alors la production agricole actuelle ne suffirait pas à nourrir 4 milliards d’habitants. La Chine avait fait le choix au début des années 1960 de la politique de l’enfant unique abandonnée l'année dernière pour cause de population vieillissante. Mais, note encore Virginie Raisson, “pour qu’une telle mesure ait une portée significative, il faudrait qu’elle soit menée en priorité là où l’on consomme le plus de protéines animales, c'est à dire en Europe ou Amérique du Nord (qui sont déjà ceux où la natalité est la plus basse)”. Une des solutions possible dans nos pays occidentaux et occidentalisés : éviter le gaspillage alimentaire. Une option intéressante, notamment quand on sait que chaque européen jette, en moyenne, 175 kg de biens comestibles par an...  Si rien ne change, d’ici 2030 l’industrie du plastique devrait doubler la quantité de pollution plastique dans les océans. À cause des défaillances systémiques de la filière plastique, il est moins coûteux de rejeter du plastique dans la nature que de le gérer efficacement jusqu’à la fin de sa vie. Bien qu’il existe des initiatives mises en place dans de nombreuses régions pour lutter contre la pollution plastique, elles sont insuffisantes, car l’industrie du plastique actuelle est coincée dans un schéma de pollution de la planète. Les fuites annuelles de plastique dans les océans resteront supérieures à neuf millions de tonnes par an jusqu’en 2030, car la croissance de la consommation de plastique dépasse celle de la capacité de gestion des déchets. Ces débris de plastique constituent une menace pour la faune: plus de 270 espèces ont été blessées par enchevêtrement dans du matériel de pêche abandonné et autres matières plastiques. De plus, on a recensé l’ingestion de plastique chez 240 espèces vivantes ; c’est à la fois un problème de santé marine et de santé humaine. La production annuelle de déchets pourrait augmenter de 41 % au cours des 15 prochaines années en raison de l’accélération de la production de plastique, entraînée par la baisse des coûts de production. Les émissions de dioxyde de carbone résultant de la gestion des déchets plastiques pourraient tripler d’ici 2030, d’autres infrastructures de traitement des déchets restant plus rentables économiquement que le recyclage. Si elle n’est pas surveillée, l’approche visant à s’attaquer au problème de la pollution plastique en transformant les déchets en énergie par incinération risque de créer d’autres polluants problématiques pour la nature et la société, au-delà des émissions de dioxyde de carbone. C’est une source de préoccupation car d’une part, les réglementations environnementales et les performances des usines ne sont pas les mêmes selon les régions du monde, et d’autre part, parce que la capacité d’incinération devrait croître de 7,5 % par an d’ici 2023 en Asie. Des mesures immédiates sont nécessaires pour mettre un terme à la croissance non contrôlée de la pollution plastique, et des initiatives coordonnées sont essentielles pour responsabiliser chaque partie prenante dans la résolution de cette tragédie des biens communs. Pour l'Arctique, c'est déjà trop tard. Même si nous stoppons dès demain toutes les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, la région arctique va encore se réchauffer de 5 degrés Celsius d’ici la fin du siècle. L’Arctique a toujours été en première ligne face au phénomène de réchauffement climatique. Et la région en paye le prix fort. Elle, qui se caractérisait autrefois par de vastes paysages tapissés de glace et de neige, ne sera bientôt plus. En témoigne un récent rapport signé de l’ONU, nous révélant que même si nous bloquons toutes les émissions de carbone dès aujourd’hui, l’Arctique va encore se réchauffer d’au moins 3 °C d’ici 2050, et de 5 à 9 °C d’ici 2080 par rapport aux niveaux préindustriels. Sous le pergélisol de l’Arctique sont en effet contenus des milliards de tonnes de carbone et de méthane. Ces gaz à effet de serre, une fois libérés, ne feront qu’accélérer le processus de réchauffement et de fonte des glaces. Une étude récente a révélé que d’ici à 2050, quatre millions de personnes et environ 70 % des infrastructures arctiques actuelles pourraient être menacées par le dégel du pergélisol dont la fonte contribue également à l’acidification des océans. Les alertes des scientifiques, les COP, les G7, les G28, les WEC de Davos, rien n'y fera. Les Etats ne vont pas nous sauver, ils vont nous tuer. Ils agissent uniquement pour préserver un modèle qui ne répond plus à nos besoins de société. La société civile dépense énormément d’énergie à formuler des demandes acceptables pour les Etats, en abaissant son niveau d’exigence. C’est terrible. On va bientôt se féliciter d’avoir gagné un paragraphe dans un texte de loi ou un accord international, alors qu’on est clairement au-dessus de ça. Est-il encore utile de participer à toutes les actions mondiales, notamment les marches pour le Climat ? Je ne dis pas qu’il ne faut pas s’y rendre. Il faut comprendre ces marches comme des grands-messes où les citoyens se retrouvent, forment une communauté de sens et puisent une énergie. Cette énergie doit ensuite servir à autre chose. La grève scolaire est intéressante. Je trouverais ça terriblement difficile d’aller en cours en ce moment, en me demandant dans quelle état sera la planète quand j’aurai fini mes études. Mais, qu’est-ce qui va se passer pendant ces cinq prochaines années ? Faire grève permet de transmettre un message fort. Cela signifie tout arrêter, ne plus faire fonctionner la machine scolaire, pour laisser du temps et de l’espace au groupe, aux idées, aux envies. L’empreinte carbone des individus n’est en rien comparable à celle de l’industrie prise dans sa globalité. Bien sûr que la responsabilité individuelle existe, mais elle reste marginale et symbolique. Elle sert en revanche aux cyniques à justifier leur apathie. Personne n’est parfait, mais si tous les imparfaits du monde se rejoignaient, cela représenterait un levier d’action formidable. Peut-être...

L'échelle et la vitesse du changement que nous provoquons est donc sans précédent dans toute l'histoire de l'humanité et dans toute histoire de la terre avec les conséquences sur les cycles biochimiques de la planète. C'est ainsi que nombreux scientifiques ont pu lister les limites planétaires : le changement climatique, l'acidification des océans, la déplétion de l’ozone stratosphérique, la perturbation du cycle du phosphore et de l'azote, la charge en aérosol atmosphérique, la consommation d'eau douce, le changement d'affectation des terres, le déclin de la biodiversité, la pollution chimique... En quantifiant ces limites nous constatons que plusieurs ont déjà été dépassé. La concentration du CO2 dans l'atmosphère a atteint un niveau qui ne garanti plus sa stabilité ce qui produit un emballement irréversible du climat qui fait fondre les glaces et élever ainsi le niveau de la mer tout en l'acidifiant, provoque des déséquilibres brutaux dans les forêts et les cultures, favorise la propagation rapide des bactéries et des maladies contagieuses. Doit-on souhaiter pour autant qu’une vague d’épidémies mortelles s’abatte sur la planète ou que l’humanité instaure un régime de la '' chasse aux vieux'' comme celui imaginé par Dino Buzzati (4)? Bien sûr que non. Pour autant, si la longévité demeure stable et qu’il n’y a pas d’épidémie...

La température mesurée en 2018 nous indique une montée sans précédant provoquant un enchainement des catastrophes naturelles (cyclones, inondations, incendies...), renforçant leur intensité et ce aussi dans les territoires épargnés jusqu'à lors. Le taux de perte de la biodiversité altère les services rendus par les écosystèmes. L'azote et le phosphore rejetés dans les eaux par l'activité agricole ne sont plus absorbés assez rapidement par le cycle naturel et font proliférer certaines espèces (sargasses). Le grand soucis : toutes ces limites sont convergentes et interconnectées. Le dépassement de l'une de ces limites peut accélérer le dépassement de toutes les autres qui interviennent aussi dans le processus, par exemple celle du pétrole, la fin de son abondance et bon marché. Les pics de toutes les autres matières premières seront atteint à un moment ou un autre. Celui du phosphore, de l'uranium, du bois, des poissons et d'eau potable, par exemple. Ce n'est qu'une question d'années. Nous sommes dans l’ère que les anthropologues appèlent l'anthropocène. Notre monde est dans un état instable, inconnu et imprévisible au seuil global et critique d'un effondrement probable. La production des marchandises et d'argent du système capitaliste post-moderne qui nous adapte à lui dont rien ne semble pour l'instant de le dévier de l'objectif de sa croissance infinie, mais tout cela sur un monde déterminé fini, ce qui va provoquer inexorablement un effondrement qui risque d'être dramatique. Il suffit de regarder ce qui se passe après quelques jours de rupture d'approvisionnement en pétrole puisque tout est basé sur lui, particulièrement l'alimentation et le transport et même la fabrication des machines à produire des énergies dites ''renouvelables''. Il existe tout un tas d'imaginaire qui se met en place lorsqu'on parle de l’effondrement , par exemple ceux qui croient que la science ou les politiques vont nous sauver, que nous avons encore le temps ce qui est d'une utopie évidente car le temps

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MVW 2019

Eike Schoenig, un warrior extraordinnaire, musicien et biologiste marin, ce combattant engagé était notre ambassadeur, représentant et porte voix en Thailande. Fondateur de CORE Sea, centre de plongée, de formation et d'expertise scientifique, il est décédé trop jeune lors d'un accident de plongée début octobre 2019 à Sail Rock. C'est à lui que nous décernons "in memoriam" le titre de MVW 2019. R.I.P Pacifist Warrior

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MVW 2018

Le MVW 2018 est notre Capitaine d'Earthforce FS/CWI Stéphane Sellem dit Papaours. Il nous a quitté précipitament et par surprise foudroyé en août par un cancer soudain. Navigue en paix Capitaine Papaours !!! Tu resteras dans nos mémoires en tant que membre d'Honneur à vie d'Earthforce Fight Squad !

Stéphane ''Papaours'' Sellem

 

Six milliards de plus pour piller les océans… Une victoire de plus pour les lobbies

Le 12 novembre 2019, la Commission européenne de la Pêche a voté l’ouverture de nouvelles négociations qui vont conduire, entre 2021 et 2027, à accorder des subventions supplémentaires de 6 milliards d’euros à l’industrie de la pêche.

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Alors que le monde entier s’alarme de la dévastation des océans, le Parlement européen a validé au mois de novembre de l'année dernière un nouveau projet de financement public de l’industrie de la pêche, à hauteur de six milliards d’euros. Quelques ONG, parmi lesquelles Earthforce FS, Sea Shepherd, Bloom ou ClientEarth, ont tenté de s’élever contre cette décision, qui ne semble pas avoir remué pour autant l’univers médiatique. Une volte-face qui en dit long sur les priorités de nos dirigeants.

Voilà, c’est fait. Encore une fois, l’information est presque passée inaperçue, alors qu’elle représente un pas de plus dans la destruction méticuleuse de nos océans. Mardi 12 novembre 2019, la Commission européenne de la Pêche a voté l’ouverture de nouvelles négociations qui vont conduire, entre 2021 et 2027, à accorder des subventions supplémentaires de 6 milliards d’euros à l’industrie de la pêche. À vingt voix sur vingt-huit (dont deux abstentions), les nouveaux euro-députés, toujours plus déconnectés des réalités, ont jugé nécessaire de renforcer les flottes maritimes de tous les pays d’Europe, de construire de nouveaux navires et de moderniser les anciens. 

Les lobbies le savent très bien : à Bruxelles, plus que partout ailleurs, il est toujours possible de contourner impunément la volonté populaire.

Pourtant, les euro-députés fraîchement élus avaient une occasion inespérée d’infléchir la politique commune dans l’intérêt de l’écologie, comme le préconisaient le président de leur commission, Chris Davies ainsi que les députés co-signataires d’une lettre ouverte adressée en octobre 2019 au Parlement européen et signée par plusieurs ONG. Qu’importe ! Les députés ont la semaine dernière repris tels quels le texte et l’enveloppe du prochain Feamp (Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche), concoctés bras dessus bras dessous avec les lobbies par leurs prédécesseurs. 

Pire, ce vote approuve une nouvelle marche-arrière puisque, sous couvert d’améliorer la sécurité des marins, une bonne partie des fonds sera dédiée à la construction de nouveaux bateaux de grande taille, autrement dit à la surpêche, bien que ce type de subventions soient interdites depuis 2004 par ce même Parlement, décidément schizophrène quand il s’agit de protéger l’environnement.

Surtout, ne nous berçons pas d’illusion, car le dernier rapport en date est clair. Comme le souligne la plate-forme LIFE (Low Impact Fishers of Europe) : 70 % des dernières subventions du Feamp ont été octroyées aux flottes de grande taille et 18 % aux petites flottes de pêche artisanale, composées de bateaux de moins de douze mètres. Autrement dit : presque tout. 

Cette énième victoire des lobbies industriels, qui a dû être fêtée derrière les caméras en toute discrétion (ils ont compris la leçon), vient ajouter un couplet de plus à la danse macabre de l’humanité. Compétitivité, croissance, emplois, protéines, ce sont les jolis mots qui permettent aux industriels de nous faire payer la destruction des océans. Malgré les coups de gueule des ONG, les alertes des scientifiques, les pétitions des citoyens et les désastres environnementaux qui s’accumulent chaque jour, tout se passe comme si les plus hautes instances de notre monde étaient sourdes à nos revendications.

Modernisons nos navires, pourvu qu’on gagne un peu d’argent avant de tomber dans le précipice ! Donnons d’une main ce que nous reprenons de l’autre ! 

Les océans sont au bord de l’effondrement. Outre les vecteurs de pollution provenant de l’activité terrestre (comme les GES et les déchets chimiques), la surpêche et la pêche illégale, qui relève du braconnage, sont les pires fléaux qui puissent frapper les étendues bleues. Si nous ne faisons rien pour arrêter la machine, les poissons pourraient être amenés à disparaître totalement d’ici 2050 selon un rapport de l’ONU, voire 2035, selon les estimations de l’océanologue Boris Worm et du biologiste Daniel Pauly.

Plus de 50 % des ressources halieutiques sont sur-exploitées, 8 % ont disparu, les trois quarts sont menacées ; et si nous avons besoin de financer de si grands navires, c’est parce que la majeure partie des poissons ont disparu de nos côtes. Nous pêchons toujours plus loin, dans des zones toujours plus profondes, avec des engins toujours plus puissants, tout simplement parce que les poissons se font de plus en plus rares. Il n’y en a plus. 

La situation est donc catastrophique : une disparition des poissons implique de facto un effondrement complet de tous les éco-systèmes marins. À cause des millions de filets de pêche perdus ou abandonnés en mer, la pêche est également la principale cause de pollution plastique des océans, bien loin devant nos bouchons et nos brosses à dents. Car l’extermination des espèces marines accélère l’acidification des océans, supérieure de 26 % par rapport au début de la révolution industrielle (quelques chiffres ici).

Si nous devons changer quelque chose dans nos modes de vie, l’urgence est de toucher à nos assiettes : c’est là que se dégustent aujourd’hui les catastrophes de demain et ce sont nos enfants qui payeront le prix de notre avidité. 

À défaut de politiques cohérentes et durables, que nos dirigeants corrompus ne mettront jamais en place, à nous d’organiser la résistance à l’échelle individuelle : si notre régime alimentaire n’en est pas dépendant, arrêtons de manger du poisson. Maintenant.

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Article par: Augustin Langlade

 

 

New Decade Wishes

Happy ny

I would like to personally thank our supporters, our sponsors and especially our volunteers who have been involved, given their free and valuable time by taking part in actions throughout 2019. They carried with pride and humility the emblem of our environmental action NGO around the world. They organized, participated and made known to the world our fight for the protection of life, species and biodiversity, whether marine or terrestrial. We are proud of each and every volunteer who has helped us in our overall effort to protect, defend and preserve life wherever it may be. I wish you, for this year 2020, all the joys, an iron health and happiness so precious that you deserve and I hope to be able to count on you again throughout the future years of the new decade. Count on your valuable involvement and the will to convince, spread and carry our message, make our “tribe” grow wherever possible.

Happy New Year 2020 !

 

Jerry J. Pelikan/ President - Captain Blackbone

 

Je voudrais personnellement remercier nos sympathisants, nos supporteurs et surtout nos bénévoles qui se sont impliqué, donné de leur temps libre et précieux en participant aux actions tout au long de l'année 2019. Ils ont porté avec fierté et l'humilité l'emblème de notre ONG d'action environnementale à travers le globe, aux quatre coins de la planète. Ils ont organisé, participé et ont fait connaître au monde notre combat pour la sauvegarde du vivant, des espèces et de la biodiversité qu'elle soit marine ou terrestre. Nous sommes fiers de chaque bénévole nous ayant aidé dans notre effort global de protéger, défendre et conserver la vie  quelle qu'elle soit et où qu'elle soit. Je vous souhaite, pour cette année 2020 toutes les joies, une santé de fer et le bonheur si précieux que vous méritez et j'espère pouvoir encore compter sur vous tout au long des futures années de la nouvelle décennie. Compter sur votre implication précieuse et la volonté de convaincre, de diffuser et porter notre message, faire grossir notre « tribu » partout où cela vous est possible.

Bonne, Joyeuse et Heureuse année 2020 !

 

Jerry J. Pelikan / Président - Capitaine Blackbone

 

Il est à parier que XR ne fera que gagner en puissance et ce partout dans le monde.

XR

La scène s’est passée mi-octobre, lors d’un séminaire d’une entreprise du CAC40. Tandis que les cadres réunis pour l’occasion commencent, présentation après présentation, à perdre en attention, l’arrivée d’un nouvel intervenant les sort soudainement de leur torpeur. «Je vais vous parler franchement, mais je préfère vous prévenir : cela risque de ne pas être très agréable ». L’homme travaille à la direction des relations publiques. Ce qu’il se met alors à raconter s’apprête à marquer les esprits pour le reste du séminaire. Les études menées par son équipe ces derniers mois font état d’un basculement inédit de l’opinion publique sur les thématiques environnementales, qui bousculent l’entreprise bien plus sévèrement qu’elle ne l’avait anticipé. Ce qu’elle considérait jusqu’alors comme un sujet parmi d’autres a désormais changé d’ampleur. Entre autres implications, les ressources humaines de l’entreprise témoignent de difficultés inédites pour recruter des jeunes qualifiés. Que le groupe attire moins qu’avant n’est pas une nouveauté mais c’est aujourd’hui la force du phénomène qui frappe, et surtout inquiète, la direction. Et ce d’autant plus que les jeunes diplômés ne sont pas les seuls concernés : la confiance des 25-45 ans sur l’impact positif de l’entreprise, qui «tenait» encore relativement jusque-là, montre elle aussi de sérieux signes d’effritement, justement sur le sujet environnemental. Le discours, sans langue de bois, laisse entendre que l’entreprise est comme pétrifiée face à cette mutation des mentalités, qui n’avait absolument pas été prévue dans son ampleur et sa rapidité. Il alimentera en interne de nombreuses discussions les jours suivants.

Prendre la mesure du phénomène

Cette scène est symptomatique de ce phénomène décrit ici au printemps comme «l’émergence d’un nouveau Zeitgeist» – un nouvel esprit du temps dans lequel la prise de conscience écologique constitue une lame de fond bousculant comme jamais marques, recruteurs, partis politiques…Depuis le printemps, les mentalités ont continué à évoluer de telle façon que l’idée semble désormais presque évidente, comme un lieu commun. Sont passés par là, entre temps, en mai les élections européennes qui ont vu la classe politique française faire plus que jamais la course à l’électorat «écolo» ; en juin et juillet, la canicule qui a fait ressentir physiquement à chaque Français ce que nous attendra de façon récurrente dans les années et décennies à venir (pour reprendre les mots de Nicole d’Almeida, chercheuse au Celsa, «la logique du «je sais» a été bousculée par la logique du «je sens»») ; en août, les feux de forêts en Amazonie qui ont marqué l’opinion…Et pourtant. Si le phénomène se produit sous nos yeux, tout se passe comme si nous n’en prenions pas toute la mesure – plus précisément,comme si ses conséquences possibles voire probables sur l’opinion publique(et ses corollaires, sur les préférences politiques, les comportements individuels, les habitudes de consommation, etc.) n’étaient pas suffisamment explorées et anticipées. L’erreur typique n’est pas tant de nier l’existence de ces tendances de fond – cela devient difficile – mais plutôt de les considérer de façon rigide dans le temps, et non dynamique. Or les boucles de rétroaction n’agiront pas que sur le climat lui-même, mais aussi sur l’opinion publique. La situation environnementale générale ne fera vraisemblablement qu’empirer au fil des années (ce qui n’empêche pas des points d’amélioration très spécifiques, sur certaines espèces, certaines zones…), aggravant ses effets collatéraux, ce qui ne pourra en retour qu’accentuer toujours plus fortement les conséquences sur l’opinion publique qui pointent déjà aujourd’hui: défiance vis-à-vis des entreprises jugées responsables de l’aggravation du problème et des acteurs qui les soutiennent, rejet des partis politique n’ayant pas placé ces enjeux au cœur de leurs idées, montée en puissance d’un militantisme de plus en plus organisé et de moins en moins inoffensif, etc...

En conséquence, le phénomène n’est pas une nouvelle donne statique à intégrer : c’est un nouveau paradigme en émergence, qui pointe tout juste le bout de son nez. Cet article cherche à mettre en lumière plusieurs tendances qui en découlent, appelées à prendre de l’ampleur au fil du temps.

I – Le fait majeur de l’année 2019

Pour mieux percevoir ce qui émerge et comprendre en quoi ces tendances sont sérieuses, il est nécessaire, dans un premier temps, d’être au clair sur le basculement dont il est question ici. 2019 n’est pas tant «l’année du climat», comme le titreront peut-être certaines rétrospectives de fin d’année, mais l’année du tournant dans l’opinion publique. Non pas que l’ensemble de la population se soit convertie aux idées écologistes – quoique la situation a bien plus évolué qu’on ne pourrait le penser (voir plus bas). Mais cette année est la première où l’écologie n’est plus un «sous-sujet» parmi bien d’autres, où il est pris autant au sérieux, où il est craint au point qu’Emmanuel Macron – le candidat le plus pro libre-échange de l’élection de 2017 – ait choisi de retirer la France du traité Mercosur et de se plier dans la foulée à un discours de contrition inédit sur l’écologie (« j’ai changé, très profondément » (lol)).

Les européennes n’étaient qu’un début

Politiquement, ce tournant s’est manifesté pour la première fois en France lors des élections européennes, qui ont vu différents partis se livrer à une surenchère inédite de promesses en la matière (Nathalie Loiseau a promis rien de moins que «1000 milliards d’euros dans la transition écologique en cinq ans ») et où le parti écologiste (EELV) s’est hissé pour la première fois en tête des partis de gauche. Le score d’EELV ayant déjà été élevé en 2009 à cette même élection sans véritable suite, il était tentant de considérer cette nouvelle percée comme un feu de paille propre aux élections européennes, qui n’aurait rien de représentatif pour les échéances électorales à venir.Plusieurs signes indiquent aujourd’hui que cette analyse est partiellement erronée (…ce qui ne signifie pas pour autant – c’est important de le souligner – qu’EELV captera toutes ces aspirations). En septembre, l’enquête 2019 « Fractures françaises » réalisée annuellement depuis 2013 par Ipsos Sopra-Steria indiquait qu’ «au cours des deux dernières années, l’environnement, qui n’avait jamais été la principale préoccupation des Français, a progressé de manière quasi continue pour s’installer à la première place». 2019 marque bien un tournant dans la mesure où un grand nombre de barrières sont tombées,d’après les résultats de cette même enquête: -En termes de revenus: «L’environnement n’est plus la préoccupation des gens aisés mais de tout le monde» (seule exception: les individus en extrême difficulté, dont le foyer gagne moins de 1200 euros). -En termes de classes sociales : «55% de ceux qui se considèrent comme appartenant aux milieux populaires citent l’environnement comme priorité, juste devant le pouvoir d’achat (54 %). C’est autant que ceux qui se considèrent comme appartenant aux classes moyennes (53 %).» -En termes de catégories socio-professionnelles: l’environnement est la deuxième priorité «chez les ouvriers et les employés, loin devant l’avenir du système social ou l’immigration, même si le pouvoir d’achat reste leur premier sujet.» -En termes d’âge: l’environnement n’est pas seulement la priorité des jeunes mais également« désormais la deuxième priorité des plus de 60 ans, avec 49 % de citations, juste derrière l’avenir du système social». La campagne des municipales pourrait confirmer la tendance. Cécile Cornudet, éditorialiste politique des Echos, écrivait récemment: «ni gauche-droite ni progressistes-nationalistes, la précampagne pour les élections municipales met en lumière un nouveau clivage politique: écologie radicale versus écologie « des petits pas »». Un sondage récent d’Harris Interactive indiquait justement que «l’écologie se classe en deuxième position des thématiques qui compteront le plus dans le vote des Français » pour les municipales, après les impôts locaux. De fait, des sondages étudiés cet été par Matignon accréditent l’idée d’une dynamique particulièrement importante des idées vertes, en particulier dans les grandes villes.« Le fait nouveau, c’est que l’électorat écologiste a un socle constitué, qui tourne autour de 16 à 22 points», indique au Monde un conseiller d’Edouard Philippe. Dans une douzaine de grandes villes,«à chaque fois, le candidat écolo arrive en deuxième position Plus profondément, au-delà de leur seule manifestation quantitative, les préoccupations écologiques commencent à redéfinir un certain nombre de positions politiques, à gauche comme à droite. A gauche, les questions de (dé)croissance et de sobriété sont en passe de fracturer ce qui restait du Parti Socialiste: tandis qu’une partie des sympathisants défend, comme EELV, l’incompatibilité entre «productivisme et écologie» (ce qui était la ligne de la liste de Glucksmann, donc du PS, aux européennes), d’autres (souvent plus historiques) comme Stéphane Le Foll affirment «ne pas être pour la sobriété, mais pour une croissance sûre qui porte le progrès». Ces deux lignes seront très difficiles à réconcilier. En réalité cependant, le créneau de la «croissance verte» étant déjà pris par En Marche, il y a peu de suspens sur le seul choix véritablement envisageable pour un parti de gauche pour se démarquer. A droite, le phénomène est moins perceptible mais n’est pas inexistant pour autant, bien que plus mesuré pour l’heure. Il ne devrait faire que grandir à mesure du renouvellement des générations:



 

Bien sûr, les chiffres présentés plus haut doivent être pris avec un certain recul :

  1. Ils n’empêchent pas un décalage entre les opinions affichées et les actes. Le succès massif des SUV (à l’impact écologique important) en France et en Europe (où leur part de marché a plus que quadruplé ces 10 dernières années) en sont un exemple parmi d’autres.

  2. Les sondages sur les « principales préoccupations » ont l’habitude de varier (en fonction du contexte politique et social, des questions posées, etc.). Par ailleurs, ils ne se traduisent pas forcément directement dans les intentions de vote puis dans les votes effectifs (a fortiori pour une élection aussi personnifiée que les présidentielles). Enfin, comme déjà souligné plus haut, « percée du sujet écologie » ne signifie pas nécessairement « percée du vote EELV ».

  3. Ces chiffres peuvent évoluer à la baisse pour des raisons conjoncturelles : on sait à quel point la survenue d’un événement à l’impact émotionnel fort sur l’opinion peut bouger soudainement les lignes. Du reste, il est probable que l’été caniculaire que la France a connu ait joué un rôle important sur les opinions et chiffres cités ci-dessus.


Tout cela mérite d’être souligné mais ne doit pas masquer pour autant latendance de fond.  Du reste, la « matrice écologique » en émergence – pour reprendre les mots de Jérôme Fourquet de l’IFOP – est loin d’être propre au paysage politique français. Citons ici quelques exemples parmi d’autres :  -En Allemagne, les Verts « sont au cœur du débat et donnent le ton », racontait en septembre Thomas Wieder, correspondant du Monde à Berlin. « En face, la CDU et le SPD sont contraints à des contorsions douloureuses afin de ménager des électeurs aux aspirations contradictoires et qui, pour les plus jeunes, semblent de plus en plus convaincus que leur discours est obsolète. » -En Suisse, les partis écologistes ont connu en octobre un « résultat électoral historique» : « les écolos de droite et de gauche se sont imposés comme une force politique de premier plan » écrivait en octobre Marie Bourreau dans Le Monde, ajoutant : « à l’échelle de la Suisse connue pour la stabilité de son paysage politique – c’est un tremblement de terre ».



 

-Aux Etats-Unis, le climat s’est imposé comme l’un des enjeux majeurs de la campagne démocrate. Signe des temps : début septembre, CNN a tenu pour la première une émission de sept heures entières sur le sujet, interrogeant chacun des 10 principaux candidats tour à tour. Arnaud Leparmentier, correspondant du Monde à New York, va même jusqu’à écrire qu’entre les démocrates centristes (comme Joe Biden) et la politique de Donald Trump (au-delà des mots et des postures), «le seul vrai clivage est le climat ».

 “Climate politics has quickly become the next big battle in the culture war—on a global scale” (The New Republic)

-Au Canada, on pouvait lire récemment dans Lapresse.ca que « le climat est la priorité des Canadiens plus que pour n’importe quel scrutin jusqu’ici ». Etc...

Tous les domaines sont concernés

Bien au-delà du champ politique, il est frappant de voir les préoccupations écologiques s’immiscer aujourd’hui partout – y compris, parfois, là où on ne les attendait pas : -Dans l’art et le divertissement : « la musique de 2019 est hantée par l’effondrement climatique » titrait à la rentrée Les Inrocks ; « les jeux vidéo à venir semblent obsédés par la question climatique » écrivait de son côté Le Mondefin août, en précisant que « le plus important salon européen du jeu vidéo [qui s’est tenu en août] témoigne d’une obsession partagée par des créateurs de tous les continents : l’environnement. » -Dans l’édition jeunesse : aux Etats-Unisle nombre de livres pour enfants centrés sur la crise climatique et l’environnement aurait plus que doublé au cours de l’année précédente. « Clairement, je dirais qu’il y a eu un effet Greta Thunberg » témoigne une éditrice. « Elle a galvanisé l’appétit des jeunes et celui des éditeurs pour ce type d’histoires » -Dans le domaine funéraire : « A Paris, la vague écolo atteint même le domaine de la mort. Dès septembre, un premier espace funéraire écologique sera en principe créé dans un des vingt cimetières qui dépendent de la Ville de Paris pour répondre aux demandes de plus en plus nombreuses de « funérailles écologiques » (Le Monde, 4 juillet). -Dans l’orientation des jeunes et les débouchés professionnels : « Les études de plasturgie [industrie du plastique] sont bousculées par les aspirations écologiques des étudiants » apprenait-on par exemple en juin. « C’est la première chose que mes professeurs ont affirmée lorsque nous sommes arrivés en classe de seconde professionnelle : il y a si peu de candidats que le travail est assuré à l’issue de notre formation » témoigne une étudiante. Certaines décisions, encore impensables il y a deux ans, témoignent de ce changement de paradigme. A cet égard, l’annonce d’Intermarché de modifier 900 recettes afin d’être meilleur sur l’application Yuka (qui aurait été téléchargée à ce jour par 18 millions de Français !) restera peut-être comme l’exemple le plus emblématique de 2019 en la matière. A l’avenir, pour les entreprises, l’erreur typique ne sera pas tant de laisser de côté les préoccupations écologiques (elles n’auront pas vraiment le choix) mais d’agir seulement par à-coups, sans cohérence globale ou constance dans le temps. Demain, la confiance des consommateurs dans l’impact positif d’une entreprise deviendra plus que jamais pour celle-ci un avantage compétitif, à l’heure où des efforts seront attendus de la part de tous les acteurs de la société (citoyens, entreprises, gouvernements…). Dans ce paradigme, le défi principal pour les marques qui tenteront de faire leur mue sera d’éviter les ruptures de confiance soudaines, amplifiées par les réseaux sociaux(comme le « bad buzz » d’Air France cet été qui s’est pris les pieds dans le tapis avec une publicité maladroite en pleine canicule) : ces ruptures risquent de décrédibiliser toute une stratégie patiemment mise en route, et de conduire à un sentiment de trahison dont il sera ensuite difficile de se défaire.

II – A quoi s’attendre demain ?

Il faut se replonger dans le contexte de 2017 – où le sujet « écologie » était resté presque marginal lors de la campagne présidentielle, notamment dans les différents débats, et où la collapsologie, Extinction Rebellion et Greta Thunberg étaient bien loin de faire les titres – pour mesurer le chemin parcouru en l’espace de deux ans. Dans une époque marquée par les « buzz » éphémères, il n’est pas forcément évident de percevoir que ce chemin parcouru n’est pas une « mode » (« l’air du moment est à l’écologie » entend-on parfois, comme si le flambeau allait tôt ou tard être repris par une autre tendance) mais bel et bien seulement une première étape.                                                                                                   

Un effet de cliquet

2019 a vraisemblablement été l’année d’un effet de cliquet dans la perception du dérèglement écologique. Non seulement il est improbable que nous revenions structurellement en arrière, mais plus encore,

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First Shot of Jerry Lane/Freeport/Bahamas

Jerry Lane Freeport Grand Bahama. Here comes the first video of our street recorded by a neighbor. The few houses, including the offices of Earthforce FS Global, remained standing. Others were not so lucky. Anyway, a lot of things are destroyed in Freeport, the airport, communications, part of the port, roads, buildings, stores. It will take a long time to rebuild. In the meantime, it is the Caribbean office in Guadeloupe that will manage our NGO in this sector.

Jerry Lane Freeport Grand Bahama. Voici la première vidéo de notre rue enregistrée par un voisin. Les quelques maisons, y compris les bureaux de Earthforce FS Global, sont restées debout. D ' autres n'ont pas eu autant de chance. Quoi qu'il en soit, beaucoup de choses sont détruites à Freeport, l'aéroport, les communications, une partie du port, les routes, les bâtiments, les magasins. Il faudra beaucoup de temps pour reconstruire. En attendant, c'est le bureau des Caraïbes en Guadeloupe qui va gérer notre ONG dans ce secteur.

https://www.youtube.com/watch?v=BhmW6uk2ijo

Collapso et Solasto

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Vous êtes un fervent adepte de la théorie de l'effondrement imminent de notre civilisation capitalo-industrielle, de cette pseudo-science de l'inévitable nommée la «collapsologie» remise au goût du jour par Pablo Servigne, ou alors un survivaliste, un libertarien, un éco-anarchiste, un éco-terroriste ou simplement un éco-inquiet  atteint du syndrome de «solastalgie». Nous sommes passé d'une culture de l'euphorie d'après-guerre et du progrès à celle du regret.

En effet, un malaise nouveau s'est emparé d'une partie de notre civilisation. C'est le mal des jeunes générations menées par leur égérie, l'adolescente suédoise Greta Thunberg. Nombreux sont nos concitoyens à éprouver un sentiment d'impuissance, de perte de sens, voire d'angoisse face aux conséquences alarmantes des activités humaines sur la planète, de l'anthropocène. C'est ce dont témoigne en partie le succès de la pétition en ligne «L'Affaire du siècle», sur la justice climatique. Initiée par des scientifiques, YouTubeurs et personnalités du spectacle, cette pétition la plus suivie de l'histoire a regroupé 2 millions de signataires en moins d'un mois. Ainsi, s'il vous est déjà arrivé de vous sentir angoissé(e) à cause du réchauffement climatique, d'avoir du mal à vous endormir en pensant qu'il y aura en 2050 plus de plastique que de poissons dans les océans, si vous avez déjà ressenti de la tristesse en pensant aux animaux marins qui meurent étouffés par les déchets plastiques, si vous vous sentez inquiets face à des étés de plus en plus caniculaires, ou si vous hésitez à faire des enfants à cause de la destruction de la planète, c'est que vous souffrez peut-être de l'éco-anxiété, de solastalgie. La solastalgie est un néologisme venant du terme anglais «solace», qui signifie «réconfort» et d'«algie» qui signifie «douleur». Inventé en 2003 par le philosophe australien Glenn Albrecht, avec un premier article publié sur ce sujet en 2005. Il décrit une forme de détresse psychique ou existentielle causée par les changements environnementaux, comme par exemple le changement climatique, la pollution et autres tensions émotionnelles dont la réalité de l'époque contemporaine nous submerge. La détresse solastalgique est parfaitement normale : elle indique que vous avez un lien puissant avec votre environnement et que vous souhaitez le conserver.

Ce concept d'origine sociologique ne désigne pas un trouble de nature médicale, mais la solastalgie est polymorphe et peut prendre de nombreuses formes cliniques (de l'insomnie à l'angoisse, voire à la dépression) et avoir des origines variées selon les sujets qui touchent les individus. L'éventail des symptômes est au moins aussi large que celui des causes. La solastalgie affecte les individus conscients qu' il n'y a pas de planète B, pour reprendre un slogan popularisé lors des marches pour le climat. Cette absence d'alternative peut se traduire par une souffrance morale, qui ressemble à s'y méprendre à la nostalgie ou à la mélancolie qu'un individu ressent en quittant le foyer aimé. La solastalgie traduit la perte de l'espoir d'un monde meilleur. Pour autant, la solastalgie n'est pas qu'une nostalgie du passé. C'est également une angoisse existentielle face à la détérioration et à la destruction irréversible de notre environnement immédiat et des êtres vivants qui l'habitent. La solastalgie est également l'expression d'un double décalage, qui met en souffrance les individus concernés. D'abord, le décalage de l'individu par rapport à « l'ordre du monde », à la société de consommation et à la majorité de ses concitoyens, qui continuent d'agir, de polluer et de consommer comme si de rien n'était. Cette prise de conscience engendre souvent un sentiment de solitude, d'incompréhension, voire de colère chez les personnes concernées. Le second décalage implique les individus pris dans un quotidien urbain, un environnement pollué, avec potentiellement un emploi dépourvu de sens. Ils ont conscience que ce mode de vie n'est plus soutenable, or ils continuent à vivre à l'opposé de leur aspiration à une vie plus simple et plus résiliente. Pour de nombreuses raisons, il leur est difficile de franchir le pas et de rompre avec leur environnement familier. Ils continuent, un peu malgré eux, à vivre comme si de rien n'était, avec, peut-être au fond, l'espoir que les choses resteront telles qu'elles sont. Mais ce déchirement qui s'opère entre leur conscience et leur quotidien les met en souffrance. La solastalgie parle à tout le monde car on pressent qu'on y sera bientôt confrontés. On sait depuis longtemps que le climat évolue, entraînant partout autour de nous des conséquences catastrophiques. Notre environnement change de plus en plus brutalement. Les canicules sont plus fréquentes, des plages disparaissent, l'air est de plus en plus pollué, les océans de plus en plus acides, les glaciers fondent, les typhons s’intensifient…Il devient impossible de rester dans le déni, d'autant que l'on sait qu'il n'y a pas d'échappatoire. Il ne s'agit plus d'abandonner un habitat détruit pour un autre, une région polluée pour une autre. On ne peut plus fermer les yeux et regarder ailleurs puisque partout, les changements sont visibles. Le sentiment de solastagie va donc se généraliser et pour faire face à cette angoisse, on ne pourra même plus s'en remettre à la sagesse rassurante des anciens, celle vers qui on se tourne depuis toujours pour savoir quoi faire en cas de situations désespérées, car ce qui nous attend n'a jamais été expérimenté auparavant et les civilisations effondrées ont emporté leur témoignages. Il va pourtant falloir apprivoiser ce nouveau sentiment pour ne pas le laisser nous submerger. Pour cela, on peut bien sûr espérer que les causes mêmes de la solastalgie disparaissent, que le sursaut tant attendu ait lieu et que ceux prêts à tout pour toujours plus de croissance et de profit changent soudain de priorité, mais il est peu probable que cela arrive à temps. De plus, les changements en cours ne peuvent pas être endigués, l'inertie est telle que des modifications radicales de notre environnement sont de toute façon inéluctables. Ce qui ne veut pas dire que tout est perdu, qu'il faut baisser les bras car il ne nous reste plus qu'à attendre la fin. Non. Il faudra simplement faire face à cela nous-mêmes, sans rien attendre des gouvernements ou des instances internationales qui prouvent chaque jour leur incompétence, accentuant par la même le sentiment de détresse et d'abandon des populations. ''On ne peut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre'', disait Einstein. En d'autres termes, la solastalgie peut nous pousser à agir pour rétablir notre environnement, le réparer pour le rendre à nouveau accueillant. Ce faisant, on répare également notre âme, on la guérit et on fait disparaître notre angoisse.

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Le meilleur moyen pour prévenir la solastalgie est d'occuper son esprit, notamment en passant à l'action. Au quotidien, nous pouvons essayer de consommer différemment : réduire notre quantité de déchets, manger moins de produits d'origine animale (viande, poissons, oeufs, produits laitiers) et privilégier les végétaux, idéalement locaux et bio afin de limiter l'usage des pesticides et des OGM. Réduire nos déplacements, surtout en avion, est aussi une pierre apportée à l'édifice. Aller marcher pour le climat ou s'engager dans une association à vocation écologique permet de rencontrer des personnes partageant les mêmes préoccupations et peut ainsi contribuer à apaiser son esprit. L'activisme écologique peut aider à combattre la dépression. Et si les initiatives collectives vous tentent, passez du statut de nostalgique inquiet à celui d’écocitoyen combattant et responsable. «Be a Warrior, not a Worrier*» tel est le slogan des Guerriers Pacifistes d'Earthforce Fight Squad. En somme, nous devons continuer à lutter, réparer ce qui a été abîmé, le reconstruire sur la base des nouvelles règles imposées par ces bouleversements. Le simple fait de s'engager, de devenir acteur de son environnement et de ne plus simplement subir les changements peut aider à surmonter la solastalgie. C'est un difficile numéro d'équilibriste qui s'impose ainsi, entre la recherche de plaisirs individuels du quotidien pour continuer à vivre, la volonté de préserver autrui et celle de persévérer, malgré tout, dans les luttes. Nous reste la possibilité de nous saisir des marges de manœuvre qui subsistent, d'aller chercher ces petites brèches de liberté. Nous pouvons refuser le toujours plus, ne pas céder face à la compétitivité, tenter de résister face aux promesses de l'ascension sociale. Nous pouvons encore nous émerveiller devant la nature qui, bien que meurtrie, ne peut que forcer notre admiration. Mais il ne faut pas se mentir quant à la portée et l'efficacité de ces gestes. A l'avenir, nous aurons donc le choix entre affronter une épidémie de solastalgie ou utiliser notre intelligence collective et notre créativité pour nous adapter et modifier positivement notre environnement. Alors que les grandes lignes de notre futur semblent déjà écrites, réinscrire notre action dans le présent, sous l'impulsion d'une nouvelle éthique dont l'impératif de conduite serait le respect de soi et celui des autres, devient alors une voie pour s'affranchir. C'est là, dans cette « marge humaine », que la dignité trouve son sens politique. En effet, l'honnêteté, celle qui enjoint de ne pas répéter les erreurs passées, est de reconnaître «qu’il est vain de prétendre changer le monde» comme nous le connaissons. Celui-ci va inévitablement changer. Il change en ce moment même. Tenter d’en préserver la beauté, en gage de notre humanité avant d’avoir tout saccagé , est peut-être en revanche encore à portée de main !

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*Sois un Guerrier, pas un Inquiet

 


 

 

Polémique autour de la tournée européenne du groupe TYR

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Depuis l'annonce de la tournée européenne d'un groupe viking de ''hardmetal'' au nom de TYR venant des iles Féroé, c'est la ruée dans les brancards et la guerre déclarée entre deux camps qui s'affrontent via facebook.

La raison ? Les féringiens, au nom d'une tradition ancestrale nommée le grindadrap*, massacrent en nombre des dauphins et des baleines pilotes noires (globicéphales) et le leader du groupe a officiellement déclaré sa participation à ces massacres d'un autre temps et qui n'ont plus aucune raison valable de se perpétrer de nos jours. Son esprit étroit du ''hardrocker métalleux'' provocateur, prônant le sang, le feu, l'enfer, le satanisme et des lourdes épées à la Conan le Barbare, évoque le tout à la fois en lettres gothiques par sa plume trompée dans du sang frais dans les paroles de ses chansons. Toute l'imagerie gothico-débile véhiculée par des groupes de ce style musical depuis toujours en somme. Le leader du groupe TYR est con et fier de l'être tout en l'affichant publiquement.

Dans l'autre camp, celui des protecteurs d'animaux et autres végans, on s'insurge contre cette pratique et contre un groupe de musiciens aux cerveaux mous qui la glorifient. Des organisations comme Sea Shepherd ou notre ONG luttent depuis toujours contre ces pratiques pour les faire cesser et respecter la convention de Berne** signée par le Denmark et dont les îles Féroé dépendent. Ce pays fait partie de l'Union Européenne, mais les autorités danoises réfusent de l'admettre et protègent même le ''grind'' par leur marine nationale pour des raisons commerciales évidentes.

Notre ONG organise quasi au quotidien des sorties d'observation en mer où nous rencontrons régulièrement les cétacés que nous protégeons partout contre toute barbarie et pratiques commerciales comme la chasse et la captivité. Il est de notre bonheur de côtoyer, observer et étudier ces animaux dont l'intelligence dépasse de loin les capacités d'un cerveau humain. D'évoluer avec eux en toute liberté dans l'immensité de l'océan, étudier leur langage et tenter d'entrer en communication. Cette polémique, que nous trouvons stérile, nous dépasse alors. En effet, quand un organisateur, déclaré végan de surcroit se justifie sur sa page facebook sous prétextes fallacieux du maintien d'un concert et quand les deux camps opposés s'affrontent par écrit en évoquant chacun ses raisons, cela ne peut être que stérile dans la démarche qui ne fera, au final, nullement bouger aucun des deux. Les joutes verbales ne changent que rarement les convictions qu'elles soient intellectuelles ou commerciales. C'est pour cette raison que nous avons refusé de participer au débat tout en mettant en place, dès l'annonce, une page d'appel au boycott de cette tournée qui nous désole. Il y a déjà des concerts qui ont été annulés et chacun fera selon son âme et conscience personnelle, son opinion et selon son implication dans une cause qui devrait nous concerner tous, qu'on soit végan déclaré pur et dur, un fervent activiste défendant ou les deux à la fois: le bien-être animal et la vie tout court. Nous ne tentons pas à imposer, mais appelons à une profonde réflexion sur notre rapport à la nature ...

Jerry J. Pelikan  Founder/CEO & Captain of Interceptor "Earthforce One''

 

Appel au Boycott:https://www.facebook.com/events/348314982437275/

 

*Le grindadráp, aussi nommé plus simplement le grind, est le nom donné à la tradition culturelle de chasse aux cétacés, ciblant principalement les globicéphales noirs, en vigueur dans les îles Féroé. La traduction littérale du mot féroïen Grindadráp est ''mise à mort des baleines''. Historiquement, le Grindadráp se pratiquait aussi à Terre-Neuve, au Groenland et dans d'autres archipels de l'atlantique nord comme les Orcades ou les Shetland mais, de nos jours, seules les îles Féroé continuent à pratiquer cette chasse massacreuse.

Chaque année, certains habitants tuent par centaines des globicéphales noirs, aussi appelés baleines pilotes, principale cible de la chasse, mais également des dauphins à flancs blanc et des grands dauphins qui s'aventurent dans les fjords de l'archipel. Cette chasse est controversée en Europe, principalement quant à son éthique, mais aussi quant à la toxicité de la viande de globicéphale contenant les métaux lourds et déclarée impropre à la consommation par les autorités féringiennes mêmes.

**Convention de Berne : https://www.coe.int/fr/web/conventions/full-list/-/conventions/treaty/104

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Le Droit d'Exister

Roundup monsanto condamne a payer 289 millions de dollars a un jardinier californien

Il est le visage du combat judiciaire contre Monsanto. A 46 ans, cet ex-jardinier atteint d’un cancer en phase terminale, qu’il attribue à l’utilisation du désherbant Roundup, est le premier citoyen à avoir affronté en justice le géant des pesticides. Condamné à lui verser 289 millions de dollars, une première historique, l'empoisonneur a, bien sûr, fait appel. Cette affaire judiciaire est toujours en cours. Monsanto a affirmé pendant des années que son désherbant n’était pas dangereux. Les avocats de Dewayne Johnson ont prouvé hors de tout doute possible que la société était parfaitement au courant des conséquences mortelles du glyphosate et n’avait rien fait pour en alerter le public. La nouvelle société mère de Monsanto, Bayer, est mauvaise perdante. Elle ne versera pas à Johnson l’indemnité qu’elle lui doit, même après qu’un juge ait réduit la somme de plus des deux tiers. Au lieu de cela, Bayer oblige ce père de trois enfants en bas âge à passer le reste de sa vie devant un tribunal, se disputant appel après appel. Même si la volonté de l'État était engagée, dans ce genre d'affaire les États ne parviennent jamais à atteindre leurs objectifs. D’abord parce que la plupart ne font rien pour, mais aussi et surtout parce qu’ils ne le peuvent pas. Croire que l’État pourrait mettre un terme au réchauffement climatique, à la destruction des écosystèmes et au massacre des autres espèces par un productivisme capitaliste, c’est croire à un combat du pot de terre contre le pot de fer ! Cela ne fonctionne pas, peu importe à quel point on le souhaite, ce n’est tout simplement pas sa fonction ni la fonction de sa justice. L’État moderne organise le système capitaliste mondialisé, fondé sur l’exploitation de l'homme par la soumission à l'argent, l'addiction au consumérisme ainsi que l'exploitation des ressources, la destruction perpétuelle de la nature, du vivant et de son cadre de vie. Les États ne disposent plus que d’une latitude très limitée en ce qui concerne la création et l’édiction des lois qui gouvernent nos sociétés. Le transfert de souveraineté des États vers des entités supra-étatiques, plus importantes commercialement parlant est un secret de polichinelle : il a récemment été débattu publiquement, dans les médias, discuté à l’Assemblée… Le TAFTA (pour ne citer qu’un exemple). Une multinationale est de nos jours tout à fait en mesure d’attaquer un État ''souverain''. Que faudra-t-il faire, alors, pour interdire le dernier produit phare de Bayer lorsque la France aura émis une loi l’interdisant mais que la multinationale aura eu gain de cause et aura contraint le pays à revenir sur sa décision ? Qui attaquera-t-on en justice, à ce moment-là ? Le recours juridique, s’il peut parfois servir localement dans la lutte contre le fléau socioécologique qu’est la civilisation industrielle, ne sera jamais suffisant car impuissant face a des multinationales d'envergure planétaire. L'actuelle campagne médiatique de ''l'affaire du siècle'', fait promouvoir l’idée qu’il est possible d’obtenir un changement significatif au travers du système juridique d’État tout en le contraignant. La réponse de François de Rugy :''Ce n'est pas dans un tribunal qu'on va faire baisser les émissions de gaz à effet de serre. Ce n'est pas à des juges de forcer le gouvernement à prendre une loi, ce n'est pas le sens de nos institutions.'' Mais un tribunal international peut agir contre un état refractaire. Ce n'est donc que dans un cadre international déterminant (et déterminé) et ayant à sa disposition une base solide d'un texte signé par la majorité des 193 pays membres d'un organisme global, tel que l'Organisation des Nations Unies, que ce pourrait être envisageable. Un État seul ni son système judiciaire ne le permettront ni ne l'encourageront jamais !

Voilà une des raisons pour laquelle l'inscription du ''Droit de l'Homme à un Environnement Sain'' dans l'Article 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme est d'une importance CAPITALE. Nous avons besoin d'un soutien sans limites au niveau national et international ainsi qu'un nombre de signatures impressionnant pour pouvoir porter notre proposition devant l'Assemblée Générale des Nations Unies et à sa présidente Madame María Fernanda Espinosa, son secrétaire général Monsieur António Guterres et, demander de procéder au vote pour pouvoir y ajouter cette clause primordiale. Il serait temps que cet accord ''historique'' datant d'il y a 70 ans tient compte des bouleversements planétaire et soit enfin mis à jour. Pour cela, il nous faudra mettre une énorme pression sur l'assemblée et sa présidente, il va falloir se battre et sans votre soutien à tous, cela ne sera, tout simplement, qu'une mission impossible !!!

Signez ici SVP. Merci https://www.change.org/p/united-nations-the-human-right-to-a-healthy-environment

La Consigne

Dans un nouveau rapport dattant d'octobre 2018, l’ADEME (agence de l’Etat pour l’environnement) passe au crible 10 dispositifs français de consigne pour réemploi d’emballages en verre. Verdict : la réutilisation des bouteilles (lavage et re-remplissage) est à bien des égards plus intéressante que l’utilisation de bouteilles en verre à usage unique.

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Notre bureau local, Earthforce FS/Caraïbes a fait du retour de la consigne son principal cheval de bataille et ce depuis bientôt deux ans. En effet, les Antilles sont producteurs de rhum et en dehors de distilleries, aussi brasseurs de quelques marques locales de bière. Il n'y a pas de fonderie de verre sur place et les bouteilles sont acheminées par transport maritime et ne servent qu'une fois, car ni consignées, ni recyclées. La disparition de cette pratique, due à l’avènement de l’emballage à usage unique, ne devrait donc pas être une fatalité et le rapport fait plusieurs recommandations pour développer cette pratique en France et particulièrement aux Antilles pour réduire l'impact environnemental à la fabrication et aussi lors du transport maritime par cargos pollueurs. Retour sur les trois enseignements clé de l’étude.

La consigne a un impact environnemental et économique positif

Dans ce rapport, l’objectif pour l’agence était d’évaluer, tant d’un point de vue économique que environnemental, la pertinence de systèmes de consigne mis en place par des producteurs (bière Météor en Alsace, Coat Albret en Bretagne) ou par des associations ou entreprises (Jean Bouteille, Bout à Bout…). Pour réaliser l’étude, l’ensemble des étapes du cycle de vie d’une bouteille ont été prises en compte : fabrication, conditionnement, transport, lavage et fin de vie (collecte des déchets, recyclage…). Sur l’ensemble de ces étapes, 7 dispositifs de consigne ont été comparés au fonctionnement aujourd’hui majoritaire en France : un système où les bouteilles en verre sont à usage unique et simplement recyclées pour une partie d’entre elles.

Un intérêt environnemental confirmé

Les résultats de l’étude confirment l’intérêt environnemental de réutiliser les bouteilles. Sur tous les indicateurs environnementaux (impact climatique, consommation en eau, consommation d’énergie primaire) et pour tous les dispositifs étudiés, le système avec consigne présente  une performance environnementale supérieure ou équivalente au système sans consigne. La principale raison à cela est le fort impact environnemental de l’étape de fabrication de la bouteille. Le rapport souligne ainsi que “l’étape de fabrication de l’emballage primaire est la phase la plus contributrice au bilan environnemental des organisations. Les impacts proviennent très majoritairement de la production du verre”. Le lavage, la distance de transport ou le nombre de réutilisation influent également sur le bilan environnemental global des dispositifs, mais dans une moindre mesure. Ainsi, même pour les systèmes de consigne récents, où le taux de retour et donc de réutilisation des bouteilles est faible, l’impact environnemental est bénéfique.

Un bilan économique positif

Mais le réemploi du verre n’est pas seulement une bonne opération pour la planète : il se révèle aussi plus pertinent d’un point de vue économique. En rassemblant les coûts supportés par les différents acteurs de la chaîne de valeur (de la fabrication de la bouteille, à son transport, son lavage et à la collecte des déchets), l’étude révèle que pour 6 des 7 dispositifs de consigne étudiés, les coûts de gestion sont moindres que dans un système de bouteilles à usage unique. C’est principalement le taux de retour des bouteilles qui permet de réaliser ces économies : plus les consommateurs ramènent les bouteilles consignées, plus le coût diminue. Pour certains dispositifs, la consigne coûte ainsi deux fois moins cher qu’un système de bouteilles à usage unique. Par exemple, pour vendre 1 000 L de boisson, le système consigné de la bière alsacienne Météor coûte 256€ au total, là où son équivalent en bouteille à usage unique coûte 517 €. Des économies qui bénéficient in fine au consommateur et contribuable (via le prix des produits ou des économies sur les coûts de gestion des déchets par exemple), mais qui ne se traduisent pas nécessairement par des gains pour les opérateurs des systèmes de consigne. L’étude souligne la difficulté d’assurer la rentabilité des dispositifs, surtout dans les premiers temps, du fait des coûts d’équipement et de logistique importants. Concrètement, l'étude montre que le principal impact environnemental est lié à la fabrication des bouteilles en verre. Cette étape contribue dans une proportion comprise entre 36% de l'impact total (hors recyclage), pour le dispositif de la brasserie Meteor, et plus de 70%, pour le dispositif "J'aime Mes Bouteilles". Ces résultats dépendent essentiellement de quelques paramètres clés. Le premier est le nombre de réutilisation des bouteilles. "Plus le nombre d'utilisations augmente, plus le nombre de bouteilles à fabriquer pour contenir 1.000 litres est faible", rappelle l'étude. Le deuxième est le lavage : sans surprise, l'impact est essentiellement lié à la consommation d'eau. Outre l'aspect lié à l'eau, l'impact du lavage dépend de l'énergie utilisée pour la laveuse et du nombre de réutilisations.

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Unité de lavage et de stérilisation

Les consommateurs adhèrent à la consigne

Le rapport est également riche d’enseignements sur l’attitude des consommateurs vis-à vis-des produits consignés. Une enquête réalisée auprès des clients des commerces montre qu’une très large majorité d’entre eux ont une attitude favorable vis-à-vis des emballages réemployables-réutilisables : 88% estiment utile d’en disposer dans leur magasin. Si une partie des consommateurs de ces produits sont sensibles à l’impact positif qu’ils ont sur l’environnement (pour 56% d’entre eux, c’est une raison d’achat), le potentiel de consommateurs de ces produits est plus large. Les principales raisons invoquées pour l’achat de produits consignés sont ainsi “le goût” (90%) ou “l’habitude” (78%). La contrainte de devoir ramener l’emballage consigné dans le commerce ou le montant de la consigne ne figurent pas parmi les principaux freins invoqués par les consommateurs pour passer au consigné. 86% d’entre eux mettent plutôt en avant la force de l’habitude, qui les mène à acheter d’autres produits. Une fois engagés, les consommateurs rencontrés continuent généralement de restituer les emballages.Le rapport pointe tout de même le besoin de praticité (augmentation et diversification des points de collecte) et de fiabilité du dispositif (pas d’arrêt de fonctionnement du système) pour assurer l’adhésion des consommateurs moins sensibles à l’environnement.

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Kiosque Carrefour Denain

Des recommandations pour développer le réemploi des emballages en France

Grâce à une analyse fine de chaque dispositif de consigne, l’étude permet d’identifier les freins techniques, économiques et organisationnels auxquels se heurtent les initiatives actuelles et d’en tirer des enseignements pour développer le réemploi des emballages en France.

Les recommandations adressées aux producteurs, aux opérateurs et au pouvoirs publics insistent sur plusieurs points :

  • La nécessité d’impliquer les supermarchés dans la collecte des emballages consignés (le rapport propose notamment “d’étudier la possibilité et des effets induits d’un dispositif obligatoire de reprise de produits boissons en emballages réemployables consignés par les distributeurs”)
  • Le besoin de standardisation des emballages réemployables (limiter les modèles et les formats, utiliser des colles adaptées…)
  • Le besoin d’accompagnement, de financement et de communication autour du réemploi des emballages. Des actions qui pourraient être portées par les pouvoirs publics, un réseau de professionnel dédié (le réseau consigne) et l’éco-organisme CITEO, en charge de la filière de responsabilité élargie des producteurs (REP) d’emballages.

Alors que des directives européennes récentes invitent les Etats à réduire l’usage du plastique et à faire progresser le réemploi des emballages, ce rapport offre ainsi des propositions concrètes pour réduire le recours à l’usage unique.

Le kiosque à verre de Denain: http://www.fnb-info.fr/fr/Le-kiosque-a-verre-de-Denain-une-solution-economique-et-ecologique-528.html?mbID=3040

Plaquette Boréal Ecocir:http://www.fnb-info.fr/medias/fichiers/depliant_comptoir_du_verre.pdf

Collecteurs de récupération TOMRA: https://www.tomra.com/fr-fr/collection/reverse-vending

Le fonctionnement d'un lavage: https://www.youtube.com/watch?v=1jBPXSAiUbAhttp://www.directindustry.fr/prod/krones/product-7266-571744.html#product-item_1475003

L'étude complète de l'ADEME: https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-32462-analyse-dix-dispositifs-consigne.pdf

 

Le Droit de l'Homme à l'Environnement Sain

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Le prochain grand combat que Earthforce Fight Squad va entreprendre dès le début de l'année 2019 sera l'inscription du ''Droit de l'Homme à l'Environnement Sain'' à l'article 3 (Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne) de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. La planète ayant considérablement évolué depuis décembre 1948 et vu que son évolution depuis 70 ans va en s'accélérant et menace l'existence même de l'homme et du vivant, il est urgent de modifiet l'article 3 de la déclaration ! 

 

Qu'est-ce que le ''Droit de l'Homme à l'Environnement Sain''

 

Tout le monde a le droit à un environnement sain.  Un environnement sain est considéré comme une condition préalable à la réalisation d'autres droits humains, dont le droit à la vie, à l'alimentation, à la santé et à un niveau de vie suffisant.  Cet aspect est mentionné en partie dans l'énoncé relatif au droit à la santé apparaissant dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC https://www.wipo.int/edocs/trtdocs/fr/un-icesc/trt_un_icesc.pdf), qui signale que tous les États doivent assurer la réalisation du droit à la santé en assurant, entre autres, l’amélioration de tous les aspects de l’hygiène du milieu.  Il a également été reconnu dans divers instruments relatifs aux droits humains, tels que:

le Protocole de San Salvador, ainsi que par l'instauration en 2012 du mandat des Procédures spéciales des Nations Unies concernant les droits humains et l'environnement,

la déclaration de Stockholm de juin 1972 ( durable/files/1/Declaration_finale_conference_stockholm_1972.pdf )

la Convention (n° 169) relative aux peuples indigènes et tribaux de 1989 ( https://www.ilo.org/dyn/normlex/fr/f?p=NORMLEXPUB:12100:0::NO::P12100_INSTRUMENT_ID:312314 )

et plus récemment en France la ''Loi Biodiversité''

( https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000033016237&categorieLien=id ).

Chacun et chacune devrait pouvoir vivre dans un environnement favorable à sa santé et à son bien-être. Les États devraient prendre des mesures concrètes et progressives, individuellement et en coopération les uns avec les autres, pour élaborer, mettre en œuvre et maintenir des cadres appropriés pour réunir tous les éléments nécessaires à un environnement sain et durable, qui englobe l'ensemble du monde naturel.  Ils devraient, notamment, assurer le contrôle des entreprises et autres acteurs privés dans leurs activités dans le pays et à l'extérieur.

Selon les principes établis du droit international, dont les dispositions du PIDESC, la coopération internationale pour le développement et la réalisation des droits humains est une obligation qui incombe à tous les États. Une telle collaboration et un tel soutien, surtout de la part des États qui sont en mesure d'aider les autres, sont particulièrement importants pour faire face aux impacts transnationaux sur les conditions environnementales, comme les changements climatiques.

Pourquoi la clause est indispensable et indissociable de la Charte des droits élémentaires de l'Homme

1-Considérant que "L'homme a un droit fondamental à la liberté, à l'égalité et à des conditions de vie satisfaisantes, dans un environnement dont la qualité lui permette de vivre dans la dignité et le bien-être. Il a le devoir solennel de protéger et d'améliorer l'environnement pour les générations présentes et futures."  il est absolument indispensable d'ajouter cette clause à l'article 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme...

2- Considérant que cette clause devait y figurer depuis que l'environnement planétaire se dégrade exponentiellement et qu'il est urgent d'impliquer les états d'un façon législative et juridique non-discutable et non-négociable à la préservation de la planète...

3- Considérant que la justice internationale à un besoin extrêmement urgent d'un "outil" et d'un cadre juridique mis à sa disposition pour pouvoir agir en cas de non-respect de ce droit fondamental...

En tenant compte de ces 3 points élémentaires et du fait que la planète subit des bouleversement considérables depuis 1949* nous, Earthforce Fight Squad, une ONG citoyenne de Protection de l'Environnement et du Vivant, exigeons que:

''Le Droit de l'Homme à l'Environnement Sain'' soit ajouté à l'article 3 de la ''Déclaration Universelle des Droits de l'Homme'' d'un façon urgente et définitive !

*L'année de la création de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme

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SIGNEZ LA PETITION: https://www.change.org/p/mar%C3%ADa-fernanda-espinosa-garc%C3%A9s-droit-de-l-homme-%C3%A0-l-environnement-sain

GES / G-20 / COP 24

 

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En fin de 2015 nous en étions à 2mille milliards de tonnes de CO2 émis ces derniers 100 ans, ce qui nous a conduit à un réchauffement de 1,5°C, la base minimale à maintenir actée par l'accord de Paris signé par 195 pays et dont les USA de Trump se sont retirés. A ce jour, 147 pays sont allés au bout de leur processus de ratification. Parmi les grandes économies, la Russie et la Turquie manquent à l'appel. L'objectif central de l'accord consiste à contenir l'augmentation de la température moyenne en deçà de 2 degrés, tout en s'efforçant de limiter cette augmentation à 1,5°C degré d'ici la fin du siècle. C'est déjà atteint et donc derrière nous. Regardons devant: si nous ne voulons pas dépasser 2°C dont il est aujourd'hui question, ce que physiquement est encore possible, il faut se limiter à 3mille milliards de CO2 émis (dont 2mille milliards ont déjà été dépensés), ce qui nous laisse le droit à mille milliards de tonnes jusqu'en 2100. Le crédit carbone de la génération actuelle des 30 ans est donc aujourd'hui de 1/6 ème de ce que leurs parents et les grands parents ont eu en prenant en compte l'augmentation de la démographie qui en 3 générations s'est multiplié par 3. C'est ça les 2°C !!! Il faudra alors rendre les émissions de CO2 nulles dans toute la deuxième moitié du 21ème siècle et il faudra les avoir divisé par 3 d'ici 2050 si nous voulons y parvenir ! Actuellement en comptant l'ensemble des gaz à effet de serre (GES) produits lâchés dans l'atmosphère par notre civilisation: 21,7% viennent du fossile énergétique (charbon+pétrole), 16,8% de l'industrie, 14% du transport, 12,5% de l'agriculture, 11,3% de l'extraction et distribution d'énergies fossiles, 10,3% du bâtiment (chauffage+clim), 10% de la biomasse et déforestation et 3,4% du traitement des déchets. En production d'énergie : 78,4% fossile, 19,3% renouvelable et 2,3% nucléaire. Le fossile représente donc 2000 gigawatts d'énergie à mettre aux oubliettes dans les 35 ans à venir et les remplacer par les sources non-carbonées si nous voulons garder cette limite des 2°C. Autant de vous dire que nous sommes déjà, à l'ouverture de la COP24, très loin de cet objectif. Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) du G20 (80% des émissions de gaz à effet de serre de la planète) ont augmenté de 2% en 2017 après avoir stagné pendant trois ans. Dans le détail, la Russie (+ 4,8%) et l'Inde (+ 3,9%) font partie des mauvais élèves. De son côté, l'Europe a vu ses émissions de gaz à effet de serre augmenter de plus de 2% en 2017. Parmi les gros émetteurs que sont l’Europe, la Chine et les Etats-Unis, les meilleurs élèves sont encore les Américains parce qu’ils effectuent ces dernières années une transition du charbon vers le gaz, ce qui pèse moins sur leurs émissions. Du côté de la France, selon Eurostat, les émissions de CO2 ont augmenté de 3,2% en 2017 par rapport à l'année précédente. La moyenne de l'ensemble des pays de l'Union Européenne s'établit à + 1,8%. Les populations vont continuer à croitre et avoir recours à des énergies fossiles car les moins chères à produire avec une technologie déjà en place, même si non durables et responsables des changements climatiques d'envergure, surtout le charbon. Et quand on sait que le prochain sommet sur le climat COP24 qui s'ouvre ce dimanche à Katowice en Pologne est parrainé par le groupe polonais JSW, le premier producteur de charbon à coke dans l'Union européenne, on a le droit de se poser quelques questions. Pour résumer la situation : pour le 1,5°C c'est déjà foutu, pour le 2°C c'est pratiquement loupé et il devient extrêmement improbable de maintenir le réchauffement planétaire sous la barre des 4°C, d'ici 2100.

Seule une insurrection des sociétés civiles peut nous permettre d’éviter le pire

Nous tous, en tant que citoyens, sommes donc sous la menace d'un effondrement probable. Des bouleversements sociaux, économiques et géopolitiques majeurs seront enclenchés et ne vont faire que s’accélérer. Comment peser sur la nature de ces changements  tels que migrations de masse, émergence d’un ''capitalisme écofasciste'', la famine, l'effondrement de la biodiversité, risque de conflits pour les ressources, des guerres civiles attisées par les fanatismes xénophobes ou religieux, des guerres de clans dans un monde dévasté? Ce qui nous menace est une crise climatique à gérer avec des ''solutions'' à trouver rapidement. Comment alors réguler la mondialisation économique dans la perspective d’un effondrement du monde dans lequel nous vivons, celui de la civilisation industrielle mondialisée issue de cinq siècles de capitalisme ? Les ''collapsologues'' préfèrent définir l’effondrement comme l’extinction de l’espèce humaine. Même avec le pire scénario climatique et écologique, cette perspective reste une hypothèse relativement improbable. Étant donné l’interconnexion de l’économie mondiale, on peut étendre l’hypothèse à celle de l’effondrement d’un système : la civilisation du capitalisme industriel et sa culture consumériste, civilisation aujourd’hui globalisée même si les disparités sociales et territoriales restent majeures. Quels moyens avons nous donc pour contrecarrer une telle perspective ? Une mobilisation massive des sociétés civiles et des victimes du changement climatique face aux dégâts de l’actuelle ''mondialisation'', une insurrection éthique et politique contre toutes les attaques faites contre le vivant et la dignité humaine, la désobéissance civile et citoyenne ou bien un basculements révolutionnaire vers des sociétés du bien-vivre et de l’autonomie peuvent contrer ce scénario d’un capitalisme écofasciste. Seul le volontarisme politique, pressé par une insurrection des sociétés civiles, peut permettre d’éviter le pire.

7794730103 la marche pour le climat a eu lieu le 8 septembre 2018 a parisClimate march youth ap img 0

 

Actions en justice

Un autre moyen pour parvenir à limiter les dégâts sont les actions en justice. Emissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique, déforestation, pollution de l’eau, de l’air ou des sols, ou encore utilisation massive des ressources… les activités provoquées par les entreprises peuvent porter atteinte au droit des populations à disposer d’un environnement sain. Ce droit commence à être reconnu en tant qu'un droit en devenir.

Les entreprises qui contribuent au réchauffement climatique, à la pollution de l’air, de l’eau et des sols et à la raréfaction des ressources peuvent ainsi violer ce droit reconnu progressivement comme un droit fondamental. Ce droit, dans lequel on peut inclure le droit à l'eau, à l'air pur, à la jouissance de paysages, aux bénéfices de la biodiversité – en somme à la vie dans des conditions environnementales saines – commence à être reconnu en tant que droit fondamental de la personne humaine. Une reconnaissance qui trouve son origine dans la Déclaration de Stockholm sur l'environnement humain, adoptée en juin 1972 : "L'homme a un droit fondamental à la liberté, à l'égalité et à des conditions de vie satisfaisantes, dans un environnement dont la qualité lui permette de vivre dans la dignité et le bien-être. Il a le devoir solennel de protéger et d'améliorer l'environnement pour les générations présentes et futures." 

Ce principe a notamment été repris dans la convention 169 de l'Organisation internationale du travail, relative aux peuples indigènes dans les pays indépendants. Celle-ci invite les États à prendre des mesures spéciales pour sauvegarder l'environnement de ces peuples. En France, la Charte de l’environnement, adoptée le 28 février 2005 par le Parlement à plus de 95% des suffrages, reconnait pour la première fois en droit français un droit à chacun de pouvoir bénéficier d’un environnement sain et respectueux de la santé. Plus récemment, ''La loi biodiversité'' adoptée en juillet, a inscrit le préjudice écologique dans le code civil. En vertu de la règle du pollueur-payeur, il oblige le responsable d’un dommage à l’environnement, quel qu’il soit, à le réparer "par priorité en nature" ou, à défaut, à acquitter des dommages et intérêts.  "Il s’agirait là d’une démarche juridique complètement inédite qui s’inscrit dans un mouvement citoyen visant à demander des comptes à la justice pour les dégradations environnementales qui constituent des violations des droits fondamentaux, comme celui de vivre dans un environnement sain ou encore le droit à la santé."  Au niveau international, si aucun traité contraignant de l'ONU en matière de droits de l'Homme ne prévoit à ce jour un droit spécifique à un environnement sain, on observe, dans l’interprétation des droits humains existants, des éléments de protection pouvant contenir certaines exigences en matière de conditions environnementales. Reste toutefois le problème de la réparation et de la remise en état de l’environnement affecté, qui représente encore souvent une bataille à mener pour les communautés locales, mais les résultats commencent à venir.


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En janvier 2015, au terme d'une bataille juridique de trois ans, Shell a accepté de verser 70 millions d'euros à la communauté Bodo du Niger, touchée par deux importantes fuites de pétrole en 2008. En mai 2016, une vaste campagne de sensibilisation a permis de faire adopter une mesure interdisant les grandes opérations d’embouteillage d’eau à la multinationale Nestlé à Cascade Locs dans l'Orégon. La même chose à Warm Springs où la prise de position du Gouverneur de Californie est le résultat d’années de contre-pouvoir et de militantisme local. Particulièrement touchées par les conséquences du réchauffement climatique, les Philippines, en tant qu'Etat, viennent de marquer un premier pas dans la reconnaissance des populations à disposer d’un environnement sain. Le 27 juillet dernier, la Commission des droits de l’Homme locale a porté plainte contre 47 entreprises pour leur contribution au dérèglement climatique. Parmi elles, les Français Total et Lafarge, mais aussi d’autres grandes multinationales comme Chevron, ExxonMobil, BP, Royal Dutch Shell ou encore Glencore. La dernière victoire date d'août 2018 lorsque le géant de l'agrochimie Monsanto a été condamnée aux États-Unis à verser 290 millions de dollars à Dewayne Johnson, un jardinier atteint par un lymphome non hodgkinien incurable et qui pourrait créer un précédent : l'individu contre le pollueur.

La prochaine grande et urgente bataille citoyenne à délivrer sera l'inscription du ''Droit à l'environnement sain'' dans l'article 3 de ''La Déclaration universelle des droits de l'homme''.


 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ecologie libérale ou libérée ?

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En finir avec l'écologie libérale sans remettre en cause l’hégémonie du modèle capitaliste, la lutte contre le réchauffement climatique n’est rien d’autre qu’une diversion !

À moins de n’avoir consciemment décidé d’ignorer toute l’actualité environnementale de ces dernières semaines, vous avez probablement entendu parler du dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), paru le 7 octobre et relayé par l’ensemble de la presse française et internationale. Nouvelle mise à jour de l’horloge de l’apocalypse climatique : quand bien même les Accords de Paris (COP21) sont respectés et que la hausse globale de la température d’ici 2100 se limite à 1,5-2°C, nous ferions quand-même mieux de nous préparer a des sacrés catastrophes climatiques avant 2030 à 2050, si nous sommes encore en vie d'ici là. Problème : à peine rendu public, cet n-ième rapport du GIEC est déjà à peu près obsolète puisque le consensus scientifique, au vu des efforts fournis par les États, serait une température minimale de 2°C voire 3°C pour la fin du siècle. Et une fois cette limite franchie, le réchauffement climatique entrerait dans une sorte de pilotage automatique qui rendrait futile toute tentative de régulation par l’homme. En d’autres termes, nous avons déjà franchi le seuil de la catastrophe et à cette vitesse, elle sera bientôt tranquillement dans notre salon.

Alors, puisque le grand public est légitimement en droit de paniquer, la presse internationale et une partie des influenceurs de ce monde ont sorti à peu près simultanément, chacun à sa sauce, leur joker. Des appels à l’action citoyenne, d’abord, dans tous les sens : 700 scientifiques réunis sur la une de Libération début septembre pour exhorter, alerter, supplier ceux qui décident pour nous de faire enfin quelque chose de concret : 200 "personnalités" médiatiques ménées par Aurelien Barrau dans les pages du Monde, la semaine précédente, pour froncer les sourcils et nous expliquer : ''qu'il est temps d’être sérieux" comme si le paternalisme d’Alain Delon et consorts avait le pouvoir de réveiller l’Humanité de cinquante ans de somnambulisme.

Autre option, plus proactive celle-ci : ressortir les petits manuels du bon citoyen écolo, la conscience chauffée à blanc par les appels des célébrités. Celui qui, en faisant pipi dans la douche le matin, en mangeant exclusivement des plantes et en lisant attentivement l’étiquette au supermarché tout en boycottant une telle ou telle marque, se coucherait satisfait, se sachant à son échelle contributeur actif d’un monde meilleur. Et puis, pendant qu’on en était à s’étriper sur Facebook, grâce à l’AFP, pour savoir ce qui polluait le plus entre 7 vols transatlantiques en charter et la naissance d’un enfant, l’oligarchie blanche du YouTube francophone a décidé de s’y mettre aussi. Bingo : sur Facebook, la vidéo "Il est encore temps" chiffre plus de 10 millions de vues, le site lancé conjointement cartonne et le 13 octobre, près de 80 cortèges défilaient en Europe pour sauver la planète, un peu amputés en France ces derniers jours par le mouvement des gilets jaunes, alors que la COP 24 à Katowice en Pologne arrive à grands pas.

Il faut voir, sincèrement, cet aréopage de youtubeurs nous expliquer, tout sourires, que le monde n’est pas (encore) perdu et qu’en s’y mettant, à nous tous, on pourra inverser le cours de la catastrophe. Il faut les écouter nous dire que des pétitions en ligne, le boycott, des marches citoyennes et un bon coup de pression sur la classe politique suffiront, à condition de s’y atteler sérieusement. Il faut se frotter les yeux pour y croire. Et se demander quel degré d’inconscience ou quelle quantité de psychotropes il faut posséder pour y croire réellement, après quarante ans d’action citoyenne aux résultats (quasi) nuls et d’accord internationaux piétinés les uns après les autres. Il suffit d’entendre le collapsologue Pablo Servigne, seul au milieu des youtubeurs, avouer que "c’est déjà catastrophique, mais il n’est pas trop tard pour éviter que ce soit encore pire", pour être envahi d’un sentiment de vide profond. Que diront ces mêmes influenceurs dans cinq, dix, quinze ans, quand rien n’aura bougé d’un iota ? Les rapports du GIEC ne servent plus à rien. Les appels sont muets. On continue, pourtant, à appeler. À quoi, au fait ? Au calme, surtout. À la "prise de conscience", d’accord. À l’action, certes, mais pas n’importe laquelle. Démocratique, hein. Non-violente, toujours. Diligente. Bien élevée. Individuelle. Atomisée, puisqu’il ne reste plus rien de l’esprit des luttes collectives du siècle dernier.

Toute la fable du changement individuel se déroule là, sous nos yeux. Le mythe fondateur de l’écologie libérale, qui voudrait résoudre l’équation de la survie de l’espèce en la réduisant à des habitudes de consommation personnelle. Complet hold-up sémantique, qui nous raconte ad nauseam que "l’homme" est à l’origine du réchauffement climatique, ce qui est en partie vrai concernant la destruction de son environnement – il y a même un mot pour ça, "l’anthropocène" – et que la "bonne volonté" suffira à en sortir. En consommant autrement, mais en continuant à consommer tout de même. Une performance de contorsion sémantique à faire pâlir un champion régional de Limbo. Car ce n’est pas "l’homme" en tant que tel – ou son synonyme, "l'activité humaine" – qui bouffe la planète, c’est le capitalisme qu'il a inventé dans un élan de perversion de son cerveau ultime. Le consommateur, lui, n’y est pour rien. Ce sont un demi-siècle d’empilement agressif des richesses, d’exploitation dérégulée des ressources naturelles, de croissance économique à tout prix et de déréglementation des flux de capitaux et de marchandises qui nous ont menés à cette situation désespérée. Notre consommation est la conséquence de ce modèle, en aucun cas sa cause. Sans remise en cause du capitalisme, aucune amélioration climatique n’est envisageable. Mais on a beau chercher chez les youtubeurs, dans les appels des grands quotidiens ou dans les discours des pasionarias de la science dépolitisée comme l’astrophysicien viral Aurélien Barrau, une critique systémique : pas un mot, pas une réprimande, pas même une tape sur les doigts ! Surtout, évitons le sujet du modèle politique et économique. Dans les conversations autour du climat, le capitalisme, c’est le Lord Voldemort – on ne le nomme pas, par crainte de représailles. Pile au moment où les forces en présence devraient être identifiées avec une résolution parfaite, on préfère nous cajoler avec des histoires de conscience individuelle et de bonnes volontés juxtaposées. Quand il s’agit d’esquiver la remise en cause du capitalisme, les efforts de diversion opérés depuis le début du XXIe siècle sont remarquables. Outre les appels à répétition dans la société civile, qui refilent incessamment le fardeau aux consommateurs, le monde entrepreneurial parle désormais très sérieusement, avec des étoiles dans les yeux, de "consomm’action", ''d'économie verte", de ''consomm'acteurs'', ''d'économie circulaire" et d’autres Subutex du profit. Mieux : à Bruxelles, la capitale de la mondialisation néolibérale, on tient des conférences sur la décroissance – attendez, pardon, on dit "post-croissance", maintenant. Comme si la Commission européenne, frappée d’une épiphanie, allait soudainement renoncer à sa raison d’être économique et œuvrer à faire de l’Union une ZAD géante où régneraient le troc et les pailles en carton recyclé. Comme si les lobbies de l’automobile et des énergies fossiles allaient finalement rattraper leurs décennies de dissimulation et de duperie, au nom de la bonne volonté environnementale. Comme si les intérêts économiques immédiats allaient un jour s’effacer devant l’impératif de survie de l’espèce. Comme si les politiques européennes allaient un jour s’attaquer réellement aux industries polluantes et risquer de perdre quelques points de croissance.

Appelez ça comme vous voulez, la "consommation éthique" reste un oxymore. Votre guacamole, votre quinoa ou votre soja sont des désastres environnementaux. La voiture électrique ? On ne vous propose pas d’arrêter de polluer, mais de polluer différemment. Consciencieusement. Mais n’en déplaise aux penseurs de l’économie verte, l’accroissement des richesses et la sauvegarde des écosystèmes, de l’environnement et de la biodiversité sont mutuellement exclusifs. Le problème ne vient pas du mode de consommation, il vient de la nature de la production illimitée et de la distribution des ressources dans un monde limité. Il suffit, pour s’en convaincre, de relire Naomi Klein qui disait déjà tout cela en 2016. Ou un récent rapport, commandité par les Nations Unies et paru le 31 août, qui conclut à la nécessité de mettre fin au capitalisme pour survivre aux conséquences du désastre environnemental. Nous vivons dans un monde où huit personnes possèdent autant que 50 % de la population mondiale82 % des profits générés en 2017 ont bénéficié aux 1 % les plus riches, selon Oxfam.100 entreprises totalisent 71 % de la pollution planétaire annuelle. Où un tiers de la nourriture créée chaque année – soit 1,3 milliard de tonnes – termine à la poubelle. Un monde dans lequel la majorité des habitants vit avec 2 à 10 dollars par jour, mais parvient quand même à épuiser les ressources planétaires annuelles en huit mois. Le modèle que l’on nous offre, sans alternative possible, est le plus toxique qui soit. En Occident, lutter efficacement contre le réchauffement climatique suppose de renoncer volontairement à des siècles de domination économique et diplomatique sur le reste du monde pour une meilleure gestion des ressources. En attendant, le capitalisme menace l’espèce humaine d’extinction. Voilà ce que ces multiples appels devraient marteler, inexorablement, dans la presse internationale. Voilà le propos que nos youtubeurs nationaux devraient porter, avec le même optimisme viral. Pas sûr, cependant, que tout le monde soit prêt à l’entendre. Pour la première fois, la critique du capitalisme dépasse le simple cadre d’une lutte de classe pour devenir une lutte d’espèce. On ne devrait entendre que ça. Mais non. On marche dans les rues le dimanche après-midi, à l’initiative d’un réseau social, avec de jolies pancartes "make the planet great again". On rentre chez soi, en vélo, manger un bon repas vegan. On signe une pétition Change.org contre le glyphosate. On poste sur Facebook son "geste pour la planète", drapé dans sa vertu, avant de s’endormir satisfait. Satisfait d’avoir protesté, calmement, contre la fin du monde. Satisfait d’avoir fait sa part de colibri, jusqu’au prochain appel.

Théoriquement, en restant positif, les objectifs fixés lors de la COP21 pourraient encore être atteints. D'un point de vue du fonctionnement du climat, il n'est pas totalement impossible de contenir le réchauffement de la planète, même à 2°C, mais ce sera très difficile. Cela demande des transitions sans précédent historique. Cela demanderait d'agir extrêmement vite. Il faudrait que les émissions mondiales de dioxyde de carbone baissent de moitié d'ici 2030. Le rapport montre que les solutions technologiques existent. Il y a des leviers d'action à tous les niveaux de la société, que ce soit du côté des Etats, des collectivités, des entreprises ou des citoyens. Mais on montre également qu'il y a des barrières et la plus énorme de toutes s'appelle le CAPITALISME, sans le nommer. Déjà les deux barbus ZZ TOP , Marx et son pote Engels l'ont bien compris il y a un bail. C'est donc un enjeu de gouvernance, de sorte à permettre que ces solutions soient déployées le plus rapidement possible...aie aie aie pas simple, vous avez bien compris, puisque c'est l’affaire de tous...C'est aujourd'hui une question de volonté de toute l'humanité, pas seulement des états les plus riches ou les plus industrialisés faisant partie des plus gros pollueurs et émetteurs de CO2. Ce qui va mettre notre civilisation d'accord, ce sera son déclin, voire sa disparition en majeure partie, son effondrement. Pour l'instant les effets indicateurs ne sont pas encore assez visibles et perceptibles partout et par tous, quand ce sera le cas, il sera déjà trop tard. Nous nous sommes habitué aux annonces catastrophistes sur la biodiversité mais, en un sens, pour nous, tout va encore bien. La destruction continue des écosystèmes n'a que peu d'impact sur notre quotidien. Près de 80 % des insectes auraient disparu en Europe en moins de 30 ans ; les campagnes françaises ont perdu un tiers de leurs oiseaux en 15 ans; 60 % des animaux sauvages ont disparu dans le monde depuis 1970; 50 000 km2 de forêts sont rasés chaque année (deux fois la superficie de la Bretagne); 7 % des espèces auraient déjà été éradiquées, nous faisant entrer à une vitesse record dans la 6e extinction de masse de l'histoire de la Terre. Une fois qu'un écosystème s'effondre, on ne peut plus revenir en arrière !!! On peut imaginer que l’humanité s’en sortirait en partie malgré tout en tant qu’espèce, mais les conditions dans lesquelles elle vivrait relèverait juste de la survie. La biodiversité est aujourd’hui notre meilleure assurance vie! Il y a un trop gros décalage entre l’homme et la nature. Le seul contact qu’ont beaucoup de gens avec elle, c’est au mieux un parc municipal, au pire un arbre sur un trottoir. Plus on lui tourne le dos, moins on sera enclin à la protéger, et les messages culpabilisateurs sur la crise de la biodiversité et du climat ne serviront à rien. Si on montre à quel point la machine-écosystème est belle, à quel point nous en sommes dépendants, et surtout à quel point les systèmes écologiques sont inter-connectés, tout le monde aura peut-être envie de les protéger ! On ne pisse pas dans l’eau qu’on va boire! Un autre problème, la croissance de la population humaine, qui ne va pas soudainement s’arrêter à 8 milliards d'individus. Il faut donc imaginer les politiques de conservation à l’échelle des écosystèmes entiers et non plus seulement à celle des espèces et des humains. Tout cela risque d'engendrer des profondes mutations à l'échelle planétaire, des luttes pour les territoires des migrations climatiques de masse et des guerres pour la survie. Car nous entrons déjà en guerre puisque nous avons dix ans à peine et il faudra peut-être prendre des décisions bien plus radicales pour assurer la survie de notre espèce et celle du vivant. Si la culture dominante, notre civilisation post-industrielle, se dirige tranquillement vers son effondrement, si elle détruit les écosystèmes du monde entier, c’est entre autres parce qu’elle ne considère pas le monde naturel et ses équilibres et ses dynamiques comme primordial. Au contraire, ce qu’elle considère comme primordial, c’est elle-même, son propre fonctionnement, sa croissance, son développement, ses industries, etc. C’est précisément parce que la civilisation industrielle est profondément et fondamentalement narcissique, qu’elle ne se soucie que d’elle-même, qu’elle est amenée à détruire tous les autres (les autres espèces et les autres cultures), tout ce qui n’est pas ELLE. Faisons très attention, car considérer l’effondrement de la civilisation industrielle comme la catastrophe, c’est perpétuer le paradigme destructeur qui le précipite, c’est perpétuer le narcissisme qui est au cœur de ses pulsions destructrices. L’effondrement de la civilisation industrielle est peut-être une solution, pas un problème. La santé de la biosphère est ce qu’il y a de plus important. Au-delà de l’aspect empathique élémentaire qui devrait nous pousser à nous soucier des autres, il s’agit également d’une réalité écologique élémentaire. Nous ne pouvons pas vivre sans un écosystème sain. Au fond, la vraie question que pose l’effondrement de la civilisation industrielle, au-delà de sa datation précise, de sa durée ou de sa vitesse, c’est surtout de savoir si nous, en tant qu’individus, allons souffrir ou mourir de manière anticipée. Projetée à l’échelle des sociétés, c’est la question de la pérennité de notre descendance, et même de notre ''culture''. Notre empathie devrait aussi nous soucier d'autres cultures et d'animaux...du vivant dans son ensemble. Si notre monde et mode de vie occidental s'effondre, ce ne sera pas forcément celui des autres peuples, notamment des peuples premiers qui ont su garder un contact étroit avec la nature et qui, bien au contraire, peuvent en tirer un profit conséquent en se débarrassant de ceux qui les soumettent et les exploitent depuis toujours. Les quelques objets que monsieur tout le monde utilise au quotidien le lient à l’exploitation d’une multitude d’individus et d’endroits du monde (endroits constitués d’autres individus non-humains, végétaux, animaux, etc.), dont il ignore à peu près tout, et que de cette ignorance des conséquences réelles de son mode de vie découlent les horreurs les plus diverses et les plus insoupçonnées. Il nous suffirait d’examiner la fabrication d’un téléphone portable, d’une télévision, d’un t-shirt Nike, d’une simple brosse à dent ou encore d’un ballon de foot, d’une voiture ou de n’importe quel objet produit en masse, de n’importe quelle infrastructure industrielle, pour trouver d’innombrables destructions environnementales et asservissements sociaux. Actuellement et dans les années à venir, le développement ''salutaire'' des technologies dites ''renouvelables '' (solaire, éolien, barrages, biomasse, etc.) et des hautes-technologies en général engendre déjà et continuera à engendrer une intensification, un accroissement, des pratiques extractivistes et de l’exploitation des ''ressources naturelles'' en général. Au nom donc, de la ''croissance verte '' et/ou du ''développement durable'', qui correspondent à une aggravation significative de l’impact environnemental de la civilisation industrielle. Entre autres, parce que le solaire et l’éolien industriels requièrent des métaux et minerais rares que l’on trouve en quantité limitée et en certains endroits du globe uniquement. L’extraction, le traitement et l’exploitation de ces matières premières génèrent d’ores et déjà une catastrophe écologique. Les États du monde et leurs dirigeants à la botte des lobbys capitalistes (PDG et politiciens) connaissent ces problèmes écologiques et s’en moquent éperdument – c’était attendu. Les dirigeants étatiques savent que cela risque de créer de nouveaux conflits internationaux. Ils se disent prêts à affronter cette éventualité, ainsi qu’on peut le voir dans un rapport d’office parlementaire publié sur le site du sénat et intitulé '' Les enjeux stratégiques des terres rares et des matières premières stratégiques et critiques ''.

De manière globale, la militarisation du monde va croissante, également à cause des prévisions concernant les migrations humaines massives que les changements climatiques vont engendrer, et des pénuries ou épuisements à venir ou de différentes ressources stratégiques (dont la terre elle-même, dont l’eau, etc.). Les injustices massives vont perdurer et s’accentuer. Plus que jamais, si nous voulons défendre le monde naturel contre les assauts qu’il subit et qu’il subira au cours des décennies à venir, nous avons besoin d’une résistance organisée, qui assume une conflictualité délibérée vis-à-vis de l’État, même si résister, c'est déjà trop tard. Il faudrait commencer par les en empêcher par tous les moyens avant d'entrer en résistance. Les initiatives d’individus du monde riche cherchant à augmenter la résilience de leurs communautés (façon villes en transition) à l’aide de panneaux solaires et d’éoliennes industriels ne feront qu’appuyer l’extractivisme des États et des corporations et l’exploitation d’esclaves modernes à travers le globe et surtout dans les pays pauvres ou émergents. Nous ne savons pas quand un effondrement se produira. Mais nous savons qu’actuellement les choses vont déjà très mal et qu’elles vont empirer, pendant un certain temps. Pour celui qui se bat contre l’agrégat d’exploitations et d’injustices qui compose la civilisation industrielle capitaliste, la perspective de son effondrement n’est qu’un espoir distant. De même que pour celui qui se bat contre l’accumulation des destructions écologiques qui la compose. Pour eux, l’effondrement constitue un évènement attendu avec impatience. Ce qui nous amène là, c’est un consumérisme stupide qui ne rend même pas les gens heureux. À l’origine, les fruits de la croissance étaient l’augmentation du bien-être, la réduction des inégalités, le plein-emploi, la société des loisirs. Aujourd’hui, la croissance est complètement disjointe de ces fins. La croissance nous amène à la ruine, sans plus nous livrer ses fruits. Nous aurons une planète plus difficilement habitable, et tout cela pour, finalement, un leurre ou en tout cas une machine qui désormais s’emballe et n’accroît que les intérêts financiers du capital d’une petite minorité mondiale. La difficulté qu’on a à agir tient à deux raisons. La première raison, c’est que tout notre système capitaliste de production poussant à la consommation crée la catastrophe. C’est systémique. Notre système politico-économique est un système dopé à la croissance et à l'emballement. C’est la totalité du système qui déraille. La deuxième difficulté, c’est que nous sommes vraiment coincés par le temps. Si nous voulions, par exemple, avoir une chance de rester sous les 2°C d’augmentation à la fin du siècle, il faudrait dès maintenant réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 4% par an, alors qu’elles augmentent de 2% environ. C’est énorme. Et ce, tous les ans ! Dans un premier temps, c’est peut-être plus facile, mais ensuite nous commencerons à entrer dans le dur et les changements auront des conséquences plus importantes. C’est le défi et c’est normal que cela soit difficile, puisque le temps nous presse. Donc essayer d'avancer par les petits pas comme le font les décideurs, c’est absurde. Il faudrait considérer que nous sommes dans une économie de guerre. On l’aura quand les manifestations deviendront très sensibles et nous entrerons dans un radicalisme politico-écologique car il n'y aura aucune autre issue. La civilisation dans laquelle nous sommes est déjà extrémiste. Elle nie le vivant et le détruit en masse. Ce n’est pas fantasque de l’affirmer: toute la littérature scientifique démontre que nous détruisons les conditions de vie sur Terre aujourd’hui. Donc cette civilisation est extrémiste. C’est le cœur du système même qui est extrémiste et délirant. Ce système qui, s'il veut se préserver, doit inévitablement changer des règles et quand le politique change les règles, les effets sont massifs. Et seul le politique peut avoir des effets massifs, sauf l'effondrement lui-même, bien sûr. Mais il ne le veut, évidemment, absolument pas ! Les gens sont, la plupart du temps, biberonnés à l’économie néoclassique et à l'addiction qui est le cœur de ce système. Les personnes engagées dans une démarche de résilience et de décroissance n’ont pas le même genre de frustration. Notre modernité a toujours considéré que la Nature n’était rien. C’est un capital naturel que l’on peut détruire indéfiniment et que l’on remplace par du capital technique et de la technologie. Nos dirigeants sont imprégnés de cela, donc nous avons déjà un problème culturel. A cela s’ajoute un problème d’intérêts économiques et privés contre l’intérêt écologique général. Une petite minorité d’entreprises ou de citoyens, environ 10% des gens, émet 50% des gaz à effet de serre, tandis que 50% de la population mondiale n’en émet que 10%, selon encore un rapport d’Oxfam de 2015: cela montre la situation dans laquelle nous sommes. Je pense que nous allons vivre quelque chose de si terrible que cela va franchement guérir l’humanité d’un certain nombre de tendances fâcheuses. En tout cas c’est une des possibilités et peut-être plutôt un espoir. Le même que les peuples premiers, ceux qui souffrent depuis des siècles et sont essorés par le capital. Nous pouvons être très inquiets pour les décennies à venir car nous voyons bien que ça grippe depuis longtemps. Il faudra être très vigilants et surtout intransigeants pour que l’on puisse changer vraiment les choses; si on commence à les changer substantiellement, ce sera plutôt dans la décennie suivante. Or, si tel est le cas, le risque de dérive vers une planète chaude est probable. Et une planète chaude, ce n’est plus qu’un milliard d’humains dessus vers la fin du siècle. Toute la difficulté, c’est qu’il y a une incertitude énorme sur nos marges d’action, sur ce que l’on va réussir à faire dans les dix années à vennir. Et ces dix ans seront totalement décisifs. En écoutant les discours des uns et des autres, des climato-sceptiques comme des climato-convaincus, le constat est alarmant à plus d'un titre et l’impression qui s'en dégage est que l’on ne fera rien ou pas grand chose, en tout cas. Mais nous devons garder la possibilité de faire un maximum pendant ces dix ans et à une échelle globale !!! Appelez cela de l'espoir ou de l’optimisme si vous voulez.

Là où le pessimisme s’impose, c’est que même avec cet espoir, ce sera très difficile. On n’échappera pas à une phase très sombre. Même pour cette partie de l’humanité qui a vécu de façon très simple, mais cependant facile pendant quelques générations et qui ne jure aujourd'hui que par le pouvoir d'achat confondant les fins avec les moyens, la surprise va être assez rude. Les seules pistes qui nous semblent réalistes à exploiter à ce jour pour parvenir à une hypothétique stabilité climatique et une écologie libérée indispensable sont: la décroissance rapide, soutenue et globale et les mouvements citoyens radicaux à l'instar de celui des XR (Extinction Rebellion) ou celui des peuples premiers. Le salut de notre civilisation s'y trouve peut-être...


 


 


 


 

 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

Cette chimie qui tue à petit feu

Les chimistes, ces apprentis sorciers qui manipulent et dominent le monde du vivant tout en générant des profits astronomiques et ayant un pouvoir absolu, sont le fléau de notre civilisation !!!

Tout le monde (ou presque) connait la POP (musique). Mais savez-vous ce que les POP (Polluants Organiques Persistants) ? On en trouve absolument partout et même si certains sont interdits aujourd'hui par diverses conventions internationales, d'autres "persistent" à nous empoisonner. Ces armes chimiques de destruction massive se trouvent dans tout ce que nous utilisons, ce dont nous nous servons, ce que nous mangeons, dans l'eau que nous buvons et l'air que nous respirons (pollution chimique, poussières domestiques, poussière d'usure de pneus...). Ils sont pratiquement "indestructibles".

Pcb

Un exemple simple: par la phobie du feux et la crainte de l'incendie, l'homme et son cerveau de génie a inventé le RFB (Retardateur de Flamme Bromé = http://www.cancer-environnement.fr/499-Retardateurs-de-flamme.ce.aspx), qui se trouve dans tout ce qui présente un danger de feu. (plastiques, peintures, bois, textiles, etc...). Et dans le RFB, il y a le "B"= Brome (Br)...une substance chimique extrêmement nocive et un poison pour tout le vivant (https://fr.wikipedia.org/wiki/Brome) ! Impossible de s'en débarrasser même en incinérant, car ses particules se répandent dans l'air, détruisent la couche d'ozone et nous les respirons. Presque tous les plastiques en contiennent et les procédés de recyclage, même les plus performants ne garantissent pas son élimination, sauf peut-être la pyrolyse (https://www.letemps.ch/sciences/dechets-plastiques-se-subliment-gaz-oceans-respirent). Alors recycler le plastique, qui nous envahit, envahit les océans* et entre dans la chaine alimentaire (donc dans notre assiette=poissons, lait, viande...), pour en refaire encore du plastique (l'économie circulaire) est-ce vraiment une solution? Le détruire définitivement pour produire de l'énergie ( gaz, carburant, chaleur, vapeur...) tout en utilisant des filtres performants et en générant un minimum de résidus réutilisables, peut-être...si on élimine le Brrrrrr ...

Substances dangereuses la chaine alimentaire

Revenir à la bouteille d'eau en verre consignée (matière stérile réutilisable 50 à 100x) et produite localement (réduction du CO2) éliminerait 60% des plastiques dans les océans et 80% de contaminants chimiques probables se trouvant dans une bouteille d'eau en plastique ( https://www.breizh-info.com/2018/03/19/92302/sante-eau-bouteille-plastique )

*gires océaniques, fragmentation, transport et déplacement d'organismes et de bactéries …

Article complet expliquant les POP ici : http://cervenad.blogspot.com/2016/09/polluants-organiques-persistants-pop.html

 

Are we racing towards Earth’s ‘Hothouse’ tipping point?

Recently, myself and academic colleagues published an analysis exploring the risk of biophysical systems that regulate the state of the planet, crossing critical tipping points. This is important because it could push the planet away from the stable state it has been in since the last Ice Age some 12,000 years ago. 

This research effort was a daunting and complex task. Since the advent of the Anthropocene and the great acceleration of human environmental pressures on Earth, the scientific community is now forced, for the first time, to seek answers to the following existential question - are we as humanity now in a position to destabilize the entire Earth system? The research we just published is an attempt to address this question, by summarizing our current knowledge, setting the stage for further science, and presenting additional scientific support for urgent climate action. 

And, despite complexity and uncertainty, we already know quite a lot. We know that Earth, for the last 1.2 million years, has naturally fluctuated 6-8 times, between Ice Ages lasting 100,000 years and warmer inter-glacial periods, similar to the one we have today. These are the only two natural stable states of our planet in this time.

We also know that we humans have increased the temperature on Earth by a global average of 1 degree Celsius (1.8°F), due to burning of fossil fuels, polluting air, and degrading forests and ecosystems. This is the warmest period on Earth since the last Ice Age, and we are reaching the edge of the warmest temperatures on Earth during inter-glacials. We thus have increasingly strong scientific evidence that we are hitting the ceiling of the warmest conditions on Earth over the past 1 million years. 

Furthermore, we also know the Holocene state we have been in since the last ice age is stable – it has lasted 11,000 years and could have lasted another 50,000. We also have overwhelming evidence that the Holocene is the only state of Earth we know for certain can support our modern world - thanks to its extraordinary stability relative previous states.  

And we also know that before Earth entered the limit cycle between inter-glacial and glacial state during the last 1 million years, Earth has at times been much warmer than now – at least 4-5°C warmer – and that this state lasted millions of years. We call it “Hothouse Earth”. 

Finally, and most importantly, what we also know, is that the only reason global temperatures have not risen even higher than 1°C already, with the increasingly unsustainable exploitation of the biosphere, is Earth’s natural resilience. What explains Earth's trajectory between Ice Age and inter-glacial is not only the physics related to Earth's distance and angle to the sun. It is also biosphere carbon feedbacks, i.e., the capacity and dynamics of the biosphere on Earth to maintain so-called feedback mechanisms.

Negative feedbacks dampen and thereby cool Earth, while positive feedbacks self-reinforce and thereby warm Earth. It is when large systems that regulate the state of the Earth cross tipping points that feedbacks shift -- from self-cooling to self-warming. We know, as a fact, that during the last 200 years, since we embarked on the fossil-fuel driven Industrial revolution, Earth has applied its biophysical processes to buffer and reduce the warming (climate forcing) caused by us humans. Just over the past 50 years, the Earth system has doubled its carbon sinks in oceans and on land, and has sucked up 95 % of heat caused by us in the oceans. A remarkable proof of Earth resilience, and the recognition that Earth's biophysical processes are operating to maintain the Earth system in its Holocene equilibrium state. 

Now, we start seeing signs of cracks in this stable fabric. We are starting to see the first signs of weakening carbon sinks in terrestrial ecosystems, albedo shifts in ice sheets as they darken when melting, worrying trends of methane release from thawing permafrost, forest dieback, and weaker soil carbon sinks. 

We thus have increasingly strong scientific evidence that we can no longer rely on a stable and resilient Earth system dominated by cooling feedbacks. 

It is only in the last 1 million years that Earth has started to oscillate in its natural limit cycle between glacial and inter-glacial states. Among the warm inter-glacials, the Holocene is the most stable with benign conditions for human life. The great acceleration of the human entreprise in the 1950s, with rapid rise of human pressures on Earth, has placed the Earth system in a new geological Epoch, the Anthropocene. Today, we have pushed the planet close to the edge of inter-glacial states on Earth. Rising evidence indicates the risk of crossing a planetary threshold where biosphere feedbacks on Earth shift from dampening and cooling Earth to self-reinforcing and warming Earth, which would put the planet irreversibly on a Hothouse Earth trajectory. There is evidence suggesting that the planetary threshold may be reached already at 2 degrees C global warming caused by human forcing. 

Is Earth at risk of flipping over from being our best friend -- a cooling agent, to becoming a foe -- a self-reinforcing warming agent? And, if this is a true fear, the grand question, of course, is whether there is a third state of the planet we should be concerned about, i.e., that we push Earth across a planetary tipping point taking us irreversibly towards a Hothouse Earth, which will be catastrophic for humanity, and if this is a true risk, where is the tipping point? 

And of course, for our future on Earth. Is there an intermediate stable state of Earth between the mild warmth today, and Hothouse Earth? if there is a planetary tipping point, and if we are approaching it fast, what will be required from us to successfully navigate our world development within a reasonably stable Earth?

The media response to our paper was overwhelming with about 500 articles published. The interest surprised us – several of the authors were on vacation when it was published disrupting their holidays. Perhaps it should not have: by coincidence the paper came out as the northern hemisphere baked in an extraordinary heatwave. Is this a sign of things to come? Yes. 

While there remains much uncertainty, we concluded that we cannot exclude that a hard-wired biophysical tipping point may be crossed as early as at 2°C global warming, caused by us humans. This means that even if the world makes grand efforts to rein in greenhouse gas emissions, compared to the current depressing trajectory of emissions taking us to 3 degrees and beyond just through human action, we cannot rule out the risk of pushing the planet into an irreversible Hothouse Earth pathway. 

This would not mean that the planet would abruptly collapse. What it means is that we have increasing scientific support that at 2°C global warming, we face the risk of pushing the "on-button" kick-starting irreversible tipping points and domino effects that would take us towards a Hothouse Earth. 

We do not know for certain that a planetary threshold resides at 2°C. The rising scientific suspicion that it may be there or in the vicinity is, in itself a warming of the urgent need for planetary precaution. Alarmingly, not only do we not have better precision of where the planetary threshold is, we are not at this point able to quantify the risk of crossing it. But we do know the following…

Under current trajectory, we will reach 2°C global warming within 30-50 years with a high probability of hitting 2°C within two generations. That is very soon. This is the key new insight. This paper provides strong scientific support to the goal of the Paris Climate Agreement -- of holding global warming well below 2°C and aiming for 1.5°C. But it does so from a new scientific standpoint -- that staying well away from 2°C is supported as a way for us to be reasonably sure that Earth remains in its current inter-glacial regime, capable of providing manageable conditions for world development. 

If we cross a planetary tipping point, this would be a point of no return. Yet, the full impact of such a trajectory may not be felt for hundreds, if not thousands, of years.

We identify ten key biophysical systems that contribute in regulating the state of the planet:

1. Thawing permafrost in tundra and seabed methane release
2. Weakening of land and ocean carbon sinks
3. Rainforest dieback (Amazon in focus)
4. Temperate and boreal forest dieback
5. Increased bacterial respiration in oceans
6. Reduced snow- and ice coverage in the Arctic and Antarctica
7. Shifts in the thermohaline circulation in oceans
8. Shifts in the jetstream, high in the atmosphere over the northern hemisphere
9. Shifts in the El Nino Southern Oscillation
10. Shifts in the monsoon systems

We estimate, based on published scientific literature, that the first 5 of these, would, from the knowledge we have today, probably bump up global mean temperature with an additional 0,4-0,5°C, if we humans cause temperature rise to 2°C through burning of fossil-fuels. This biosphere temperature bump, though seemingly small, may be enough to trigger a knock-on effect on other more temperature resistant shifts.  

Hothouse Earth would of course be catastrophic for humanity. We are in an emergency situation. So, what do we need to do? 

1) Our latest analysis provides further support for the Paris Agreement and even more rapid action. Greenhouse gases should peak no later than 2020 and be cut in half or more every decade out to 2050 and beyond – a trajectory we call the Global Carbon Law. The world should wake up to the fact that 2°C may not be only a challenging state in terms of adaptation, but also a threshold triggering an irreversible journey towards a Hothouse Earth.

2) There is a high degree of uncertainty, so we need more research. We cannot give precision on if it is exactly at 2°C and we cannot say the probability of crossing a planetary threshold. Therefore, as researchers we advise precaution.

3) And finally, enhancing Earth resilience is a real priority for humanity and will require integration of ecosystem and climate research and political agendas.

While renewable energy solutions are scaling rapidly, elsewhere progress is nowhere near the scale we require. That is why in September, myself and Christiana Figueres, the former head of the UN’s climate body, will join some of the world’s climate leaders from business, investment and cities in San Francisco for the Global Climate Action Summit. With colleagues we will publish a Global Climate Action Roadmap in advance of the summit to shift gear and move from incremental to exponential action. 

Despite the findings of our research, I remain confident the world can make the just and equitable transition to a sustainable future and that this coming decade will be decisive for our future. 

Last updated August 17, 2018

Un mot du président

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Nous croyons profondément que nous faisons tous partie d'un mouvement bien plus important, plus profond et plus vaste que ce que chacun parmi nous peut percevoir. Il est non violent, vient du terrain, ne possède pas d'armée ni de forces spéciales. Il n'a pas d'idéologie centrale et un homme n'est pas à sa tête. Ce mouvement anonyme est le plus divers et le plus vaste que le monde ait jamais connu. Le mot même de ''mouvement '' est trop étriqué pour le définir. Personne ne l'a vraiment initié et personne ne le dirige. C'est le mouvement pour la terre, le pouvoir de la terre, Earthforce Fight Squad/Guerriers Pacifistes. Nous sommes des combattants, mais ne sommes pas des éco-terroristes ni des pessimistes ou catastrophistes démobilisés et encore moins des optimistes déconnectés de la réalité. Nous essayons de porter haut une idée juste et réaliste et alerter partout où c'est nécessaire. Ce mouvement concerne un ensemble de plusieurs centaines de mille d'organisations à travers le monde qui sont, comme nous, engagées dans les luttes pour une justice sociale et environnementale. Il rassemble tous les citoyens de la planète qui se sentent concernés. Ce mouvement est partout, il n'a pas de centre, pas de porte-parole, il est dans chaque pays, chaque tribu, chaque culture, chaque ethnie, chacun(e) de nous. C'est la première fois dans l'histoire qu'une tentative de faire émerger une idée d'un mouvement global et non idéologique se présente. Tout au long des siècles, les idéologies telles que les religions, le communisme, le socialisme et le capitalisme ont cherché à prendre le contrôle de nos esprits nous promettant que le salut ne viendrait que de la domination d'un seul système et de sa croissance à l'infini. C'est une utopie, alors que c'est d'un mouvement que le salut pourrait bien venir. Nous les savons en tant qu'activistes, militants, écologistes, biologistes, scientifiques, artistes, intellectuels ou simples citoyens...Notre salut se tient dans la diversité. Ce mouvement est la réponse immunitaire pour résister aux maladies écologiques, à la corruption politique, aux doctrines. C'est désormais à nous de décider qui nous sommes et ce que nous voulons devenir. Il s'agit d'ouvrir des possibilités, de proposer des solutions, l'humanité saura quoi en faire ensuite et les mettre en application...Nous sommes encore aujourd'hui une communauté en plein apprentissage car nous avons oublié, volontairement ou non, tirer des leçons fournies par l'histoire des civilisations, de notre civilisation. Notre rôle est de recueillir les informations, de les organiser d'une manière qui soit utile, de les diffuser à tout un chacun et d'offrir à tous la possibilité de compléter, d'amender, de corriger et d'approfondir les données que vous trouverez sur nos pages. Pour se projeter dans l'avenir, on ne peut que se fonder sur les hypothèses, mais nous estimons que beaucoup d'expériences sont positives, que les solutions existent et nous sommes ouverts à vos commentaires et contributions en la matière. Nous sommes la cause et aussi le remède. Ensemble tout est possible, c'est ensemble que nous sommes plus forts !!!

Jerry J. Pelikan  Président/Fondateur d'Earthforce Fight Squad                                                                                                                                                                                                                                        

 

Enquête chez les thoniers à Sète

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Après la reprise des campagnes de pêche au thon rouge en méditerannée impliquant la révision des quotas permettant le rénouvellement de la population de ces poissons en déclin car très prisés par les japonnais, Earthforce FS Occitanie a mené depuis 2014 des enquêtes et investigations dicrètes concernant le respect des lois et des pratiques au port de Sète. Nous avions, en effet, des marins infiltrés sur les thoniers senneurs qui ont participé à ces campagnes de pêche de plus en plus courtes. La population de thons rouges c'est rapidement reconstitué (en deux ans), ce qui permet aujourd'hui aux thoniers de diviser la durée de leurs campagnes de pêche de moitié et rentrer au port avec les cales remplies de thons parfois en moins de deux semaines. Ces campagnes ''éclair'' sont en principe encadrés par des observateurs et par des controles du respect de quotas imposés (2 000 tonnes pour les bateaux de l’organisation de producteurs sétois Sathoan*), mais hèlas, il y a toujours quelques ''disfonctionnements'' dans le système et les pratiques constatés par nos témoins. Nous avons allerté Elise Lucet et lui avons suggéré de se pencher sur la filière de pêche au thon en général et aller faire un tour à Sète à la rencontre des représentants de la profession. C'est désormais chose faite et l'équipe de Cash Investigations nous prépare une émission qui va être diffusée courant octobre 2018. S'il n'y a plus de fraude officiellement constaté qu'allons-nous apprendre ?

Pour mémoire, en janvier 2017 la justice a refermé son filet sur 5 patrons pêcheurs sétois et agathois. Le tribunal correctionnel de Montpellier les a condamnés pour fraude aux quotas de pêche au thon rouge.

Le plus lourdement sanctionné a été Gérald Lubrano.

  • Pour "déclaration mensongère à une administration publique en vue d'obtenir un avantage indus", il a écopé de 24 mois de prison avec sursis, 50000 € d'amende et 100000 € de confiscation de valeurs.

  • Raphaël Scannapieco et Généreux Avallone ont été respectivement condamnés à 15 et 12 mois de prison avec sursis, 20000 € d'amende et 50000 € de confiscation de valeurs.

  • Roger Del Ponte a été condamné à 12 mois de prison avec sursis, 15000 € d'amende et 50000 € de confiscation de valeurs.

  • Quant à André Fortassier, il s'est vu infliger 8 mois de prison avec sursis, 15000 € d'amende et 20000 € de confiscation de valeurs.

La confiscation de valeurs, non récupérable, est une mesure qui permet d'éviter la saisie des bateaux par la justice.
En revanche, les faits reprochés à Serge Di Rocco ont été requalifiés en "contravention" et tombent par là sous le coup de la prescription. Il a donc été relaxé.
Des déclarations de pêche minorées
Ces faits remontent à 2007, et 2008 pour Généreux Avallone. La justice a estimé que les patrons thoniers avaient volontairement sous estimé les volumes de pêche au thon rouge afin de ne pas dépasser les quotas imposés par la Commission Internationale pour Conservation des Thonidés de l'Atlantique (ICCAT en Anglais). Certains auraient vendus leurs droits à des armements étrangers, tout en déclarant des pêches fictives...

  • Cette année, l'ICCAT a attribué 4392 tonnes aux pêcheurs de Méditerranée, dont 2000 pour la SATHOAN (la société coopérative maritime de Sète, qui regroupe près de 50 producteurs, chalutiers et thoniers). Les quotas de pêche au thon rouge sont en hausse, de plus de 20 % par an depuis 2015. En 2018, ils augmentent encore de 18%, et continueront à croître de 17% pendant les 3 années suivantes. Les thoniers sétois ont mis le Cap sur Malte et les îles Baléares, avec à bord de chaque bateau, un observateur de l’ICCAT, chargé comme chaque année de veiller au respect de ces quotas. Dans la région, on recense aussi 2 thoniers au départ de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales) et 2 autres thoniers senneurs d'Agde (Hérault), leur port d'attache. Ils devront faire face à la concurrence féroce des bateaux tunisiens et turcs. Quant aux prix, ils devraient rester stables.

Arrêté du 24 avril 2018 définissant les mesures de contrôle de la pêcherie de thon rouge (Thunnus thynnus) dans le cadre du plan pluriannuel de reconstitution des stocks de thon rouge dans l'Atlantique Est et la Méditerranée :

https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2018/4/24/AGRM1811581A/jo/texte

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Article: Midi Libre du 03.07.2018 Crédit Photos: France 3 Montpellier / Midi Libre

 

Sempre Project rejoint la Société Française de Zoosémiotique

Notre ONG Earthforce Fight Squad / Guerriers Pacifistes vient d'être admise grace à son programme SEMPRE (Sound Environment & Marine Preservation) dans le comité scientifique de la Société Française de Zoosémiotique sise à l'Université Sorbonne de Paris. Nous allons ainsi pouvoir continuer à travailler sur le son et la communication musicale interspécifique avec les mammifères marins, notamment les baleines à bosse sous le couvert scientifique, élargir notre rayon d'action et le faire valider par des publications dans les revues correspondantes traitant de sujets concernant la zoosémiotique. Ces nouvelles sciences faisant partie de la Zoosémiotique se nomment la Zoomusicologie et Zooacoustique.

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Voici un exemple de notre travail en zoomusicologie. Le chant d'un mâle megaptera est d'abord enregistré, ensuite rentré dans un logiciel musical (ici garage band). Cela nous permet de l'étudier séquence par séquence, analyser les fréquences et les mettre en rapport avec un instrument (ici la guitare) qui sera accordée à la fréquence de l'animal. Ensuite nous allons reproduire ces phrases et ces séquences musicales, les mettre en harmonie, les mélanger et composer une partition  commune chant/guitare en y ajoutant éventuellement d'autres instruments et une section rythmique. Nous allons ainsi petit à petit construire une composition musicale qui peut être diffusée en milieu naturel ce qui nous permet d'observer les réactions de l'animal, établir une interaction, entrer événtuellement en communication avec lui et observer s'il est capable de reproduire la composition.
http://www.zoomusicology.com/ewExternalFiles/introduction%20a%CC%80%20la%20zoo%CC%88musicologie.pdf

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Prise de son d'une baleine à bosse (megaptera) dans les Caraïbes en mars 2018: https://soundcloud.com/jeepthefox/male-chanteur-mars-2018

https://www.facebook.com/SfZoosemiotique/

http://societefrancaisedezoosemiotique.fr/la-sfz/organisation/

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